\-^^^ ¥<■■ "iéi^ '^ ^l|lW(i^ ^"i ' A. . X 4**:< 4 ,^, f . »v^ .- v^., • '1^. ■1 V'^^■.^ V ^ "V. V. ./ V u^ k*.4'=( 'giq^y^_ _ ^-P€3Q^_ ^^f^'jg 1^ LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE RÉDIGÉ ET PUBLIÉ I LUCIEN LINDEN bo Administrateur-Directeur de « L'Horticulture Internationale pi f"" Secrétaire de « L'Orchidéenne « ^ AVEC LA COLLABORATION DE MM. : '''^ 1. LiNDEN, Comte DU BuYssoN, DE Lansberge, g. VVakocque, Comte de Mokan, •:» Max Garnier, Em. Rodioas, Funck, A. Cogniaux, G. Jokis, ^ E. Roman, A. Van Imschoot, Fr. Desbois, Dr G. von Heekdt, E. S. Rand, A. Bleu, ^ Dr Van Cauwelaert, E. Bungeroth, Ch. Vasseur, ^ J. NôTZLi, Comte de Bousies, R. Cahuzac, Dr Capart, James O'Brien, ^ G. Mantin , J. du Trieu de Tekdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, 'o D. Massange de Louvkex, g. Rivois, J. Hatos, P. Silvek, A. Ducos, ^ A. Dallièke, Paul Otlet, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellnek, Ç- Carlos Starker, J. Tonel, Ch. de Bosschere, A. de la Uevansaye, Fl. Claes, ^ DE MeULENAEKE, F. DELLA PORÏA, G. DiRETTI, ■Ç A. VAN DEN Heede, SiESMAYER, A. WiNCQZ, G. KiTTEL, Baron DE Meylhand, et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. >; 3"'^ Année. — 1892 g GAND IMPRIMERIE EUG. VANDERIIAEGHEN, RUE DES CHAMPS Ç- MDCCCXCII II % f — ^ -c) 3- année. 15 MARS 1892 Numéro 49. JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE PAB LUCIEN LINDEN Administrateur-Directeur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. : J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, R. A. Rolfe, Comte de Moran, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G. Joris, G. Miteau, MaxGarnier, A. Van Imschoot, Fr. Desbois, D"- G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, A. Bleu, D"" Van Cauwelaert, E. Bungeroth, Ch. Vasseur, James O'Brien, J. Hye, R. Martin-Cahuzac , D-" Capart, Comte de Bousies, G. Mantin, J. du Trieu de Terdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Rivois, J. Hatos, P. Silver, J. Moens, A. Ducos, A. Dallière, J. Notzli, F. Kegeljan,0. Ballif, R. Johnson, C. Ellner, Carlos Starker, &^ A. de la Devansaye, FI. Claes, de Meulenaere, G. Diretti, A. van den Heede, Sieamayer, A. Wincqz, G. Kittel, Baron de Meylhand, Ch. Béranek, et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. » Prix de rAbonnement : 10 francs par an I*arait le 1" et le 15 de chaque mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES Gimil, iujpr. Eug. Vanderliaeglien. LINDENIA ICONOGhl^^I^IIIE DES OIIOIIIUÉES PUBLICATION MENSUELLE IN-FOLIO Chaque . livraison contient quatre belles planches richement coloriées Oîrecteiir s J. KilIVOEM Rédacteurs : LUCIEN LINDEN, EMILE RODIGAS,, R. A. ROLFE Bureaux : 100, Rue Belliard, à Bruxelles ^;^^ « Le plus beau, le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées »" VOIR DANS LES NUMÉROS PRÉCÉDENTS LA COMPOSITION DES VOLUMES DEJA PUBLIÉS Le prix de ces volumes a été fixé commue suit : {^■^ Volume (presque épuisé) 125 fr.; P'" Volume, 100 fr.; 3"^" Volume, 75 fr,; 4'"*^ Volume, 70 fr.; 5"*^ Volume, 65 fr. ; 6""' Volume, 65 fr. 7"" VOLUME (EN COURS DE PUBLICATION) : 60 FRANCS Lies sept volumes pi:*is ensemble : ^OO Tisanes. La Lindenia publie également DEPUIS LE loi- FÉVRIER 1891 UNE ÉDITION ANGLAISE EN VOLUMES DE 6 LIVRAISONS (2 VOLUMES PAR AN) Pi*is: de l'abonnement à chaque volume : f^SS shillings pour l'édition anglaise. L'ORCHIDÉENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES Présidents d'Honneur : MM. le baron de BLEICHRODER, consul-général de S. M. Britannique, à Berlin, pour l'Allemagne ; J. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Comle DU BUYSSON, auteur de rOrcliidophile, pour la France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas. SECRÉTARIAT : 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : Président : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique; Secrétaire. : M. LUCIEN LINDEN, administrateur-directeur de L'Horticulture Internalionale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire. Le prochain meeting aura lieu les Dimmiche et Lundi 10 et 11 AmHl LES MEMBRES DU JURY DE c. L'ORCHIDÉENNE « pour l'année 1891-1892 sont MM. comle A. de Bousies, Houzeau de Leiiaie, A. Huybhechts, F. Kegeljan, D. Massaîvge de Louvrex, G. Miteau, J. Moens, Ém. Rodigas^ D'" Van Cauwelaert, A. VAN Imschoot, E. Wallaert et A. Wincqz. TERRE FIBREUSE ET SPHÂGNUM : "oRJx^ulteur expérimenté, _ j marie, 6i ans, connaissant cultures lorcees, Prix les 2:)lus réduits, défmni toute \ industrielles et bourgeoises, exploitation concurrence 1 fruitière et taille, pépinières et plantations, toutes cultures de plein air et de serres et leur multiplication, demande emploi régis- seur ou jardinier-régisseur dans château ou grande propriété, rayon rapproché de Paris de préférence. S'adresser au journal. E. Y. H. Adolphe BRAHY-MARCHAL à GHANLY (Belgique FOURNISSE LTR DE L'HORTICULTURE INTKRNATIONALH à Bruxelles SOMMAIRE DU 49"^^ NUMÉRO : Page Revue des . Orchidées nouvelles ou peu roninics 5 Causerie sur les Orchidées. — XXXYII 7 Le nouveau Rodriguezia Lindcni et rancien Rodrigiiezia pubesceus 10 Les Orchidées chez elles 13 Gattleya labiala vernalis et C. labiata autumnalis 19 Conseils utiles 19 Compaynie yénérale des Chauffayes (Société -Anonyme) à MARLOIE (Belgique). Le développement considérable pris, après luiil mois seulement d'existence, par les affaires de la COMPAGNIE GÉNÉRALE DES CHAUFFAGES exigeant un accroisse- ment de ses moyens d'action, la Compagnie a décidé de procéder à une AUGMENTATION DU CAPITAL SOCIAL qui sera arrêtée dans V AsseynUée générale du 19 mars courant. Cette augmentation doit être égale au montant du capital de la création, qui serait ainsi doublé. Il a été décidé que quelques actions nouvelles seraient réservées pour être offertes au public des amateurs et cultivateurs qui sont les clients naturels de la Société. Les souscripteurs bénéficieront de l'avantage spécial d'une récluctiou de 10 % sur le montant des travaux qu'ils feraient exécuter par la Compagnie générale des Chauffages. Nous appelons l'attention de tous les intéressés sur cette occasion particulièrement avantageuse ; ils pourront obtenir tous les renseignements nécessaires en s'adressant au président de la Compagnie générale des Chauffages, M. Lucien Linden,, 100, rue Belliard, à Bruxelles. Les demandes d'actions sont également reçues à cette adresse. VERRES POUR SERRES ET JARDINIERS CLOCHES A BOUTURES ET A MELONS S'ADRESSER A LA FABRIQUE DE MM. V. FRÈRE et L. TABDRIAUÏ, à Jumet (lez Cliarleroi). LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE RÉDIGÉ ET PUBLIÉ ^^"^ LÎ3RARY NEV/ YORK LUCIEN LINDEN botanical GARDSN Administrateur-Directeur de L'Horticllture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. : J. LiNDEN, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, R. A. Rolfe, Comte DE MoRAN, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G. Joris, G. Miteau, Max Garnier, A. Van Lmschoot, Fr. Desbois, Dr G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, a. Bleu, Dr Van Cauwelaert, E. Bungeroth, Ch. Vasseur, James O'Brien, J. Hye, R. Martin Cahuzac, Dr Capart, Comte DE Bousies, G. Mantin, J. du Trieu de Terdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Rivois, J. Hatos, P. Silver, J. Moens, A. Ducos, A. Dallière, J. Nôtzli, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellnek, Carlos Stakker, A. de la Devansaye, Fl. Claes, de Meulenaere, g. Diretti, a. van den Heede, Siesmayer, a. Wincqz, G. Kittel, Baron de Meylhand, Béranek, et les Chefs de Culture de ■ L'Horticulture Lnternationale, » 3"^ ANNEE. GAND IMPRIMERIE EUG. VANDERH AEGHEN RUE DES CHAMPS 1892 15 MARS 1892 LrB[?Apv REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES CIRRHOPETALUM AMESIANUM Rolfe. — Superbe espèce introduite l'année dernière par MM. Linden, de L'Horticulture Internationale, Bruxelles, et qui peut être considérée comme l'une des plus remarquables du genre. Les fleurs, de grande taille, sont groupées au nombre de huit à dix sur chaque inflorescence; elles sont d'un coloris très brillant, jaune paille relevé d'une large bande carmin vif qui va en diminuant de la base à l'extrémité des sépales latéraux ; le sépale dorsal jaune vif est bordé d'une série de cils courts rouge pourpre sombre, et le labelle est d'un brun pourpré ioncé.Lindenia,pl. 314. * * * ODONTOGLOSSUM PRAESTANS Rchb. f. — Cette magnifique espèce, décrite il y a plusieurs années par Reichenbach, n'avait pas encore été intro- duite à l'état vivant dans les cultures. Elle a fleuri, il y a deux mois, dans les serres de L'Horticulture Internationale, et sera figurée pour la première fois dans la Lindcnia, livraison d'avril. Elle est assez analogue à VO. odoratum, mais d'une taille plus que double, et c'est une des espèces géantes du genre. Elle a un coloris très vif, et répand un parfum exquis. La forme et la couleur des bulbes et des pousses sont très distinctes et rappellent le Maxillaria picta. * * * ODONTOGLOSSUM CRISPUM VAR. NOBILIOR Hort. — Très belle variété portant de très grandes macules brun rouge, surtout sur les sépales, qu'elles recouvrent presque complètement. Elle a fleuri dans la collection de M. le baron Schroder, à Egham, et a été exposée au meeting du 9 février de la Royal Horticultural Society, où elle a obtenu un certificat de i''^ classe. Gard. Chron., 20 février, p. 235. * * CYPRIPEDIUM CHAMBERLAINIANUM O'Brien. — Nouvelle espèce introduite de la Nouvelle-Guinée par MM. Sander etC'^. Elle produit de longues LE JOURNAL DES ORCHIDEES tiges d'où naissent successivement des fleurs de forme curieuse; le sépale dorsal, de petite taille, est d'un blanc jaunâtre, avec six lignes parallèles rose pourpre s'élevant jusqu'au milieu de la hauteur, et un abondant pointillé rose pourpre à la base; les pétales enroulés sont également pointillés de rose pourpre, ainsi que la partie inférieure du labelle. Ce dernier segment est très développé, presque le double du pavillon. Gard. Chron., 20 février, p. 234. * * * CYPRIPEDIUM X SEDA Hort. — Nouvel hybride produit dans la col- lection de M. J. C. Bowring, de Windsor Forest, entre le C. X Harrisianum et une espèce dont le nom n'a pas été conservé, probablement le C. venustuni'. Il est mentionné comme à peu près intermédiaire entre ces deux parents; toute- fois le sépale dorsal est vert clair bordé de blanc et nervé de vert, sans trace de lignes pourpres. Gard. Chron., 13 février, p. 202. * -* * DENDROBIUM X BARBATULOCHLOROPS Rolfe. - Hybride naturel considéré comme provenant des deux parents indiqués, entre lesquels il est nettement intermédiaire. Il a fleuri dans la collection de M. le général E. J. Berkeley, à Southampton. Les fleurs sont blanches, à peu près sem- blables à celles du D. harhatulum, mais avec tous les segments plus courts, le lobe antérieur du labelle plus émoussé, et les lobes latéraux vert clair. La crête est aussi plus large, et rappelle le D. chlorops. Gard. Chron., 5 mars, p. 298. * * * STANHOPEA WARDI VAR. VENUSTA Lindl. — Belle variété d'un coloris jaune orange, légèrement pointillée de rouge sur l'épichile et la base de l'hypochile, ainsi que sur la face inférieure de la colonne, qui est blanche. Elle a fleuri pendant l'hiver dernier dans les serres de L'Horticulture Interna- tionale, à Bruxelles. Elle produit une longue grappe pendante d'un très gracieux effet, chargée de cinq à six fleurs. Lindenia, pi. 315. Gard. World, 5 mars, p. 425. * * * DENDROBIUM LUTEOLUM Batem. — Belle espèce qui produit une abondance de fleurs d'un jaune paille clair, avec quelques fines stries rouges sur les lobes latéraux et la gorge du labelle. Une plante de cette espèce, bien fleurie, était exposée le 14 février, au meeting de L'Orchidéenne, à Bruxelles. Max Garnier. 15 MARS l8g2 CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES XXXVII. — Le parfum des Orchidées Les Orchidées passaient autrefois pour ne pas posséder de parfum, et ce grief était un véritable lieu commum, parmi les personnes qui ne les connais- saient que de loin. Ce préjugé est évidemment dissipé en grande partie, aujour- d'hui que les fleurs d'Orchidées sont répandues partout. Nous n'apprendrons rien aux lecteurs de ce journal, en disant que la plupart d'entre elles sont parfumées, et que les parfums les plus variés se rencontrent dans les différentes espèces, depuis les plus exquis jusqu'aux mauvais; mais ceux qui choquent l'odorat, au lieu de le flatter, ne forment que de très rares exceptions. Il serait intéressant, à divers points de vue, d'étudier ces parfums, et d'en dresser une Hste comprenant les espèces les plus répandues, mais un travail de ce genre présente de grandes difficultés. D'abord, parce qu'il est difficile, à moins d'avoir une grande expérience technique, de classer un parfum et de le définir par comparaison. En second heu, parce que celui qu'exhalent les Orchidées est souvent très variable. Certaines espèces sont odorantes le soir et non le matin, ou inversement; d'autres le sont au soleil, ou dans l'ombre; d'autres enfin, en assez grand nombre, sont parfumées d'une façon le matin, et d'une autre le soir. Ces variations sont tellement considérables, qu'elles rendent presque inutile toute tentative de définition. U Oncidium ornithorhynclmm, par exemple, exhale une odeur que nous avons vu apprécier par dix personnes de dix façons diffé- rentes; VOdontoglossum hebrdicum est dans- le même cas, et nous avons entendu raconter par un amateur que la même plante, ayant fleuri une première fois, sentait la cannelle, l'année suivante, l'aubépine, et la troisième année, de nou- veau la cannelle. Nous avons constaté de même que, sur trois plantes de Bifrenaria Harrisoniae, l'une sentait le fruit mûr, une autre la rose, et la troisième répandait une odeur forte, analogue à celle de l'amande amère. Il y a également les variations d'intensité; celles-ci sont extrêmement mar- LE JOURNAL DES ORCHIDEES quées. U Angraeciim sesquipedale, les Epidendruni nocturnnin, ciliare, nutans, embaument surtout pendant la nuit; d'autres, au contraire, au milieu de la journée. Un certain nombre, comme les Maxillaria nigrescens, M. luteo-alba, Phalaenopsis, Oncidium, Dendrobium, sont très odorants le matin, et très peu dans l'après-midi. Le lecteur étant prévenu du caractère très relatif des indications de ce genre, nous essaierons de ranger les principales espèces en grandes catégories rappe- lant des parfums connus. Beaucoup d'Orchidées exhalent le parfum de la rose; entre autres VOdonto-, glossum {Miltonia) Roezli, le Trichopilia suavis, le Laelia elegans (au moins quel- ques variétés), le Phalaenopsis Schilleviana, le Cattleya Warocqueana, ainsi que quelques autres Cattleya, mais seulement lorsqu'ils se trouvent en grandes masses. D'autres ont une odeur analogue, mais plus relevée, acidulée en quelque sorte, comme on l'observe dans certaines Roses-Thé; ce sont par exemple le Maxillaria luteo-alba, les Houlletia picta et odoratissima, ï Oncidium Lanceanum, les Odontoglossum Reichenheimi et citrosmum, etc. L'odeur de fruit mûr est également très répandue; on la rencontre dans le Coelogyne pandurata, le Bifrenaria Harrisoniae (d'une façon variable, nous l'avons dit), le Scnticaria Steeli, etc. Plusieurs ont un parfum voisin du précédent, mais plus accentué et assez acre : ainsi les Brassia Keiliana et verrucosa, les Coryanthes maculata, leucocorys et Bungerothi, plusieurs Peristeria, etc. L'odeur d'aubépine se rencontre fréquemment dans les Orchidées, notam- ment dans les Cattleya aurea, gigas, Mossiae, speciosissima, Gaskelliana et Eldo~ rado (rappelant également le chèvrefeuille), les Odontoglossum odoratum, San- derianuni, praestans, madrense, ces deux derniers surtout, Trichosma suavis, Maxillaria picta, M. Turneri, plusieurs Dendrochilum. L'odeur de jasmin et de muguet apparait dans beaucoup d'espèces, entre autres les Coelogyne cristata alba, Maxillaria punctata, Oncidium maculatum, Angraecum arcuatnm, A. fastuosum, Dendrobium primulinum, D. palpebrae ainsi que plusieurs autres Dendrobium, Odontoglossum Boddaerti, Epidendrum crini- ferum, E. fragrans, E. macrochilum, E. paniculatum, E. Stamfordianum, etc. Le Satyrium candidum ainsi que beaucoup d'autres Orchidées, Catasetum, Mormodes, Pilumna, etc., a une forte odeur d'amandes amères. Les Vanda tricolor et V. suavis, le Phalaenopsis Luddemanniana, plusieurs 15 MARS 1892 g Aerides, entre autres les A. odoratum et suavissimum, Oncidium ornithorhynchum, Epidendrum phoeniceum, etc. sentent la vanille; V Oncidium Lanceanum, l'oeillet; V Oncidium tigrinum, le Brassavola Digbyana, le Cymbidium Sinense, les Dendro- bium heterocarpum, Ainsworthi, splendidissimum, Leechianum, endocharis, Epiden- drum varicosum et E. ionosmum, etc. ont le parfum de la violette; le Vanda Batemani a l'odeur du cuir de Russie. Le nouveau Mormodes Rolfeanum, ainsi que plusieurs Zygopetalum, sent l'anis; V Aerides Rohanianum, plusieurs Odon- toglossum etc., la cannelle; le Sobralia dichotoma, la giroflée; VOdontoglossum blandum, le miel; le Sarcopodium Lobbi, le concombre fraichement coupé; VAngraecuin sesquipedale, le miel (la nuit seulement); VEpidendrmn alaium, l'angélique; le Maxillaria venusta, le Coriandre; le Cattleya citrina a. une fine odeur analogue à celle du citron. Nous citerons également en bloc un certain nombre d'Orchidées ayant un parfum agréable, mais qu'il serait difficile de définir. Cette liste est loin d'être complète; on pourrait l'augmenter considérablement. Mentionnons surtout beaucoup de Lycaste, notamment les L. aromatica et cruenta, le Sobralia macrantha et plusieurs autres, le Dendrobium nobile, VEpi- dendrum fragrans, VE. macrochilum, VE. paniculatum, les Stanhopea en général et surtout vS. oculata, Rodriguezia fragrans, Phalaenopsis speciosa, tous les Aerides et Saccolabium, VAngraecuin Ellisi, tous les Anguloa, qui ont une odeur pénétrante, V Arundina densa, les Laelia albida et autumnalis, les Odontoglossuin Edccardi, 0. Oerstedi, 0. pardinum, O.pulchellum, et surtout . pulcheîluin majiis, Miltonia Warscewiczi, Oncidium cheirophorum, etc. D'autres Orchidées, enfin, présentent un parfum moins agréable : Le Dendro- bium superbum (macrophyllmn) sent la rhubarbe; V Epidendrum incurvum sent le glechome; le Brassia verrucosa exhale une odeur acre; quelques Stanhopea ont un parfum fort violent, et celui du S. graveolens notamment est si pénétrant qu'il ne peut être enlevé des doigts, quand ceux-ci ont touché les fleurs, qu'à l'aide d'un lavage au savon. Enfin parmi les Orchidées vraiment répulsives à l'odorat, et qui sont d'ailleurs peu nombreuses, se trouvent le Cirrhopetalnm ornaiissimum, le Masdcvallia gargantua, le Bolbophyllum Beccarei, etc. Ce dernier notamment mérite une mention spéciale. Il a une odeur vraiment affreuse. Il est à remarquer que les plantes qui impressionnent si désagréablement l'odorat semblent avertir et repousser le visiteur par leur couleur terne, d'un brun livide, qui est aisément reconnaissable. L. L. LE JOURNAL DES ORCHIDEES LE NOUVEAU RODRIGUEZIA LINDENI ET l'anCIEN RODRIGUEZIA PUBESCENS Nous avons reçu pour nos études, de M. Lucien Linden, des fleurs fraîches de l'espèce qu'il a mentionnée dans le Journal des Orchidées (voir 2^ année, p. 383) sous le nom de R. piibescens (i) et dont il a signalé alors la floribondité extraordinaire. En comparant ces fleurs avec celles du véritable R. pubescens, dont nous avons en ce moment sous les yeux de nombreux exemplaires d'herbier, quelques- uns nommés par Lindley et Reichenbach eux-mêmes, nous avons acquis la certitude que la plante de M. Linden en est spécifiquement distincte, comme il l'avait d'abord pensé lui-même, bien qu'elle en soit voisine et qu'elle en ait à peu près l'aspect; elle forme une espèce nouvelle, à laquelle nous croyons devoir donner le nom du célèbre introducteur d'Orchidées. Voici les caractères tirés de la grappe florale que nous avons pu examiner : R. LINDENJ sp. nov. — Grappes lâches, à fleurs assez espacées. Pédoncule commun d'un beau vert, cylmdrique ou à peine comprimé, non noueux. Bractées dressées ou peu étalées, blanchâtres, très minces, translucides, molles, concaves, embrassantes à la base, étroitement triangulaires, aiguës, finement striées, longues de 8 à 12 millimètres et larges de trois ou quatre. Pédicelles et ovaires blancs, tordus, longs ensemble de 10 à 12 millimètres. Fleurs odoriférantes, d'un beau blanc de neige sauf la partie centrale du labelle, entièrement glabres. Sépale supérieur dressé ou un peu étalé, légèrement concave, obovale-oblong, aigu ou un peu acuminé, long de i 1/2 centimètre, large de 7 millimètres. Sépales latéraux soudés jusqu'au sommet et roulés en cornet, d'abord étalés presque descendants, puis redressés vers le limbe du labelle, à pointe très aiguë et recourbée en dehors, un peu charnus inférieurement dans la partie médiane, de même longueur que le sépale supérieur mais larges ensemble seulement de 6 millimètres. Pétales (i) Cette espèce nous avait paru nouvelle lors de sa floraison l'année dernière, et nous l'avions adressée à M. Rolfe, à Kew, pour la faire déterminer. Il nous fut répondu que c'était le R. pubescens. L. L. I 5 MARS 1892 II plus OU moins étalés ou réfléchis, presque plans, obliques, élargis du côté inférieur, étroitement obovales, obtus, obscurément nervés, longs de 14 a 15 milli- mètres sîtr 8 de largeur. Labelle à onglet assez large, dressé, très concave et embrassant le gynostème, muni de chaque côté d'un lobe assez large et arrondi, portant presque au milieu deux larges crêtes d'un jaune orangé, puis à droite et à gauche de celles-ci et un peu plus bas, mie autre crête blanche, un peu ondulée, se dirigeant vers les lobes latéraux; entre les deux crêtes moyennes, se trouve une grande macule d'un jaune pâle; le limbe est étalé, largement arrondi, pro- fondément émarginé au sommet, large de 14 à 15 millimètres ; la longueur totale du labelle est de deux centimètres, non compris l'éperon de la base, qui est dirigé en avant, obtus, très comprimé et long de 2 millimètres. Gynostème blanc, cylindrique, long d'un centimètre, un peu renflé au sommet, où il est muni antérieurement de deux ailes oblongues, dirigées en avant, longues de 2 1/2 millimètres ; clinandre peu profond, assez oblique en arrière, muni de chaque côté d'une très petite dent aiguë. Opercule blanc, très convexe; polli- nies d'un blanc tm peu jaunâtre, à pédicelle long de 2 millimètres et peu élargi vers les pollinies. Pour qu'on puisse facilement voir en quoi cette espèce diffère du R. pubescens, voici les principaux caractères de ce dernier, tirés surtout de l'étude du n° 563 de VHerbar. Florae Brasil., distribué par Martius (échantillon authentique, nommé par Reichenbach); on pourra les comparer avec ceux qui sont en italique dans la description précédente. R. PUBESCENS Reichenb. (Burlingtonia pubescens Lindley). — Grappes très denses, à pédoncule commun peu anguleux, noueux. Bractées étalées, opaques inférieurement, un peu rigides, assez largement triangulaires, forte- ment striées, longues de 5 à 7 millimètres sur 3 à 5 de largeur. Pédicelles et ovaires longs ensemble de 5 à 8 millimètres. Sépale supérieur lancéolé, briève- ment acuminé, long de 13 à 15 millimètres, large de 4 à 5 millimètres. Sépales latéraux soudés ensemble presque jusqu'au sommet, à pointe dressée ou peu recourbée, quelque peu bifide et chaque division un peu obtuse, de même longueur que le sépale supérieur, larges de 4 1/2 à 6 millimètres. Pétales lancéolés-spatules, brièvement acuminés, longs de 14 millimètres sur 4 à 5 de largeur. Labelle à onglet très étroit inférieurement, muni de chaque côté d'un lobe redressé, portant à droite et à gauche près de la base trois crêtes jaunes très inégales (d'après Lindley); le limbe est obovale-cordé, large de 7 à 10 millimètres; la longueur totale du labelle est de 15 à 17 milhmètres, non 12 LE JOURNAL DES ORCHIDEES compris l'éperon, qui est très finement pubescent et long de i 1/2 à 2 millimètres. Gynostème long de 8 millimètres, très finement et densément pubescent, muni antérieurement à son sommet de deux ailes étalées ascendantes, longues de Fig. I. — Rodriguezia Lindeni A. CoGN. (d'après une photographie) 3 millimètres. Pollinies d'un jaune fauve, à pédicelle long de 2 1/2 millimètres et assez élargi vers les pollinies. On voit que toutes les parties de la fleur présentent des différences notables dans les deux espèces. Nous pouvons résumer les plus remarquables de ces I 15 MARS 1892 13, différences en disant que le R. Lindeni a les fleurs notablement plus grandes, à divisions du périanthe relativement plus larges, surtout les pétales et le labelle, et que ces fleurs sont entièrement glabres, alors que le gynostème et l'éperon du R. pubescens sont densément pubescents; en outre, dans le premier, la partie inférieure du labelle ne porte que deux crêtes de chaque côté, tandis qu'il y en a trois dans le second. Ces différences sont plus tranchées, mais sont à peu près de même ordre que celles qui distinguent le R. Bimgerothi du R. secimda. Pour autant que nous pouvons en juger sur un fragment de plante, la nouvelle espèce décrite plus haut est beaucoup plus robuste dans toutes ses parties que sa voisine, et ses feuilles sont relativement plus larges; l'unique feuille com- plètement développée du R. Lindeni que nous avons sous les yeux est longue de 13 centimètres et large de 34 millimètres, alors que la plus grande feuille de tous les échantillons de R. pubescens que nous avons à notre disposition, longue aussi de 13 centimètres, n'a que 22 millimètres de largeur et la plupart des autres feuilles sont au moins moitié plus petites. La vignette ci-jointe (fig. i), exécutée d'après une photographie, montre l'aspect élégant du R. Lindeni, que L'Horticulture Internationale a reçu de la province brésilienne de Pernambouc, province qui est également la patrie du R. pubescens. A. COGNIAUX. LES ORCHIDEES CHEZ ELLES Les Cattleya de l'Amazone J'ai lu avec beaucoup d'intérêt l'article de M. Ellner relatif aux Cattleya superba et C. Eldorado, dans le Journal des Orchidées du 15 octobre iSgi, et je désirerais y ajouter quelques notes qui pourront intéresser vos lecteurs, car ces deux Cattleya, ainsi que le C. luteola ou Holfordi, sont ceux que je connais le mieux. Je les ai vus à l'état sauvage en quantités innombrables, et j'en cultive un nombre probablement supérieur à ce que possède aucune autre personne au monde. M. Ellner indique le cours supérieur du Rio Negro comme l'habitat des deux espèces en question ; c'est exact pour le Cattleya Eldorado, que j'ai tou- 14 LE JOURNAL DES ORCHIDEES jours VU confiné à la région du Rio Negro, dans le vaste territoire compris entre ce fleuve et l'Amazone , mais le Cattleya superba est répandu sur un espace beaucoup plus grand. Il fut d'abord introduit de la Guyane, et le type était plus petit et moins brillamment coloré que la variété du Rio Negro, qui peut être classée en général sous le nom de C. superba splendens, et qui com- prend des formes d'une taille et d'une intensité de nuances magnifiques. J'ai cru pendant longtemps que cette espèce ne se rencontrait pas au-dessous de Manaôs, capitale de la province de l'Amazone, qui est située sur le Rio Negro à une courte distance au-dessus de son confluent avec l'Amazone. Mais j'ai reçu des plantes des environs de Serpa ou Icoatiara, et j'ai entendu parler d'un Cattleya, trouvé dans le haut cours du Rio Trombetas, qui se jette dans l'Amazone juste au-dessus de la ville d'Obidos, Cattleya qui, d'après la description qui m'en est faite, serait certainement le C. superba. J'en arrive à conclure que cette espèce doit habiter toute l'étendue de la vaste région, en grande partie inexplorée, qui se trouve entre la Guyane britannique, le Venezuela et l'Amazone. Dans la carte jointe à son excellent Manuel, Veitch indique comme habitat du C. superba la partie du Brésil traversée par le Rio Tonantins, et au Pérou toute la région environnant Loreto et Pebas; mais pendant le long séjour que j'ai fait dans ce dernier village, je n'ai jamais fait la rencontre ni entendu parler d'aucun Cattleya dans les environs. Cependant je crois que le C. superba peut se trouver à la limite orientale de la localité indiquée, peut-être sur le Japura. D'autre part, j'avais cru jusque dans ces derniers temps qu'il était confiné à la rive nord de l'Amazone ; or j'ai reçu dernièrement des plantes provenant du Rio Madeira. Il est donc possible qu'il soit distribué dans la vaste contrée intérieure sur la rive sud de l'Amazone, comprenant toute la région du Madeira et du Purus, région qui est encore aujourd'hui presque inexplorée. Le Cattleya superba est moins variable que la plupart des autres espèces; on en trouve des centaines de fleurs presque absolument identiques. J'ai remarqué, en ce qui le concerne, une curieuse particularité ; vers le troisième jour après leur épanouissement, ses fleurs exhalent un parfum très marqué ; quelquefois ce parfum est délicieux, et rappelle celui du trèfle blanc, mais il est beaucoup plus intense et plus épicé; d'autres fois, il est si pénétrant qu'il importune et devient même dangereux à respirer. On peut classer les Cattleya superba de la façon suivante : Le type est assez connu pour qu'il ne soit pas nécessaire d'en faire la 15 MARS 1892 15 description ; la variété splendens est caractérisée par des bulbes et un feuillage plus massifs, des fleurs plus grandes et plus brillamment colorées, et certaines de ces fleurs méritent à merveille le nom de supevba; la variété Biingerothi n'a pas encore fleuri chez moi et je ne puis pas la décrire, mais comme port elle ne diffère pas du superba type. Enfin la variété blanc pur a causé une grande surprise à son apparition, car il est rare qu'une espèce à fleurs unifor- mément colorées d'une nuance foncée aussi riche produise un albinos. L'his- toire de sa découverte sera donnée prochainement dans la Lindenia, où elle sera figurée. C'est une variété splendide, à grandes fleurs bien étoffées, et le Cattleya le plus blanc que j'aie jamais vu. Une seule plante en a été trouvée jusqu'ici, et a été partagée en deux ; l'une des moitiés est dans ma collection, l'autre figure dans les serres de L'Horticulture L\ternationale. Le second Cattleya de la région de l'Amazone, le C. luteola ou Holfordi, habite le bassin du Rio Solimoes, car c'est ainsi qu'on appelle au Brésil la partie de l'Amazone comprise entre le confluent du Rio Negro et le Tefle ou Ega. C'est le plus petit des Cattleya, mais c'est une charmante espèce. Ses pseudobulbes sont courts, en forme de masme ou bien allongés, et portent une feuille unique ; ses fleurs sont jaunes, et vont du jaune primevère clair à l'orangé vif; le labelle est souvent plus ou moins veiné de rouge sombre. Parfois une seule de ses courtes grappes produit jusqu'à quinze fleurs, mais la moyenne est de quatre à sept. Les racines traçantes revêtent le tronc des arbres, sur lesquels les plantes forment parfois de grandes masses ; nous avons vu une de ces touff"es mesurant l'^so sur i mètre. Cette plante étant d'ailleurs d'une floribondité remarquable, ces grands spécimens offrent un aspect très décoratif. La carte du Manuel de Veitch indique comme habitat de cette espèce le Pérou ; elle y existe sans doute en effet, car ce n'est pas sans bases sérieuses qu'on aurait indiqué cette localité si éloignée de la région de l'Amazone, mais je n'ai jamais vu de plantes de cette espèce provenant du Pérou, et je suis très très curieux de savoir si les exemplaires qui en proviennent sont identiques avec ceux de l'Amazone. Le Cattleya Eldorado, la belle introduction de M. J. Linden, est la seule autre espèce des districts de l'Amazone, si l'on excepte les deux hybrides naturels entre le C. superba et le C. Eldorado connus sous les noms respectifs de Cattleya Bryineriana et C. Randiana, a un habitat très restreint, car on ne le rencontre que dans la région du Rio Negro et dans les Vazia ou terrains inondés situés entre cette rivière et l'Amazone. Il n'est pas encore rare, mais il devient i6 LE JOURNAL DES ORCHIDEES chaque année plus difficile à collecter, les localités les plus abordables ayant été épuisées, et depuis peu d'années le prix des plantes a doublé au Brésil. Le nombre des variétés qu'il comprend est infini, et sur un millier de plantes en fleurs, on n'en trouve pas deux exactement semblables. Les fleurs présentent, au point de vue du coloris et des taches, plus de variations que toute autre de celles que je connais, et toutes sont belles ; il n'en existe pas de médiocres. J'ai fait pendant un certain nombre d'années une étude spéciale des variétés Fis. 2. Quelques variétés de Cattleya Eldorado de Cattleya Eldorado, et j'en ai publié à différentes époques des descriptions et des classifications dans le but de classer toutes les variétés. Toutes les formes me paraissent pouvoir rentrer dans les classes suivantes : 1° Le type, Cattleya Eldorado. Sépales et pétales d'un coloris rouge pâle ou chair; labelle de même, avec une macule jaune plus ou moins grande variant beaucoup, du jaune paille clair à l'orangé le plus foncé. Les fleurs varient également beaucoup comme grandeur, comme largeur des pétales et des sépales et comme substance. 15 MARS 1892 17 2° Cattleya Eldorado splendens. Sépales et pétales comme dans le type, avec le labelle plus ou moins teinté d'un riche pourpre à son sommet ; le coloris varie beaucoup d'intensité. Une bande blanc pur sépare souvent le pourpre du labelle du jaune de la gorge ; ce jaune est variable, comme dans le type. Le labelle est généralement ondulé et quelquefois profondément limbrié. Les fleurs sont presque toujours plus grandes et d'une substance plus étoffée que celles du type. 3° Cattleya Eldorado Wallisi. Fleur très grande d'un blanc pur, à pétales et sépales très larges, avec la gorge jaune clair (non orange). C'est le plus beau Cattleya blanc que je connaisse, et la variété vraie est très rare. La plus grande partie des plantes qu'on inscrit sous ce nom dans les collections appar- tiennent à la sous-variété suivante. Au C. Eldorado Wallisi se rattache, comme une sous-variété, le Cattleya appelé Eldorado alba ou virginalis, qui me paraît être simplement une form.e inférieure du précédent, tant au point de vue de la grandeur des fleurs qu'au point de vue de la largeur des pétales et souvent de la pureté du coloris. Les plantes connues sous les noms de C. virginalis rosea ou alba-rosea ne se distinguent que par la nuance rouge ou pourpre qui recouvre le sommet du labelle et quelquefois les pétales, mais ce coloris donne souvent aux fleurs un charme très grand. 4° Cattleya Eldorado crocata. — Variété identique avec le C. E. Wallisi, excepté dans le coloris de la macule de la gorge, qui est un orangé très foncé. Les fleurs varient de grandeur d'une plante à l'autre, mais elles sont presque toujours grandes et très belles, et ont les pétales très larges. Nous n'avons jamais vu de pourpre dans le labelle de cette variété; toutes les parties de la fleur, sauf la vaste macule orange du labelle, sont du blanc le plus pur. 5° Cattleya Eldorado ornata. — Pétales et sépales roses ou couleur chair; beaucoup de plantes, ou même toutes, teintées aux pointes d'une riche nuance pourpre, qui s'étend parfois en lignes foncées jusqu'à la base des segments ou même envahit toute la fleur. Labelle rose pourpré, souvent coloré d'un rouge pourpre foncé à la partie antérieure; gorge présentant diverses nuances d'orangé. Les fleurs de cette variété sont rarement très grandes, mais cette infériorité est amplement compensée par leur beauté, et elles peuvent figurer parmi les Cattleya les plus splendidement colorés. L'expérience m'a démontré que tous les C. Eldorado peuvent rentrer dans l'une ou l'autre de ces cinq classes. Toutefois je possède deux plantes qui m'ont donné quatre années de suite des fleurs si complètement distinctes de toutes LE JOURNAL DES ORCHIDEES celles que je viens de décrire, que l'on peut presque les considérer comme for- mant une sixième catégorie. Ces fleurs sont de moyenne taille, d'un coloris rose pâle, mais marbrées sur toute leur surface de blanc et de pourpre, avec le labelle orangé très foncé, sauf une pointe pourpre vif. Je n'ai jamais vu, sur des dizaines de mille fleurs, d'exemplaires ressemblant le moins du monde à celles-là. Quand la première fleurit, il y a quelques années, j'étais porté à la considérer comme un « sport » accidentel qui retournerait ensuite au type; mais les plantes ont continué de présenter les mêmes particularités pendant plusieurs années, et même d'une façon plus marquée encore, lorsqu'elles ont été bien établies et ont formé des pousses plus vigoureuses. Les cinq variétés décrites plus haut se rencontrent en mélange. Elles varient beaucoup comme bulbes, mais quand elles ne sont pas en fleurs, elles sont impossibles à distinguer. J'ai étudié pendant plusieurs années la forme des pseudobulbes, dans l'espoir d'arriver à noter des signes distinctifs reconnais- sablés, mais quoique j'aie parfois pensé approcher du but, de nouveaux lots reçus de nouvelles localités venaient détruire ma théorie à moitié échafaudée. Tout ce qu'on peut dire, c'est que les bulbes courts en forme de massue four- nissent en majorité les variétés à fleurs blanches; mais en revanche, j'ai eu en fleurs une plante ayant les bulbes les plus minces et les plus allongés que j'eusse jamais vus dans les C. Eldorado, qui mesuraient avec la feuille 55 cen- timètres de longueur et n'étaient guère plus gros qu'une plume d'oie; je croyais être certain d'avoir là une variété rose; elle produisit deux fleurs richement marquées de la forme virginalis rosea. Les fleurs de toutes les variétés de C. Eldorado sont délicieusement embau- mées, et leur parfum tient à peu près le milieu entre celui du trèfle blanc et celui du Narcisses poeticus. Il s'exhale dès le matin et jusque vers midi, mais disparaît à peu près totalement l'après-midi et le soir. Les fleurs se conservent longtemps quand elles ne sont pas fécondées, et souvent elles restent en pleine fraîcheur deux à trois semaines. La plupart des variétés sont très florifères, et les grappes portent parfois jusqu'à sept fleurs; mais la moyenne est de trois à quatre. La saison de floraison dans le pays d'origine est de Décembre à Mai, mais il y existe des variétés qui fleurissent en été, et j'ai quelques plantes qui donnent des fleurs deux fois dans l'année. La seule particularité que présente la culture du C. Eldorado, c'est qu'il réclame plus de chaleur et de soleil que la majorité des autres Cattleya pour donner des pousses vigoureuses et une floraison prospère. Edouard S. Rand. 15 MARS 1892 19 CATTLEYA LABIATA VERNALIS ET C. LABIATA AUTUMNALIS La publication dans le Journal des Orchidées de l'histoire de la seconde découverte du vieux Cattleya labiata ne me laisse plus aucun doute sur la petite valeur des importations faites par la maison allemande établie en Angleterre. Afin de bien étudier ces nouvelles venues, je fis l'acquisition de douze plantes importées par L'Horticulture Internationale de Bruxelles et d'une douzaine d'autres d'introduction anglaise. Jusqu'à présent trois des plantes d'origine anglaise et que je cultive chez un amateur des environs de Paris ont montré scape, puis ont fleuri en février-mars. Leur mode de végétation rappelait tout à fait celui du C. labiata fleurissant au printemps, aussitôt après la formation du scape, tandis que les C. Warocqueana, d'origine belge, n'ont fleuri que trois ou quatre mois après la formation du scape, comme c'était le cas de nos vieux Cattleya labiata aiitumnalis de Pescatore. Si ces Cattleya labiata qui sont vendus par la maison de S' Albans ne sont que la variété fleurissant au printemps, comme les C. Warneri, avec lesquels les fleurs avaient la plus grande analogie, les horticulteurs fleuristes parisiens, qui en ont acheté de grandes quantités dans l'espoir d'une abondante floraison automnale, pourraient bien regretter encore longtemps de n'avoir pas fait leurs achats en Belgique, dans une grande maison qui avait au moins donné les preuves d'avoir introduit sous le nom de C. Warocqueana une variété qui fleurissait d'octobre en décembre. O. Ballif. CONSEILS UTILES Beaucoup de jardiniers ne se donnent pas la peine de laver les feuilles de leurs Orchidées. C'est d'après eux un luxe inutile. C'est un tort, et on peut attribuer à ce manque de soins élémentaires beaucoup de non-réussites dans 20 LE JOURNAL DES ORCHIDEES la culture des Orchidées. Quand les feuilles sont sales, recouvertes de pous- sières ou de dépôts de calcaire provenant des eaux, les pores sont fermés, la respiration arrêtée ; par suite l'organisme se détruit et la santé de la plante s'en ressent naturellement. Lavez donc vos feuilles d'Orchidées, jardiniers qui aimez vos plantes, ce n'est pas un luxe. — Les pots souvent aussi sont sales. Il y a encore beaucoup de jardiniers et de cultivateurs qui s'imaginent encore que les pots recouverts de mousses conser- vent aux plantes une humidité bienfaisante. C'est une erreur. Les mousses ou les ordures qui recouvrent la couche extérieure des pots leur enlèvent la porosité et par conséquent détruisent les bons effets de l'excellent drainage qu'offrent les pots non vernissés et à cuisson lente tant recherchés pour la culture des Orchidées. Ensuite, si l'on n'a pas soin d'enlever à temps la couche de mousse qui s'attache sur les pots, cette mousse gagne la surface du compost, qu'elle décompose, et les racines, dont les pores sont ainsi obstrués et se perdent. Lavez donc vos pots, jardiniers soucieux de la santé de vos plantes, ce n'est pas un luxe. — Les vitres des serres sont souvent à l'extérieur recouvertes de poussières, de suifs, de boue et d'autres ordures, et à l'intérieur, spécialement dans les serres chaudes humides, d'une couche de mousse visqueuse. La grande lumière est une des conditions premières, une notion tout élémentaire, dans la culture des Orchidées. Lavez donc vos vitres, ce n'est pas un luxe, et laissez venir à vos plantes le plus de lumière possible. Vos claies ou vos toiles, deux excel- lents abris, suffiront à eux seuls contre les rayons du soleil. — Nettoyez vos serres, enlevez les feuilles mortes, ne les laissez pas séjourner en tas ou autrement sous les tablettes ou dans un coin de vos serres. Les feuilles mortes sont des nids où les insectes se propagent avec une rapidité étonnante, et des cachettes où les vermines se cachent pendant le jour, pour les quitter pendant la nuit et dévaster les pousses tendres et les jeunes tiges à fleurs. Ayez vos serres propres, jardiniers intelligents, et vous, patrons et chefs de culture, soyez convaincus que la propreté n'est jamais un luxe. Ignotus. PETITES NOUVELLES ET PETITE CORRESPOIMDAIMCE V Orchidophile déplore que le C. labiata ait fait couler tant d'encre et dit : « J'ai la conviction absolue, que si « un rapprochement que les intérêts communs rendraient « fort profitable pouvait être tenté, que tous nous n'au- « rions qii\ï nous en louer.... MM. les adversaires . ne peut servir à personne et qu'une entente serait beau- coup plus profitable, non seulement aux intérêts com- muns, mais surtout aux grands intérêts de l'horticulture en général . Mais comment L' Orchidophile établirait-il cette en- tente? Elle nous paraît impossible avec une maison qui a employé, jusqu'ici, vis-à-vis de nous des moyens de polémique si peu courtois et de concurrence si peu anglais. On ne pourra pas nous reprocher à nous d'avoir été « acerbes » et d'avoir eu recours aux « grros mots. » Nous avons laissé les injures pour compte à nos adversaires. Les « gros mots » et la l)asse polémique ne trouveront jamais d'écho au Journal des Orchidées. Le correspondant de V Orchidophile semble être très mal renseigné sur les phases de la ijuestion de la Réin- troduction du Cattleya labiata. Voici exactement, pour ne plus y revenir, ce qui s'est passé : Nous introduisîmes en avril et mai 1890 les Cattleya Warocqueana. En octobre de la même année ils fleu- rirent et prouvèrent être les vrais vieux Cattleya labiata de Lindley — cela à la grande joie des orchido- philes, mais au grand déplaisir d'une maison allemande établie en Angleterre qui recherchait cette plante in- fructueusement depuis plusieurs années. Nous exposions notre Cattleya Warocqueana sous le nom de Cattleya labiata en novembre, à Londres. Cette maison d'importation et ses amis montèrent immédia- tement une cabale contre nous et contre notre plante. Ils prétendirent que le C. Warocqueana n'était que le C. Gaskelliana et répendirent ce bruit dans toute l'Angleterre et même sur le continent. Seulement, comme ils avaient parfaitement reconnu que noti'e plante était le vrai Cattleya labiata, ils firent des recherches pour retrouver son habitat et lancèrent un, puis deux, puis trois collecteurs, dans la rég^fon même où. notre agent Bungeroth retrouva la plante. Quand ils furent mis ainsi en possession d'un certain nombre de plantes, ils annoncèrent à grands coups de grosse caisse « la ré-introduction du vieux Cattleya labiata de LiNDiiEY par Sander, " et publièrent contre nous, les vrais premiers réintroducteurs (sans lesquels ils ne l'auraient jamais retrouvé), des poèmes d'injures vio- lentes, nous traitant de trompeurs, d'autres aménités du môme goût, et disant que le Cattleya Warocqueana n'était « qu'une sale drogue fleurissant ^n été. » Une bonne partie de la presse anglaise semblait, dans le principe, prendre fait et cause pour la maison pseudo- anglaise.... Mais depuis lors, grâce un peu à notre bec et à nos ongles, et beaucoup à nos expositions de 200 plantes fleuries, à Bruxelles et à Londres, il ne resta plus aucun doute dans l'esprit de personne et justice nous fut rendue tant dans la presse anglaise que continentale. Un journal français, le Moniteur d'Horticulture, a publié, dans son numéro du 28 février dernier , page 42, une note qui a sa place marquée dans l'histoire de la rémtroduction de la fameuse plante. La voici : « Grâce au zèle infatigable des collecteurs belges, le « groupe des Cattleya labiata continue à s'enrichir de « nouvelles et de superbes espèces. L'Horticulture u Internationale de Bruxelles, à laquelle nous devons « la première découverte et la réintroduction en Europe « du C. Warocqtieana ou C. labiata ajitumnalis, malgré « la criante injustice d'une maison allemande établie en « Angleterre qui cherche, par une réclame déloyale, « à vouloir s'en attribuer les mérites, vient d'importer « un stock important du nouveau C. gloriosa, une « variété qui ne manquera pas d'exciter un vif intérêt « chez les orchidophiles. « Après cet exposé, L'Orchidophile croit-il encore qu'une entente soit possible? Quoi qu'il puisse arriver, la polémique au sujet du Cattleya labiata est définitivement enterrée chez nous. Nous n'y reviendrons plus. Nous avons suffisamment prouvé de quel côté était le bon droit et la loyauté.... et ça n'intéresse plus nos lecteurs. 11 était cependant utile, pour Vhistoire des Orchidées, de remettre les faits au point. On avait intérêt ailleurs à les dénaturer. Nos abonnés voudront bien remarquer aussi que cette ques- tion a été, dans sa plus grande partie, traitée au Journal des Orchidées, hors du texte, soit en supplément, soit sur les pages de la couverture, réservées aux annonces. Ça n'a donc pas été du « remplissage. » * * * P. M., à Bar-le-Duc. — La serre qui convient le mieux aux divers (Jymbidmm est la serre tempérée- chaude. Dans une serre plus froide, la végétation sera certainement plus lente, mais les faits que vous nous citez prouvent amplement que ces plantes pourront néanmoins y prospérer et même donner une abondante floraison. Quant aux C. eburneum et C. Mastersi, ils réclament sensiblement le même traitement que le C. Hookerianum et peuvent être placés dans les mêmes conditions. Les Cattleya Warocqueana doivent être cultivés en serre tempérée-chaude, exactement dans le même milieu que les auti-es Cattleja, dont vous nous parlez. * M. D., à Gand. — Il n'est pas indispensable que des tuyaux de chauffage passent dans le bassin d'eau d'arro- sage, pourvu que l'eau soit toujours employée à la température de la serre. p]lle l'atteindra quand elle aura séjourné quelques heures dans la serre. Lorsque les bassins sont traversés par des tuyaux, il se produit une évai^oration qui est très utile pour main- tenir dans l'atmosphère la quantité d'humidité néces- saire à la végétation. Pour y suppléer, il faut arroser fréquemment les sentiei's et les tuyaux de chaufïaa-e, ainsi que les tablettes. *'* A. C, France. — Les Cochlioda Nôtzliana peuvent parfaitement être cultivés en paniers, mais nous lîréfé- rons cependant les mettre en pots, parce que ces Orchidées réclament beaucoup d'humidité; or le com- post se sèche rapidement dans les paniers. mmi mw » londkës ORGAîslSEE PAE L'HORTICULTURE INTERNATIONALE de BRUXIi:i.L.ES G? et GS, Oheapside LONDRES, E. C. Le 29 avril 1893, à midi et demi. Cette grande vente comprendra de magnifiques ORCHIDEES RARES OU NOUVELLES IMPORTÉES OU ÉTABLIES. GBAiE VENTE à GAID ORGANISEE PAR L'HORTICULTURE INTERNATIONALE de BRUXELL.es En la salle FLORA, 132, chaussée crHundelgliem à LEDEBERG-lez-GAND sous la direction de ISl. JULES DE COCK OeCUIDÉES importées -- ORCHIDÉES établies. SALLE DU JARDIN 5, rue d'Edimbourg, à PARIS. EXPOSITION-YENTE organisée pour le compte de L'HORTICULTURE INTERNATIONALE cleBRUXEl.L.ES Le JEUDI 17 :MiA.RB 180S, et jours suivants. 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Miteau, MaxGarnier, A. Van Imschoot, Fr. Desbois, D-- G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, A. Bleu, D-- Van Cauwelaert, E. Bungeroth, Ch. Vasseur, James O'Brien, J. Hye, R. Martin-Cahuzac , D^ Capart, Comte de Bousies, G. Mantin, J. du Trieu de Terdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Rivois, J. Hatos, P. Silver, J. Moens, A. Dueos, A. Dallière, J. Nôtzli, P. Gloner, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellner, Carlos Starker, A. de la Devansaye, Fi. Claes, de Meulenaere, G. Diretti, A. van den Heede, ^ â^ Siesmayer, A. Wincqz, G. Kittel, Baron de Meylhand, Ch. Béranek, c^^^ et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. .. Prix de FAbonnement : 10 francs par an Paraît le 1" et le 15 de chaque mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES Dépositaii^e po\xr la France : ]M. O. 3DOIN", Éditeur, 8, Place de l'Odéon, P,A.RIS. Gaud, impr. Eug. A'andcrbaegben. 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La Lindenia publie également DEPUIS LE ler FÉVRIER 1891 UNE ÉDITION ANGLAISE EN VOLUMES DE 6 LIVRAISONS (2 VOLUMES PAR AN] Pi*iiK^ de Fabonnement à chaque volume : !d^ shillings poui* l'édition anglaise» L'ORCHIDÉENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES Présidents d'Honneur : MM. le baron de BLEICHRÔDER, consul-général de S. M. Britannique, à Berlin, pour l'Allemagne ; J. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Comte DU BUYSSON, auteur de rOrchidophile, pour la France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas. SECRETARIAT : 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : Président : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique; Secrétaire:}!. LUCIEN LINDEN, administrateur-directeur de L'Horticulture Internationale. TmonVr : M. J. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire. Le prochain meeting aura lieu les Dimanche et Lundi iO et 11 Avril La grande EXPOSITION INTERNATIONALE D'ORCHIDÉES aura lieu du 14 au 20 Mai 1892. TERRE FIBREUSE ET SPHAGNUM Prix les plus réduits, défiant toute concurrence Adolphe BRAHY-MARCHAL à CHANLY (Belgique) FOURNISSEUR DE L'HORTICULTURE INTERNATIONALE à Bruxelles HORTICULTEUR EXPÉRIMENTÉ, marié, 37 ans, connaissant cultures forcées, industrielles et bourgeoises, exploitation fruitière et taille, pépinières et plantations, toutes cultures de plein air et de serres et leur multiplication, demande emploi régis- seur ou jardinier-régisseur dans château ou grande propriété, rayon rapproché de Paris de préférence. S'adresser au journal. E. V. H. SOMMAIRE DU 50"^' NUMERO : Pages Chronique Orchidéenne mensuelle 21 Causerie sur les Orchidées. — XXXVIII 24 Études de botanique élémentaire sur les Orcliidées 30 La fécondation dans les Cryplophoranlhus 34 Le^ maladies des Orchidées " .... 35 Compayflie yénérale des Chauffayes (Société Anonyme) à MARLOIE (Belgique). Le développement considérable pris, après huit mois seulement d'existence, par les, affaires de la COMPAGNIE GÉNÉRALE DES CHAUFFAGES exigeant un accroisse- ment de ses moyens d'action, la Compagnie a décidé de procéder à une AUGMENTATION DU CAPITAL SOCIAL qui a été arrêtée dans VAsse7nhlée générale du 19 mars courant. Celte augmentation est égale au montant du capital de la création, qui est ainsi doublé. Il a été décidé que quelques actions nouvelles seraient réservées pour être offertes au public des amateurs et cultivateurs qui sont les clients naturels de la Société. Les souscripteurs bénéficieront de l'avantage spécial d'une réduction de 10 % sur le montant des travaux qu'ils feraient exécuter par la Compagnie générale des Chauffages. Les nouvelles actions sont émises au pair (100 francs chacune). Nous appelons l'attention de tous les intéressés sur cette occasion particulièrement avantageuse; ils pourront obtenir tous les renseignements nécessaires en s'adressant au président de la Compagnie générale des Chauffages, M. Lucien Linden,, 100, rue Belliard, à Bruxelles. Les demandes d'actions sont également reçues à cette adresse. VERRES POUR SERRES ET JARDINIERS CLOCHES A BOUTURES ET A MELONS S'ADRESSER A LA FABRIQUE DE MM. V. FRÈRE et L. TÂBDRMI à Jumet (lez Ckrleroi). l" AVRIL 1892 21 CHRONIQUE ORCHIDÉENNE MENSUELLE REFERENDUM SUR LE PARFUM DES ORCHIDEES. — L'article que nous avons publié dans notre dernier numéro au sujet du parfum des Orchidées a donné lieu, paraît-il, à quelques controverses parmi les amateurs et cultiva- teurs de ces plantes. Un certain nombre de personnes nous ont adressé à ce propos des lettres témoignant qu'elles n'avaient pas jugé de la même façon que nous l'odeur de diverses espèces. Nous n'avons pas la prétention d'avoir le nez infaillible, et puis tout le monde ne sent pas de la même façon; avec un jeu de mots bien excusable, on pourrait appliquer ici le proverbe : « tôt capita, tôt sensus. » D'ailleurs, nous l'avons dit, dans une Orchidée donnée, le parfum varie souvent selon l'heure de la journée, ou d'une année à l'autre. Cette divergence d'appréciations nous a suggéré l'idée d'ouvrir dans le Journal des Orchidées un nouveau plébiscite, le référendum des parfums, et nous convions tous nos abonnés à nous adresser leur opinion et leurs observations personnelles sur les odeurs de certaines espèces en particulier, ou des Orchidées en général. Les réponses seront reçues jusqu'au 5 mai au bureau du journal, et le dé- pouillement en sera résumé dans le numéro 53, paraissant le 15 mai prochain. * CULTURE DES CALANTHE A FEUILLES CADUQUES. — Pendant l'année qui s'est écoulée on a encore cultivé chez ^L de Lansberge, au château de Duno, les Calanthe à feuilles caduques dans de l'argile pure. Pour les petits bulbes cette méthode n'a pas toujours bien réussi mais pour les grands elle a encore donné de superbes résultats. Les C. vestita et Veiichi ont donné une floraison très abondante. Quelques bulbes ont porté jusqu'à trois hampes ornée chacune de quinze à vingt fleurs d'une couleur splendide. En ce moment ils sont remplacés par les C. Regnieri dont la floraison n'est pas moins belle. 22 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Pour l'année courante on compte laisser les bulbes dans le même compost sans les déranger. L'expérience a démontré que pour beaucoup d'Orchidées terrestres, quand elles ^ont cultivées dans un compost substantiel, qui ne s'aigrit pas, il est préférable de ne les rempoter que tous les deux ans. — C'est le cas, notamment pour les Pleione qui fleurissent beaucoup mieux la seconde année. * * * LE JARDIN BOTANIQUE DE BRUXELLES. — Nous lisons dans un journal politique bruxellois : « On a parlé de faire du Jardin Botanique un jardin de fêtes. « Voici en réalité de quoi il s'agit. La ville de Bruxelles a proposé au gou- « vernement un échange entre le Jardin Botanique et le Parc Léopold. « Le gouvernement aurait ainsi l'avantage d'avoir ses collections botaniques « à côté de son musée d'histoire naturelle « Le gouvernement a paru très disposé à faire cet échange, et la question a « été mise immédiatement à l'étude. » Nous ne pouvons, de notre côté, qu'applaudir à ce projet, qui aurait l'avan- tage de créer au Parc Léopold un centre scientifique et horticole d'une importance considérable. * * EN FLEURS CHEZ M. LE D^ VON HEERDT, dans la première quinzaine de mars, un beau Coelogyne Massangeana, avec cinquante fleurs, plusieurs Cattleya Trianae, notamment trois formes bien distinctes, une blanche, une rosée avec le labelle bordé de pourpre, et la troisième conforme au type, d'un beau modèle; deux formes du Dendrohium Wardianum, dont une pâle, l'autre grande, d'un coloris plus sombre, et rappelant tout à fait le D. W . excellons; un Odontoglossum Ruckerianum, un superbe Miltonia Clowesi et deux Cypripediicm villosum, dont un de coloris clair et teinté de jaune sur les pétales, que M. le D'' VON Heerdt a distingué du nom de C. Boxalli maximum. * * * EXPOSITION LIBRE INTERNATIONALE DE « L'ORCHIDÉENNE » EN MAI 1892. — A la suite des grands concours de Cattleya et d'Odontoglossum organisés l'année dernière par la société bruxelloise, et dont on n'a pas oublié l'éclatant succès, il avait été décidé en principe qu'une exposition analogue serait organisée également en 1892. Cette exposition aura lieu du 14 au 20 mai prochain. Elle différera des l" AVRIL 1892 23 concours de i8gi par une organisation nouvelle, permettant de mettre mieux en valeur tous les apports intéressants et remarquables, et de les récompenser tous, quelles que soient les compétitions en présence. A cet effet, l'exposition sera libre, c'est-à-dire ouverte à tous les envois d'Orchidées des amateurs membres de la Société, sans programme fixe et délimité à l'avance; des objets d'art et des médailles seront mis à la disposition du Jury, qui pourra décerner ces distinctions à tous les apports qui lui en paraîtront dignes. Chaque amateur aura la faculté d'exposer telles Orchidées qu'il jugera convenable, en nombre indéterminé. Il y a donc, entre l'organisation adoptée l'année dernière et celle de cette année, la même différence qu'entre un concours et un examen. Il a paru au Comité-directeur que le nouveau système d'une exposition libre convenait mieux pour une Société d'amateurs, où le but proposé est de fournir des éléments d'étude et un spectacle éminemment attrayant pour les yeux, beaucoup plutôt que des éléments de comparaison entre les mérites des diverses collections. Tout permet d'espérer que cette Exposition aura la même splendeur et le même succès que les grands concours en 1891. * UNE SPLENDIDE INTRODUCTION NOUVELLE vient de fleurir dans les serres de L'Horticulture Internationale à Bruxelles. C'est un Eulophia qui sera évidemment la merveille de ce genre, comme le Catasetum Bimgerothi l'est dans le sien, et qui prendra rang parmi les plus belles Orchidées intro- duites en Europe jusqu'ici. La plante produit une forte tige qui prend naissance à la base des pseudo- bulbes et s'étend à peu près horizontalement; cette tige d'un beau rouge- brun, porte vers son extrémité une grappe de vingt à vingt-cinq grandes fleurs d'une forme extrêmement gracieuse, d'un blanc légèrement nuancé de rose pâle, et d'une substance qui rappelle certaines pâtes tendres de biscuit. La face extérieure des segments est relevée de rouge-brun vif; les boutons sont entièrement de cette couleur. Cette magnifique nouveauté, exposée au dernier meeting de L'Orchidéenne sous le nom provisoire à.' Eulophia Lindeni, y a obtenu un diplôme d'honneur de i'''^ classe décerné à l'unanimité et par acclamation. Elle sera décrite et figurée très prochainement dans la Lindenia, et dédiée définitivement à S. M. la Reine de Roumanie, bien connue dans le monde des lettres sous le nom de Carmen Sylva. L. L. 24 LE JOURNAL DES ORCHIDEES CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES XXXVIII. — La serre des Cattleya et Laelia La serre tempérée type, celle qui renferme ces bijoux de l'Amérique centrale et méridionale, est en toute saison l'une des plus attrayantes, car il est peu d'Orchidées à fleurs aussi grandes, aussi élégantes, aussi variées et splendides comme coloris, que les Cattleya et Laelia. D'ailleurs les diverses espèces de ces deux genres fleurissent d'un bout à l'autre de l'année, se succédant sans interruption, et il n'est pas de saison où cette serre soit privée de fleurs. La serre des Cattleya doit être chauffée à une température de 12° à i6° cent. Cette température est d'ordinaire dépassée l'été, pendant l'époque de végé- tation. En hiver et au printemps, alors que le chauffage artificiel est néces- saire, il faut s'en tenir au strict minimum, c'est-à-dire aux chiffres indiqués ci-dessus. On peut rempoter actuellement les plantes dont les pots seraient devenus trop petits ou dont le compost serait décomposé et mauvais pour la culture. Quand le sphagnum n'a pas été soigneusement nettoyé avant le rempotage, il arrive parfois qu'au bout de quelques semaines le compost se recouvre de petits vers blanchâtres qui le bouleversent et attaquent les racines. En pareil cas, le mieux est de renouveler complètement les matériaux ; si quelque raison importante s'y oppose, il suffira même de cesser les arrosages pendant une huitaine de jours. Quand le compost sera tout à fait sec, les insectes périront. La terre fibreuse renferme moins d'insectes, mais elle contient d'ordinaire beaucoup de racines de fougères, qui pourrissent si on les laisse dans le com- post, et font bientôt apparaître une quantité de champignons. Dans ces condi- tions les racines sont étouffées et meurent, et les jeunes pousses elles-mêmes sont souvent envahies et gravement endommagées. En pareil cas, la sécheresse arrête encore le mal dans ses progrès ; puis il est nécessaire de renouveler complètement le compost, et de laver avec soin l'intérieur et même l'extérieur des pots, où les mauvais germes restent facilement attachés. Les champignons, l" AVRIL 1892 25 surtout une certaine espèce à longue tige grêle comme un fil, d'une couleur grisâtre, se forment principalement à l'extérieur, où ils recherchent sans doute l'atmosphère humide, et reparaissent sitôt après avoir été enlevés, tant qu'on ne les supprime pas radicalement. Les Cattleya sont aujourd'hui plus populaires que jamais, grâce aux intro- ductions nombreuses et splendides de ces derniers temps, et la plupart des collections en renferment un grand nombre. Beaucoup de plantes étant vendues à l'état d'importation, nous ne croyons pas inutile de rappeler le traitement qui convient pour les remettre en végétation. Les plantes importées doivent être mises en pots le plus tôt possible, placées dans une serre abritée assez sombre et arrosées abondamment. On les rempote dans un mélange de sphagnum et de terre fibreuse bien hachés et mélangés, on les arrose et on les seringue presque tous les jours, et on répand de l'eau sur les tuyaux de chauffage et dans les sentiers afin de provoquer la formation des racines. Bientôt celles-ci apparaissent, et les yeux commencent à se gonfler; on réduit alors les arrosages et on donne plus de lumière. Peu à peu les pousses se développent, et lorsqu'elles sont bien parties, on place les plantes sous le même traitement que celles qui sont établies. Lorsque les plantes ont été collectées en pleine végétation, il arrive parfois que les jeunes pousses ou les bulbes non encore mûris noircissent et se flétrissent dans les cultures. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter de ces petits accidents, dont la santé des plantes ne souffre pas sensiblement. On coupe les bulbes endommagés à quelques centimètres au-dessus des yeux, et ceux-ci ne tardent pas à se développer comme d'ordinaire. Parmi les genres dont la classification réclame le plus impérieusement la révision qu'il est question de faire subir à la nomenclature orchidéenne, il faut mettre au premier rang le genre Cattleya, dont une bonne moitié au moins n'a pas reçu jusqu'ici d'attribution définitive. Si la théorie du professeur Reichenbach devait prévaloir, le genre tout entier disparaîtrait pour se fondre dans les Epidendrum; d'après Bentham et beaucoup d'autres orchidographes, au contraire, il resterait distinct et absorbe- rait même le genre Laelia, que Reichenbach classe avec les Bletia. Les Laelia, en effet, ne diffèrent des Cattleya que par un point de peu d'im- portance, l'arrangement des masses polliniques, que l'on ne peut vérifier qu'en détruisant une partie de la fleur. 26 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Mais il existe encore une autre grave difficulté. Doit-on considérer comme des espèces distinctes, ou seulement comme des variétés du C. labiaia, ces formes splendides, si populaires et si répandues et dont le nombre s'accroit tous les ans d'une moisson nouvelle, les C. Trianae, Menddi, Mossiae (voir fig. 3), gigas, Fig. 3. — Caiileya Mossiae Gaskelliana, Percivaliana, etc. ? Les avis sont partagés, et le problème, posé bien souvent, .n'est pas résolu encore; mais plus les connaissances des orchido- philes s'étendent, plus ils recueillent d'éléments d'appréciation, et plus il devient probable que la question pourra être prochainement tranchée. Deux tendances sont en présence qui se contrarient fréquemment : les bota- nistes, d'une part, se déterminent par des motifs scientifiques; d'autre part les horticulteurs se préoccupent davantage des analogies apparentes et des carac- tères extérieurs communs. Laquelle de ces deux tendances l'emportera? Dût-on nous accuser de prêcher pour notre saint, nous inclinons fort à penser que ce sera la seconde. l" AVRIL 1892 27 Tout au moins a-t-elle l'avantage du nombre; tous les amateurs d'Orchidées qui ne sont pas des savants — et c'est de beaucoup la majorité — se conten- teront aisément d'adopter les groupements basés sur des différences bien nettes et facilement reconnaissables. Or il est certain que ce critérium amènerait à conserver comme espèces distinctes les C. Mossiae, Mendeli, Gaskelliana, Trianae, gigas, etc. En tous cas, la révision du genre Cattleya s'impose, et il faudra bien qu'un jour ou l'autre un botaniste clairvoyant s'en occupe. Il est clair qu'il existe dans le genre, comme dans les Odontoglossum, les Oncidium et plusieurs autres genres, des sections assez larges, des séries confluentes dans lesquelles on peut classer un certain nombre d'espèces ; on aurait ainsi les Cattleya guttata, les C. bulbosa, les maxima, les C. Aclan- diae, le C. citrina (voir fig. 4), formant un type à part, et il y aurait aussi, si l'on veut, la section des C. labiata, mais il n'en reste pas moins, sous ces noms généraux, des espèces très nombreuses parfaitement distinctes, et qu'à notre avis il est impossible de supprimer sans aboutir à une véritable confusion. Ce qui établit bien, d'ailleurs, l'importance d'espèces telles que le C. Trianae et le C. Mossiae, c'est le nombre considérable de variétés qu'elles comprennent et que les amateurs d'Orchidées ont dû distinguer entre elles par des noms spéciaux — variétés très étendues, parfois très tranchées, et qui cependant rentrent très nettement dans leur classe spécifique et ne peuvent jamais être confondues avec une des espèces voisines. * * * Les espèces les plus populaires et les plus remarquables du genre Cattleya sont les suivantes : C. Aclandiae. Plante de petite taille, produisant de grandes fleurs ayant les pétales et les sépales à peu près semblables, larges, d'un vert olive, abon- damment tacheté de fortes macules pourpre foncé, labelle trilobé avec le lobe antérieur très étalé, d'un rouge magenta, colonne rouge pourpre sombre. Fleurit en juin-juillet. C. amethystoglossa. Magnifique espèce produisant des bouquets touffus de fleurs d'un ravissant coloris. Les segments sont nuancés de rose, et abon- damment tachetés vers leurs extrémités de rose pourpré vif; le labelle, égale- ment rosé, a les coins relevés des lobes latéraux d'un beau rose pourpré vif, ainsi que le lobe antérieur étalé en éventail, et hérissé de granulations. 28 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Le C. amethystoglossa forme de fortes touffes qui offrent au moment de la floraison un coup d'œil splendide. Il n'est pas difficile à cultiver, et réclame le même traitement que le C. gramUosa et les plantes de la section guttata. Il fleurit au mois de mars. C. aurea. Splendide espèce ayant les pétales et sépales d'un jaune clair, et le labelle énorme, frangé et frisé sur les bords, d'un beau rouge pourpre Fig. 4. Cattleya citrina velouté, strié de jaune d'or. Il produit des grappes de trois à quatre fleurs. Fleurit en août-septembre. C. hicolor. Espèce à tiges cylindriques minces, diphylles. Sépales et pétales vert pâle nuancé de brun cuivré, labelle d'un beau rose pourpre dépourvu de lobes latéraux, avec la colonne apparente coloré de rouge vif. Très florifère, fleurit en septembre. C. citrina (voir fig. 4). Cette espèce, parfois désignée sous le surnom de tidipe l" AVRIL 1892 29 du Mexique, est entièrement distincte des autres types du genre. Elle produit, à l'extrémité de petits bulbes glauques ovales, des fleurs tombantes d'assez grande taille, d'un beau jaune vif légèrement orangé, d'un parfum très agréable et rappelant celui du citron. Fleurit de mai à juillet. Il est à remarquer que le C. citrina ne réussit bien que quand ses bulbes se trouvent dans une position inclinée, avec ses feuilles pendant verticalement; aussi réussit-il particulièrement bien sur une planchette faite de bois dur ou de tronc de Fougère. Les amateurs, parfois, se donnent beaucoup de mal pour le cultiver en pot; ils n'obtiennent de cette façon que des résultats peu satis- faisants. La planche ci-contre représente le port de cette curieuse Orchidée, qui, suspendue au vitrage, orne les serres d'une façon très pittoresque. C. crispa (synonyme Laelia crispa). Espèce d'une grande élégance, à sépales et pétales blancs; labelle blanc très allongé en pointe, avec une riche macule cramoisie sur le lobe antérieur ainsi que des deux côtés de la gorge. Fleurit en juillet-août. Cette espèce comprend plusieurs variétés assez distinctes. C. dolosa (voir C. Walkeriana). C. Dowiana. Espèce très voisine du C. aurea, dont celle-ci est parfois consi- dérée comme une variété. C'est également une plante d'une très grande beauté. — Fleurit en septembre. C. Eldorado. Le dernier numéro du Journal des Orchidées donnait une des- cription détaillée de cette espèce et de ses variétés, sur laquelle nous ne reviendrons pas. Cette belle espèce fleurit en août-septembre. C. Gaskelliana. Belle espèce de coloris très variable, ayant les sépales d'un rose plus ou moins vif, le labelle d'un rouge pourpre avec une macule jaune plus ou moins foncé. Fleurit en août-septembre. C. gigas. Magnifique espèce à fleurs de très grande taille, ayant les sépales et les pétales rose pâle, le labelle très ample, d'une forme très élégante, d'un beau rouge vif parfois un peu violacé, avec deux larges macules blanches en forme d'yeux des deux côtés de la gorge. Fleurit en août. Une variété splendide, le C. gigas Lindeni, a été exposée il y a quelques mois à L'Orchidéenne à Bruxelles. C'est une fleur géante, qu'on peut consi- dérer comme représentant le type amélioré dans toutes ses parties et porté à sa perfection. L- L- [Sera continué.) 30 LE JOURNAL DES ORCHIDEES ETUDES DE BOTANIQUE ÉLÉMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES [Suite, voir 2^^ année, page 366) Parmi les espèces cultivées sous le nom de Rodriguezia, il en est, comme les R. recurva et R. crispa, auxquelles certains caractères de la description précé- dente ne conviennent pas. Ainsi dans le R. crispa, dont les longues grappes portent de nombreuses petites fleurs d'un vert très pâle un peu jaunâtre, nous voyons que les sépales latéraux sont rejetés vers le bas, comme dans les deux premières espèces que nous avons examinées plus haut; mais il ne sont guère soudés ensemble que dans leur tiers inférieur. Le labelle est absolument dépourvu d'éperon, et les pollinies n'ont qu'un très court pédicelle. Cette espèce, comme le R. recurva, fait partie du genre Gonicza, qui a les plus grands rapports avec les Rodriguezia, mais qui en diffère notamment en ce que les sépales latéraux sont tantôt entièrement libres, tantôt plus ou moins soudés, et surtout en ce que le labelle est privé d'éperon. En outre, les fleurs des Goineza, petites et nombreuses, sont accompagnées de longues bractées aiguës et étalées, qui donnent un aspect spécial aux grappes florales. Toutefois, il est bon de remarquer que certaines espèces semblent établir une transition entre les deux genres : nous avons vu que l'éperon du R. secunda est très court; celui du R. maculata n'est guère distinct et constitue plutôt une bosse qu'un véritable éperon. Il est facile de reconnaître que les Rodriguezia et les Gomeza appartiennent à la tribu des Vandées. Ils sont classés dans la sous-tribu des Oncidiées, comprenant de nombreux genres tous propres à l'Amérique et dont les carac- tères sont : Herbes épiphytes, à tiges souvent très courtes et presque toujours ter- minées par un pseudo-bulbe muni d'une ou deux feuilles. Celles-ci, coriaces ou charnues, ne sont jamais plissées longitudinalement. Pédoncules naissant sous les pseudo-bulbes ou à la base de fascicules latéraux. Gynostème non prolongé en pied à la base. Historique. — Le genre Rodriguezia fut fondé en 1794, par Ruiz et l" AVRIL 1892 31 Pavon, qui le décrivirent dans leur célèbre ouvrage déjà cité plusieurs fois dans nos études, et ils le dédièrent au botaniste espagnol Emmanuel Rodriguez. Un autre genre fut décrit plus tard par Lindley {Botanical Register, volume de 1837, planche 1927), sous le nom de Burlingtonia (Bourlingtonia pour Endlicher), et dédié à la comtesse anglaise de Burlington; mais en 1852, Reichenbach établit l'identité complète de ce genre avec celui de Ruiz et Pavon, et depuis cette époque, presque tous les botanistes les maintiennent réunis. Quant au genre Gomeza, il fut décrit parle grand botaniste anglais Robert Brown, en 18 15 {Botanical Magazine, planche 1748). En 1833, Lindley le réunit aux Rodriguezia {Gênera and species of Orchidaceous Plants); mais malgré les affinités qui le rapprochent beaucoup de ce dernier genre, on l'en sépare généralement aujourd'hui. En 1864, dans le sixième volume des Annales de Walpers, Reichenbach, non seulement l'éloigna des Rodriguezia, mais le réunit aux Odontoglossum, réunion qui peut sembler étrange et qu'aucun botaniste n'a admise. Distribution géographique. — Le genre Rodriguezia est formé d'en- viron vingt-cinq espèces, disséminées dans l'Amérique tropicale, depuis le Brésil jusqu'à l'Amérique centrale. Les Gomeza, rarement cultivés, comprennent sept ou huit espèces, toutes spéciales au Brésil. 7° Les Trichopilia. Comme le genre Pihunna est maintenant réuni par presque tous les auteurs au genre Trichopilia, on pourra étudier quelques-unes des espèces cultivées sous l'un ou l'autre de ces noms. Prenons en premier lieu le Tr. tortilis, dont toutes les pièces du périanthe, longues chacune d'au moins cinq centimètres, sont étalées, étroitement lan- céolées presque linéaires, d'un jaune verdâtre largement maculées de rouge vineux dans la partie médiane, et fortement tordues en tire-bouchon; les deux sépales latéraux sont soudés ensemble à la base, sur une longueur de deux à trois millimètres. Le labelle, blanc avec une large bande jaunâtre dans le milieu et des macules pourprées, est enroulé en cornet autour du gynostème, avec lequel il adhère inférieurement sur une longueur de cinq millimètres; il est assez profondément divisé en trois lobes largement arrondis, et sa surface est toute unie, sauf dans la partie inférieure, où l'on voit deux légères crêtes 3 2 LE JOURNAL DES ORCHIDEES obliques, derrière chacune desquelles se trouve une cavité, comme une petite pochette. Le gynostème, long d'environ deux centimètres, est blanc un peu verdâtre inférieurement, presque cyHndrique, assez grêle dans le bas, mais dilaté au sommet à la hauteur du large stigmate antérieur. Le clinandre, un peu oblique en arrière et très profond, est entouré d'une aile translucide très large et à bords fortement déchiquetés-franges. L'opercule de l'anthère, à une seule cavité, est blanc, très relevé et comprimé latéralement. En le soule- vant, on trouve deux pollinies d'un jaune pâle, obovoïdes, avec un sillon longi- tudinal sur leur face inférieure; elles sont réunies par un pédicelle long de deux miUimètres, grêle et droit, blanc et translucide, à un très petit rétinacle jaunâtre. Le gracieux Tr. suavis, qui dégage un fort parfum d'aubépine, à très grandes fleurs d'un jaune paille, le labelle irréguhèrement maculé de violet et muni à la gorge d'une large tache d'un jaune vif, présente presque la même organisa- tion que l'espèce précédente. Le joli Tr. nobilis, à fleurs d'un blanc pur, sauf une large macule d'un jaune orangé presque en forme de cœur qui se trouve à la gorge du labelle, offre comme particularité que le labelle est moins enroulé et muni d'une légère crête médiane longue d'un centimètre et demi. Le gynostème, très épais, porte au sommet deux ailes antérieures qui se replient l'une vers l'autre, de manière à cacher presque complètement le stigmate. Dans le Tr. taxa, dont les fleurs sont blanchâtres, un peu lavées de rouge vineux surtout à la base, les sépales latéraux sont très rapprochés l'un de l'autre; mais non soudés, et le labelle est beaucoup plus court que le reste du périanthe; le pédicelle des pollinies est très court, il n'égale même pas la lon- gueur du rétinacle, qui est orangé. On peut encore trouver diverses autres espèces dans les serres, comme les Tr. crispa, Tr. fragrans, Tr. lepida, Tr. marginata, etc.; voici les caractères communs à toutes ces plantes : « Sépales à peu près égaux, semblables aux pétales, libres ou les latéraux « un peu soudés à la base. Labelle plus ou moins enroulé autour du gynostème, « avec la partie inférieure duquel il est soudé par sa base, à face supérieure « nue ou munie de lamelles. Gynostème dressé, allongé, sans pied; chnandre « profond, entouré d'une aile membraneuse très large, frangée ou ciliée-dentée. « Anthère terminale, operculiforme, convexe, à une seule loge; deux pollinies « cireuses, obovoïdes, reliés à un petit rétinacle par un pédicelle grêle plus ou l" AVRIL 1892 33 « moins allongé. — Herbes épiphytes, à pseudo-bulbes portant chacun une « seule feuille. Feuille charnue ou coriace, dressée, plane ou seulement un « peu pliée longitudinalement à la base. Scapes naissant du rhizome, courts, « portant quelques gaines mais pas de feuilles, terminés par une à cinq fleurs. « Celles-ci sont grandes, pédicellées, munies de petites bractées, à sépales « souvent tordus. » Il est facile de s'assurer que les Trichopilia appartiennent à la tribu des Vandées et à la sous-tribu des Oncidiêes, dont nous avons donné les carac- tères plus haut. Il sont voisins des Rodriguezia, dont ils diffèrent surtout par le labelle dépourvu d'éperon et soudé inférieur evient avec la hase du gynostème, ainsi que par les franges de l'aile qui entoure le clinandre. Ils ont aussi de grands rapports avec les genres Aspasia et Cochlioda, que nous étudierons plus tard. Historique. — La création du genre Trichopilia est due à Lindley, qui le décrivit dans le volume de 1836 du Botanical Register, planche 1863; il tira son nom de deux mots grecs qui signifient poil et chapeau, allusion à la frange poilue qui entoure l'anthère. Dans le volume de 1841 du même recueil, le célèbre auteur anglais décrivit encore le genre Pilumna, que Reichenbach réunit plus tard au précédent (Hauiburg. Gartenzeitung de Otto, année 1858) et cette réunion a été géné- ralement admise. L'année suivante (1845) et toujours dans le même recueil, Lindley décrivit un troisième genre sous le nom de Helcia, que Reichenbach réunit aussi aux Trichopiha; mais Bentham n'osa se prononcer au sujet de cette réunion, et M. Pfitzer conserve le genre Helcia. Quant au genre Leucohyle que Klotzsch décrivit dans l'Appendice au Cata- logue des graines distribuées par le Jardin botanique de Berlin en 1854, on est généralement d'accord avec Reichenbach, pour le considérer comme iden- tique avec le Trichopilia. Distribution géographique. — On connaît aujourd'hui dix-huit à vingt espèces de Trichopilia, disséminées dans les régions tropicales de l'Amérique, principalement dans la Colombie, l'Amérique centrale et le Mexique. A. COGNIAUX. (Sera continué.) 34 LE JOURNAL DES ORCHIDEES LA FECONDATION DANS LES CRYPTOPHORANTHUS Le genre Cryptophoranthus fut créé par M. Barbosa Rodriguez pour trois Orchidées Brésiliennes dont les fleurs ne s'ouvrent pas complètement de la façon ordinaire, mais dont les sépales restent soudés à la base et au sommet, les seules ouvertures étant constituées par une paire de fentes latérales, des deux côtés de la fleur. On a comparé ces fleurs à la tête d'un oiseau, d'une perdrix par exemple, ayant des trous à la place des yeux. Le nom générique fait allusion à cette soudure des organes floraux. Le Masdevallia Dayana, ainsi que quelques autres espèces voisines, sont identiques comme structure aux Cryptophoranthus, et je les ai classés dans ce genre il y a quelque temps. La plus belle espèce du genre est de beaucoup le C. Dayanus, et ses fleurs d'un coloris varié, percées d'ouvertures latérales comme de fenêtres^ ont un aspect tout à fait distinct de celui des autres Orchidées connues. L'économie de la fécondation dans ce genre curieux n'a pas encore été com- plètement étudiée, mais Darwin a fait quelques remarques intéressantes sur le C. atropurpureus, connu à cette époque sous le nom de Masdevallia fenestrata (ou Masdevallia à fenêtres), espèce dont l'introduction dans les cultures remonte à près d'un demi-siècle. « Le Masdevallia fenestrata, écrit le célèbre « physiologue^ est une fleur extraordinaire; ses trois sépales restent toujours « cohérents et ne s'ouvrent pas; deux fines fenêtres latérales ovales, situées « assez haut et opposées l'une à l'autre, constituent les seules ouvertures de « la fleur; mais la présence de ces deux étroites fenêtres montre combien il « est nécessaire .que les insectes puissent s'introduire dans cette Orchidée « comme dans les autres. A la base de la large et sombre chambre formée par « les sépales soudés, la colonne minuscule est placée derrière le labelle « sillonné, pourvu d'une charnière extrêmement flexible, et les deux pétales « supérieurs, situés des deux côtés, forment avec lui un petit tube. Si donc « un petit insecte pénètre dans la fleur, ou qu'un insecte plus gros engage « une partie du corps dans l'une des fenêtres, il doit découvrir par le toucher « le tube intérieur pour pouvoir atteindre le curieux nectar qui se trouve à sa l" AVRIL 1892 35 « base. A l'intérieur de ce tube formé par la colonne, le labelle et les pétales, « se projette à angle droit un rostellum très large et élastique, dont la surface « supérieure est visqueuse; les caudicules des pollinies sont projetées hors de « l'anthère, et restent fixées à la base de la face supérieure membraneuse du « rostellum. Toute la structure de la fleur semble avoir été soigneusement « combinée en vue d'empêcher que les pollinies soient emportées puis déposées « dans la chambre stigmatique. » R. A. ROLFE. LES MALADIES DES ORCHIDEES Les maladies qui sévissent sur les Orchidées sont peu nombreuses, et l'on peut dire qu'il n'en est point qui ne puisse être guérie par des soins appropriés ; on peut sans doute en conclure qu'il n'existe pas pour elles de maladies spon- tanées, organiques, et que les dépérissements que l'on constate parfois sont causés par un traitement mal dirigé, ou par les ravages des insectes. Il arrive fréquemment qu'une plante languit parce que la place qui lui est assignée dans la serre ne lui convient pas, au point de vue, soit de la tempé- rature, soit de la ventilation, soit de l'éclairage. Dans ce cas, elle reste à peu près stationnaire, sa croissance semble suspendue ou très ralentie, sans cepen- dant qu'aucun indice fâcheux trahisse des lésions localisées. On peut alors essayer de la ranimer en la changeant de place, et en la transportant dans une serre plus fraîche ou plus chaude, dans un endroit plus ou moins éloigné du ventilateur, plus ou moins exposé aux rayons du soleil, etc. Après quelques tâtonnements, on arrive en général à déterminer la place convenable. Parfois la mauvaise qualité de l'air peut produire des effets analogues ; ainsi le voisinage des usines ou des fours est funeste aux plantes ; dans les grandes villes, l'air est chargé de fumées, de suies, parfois même de produits acides nuisibles; il est peu propice également à la culture. La mort se produit plus rapidement lorsque les feuilles ou les racines sont attaquées; ce sont les organes essentiels, car elles sont indispensables, les premières pour la respiration et probablement un peu aussi pour la nutrition, les secondes uniquement pour la nutrition. Lorsqu'un accident quelconque les supprime, l'existence de la plante est très gravement compromise, et si, en raison de l'époque de l'année où cet accident se produit, ou de sa faible consti- 36 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES tution, elle ne parvient pas à réparer ces pertes à bref délai, elle meurt fatalement. Lorsque la suppression n'est que partielle, les chances de réparation, et par suite de guérison, sont plus grandes ; le reste de l'organisme peut alors conti- nuer de vivre sans se ressentir de cette diminution. Cette indépendance des cellules entre elles est beaucoup plus marquée dans les végétaux que dans les animaux; elle l'est surtout dans les familles inférieures, et elle s'accroît à mesure que l'on descend dans l'échelle des êtres jusqu'à devenir absolue dans certains organismes curieux, dont chaque division fait autant d'êtres nouveaux et complets. La perte des racines, cependant, a beaucoup plus d'importance que celle des feuilles; la plante languit et reste dans un état précaire tant que ces organes ne sont pas reconstitués. Les racines sont fréquemment endommagées, soit par les manipulations des rempotages, soit par les déprédations des insectes, soit par la pourriture pro- duite par un excès d'eau. Il convient, dans tous les cas, de placer la plante blessée à l'abri du soleil, dans un endroit sombre, et un peu à l'étouffée. Si l'état de sa croissance le permet, il est bon aussi de la mettre en repos pendant quelque temps ; lorsque la végétation recommencera, les racines se reformeront aisément. Quant aux feuilles, il est naturellement très rare qu'elles soient détruites toutes à la fois ; les accidents qui peuvent les atteindre ne s'étendent qu'à un petit nombre, et par suite n'ont pas en général une grande importance. Lorsqu'une Orchidée se trouve dans un mauvais état de santé, la maladie se manifeste d'abord par les feuilles, qui, cessant de recevoir la nourriture en quantité suffisante, jaunissent, se rident et finissent par se dessécher et mourir. Ce sont les extrémités qui sont les premières atteintes, c'est-à-dire la pointe et les bords ; ces parties, en se recroquevillant, produisent une déformation de toute la surface des feuilles qui trahit aussitôt le dépérissement de la plante. Si le remède n'est pas apporté à temps, toutes les feuilles périssent tour à tour, et l'Orchidée, par suite, est considérablement affaiblie et compromise. G. DiRETTI. {Sera continué.) PETITES NOUVELLES ET PETITE CORRESPONDANCE FAUX BRUITS. — Il nous revient de divers côtés que le bruit a couru, dans le centre horticole parisien, de la fondation à Paris d'un grand établissement d'horticulture, succursale de L'Horticulture Inter- nationale de Bruxelles. Ce bruit est absolument dénué de fondement. Nous avons dit dans le Journal des Orchidées que nous mettrions volontiers notre expérience et nos conseils à la disposition des personnes qui entrepren- draient la culture des Orchidées pour la fleur coupée, établies dans des conditions sérieuses et pouvant créer à Paris ou ailleurs un mouvement important. Nous n'avons pas changé d'opinion à ce sujet. Mais L'Hor- ticulture Internationale ne fera pas elle-même la concurrence à ses clients sur ce terrain, et ne songe nullement à établir une succursale à Paris. F. D. P., à Corao. — La fleur envoyée est bien une forme de Cattleya Schroderae. jolie variété. M. C, France. — Il n'est pas nécessaire de couper les tiges florales des Dendrobium nobile avant que les fleurs soient passées. Quand elles commencent à se faner, il est préférable de les supprimer parce qu'elles déparent les plantes. *** M. P., Isère. — La terre fibreuse est formée par les racines de Polj'pode ; elle varie de couleur et de nature selon les localités où elle est recueillie. La meilleure est d'une couleur jaune-brun, rappelant la nuance tabac d'Espagne. Elle se compose de fibres fines entre- mêlées de racines plus grosses qu'il faut enlever, et d'un peu de terre que le lavage fait disparaître. Cette terre fibreuse convient pour toutes les Orchi- dées indistinctement dans le compost desquelles nous l'avons mentionnée, c'est-à-dire tous les genres, sauf les Vanda, Aerides et Saccolabium. A. M., Paris. — Nous ne pouvons mieux vous ren- seigner au sujet de la nouvelle émission de la Compagnie générale des Chantages, qu'en vous disant que nous avons souscrit personnellement 1/4 du nouveau capital. Cette Société, formée j)ar un groupe d'amateurs, est destinée à rendre de grand.s services à tous ceux qui possèdent des serres. Ses chaudières, qu'on peut voir fonctionner journellement à L'Horticulture Interna- tionale procurent une économie de plus de 50 "jo sur le combustible. Quelques actions sont réservées pour être placées parmi les amateurs au prix d'émission, c'est-à- dire 100 francs. Cette Société, de création si utile, est appelée à un grand avenir, nous en sommes convaincus. La 13« Exposition Internationale d'horticulture de la Société Royale d'Agriculture et de Botanique de Gand aura lieu en A^^lIL 1893. Nous avons reçu le programme provisoire des con- cours qui seront organisés par la Société gantoise à l'occasion de sa 13« exposition quinquennale, au mois d'avril 1893. Ce programme comprend, pour les Orchi- dées seules, 74 concours différents. Il est trop étendu pour qu'il nous soit possible d'en donner ici l'analyse. Les personnes qui désireraient en prendre connaissance pourront se le procurer en s'adressant au Président M. le Comte 0. de Kerchove de Denterghem, ou au Secrétaire de la Société Royale d' Agriculture et de Bota- nique, à Gand. *** A. G. 13. — Votre plante appartient à une belle va- riété de Cymbidiuin eburneum. D. X., à Genève. — En 1874. Nous publierons pro- chainement un article sur la culture des Restrepia. Si vous avez d'autres demandes de ce genre à nous adresser, nous serons très heureux d'y donner suite. Nous remercions vivement les nombreux abonnés qui ont bien voulu nous écrire au sujet des améliorations apportées au 3™« volume du Journal des Orchidées. Nous sommes heureux de constater que les frais de publication supplémentaii-es que nous nous sommes imposés, pour donner une plus entière satisfaction à nos abonnés, sont aussi sympathiquement appréciés. Nous demandons à nos abonnés de nous signaler quelles autres améliorations pourraient leur êti-e agréables. Nous les prions aussi de nous indiquer quels genres de culture ils désireraient voir plus spécialement traités. Qu'ils soient bien convaincus de ue jamais nous importuner, notre profond désir est de leur être utile. mm mu i gai OEGANISÉE PAR L'HORTICULTURE INTERNATIONALE de BRUXELLES En la salle FLORx\, 132, chaussée d'Hiindelgliem à LEDEBERG-lez-GAND sous la direction de ]Nd[. JULES DE COCK ORCHIDEES IMPORTÉES ORCRIOEES ETARLIES Cette grande vente comprendra quelques beaux pieds des nouveaux 0D0NT06L0SSUM COELESTE, CATTLEYA 6L0RI0SA et RODRIGUEZIA LINDENI VENDUS POUR LA PREMIÈRE FOIS EN BELGIQUE Ainsi que de nombreuses autres Orchidées TRtOS SAIIÏIÎS et TRKS BKI^I.KJSi LE CATALOGUE EST A LA DISPOSITION DES AMATEURS. CATTLEYA KEX " LA PLUS BELLE ORCHIDEE CONNUE 'S. L'HORTICDLTDRE INTERNATIONALE met quelques pieds de sa brillante introduction à la disposition des amateurs. PRIX ET RENSEIGNEMENTS SUR DEMANDE. Une maison d'importation étrangère annonce qu'elle a introduit ou introduira prochainement le CATTLEYA P^EX. « C est vendre la peau de F ours avant de r avoir tué. » Nous avons de bonnes raisons pour savoir qu'elle n'intro- duira pas NOTRE CATTLEYA REX, L'HORTICULTURE INTERNATIONALE prend Rengagement de reprendre au même prix les plantes de cette espèce qu'elle vendrait à partir d'aujour- d'hui, si le CATTLEYA LiEX devait être introduit directement par une autre firme cette année. LE MONITEUR D'HORTICULTURE LE MErLLEUR MARCHÉ DES JOURNAUX HORTICOLES FRANÇAIS Parait le lO et le S 5 de chaq^iie mois PRIX D'ABONNEMENT : Édition simple, 6 fraiios par au. Édition avec chromolitliograpliies, 12 fraiies par an S'adresser au bureau du Journal, 14, rue de Sèvres, PARIS. L'ORCHIDÉENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES BRUXS:L.l,E;j!i. a- 1?. -A. 3sr iD E 1 INTERMTl D'ORCHIDEES Ouverte du 14 au ^O Mai 189:9 DANS LES LOCAUX DE L'HORTICULTURE INTERNATIONALE à BRUXELLES Pour tous les renseignements s'adresser au Secrétariat 100, RUE BELLIARD. 15 AVRIL 1892 Numéro 51. LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE PAR LUCIEN LINDEN Administrateur-Directeur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. : J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warooqué, R. A. Rolfe, Comte de Moran, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G. Joris, E. Roman, MaxGarnier, A. Van Imachoot, Fr. Desbois, D-- G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, A. Bleu, D"" Van Cauwelaert, E. Bungeroth, Ch. Vasseur, G. Miteau, James O'Brien, J. Hye, R.Martin-Cahuzao, D"- Capart, Comte de Bousies, G-. Mantin, J. du Trieu de Terdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Rivois, J. Hatos, P. Silver, J. Moens, A. Ducos, A. Dallière, J. Nôtzli, P. Gloner, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellner, Carlos Starker, 1 A. de la Devansaye, FI. Claes, de Meulenaere, G. Diretti, A. van den Heede, C^^ Siesmayer, A. Wincqz, G. Kittel, Baron de Meylhand, Ch. Béranek, ài^^ et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. » Prix de TAbonnement : 10 francs par an Paraît le 1" et le 13 do chaque mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES Uépositaire poiir Ut i^ra,nce : INI. O. DOIN, Éditeur, 8, Flace de l'Odéon, FARIS. Gand, impr. Eug. Vanderhaeghen. LINDENIA ICONOGhl^AP^HIE DES O IIC 11113 ÉBS PUBLICATION MENSUELLE IN-FOLIO Chaque livraison contient quatre belles planches richement coloriées Rédacteurs : LUCIEN LINDEN, EMILE RODIGAS, R. A. ROLFE Bureaux : 100, Rue Belliard, à Bruxelles Kr^g =* «' Le plus beau, le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées » VOIR DANS LES NUMÉROS PRÉCÉDENTS LA COMPOSITION DES VOLUMES DEJA PUBLIÉS Le prix de ces volumes a été fixé comme suit : {"Volume (presque épuisé) 125 fr.; 2"" Volume, 100 fr.; 3'"'^ Volume, 75 fr.; 4'"^ Volume, 70 fr.; 5'"'^ Volume, 65 fr. ; 6'"^ Volume, 65 fr. 7"" VOLUME (EN COURS DE PUBLICATION) : 60 FRANCS I^es sept v^olumes pris ensemble : ^OO Tisanes. La Lindenia publie également DEPUIS LE 1er FÉVRIER 1891 UNE ÉDITION ANGLAISE EN VOLUMES DE 6 LIVRAISONS (2 VOLUMES PAR AN) l*rîx de l'abonnement à chaque volume s »£5 shillings pour l'édition anglaise. L'ORCHIDÉENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES Présidents d'Honneur : MM. le baron de BLEICHRÔDER, consul-général de S. M. Britannique, à Berlin, pour l'Allemagne ; J. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Comte DU BUYSSON, auteur de r Orchidophile , pour la France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas. SECRÉTARIAT : 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : Président : M. G. WABOCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de BHgique; Secrétairf :}ii. LUCIEN LINDEN, ailministraleur-directour de L'Horticulture Interna nonale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire. LE PROCHAIN MEETING AURA LIEU EN MÊME TEMPS QUE LA GRANDE EXPOSITION INTERNATIONALE D'ORCIllUÈES ouverte du 14 au 20 Mai 1892. Un bon Jardinier Agé de 27 ans, marié, sans enfants, connaissant très bie In cnltiire des plnntfs de serre, la taille des arbres fruitiers et potagers, aja.i. ob'e lu une médaille de vermeil de V"" classe pour la culture des Orchidées, demande une place en maison bourgeoise, de préférence en France. S'adresser à M. DIOT G., jardinier-chef chez M. Albert, à Villeneuve- sur- Allier (Allier) îVance. SOMMAIRE DU 51"' NUMÉRO : Pages Revue des Orchidées nouvelles ou peu connues 37 Causerie sur les Orchidées 39 Conseils utiles 43 Culture des Cochlioda 44 Les' serres à Orchidées 48 Les grandes époques de la végétation 50 L'HORTICULTDRE INTERNATIONALE (LinsriDEisr) Parc Léopold, Bruxelles. GRAND ARRIVAGE m ilL OSSl CRISPOM (O. Alexandr-ae) Variété dite de « PACHO » A PÉTALES ET SÉPALES LARGES ARRONDIS Les plantes sont dans des conditions superbes Prix et éeliaiitilloiis par correspoiiclaiice. VERRES POUR SERRES ET JARDINIERS CLOCHES A BOUTURES ET A MELONS S'ADRESSER A LA FABRIQUE DE MM. ï. FRÈRE et L. TABIIRIADX, à Jnmet (lez Ckarleroi]. 15 AVRIL 1892 37 REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES CYPRIPEDIUM INSIGNE VAR. IMSCHOOTIANUM L. Lind. — Ravis- sante variété nouvelle, qui a fait son apparition le mois dernier dans les serres de L'Horticulture Internationale, à Bruxelles; l'ensemble de la fleur a un coloris jaune d'or clair éclatant ; le labelle, large et ample, est d'un beau jaune d'or avec un certain nombre de gros points noirs parsemés d'une façon irré- gulière dans la moitié inférieure, et surtout à la base ; il porte à son bord supérieur une large bande blanche. Cette variété, dédiée à M. Alfred VAN Imschoot, de Gand, et exposée au mois de mars au meeting de L'Orchi- DÉENNE, y a obtenu un diplôme d'honneur de i''* classe à l'unanimité et par acclamation. Sera figurée très prochainement dans la Lindenia. * * * PELEXIA WENDLANDIANA Krànzl. — Nouvelle espèce botanique, ayant les sépales longs et filiformes, un peu analogues à ceux de VEpidendrum nutans. Gard. Chron., 2 avril, p. 426. * * TRICHOPILIA KIENASTIANA Rchb. f. — Magnifique espèce apparte- nant au groupe T. suavis, et qui exhale comme celui-ci un parfum délicieux. Le pétales et sépales sont d'un blanc pur, longs, étroits et acuminés ; le labelle, très ample et étalé en avant, est blanc avec un abondant pointillé jaune d'or dans la gorge; le lobe frontal porte également quelques stries jaune d'or, et, sur toute la partie antérieure et sur les bords latéraux, un fin pointillé rose vif. Un échantillon de cette fleur unique a été adressé au bureau du Journal par M. L. KiENAST-ZoLLY, l'amateur bien connu de Zurich, à qui elle est dédiée, et qui faisait connaître que la plante qu'il possède est le seul exemplaire connu dans les cultures. * * 38 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES CYPRIPEDIUM CALCEOLUS X MACRANTHOS Barbey. — Hybride naturel provenant du croisement de ces deux espèces, et qui a fait son appa- rition dans un lot qui les renfermait toutes deux en mélange, chez M. Barbey, de Genève. Les fleurs sont plus petites que celles du C. niacranthos, et d'un coloris beaucoup plus pâle ; elles ont le sépale dorsal plus étroit, plus aigu, teinté de brun, les pétales plus longs et enroulés; les autres organes sont intermédiaires. Le C. calceolus et le C. niacranthos croissent ensemble dans les mêmes loca- lités de la Sibérie ; il n'est donc pas surprenant que ces deux espèces aient produit le premier hybride naturel connu dans ce genre où les croisements artificiels sont si nombreux. * * * ONCIDIUM HOLOCHRYSUM Rchb. f. — Charmante espèce, connue depuis longtemps des botanistes, mais d'introduction récente dans les cultures. La plante a les bulbes de petite taille, arrondis, avec quelques sillons latéraux, et tachetés abondamment de petits points brun-pourpré d'un gracieux effet. Les fleurs sont entièrement d'un jaune d'or vif, ainsi que l'indique le nom spécifique, avec le labelle largement étalé ; elles sont produites en grappe serrée, d'un élégant effet. * * * EPIDENDRUM FRIDERICI GUILIELMI Warsc. et Rchb. f. — Espèce très ornementale, à longs bulbes, produisant de longues tiges d'un rouge pourpré. Les fleurs sont d'un beau rouge cramoisi vif; le labelle porte à sa base deux larges macules blanches formant comme des yeux ; le sommet de la colonne est également blanc. Ces fleurs se conservent très longtemps. {III. Hort., 3^ sér., pi. 48.) MASDEV ALLIA HARRYANA VAR. KEGELJANI L. Lind. — Nouvelle variété d'un très grand éclat qui a fait son apparition le mois dernier parmi des importations de L'Horticulture Internationale, à Bruxelles. Les fleurs sont de grande taille, bien arrondies, et d'un riche coloris cramoisi nuancé de magenta. Cette variété, exposée au mois de mars au meeting de L'Orchidéenne, y a obtenu un diplôme d'honneur de i''^ classe à l'unanimité et par acclamation. Elle a été dédiée à M. F. Kegeljan, de Namur, l'un des principaux amateurs belges. Max Garnier. 15 AVRIL 1892 39 CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES XXXVIII. — La serre des Cattleya et Laelia {Suite, voir p. 24) Nous avons parlé dans la dernière Causerie des rempotages qui peuvent s'imposer, lorsque certaines plantes se trouvent dans des pots trop petits ou dans un compost vicié et aigri. Mais il est indispensable d'ajouter que le rempotage est une opération radicale à laquelle on ne doit avoir recours qu'à la dernière extrémité, c'est à dire quand il n'est pas possible de réconforter la plante sans lui imposer ce transplantement. Quand on rempote une Orchidée, et surtout un Cattleya, on ne peut jamais, quelques soins que l'on prenne, éviter de lui briser et de lui blesser quelques racines; et dans cette saison, où la végétation est déjà en pleine activité, ces pertes lui causent un affaiblissement très sensible. Elles doivent forcément être réparées avant tout, puisque sans racines la plante ne se nourrirait pas; c'est donc autant de sève et autant de force détournée de son but naturel qui est la formation des bulbes des feuilles et des fleurs. Pour peu que la plante soit déjà affaiblie, on ne tarde pas à voir les feuilles et les bulbes jaunir, puis devenir noirs et se dessécher. Autant que possible, il convient donc de se borner à un surfaçage, c'est à dire de nettoyer le compost et de le renouveler partiellement sans déranger les racines. On enlève toute la partie supérieure du vieux compost, on retire tout ce que les doigts peuvent atteindre à l'intérieur, puis on lave soigneusement les bords et l'extérieur du pot, et on remplace les matériaux enlevés par du compost nouveau, bien frais et bien propre, avec une petite couche de sphagnum pur à la surface. Les racines reprennent dans ce milieu une nouvelle vigueur, et si quelques unes d'entre elles étaient envahies par les mousses et la moisissure, quelques jours de sécheresse suffisent parfaitement, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, pour arrêter le mal à son début. Quand une plante d'importation est très petite ou quand elle a subi des 40 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES mutilations entraînant une faiblesse marquée, il n'y a pas d'inconvénient à lui faire faire deux ou trois pousses de suite, sans lui donner de repos. Une telle plante serait trop faible, en effet, pour supporter une longue privation d'humi- dité et de nourriture. Ce qui permet aux Orchidées à bulbes de se reposer pendant plusieurs mois dans une immobilité à peu près absolue, c'est que leurs bulbes contiennent des réserves importantes de nourriture et de sucs liquides suffisant à l'évaporation; mais quand ces réserves font défaut, le repos serait dangereux. Le premier bulbe est très petit; les suivants iront en augmentant, et au bout de deux ou trois saisons, la plante pourra subir le traitement normal; elle sera alors parfaitement saine et vigoureuse et donnera une belle floraison. Les soins de propreté, nous l'avons dit, ont une très grande importance dans la culture des Orchidées. Dans cet ordre d'idées, nous citerons les lavages à l'eau de nicotine, qui doivent être effectués plusieurs fois par an, et particulière- ment au début du printemps, pour enlever et détruire les insectes, thrips ou mouches microscopiques, dont les œufs restent souvent déposés dans les plis ou à la base des feuilles. Les seringages légers sont très favorables à la santé des Cattleya, mais ils ne doivent être effectués que dans la matinée, et seulement quand le temps est assez chaud et assez clair pour assurer une prompte évaporation des gouttes d'eau. Il faut aussi débarrasser les bulbes des débris séchés qui les enveloppent d'une sorte de pellicule; les insectes s'y cachent souvent et l'humidité y séjourne, en produisant une sorte de moisissure. La température est assez haute dès maintenant pour que le cultivateur puisse donner de l'air dans ses serres au milieu de la journée, pendant deux ou trois heures environ. Mais il faut, avant d'ouvrir les ventilateurs, vérifier avec soin la direction du vent. L'air froid serait dangereux pour les plantes, et quand le vent vient du nord, il convient de fermer toutes les ouvertures. Les Cattleya doivent être abrités contre les rayons du soleil aux heures les plus chaudes de la journée; on discerne aisément le moment où l'abri devient nécessaire, en prenant une feuille dans la main ; si on la sent chaude au toucher, il est temps de placer les lattis; mais il ne faut pas tomber dans l'excès; en abritant trop longtemps, on risquerait de priver les plantes, car le soleil est nécessaire à la végétation. Les Cattleya cultivés dans une serre insuffisamment éclairée ne produisent que des bulbes étiolés et maigres, et peu ou point de fleurs. Un dernier mot : en arrosant les plantes, on doit avoir soin de verser l'eau 15 AVRIL 1892 41 directement sur le compost, à l'aide d'un arrosoir à long bec, et de ne pas en laisser tomber sur les feuilles. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, les gouttes d'eau sur les feuilles produisent très fréquemment des taches noires et des plaies, si le temps n'est pas assez chaud et l'air assez abondant pour assurer leur prompte évaporation. * * Reprenons notre énumération des principales espèces au point où nous l'avions laissée : Cattleya gramilosa. C'est une belle espèce, type d'une section très importante et très précieuse pour sa robusticité et l'abondance de sa floraison. Elle a les bulbes grêles, cylindriques, diphylles, les fleurs de grande taille, à segments d'un vert olive, tacheté de brun vif plus ou moins pourpré, avec le labelle blanc tacheté de cramoisi et recouvert, sur toute la surface du lobe antérieur, de fines granulations. La yariété Buyssonïana, introduite en i8go, est d'une beauté supérieure; ses fleurs sont de très grande taille et ont les segments d'un jaune paille, non tacheté. Cette espèce fleurit aux mois d'août et de septembre, et ses fleurs se conser- vent très longtemps. C. guttaia. Espèce également très robuste et très florifère, type d'une section assez étendue. Elle produit un racème de neuf à dix fleurs élégantes, à segments jaune verdâtre, abondamment tachetés de rouge cramoisi, à labelle blanc lavé de pourpre. Fleurit en octobre-novembre. La principale variété de cette espèce et la plus connue est le C. g. Leopoldi, qui a les sépales et les pétales d'un vert brunâtre ou bronzé, et le labelle d'un beau coloris pourpré. Le C. amethystoglossa, que nous avons mentionné plus haut, a été rangé par quelques auteurs sous le nom de C. guttata Prinzi, comme variété de la même espèce; mais la différence du port des deux plantes, et le coloris distinct et splendide du C. amethystoglossa, nous paraissent devoir le faire considérer comme une espèce tranchée. C. Rex (voir fig. 5). L'une des plus récentes introductions opérées dans le genre, et sans aucun doute la plus belle de toutes. Cette merveilleuse espèce, qui justifie admirablement son nom de Cattleya Roi, est un des bijoux les plus précieux du règne végétal. Elle produit un grand nombre de fleurs, d'une forme exquise, ayant les pétales et les sépales d'un blanc légèrement teinté de jaune 42 LE JOURNAL DES ORCHIDEES crème, et le labelle largement étalé d'un beau rouge cramoisi pourpré, avec une macule jaune d'or vif à la gorge, prolongée par des stries qui forment sur toute la surface du lobe antérieur des réticulations et une marbrure d'un éclat incomparable. Fig. 5. - — Cattlcya Rcx Nous ne rappellerons pas ici l'histoire de cette introduction, opérée au prix d'efforts incroyables, et que la dispersion des rares exemplaires existant à l'état naturel a rendue si longue et si pénible. Disons seulement que malgré les appré- 15 AVRIL 1892 43 hensions que pouvait faire naître cette rareté, le C. Rex a fait preuve dans les cultures, depuis près de deux ans, d'une vigueur de croissance remarquable, et qui ne le cède en rien au Cattleya labiata lui-même. Aucune variété ne s'est révélée jusqu'ici dans les C. Rex, dont un certain nombre, il est vrai, ne sont que depuis quelques mois en Europe. En tous cas, cette espèce appartient à une section tout à fait distincte, et ne peut être comparée à aucune autre, soit pour le port, soit pour la fleur. L. L. {Sera continué.) CONSEILS UTILES Malgré la chasse continuelle faite aux limaces il est difficile de les exter- miner toutes ; elles parviennent toujours à séjourner ou à pénétrer dans les serres et s'attaquent de préférence aux tiges tendres et aux boutons. Un bon moyen de les préserver est d'entourer les tiges à leur naissance de coton (ouate). C'est un obstacle que les limaces ne parviennent pas à franchir, * Un moyen à recommander aussi pour éviter les dégâts des limaces — qui s'en prennent presque toujours aux meilleures variétés — consiste à placer, le soir, entre les plantes des laitues fraîches. Les limaces en sont très friandes. C'est un moyen à double action : pendant qu'elles s'en régalent, elles ne font pas de tort aux Orchidées et ce sont aussi des pièges où les jardiniers les pinceront facilement en les visitant soigneusement à la lumière une ou deux heures après la tombée de la nuit. * * La plupart des cultivateurs d'Orchidées tiennent leurs serres trop sombres et les plantes trop éloignées du vitrage. Les serres aussi sont la plupart du temps mal construites, étant trop peu éclairées. Le Journal des Orchidées l'a dit souvent, les Orchidées doivent avoir le plus de lumière possible — quoiqu'il faille éviter de les laisser exposer aux rayons directs et chauds du soleil. Il ne faut donc couvrir les serres, les ombrager que quand le soleil darde ses rayons et découvrir, désombrager, dés qu'il ne donne plus sur la serre. Le meilleur ombrage est le lattis en bois ou la toile à grosses mailles. Ne jamais badigeonner les vitres avec de la craie ou de la chaux, * * * 44 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Les tablettes recouvertes de cendrées ou de gravier ne valent rien pour la culture des Orchidées. Ces plantes sont des aériennes qui doivent être expo- sées le plus possible à la circulation de l'air. Les tablettes doivent donc être construites avec des planchettes distantes les unes des autres d'un pouce de façon à ce que l'air ait son libre cours. Les cendrées ou le gravier sur les tablettes sont aussi des nids à insectes ; l'eau croupissante engendre des microbes, des mousses et des parasites de toutes espèces, toujours nuisibles à la culture. On peut jeter beaucoup d'eau sur les tablettes à claires voies sans jamais incommoder les plantes. Il faut empêcher les abeilles et les grosses mouches de pénétrer dans les serres. Le meilleur moyen pour cela c'est de tendre devant les fenêtres et les prises d'air une toile métallique à mailles suffisamment serrées. Les abeilles fécondent à tort et à travers les fleurs d'Orchidées et racour- cissent ainsi considérablement la durée de floraison. Ignotus. CULTURE DES COCHLIODA Le genre Cochlioda se compose de plusieurs espèces très intéressantes dont aucune, par une fortune singulière, n'est connue des Orchidophiles sous ce nom ; peut-être faut-il attribuer ce fait à la difficulté de retenir et de prononcer le mot Cochlioda; quoi qu'il en soit, ces diverses espèces sont désignées le plus fréquemment comme Mesospinidium ou comme Odontoglossum. Il faut bien dire aussi que le genre n'avait pas, jusqu'à ces dernières années, une bien grande réputation. Les espèces qui le composaient, avant l'apparition du fameux C. Notzliana, sont d'une élégance et d'une gaité de coloris très appréciables, mais elles manquent un peu de taille et d'éclat. L'introduction du Cochlioda Ndtzliana, ou Odontoglossum Notzlianum, est venue jeter un nouveau lustre sur ce genre méconnu, en même temps qu'elle dotait l'horticulture et la floriculture d'une acquisition nouvelle des plus pré- cieuses. Cette espèce, en effet, se cultive en serre froide et sa culture est des plus aisées; comme grandeur et comme abondance de fleurs, elle peut rivahser 15 AVRIL 1892 45 avec VOdontoglossum Pescatorei, et elle possède en outre un coloris qui manquait jusqu'ici. D'après les renseignements fournis par M. Notzli, et les indications puisées dans ce que nous connaissions de l'habitat de la plante, il était évident qu'elle devait réclamer à peu près le même traitement que VOdontoglossum crispum. Fig. 6. — Codilioda {Odontoglosmm) Nôtzliana Néanmoins nous avons expérimenté divers modes de culture, en pots ou en paniers, puis avec une proportion plus ou moins grande de sphagnum ou de terre fibreuse dans le compost ; voici le procédé qui nous a donné les meilleurs résultats. 46 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES On place dans les pots un bon drainage remplissant à peu près la moitié de la hauteur; on dispose au-dessus une couche de sphagnum pur d'un centimètre environ d'épaisseur, puis un compost formé de sphagnum et de terre fibreuse hachés et mélangés par parties égales, et enfin une couche de sphagnum pur à la surface. * * Le Cochlioda Nôtzliana peut également se cultiver en panier, ce qui le diffé- rencie de VOdonfoglossum crispum. Néanmoins nous recommanderons de préfé- rence la culture en pots, parce que dans les paniers le compost se sèche trop rapidement. Le C. Nôtzliana réclame pendant la végétation une grande quantité d'eau. Il faut l'arroser très fréquemment, et dans cette saison, c'est à dire au début du printemps, à peu près tous les deux jours. En même temps, il faut donner beaucoup d'air, et ouvrir les ventilateurs du matin au soir, pourvu que la température ne s'abaisse pas au-dessous de 5° ou 7° centigrades. D'autre part, pour éviter le dessèchement de l'atmosphère, et y maintenir constamment l'humidité nécessaire, il est indispensable de verser fréquemment de l'eau sur les tablettes et dans les sentiers; au besoin, si le personnel fait défaut ou si l'installation insuffisante ne permet pas d'arroser convenablement dans les sentiers, il est bon de placer entre les pots des bacs de zinc contenant de l'eau pour entretenir une évaporation continue autour des plantes. Pendant la belle saison, le Cochlioda Nôtzliana doit être abrité contre les rayons trop chauds du soleil. Dès le printemps, les claies ou lattis doivent être mis en place vers dix heures du matin, et laissés jusque vers trois heures. En été, les abris ne seront déplacés que le soir à cinq ou six heures, et tous les soins du cultivateur devront tendre à abaisser la température dans les serres. Une particularité qui mérite d'être signalée dans la croissance du C. Nôtz- liana, c'est que ses bulbes ne doivent pas être enfoncés dans le compost autant que ceux des Odontoglossum en général. Il est utile d'appeler sur ce point l'attention des cultivateurs, dont beaucoup enfouissent les plantes trop profon- dément; les racines sont, dans ce cas, un peu privées d'air et risquent de se trouver étouffées ou endommagées par un excès d'humidité. C'est en suivant les règles mentionnées ci-dessus que nous avons obtenu, à L'Horticulture Internationale, les meilleurs résultats de la culture du C. Nôtzliafia; les plantes qui ont actuellement deux ans à peine d'importation 15 AVRIL 1892 47 produisent déjà des bulbes égaux ou supérieurs en grosseur à ceux formés dans le pays d'origine. Les plantes bien établies produisent une abondance de fleurs groupées en tiges ramifiées d'une courbe harmonieuse, ainsi qu'on pourra s'en rendre compte sur la gravure que nous publions plus haut. Toutefois nous croyons devoir faire remarquer que cette gravure a dû être réduite pour rentrer dans le cadre du journal et que les fleurs àxxCochlioda Nôtzliana n'y sont pas représentées à la grandeur naturelle; elles atteignent en réalité une largeur de 3 1/2 centi- mètres environ, parfois davantage. Ces fleurs se conservent longtemps, et peuvent être sans inconvénient trans- portées dans les appartements; aussi le C. Notzliana est-il une des Orchidées qui rendront le plus de services pour la fleur coupée. Son éclatant coloris vermillon, relevé de jaune d'or au labelle, tranche d'une façon exquise avec les blancs et les jaunes clairs des autres Orchidées de serre froide, et produit un effet particulièrement splendide à la lumière. Ces qualités le feront vivement apprécier des fleuristes et des grands amateurs. * * * Les autres espèces du même genre réclament à peu près la même culture, et sont d'ailleurs assez anciennement connues pour qu'il ne soit pas nécessaire d'insister beaucoup sur ce point. Ce sont : Le Cochlioda sanguinea {Mesospiniditun sanguineum) , charmante espèce produisant des grappes de petites fleurs d'un rose vif rappelé par le nom spécifique; ces fleurs se produisent à diverses époques de l'année, depuis avril jusqu'à l'automne ; la plante, qui a le port d'un Odontoglossum de proportions très réduites, forme souvent de fortes touffes très décoratives. Le C. vulcanica {Mesospinidinm viilcanicuni), espèce remarquable, qui, à la différence de la précédente, a les tiges florales érigées, et non retombantes, et ^es fleurs bien ouvertes et étalées. Ces fleurs ont une forme analogue à celle de V Odontoglossum mirandum, mais elles sont d'un coloris rose vif éclatant. Une variété d'introduction récente, le C. vulcanica grandijlora, a révélé cette espèce sous un jour nouveau et superbe. Cette variété a les fleurs très grandes, d'un ravissant coloris rose vif. Le C. densiflora et le C. rosea (Odontoglossum roseum) sont moins beaux que les précédents et leurs fleurs sont de plus petite taille. Les chefs de culture de L'Horticulture Lnternationale . 4S LE JOURNAL DES ORCHIDÉES LES SERRES A ORCHIDEES (Suite, voir vol. II, page 221) J'ai, dans mes deux derniers articles, décrit d'une façon très complète les grandes et petites serres froides. Pour passer à la serre chaude, il ne sera pas nécessaire d'entrer dans autant de détails, car il en résulterait de nombreuses répétitions. L'orientation et les dimensions des serres chaudes, soit grandes, soit petites, l'aménagement des tablettes latérales, et, dans le premier cas, du gradin central, la composition de ces tablettes, ne diffèrent en rien de ce que j'ai décrit dans les serres froides. Bien des modifications dans la culture n'en- traînent pas forcément des changements dans la construction des serres ; ainsi dans la serre chaude on aura beaucoup moins souvent besoin d'aérer que dans la serre froide; néanmoins, rien n'empêche de ménager dans la première le même nombre de ventilateurs que dans la seconde, quitte à n'en ouvrir qu'une partie et seulement à des moments déterminés. De même encore, le chauffage est naturellement bien moins nécessaire dans la serre froide que dans la serre chaude ; cependant il ne peut y avoir d'incon- vénients à placer partout le même nombre de tuyaux, pourvu qu'on en laisse plusieurs fermés dans la serre froide. En construisant ainsi toutes les serres à peu près sur le même modèle, on a le grand avantage de se réserver toute facilité pour les changements ulté- rieurs qui paraîtraient nécessaires. Si quelque accident oblige à évacuer une des serres chaudes, ou simplement si l'on veut la repeindre au printemps, rien n'est moins malaisé que de transporter les plantes qui la garnissaient dans une serre quelconque, consacrée auparavant aux Orchidées tenipérées ou froides ; on ouvre quelques tuyaux, et tout est dit. Il y a cependant deux observations importantes à relever en ce qui concerne l'aménagement des serres chaudes. Tout d'abord, les Orchidées indiennes réclament une atmosphère plus humide que la majorité des espèces de serre tempérée ou froide, et par ce fait même qu'elles vivent à une température plus haute, elles doivent trouver dans 15 AVRIL 1892 49 l'atmosphère une quantité d'eau plus grande pour ne pas se dessécher. Les bassins d'eau doivent donc être plus nombreux dans la serre chaude ; dans les grandes serres, le gradin central sera supporté par une maçonnerie formant un bassin ; dans les petites serres, des bassins seront creusés au-dessous des tablettes dans une grande partie de la longueur. On peut faire mieux encore, et faire reposer les plantes directement au- dessus de l'eau, en élevant de chaque côté du sentier un mur qui forme bassin, et qui est recouvert par le lattis des tablettes; de cette façon, la surface d'évaporation se trouve à dix ou quinze centimètres des pots, aussi peu que l'on veut, au lieu d'être au-dessous du niveau du sol, à quatre-vingt dix centi- mètres des pots. La seconde distinction que nous avons à faire porte sur les espèces qui se cultivent à l'étouffée, comme les Phalaenopsis, Cirrhopetalum, Aganisia, ou plus encore les Anaectochilus, Goodyera, etc. A celles-là il faut une petite serre basse aménagée d'un façon spéciale, et dont il convient de dire quelques mots ; elle représente ce qu'on peut appeler la haute serre chaude. Il y a, à L'Horticulture Internationale, plusieurs serres de ce modèle ; les unes sont garnies de châssis d'un côté, et constituent plus spécialement des serres de multiplication ; les autres sont construites à peu près selon les mêmes principes que les petites serres dont j'ai déjà parlé, mais elles sont plus basses de toiture et plus étroites. Le vitrage s'élève à 2"'2o environ du sol, et s'abaisse presque jusqu'au niveau des tablettes. Celles-ci ont peu de profondeur, de sorte que toutes les plantes qu'elles supportent reçoivent en abondance le jour et la lumière; en outre les fils de fer fixés des deux côtés près du sommet sont entièrement garnis de paniers suspendus. Les ventilateurs sont au nombre de deux, un de chaque côté, dans toute la longueur; ils doivent rarement être entr'ouverts ; un troisième est pratiqué dans le bas, à l'extrémité de la serre. Celui-ci n'amène pas l'air directement sur les plantes, et peut être utilisé fréquemment. Il y a deux tuyaux de chauffage de chaque côté, l'un en avant, au-dessous du bord des tablettes, l'autre au fond, contre le mur ; l'un des deux va plonger dans le bassin qui se trouve à l'extrémité opposée à l'entrée de la serre ; on recouvre l'un de ces tuyaux de côtes de tabac. Enfin le sol est couvert, au-dessous des tablettes, de scories et de débris poreux qui sont fréquemment aspergés d'eau. En outre des espèces dont j'ai parlé plus haut, et qui réclament pour pros- pérer dans nos climats la culture de la haute serre chaude, il est commode de 50 LE JOURNAL DES ORCHIDEES placer momentanément dans ces serres des plantes qui exigent en temps ordi- naire une température moins élevée, pour activer la végétation et surtout la floraison, lorsqu'on se propose, soit en vue d'une exposition, soit pour tout autre but, de hâter l'épanouissement des fleurs pour une certaine date. L'élé- vation de la température, la plus grande abondance de lumière, produisent une accélération remarquable dans la végétation ; avec un peu d'habitude, les jardiniers parviennent à prévoir d'une façon certaine la date à laquelle ils pourront obtenir les fleurs qu'ils désirent. D'autre part, on peut utiliser la haute serre chaude pour rendre une nouvelle vigueur à des plantes affaiblies ou fatiguées, pour « faire partir » certaines espèces difficiles à mettre en végétation, ou pour hâter la production des racines sur des morceaux provenant de divisions. Ceci constitue, à pro- prement parler, l'objet de la serre de multiplication, et ces travaux s'effectuent spécialement dans les châssis dont j'ai parlé précédemment. Les plantes y sont cultivées sur couche dans le sable ou le sphagnum, selon les espèces, avec un chauffage de fond, sous verre près du vitrage, et dans une atmosphère chargée d'humidité. Mais la serre de multiplication forme une catégorie à part; elle n'intéresse pas seulement les Orchidées, et elle est très anciennement connue. Je n'y insisterai pas ici; nous pourrons y revenir au besoin ultérieurement. J'ai parlé des serres de culture proprement dite, et après avoir expliqué la théorie de leur construction, j'ai décrit, pour plus de clarté, quelques modèles choisis avec soin. Je me propose maintenant de montrer ce que pourraient être les serres d'agrément, et le parti qu'on pourrait tirer des qualités déco- ratives des Orchidées, soit pour les cultiver dans une annexe de l'appartement, soit pour faire de leur séjour un véritable palais où les amateurs puissent ne contempler que des objets riants et capables de charmer la vue. Il y aurait dans ce sens une importante réforme à accomplir. Nous examinerons ce sujet dans une prochaine étude. Max Garnier. LES GRANDES ÉPOQUES DE LA VÉGÉTATION Sous ce titre, je me propose de passer en revue les divers genres qui composent la famille Orchidéenne en indiquant sommairement pour chacun le mode de végétation, et les époques auxquelles se produisent la floraison, le repos et l'entrée en végétation. 15 AVRIL 1892 51 Je suivrai à peu près l'ordre alphabétique dans ce travail, mais je me bornerai, pour commencer, aux genres les plus connus et les plus répandus dans les cultures; les autres viendront ensuite. Enfin je mentionnerai dans chaque genre les espèces les plus répandues seulement, me réservant de revenir plus tard sur les autres, ou de mentionner brièvement celles qui présentent des particularités intéressantes. ACINETA. Pseudobulbes. Culture en serre tempérée. Repos de fin novembre à mi-février. Fleurs en grappes tombantes. A. Barkeri. Pousse en mars. Floraison en juillet-août. A. densa. Pousse et floraison en mars-avril. A. Humboldti. Comme le précédent. ACROPERA. Pseudobulbes. Serre tempérée. Repos de fin-novembre à mi-février. Fleurs en grappes tombantes. A. Armeniaca. Pousse en avril. Floraison en août. A. aurantiaca. Pousse en avril. Floraison en septembre-octobre. A. Loddigesi, Comme le précédent. ADA. Pseudobulbes. Serre froide. Pas de repos marqué. A. aurantiaca. Pousse et floraison en février-mars-avril; la tige florale sort de la pousse à peine développée. AERIDES. Pas de pseudobulbes. Végétation d'avril à décembre. Culture en serre chaude. A. affijte. Floraison en juin-juillet. A. Augustianum. Id. septembre. A. crassifoliîim. Id. mai-juin. A. crispum. Id. juin-juillet. A. expansum. Id. juin-juillet. A . falcatum ou A. Larpentae. Id. juin-juillet. A. Fieldingi. Id. septembre-octobre. A. Godefroyae. Id. octobre. A. Hoidkti. Id. novembre. A. japonicum. Id. juin-juillet. Culture en serre froide. A. Lawrenceae. Id. août. A. Leeamim. Id. novembre. A. Lobbi. Id. juin-juillet. A. maculosum. là. juin-juillet. A. odoratum. Id, juin-juillet. A. quinquevttlnerum. Id. juillet-août. A. Rôbelini. Id. juillet-août. A. Rohanianiim. Id. juillet-août. A. roseuin. Id. juin-juillet. A. suavissimum. Id. août-septembre. A. Thibautianum ou A. HiUtoni. Id. juin-juillet. A. Vandariim, Id. juin-juillet. A, virens. Id. avril-mai. 52 LE JOURNAL DES ORCHIDEES ANGRAECUM. Pas de pseudobulbes. Végétation de fin mars à décembre. Culture en serre chaude. A. caudattim. Floraison de juin à septembre. A. citratum. Id. en mars. A. eburneum. Id. mars. ^./as;«osw;7ï. Id. mars-avril. A. falcatttm. Id. en octobre. A. Ellisi. Id. octobre. A. Leonis. Id. mars-avril. A. pellucidum. Id. décembre. A. pertusum. Id. novembre. A. Sanderianum. Id. septembre. A. sesquipetale. Id. février-mars-avril. AGANISIA. Pseudobulbes à rhizome traçant. Culture en serre chaude. Repos de décembre à mars. A. cyanea. Floraison en décembre-janvier. Pousse en avril. A. coeritlea. Id. février-mars. Pousse en avril. A. ionoplera. Id. octobre-novembre. Pousse en avril. A. iricolor. Id. février-mars. Pousse en avril. A. pulchella. Id. à diverses époques de l'année. Pousse en avril. ANAECTOCHILUS. Pas de pseudobulbes. Culture en haute serre chaude. Repos modéré en décembre-janvier. Floraison vers juillet-août. Il existe un certain nombre d'espèces dont les noms sont peu connus dans les cultures, et parmi lesquelles on confond fréquemment des genres très voisins, Haemaria, Goodyera et Dossinia. Je ne crois pas utile, par ce motif, de faire une énumération précise. ANGULOA. Pseudobulbes perdant leurs feuilles au début de l'hiver; par suite, ces plantes supportent un repos très prononcé, de novembre à mars. Culture en serre froide, une ou deux espèces en serre tempérée-froide. A. Clowesi. Pousse à la fin de mars. Floraison en mai-juin. A. média. Pousse à la fin de mai-juin. Floraison en juin-juillet. A. Turneri. Pousse à la fin de mai-juin. Floraison en mai-juin. A. uniflora. Pousse à la fin de mai-juin. Floraison en juin-juillet. A. Riickeri. Comme le précédent, ainsi que ses variétés sanguinea et retusa. A. virginalis. Comme le précédent. ANSELLIA. Pseudobulbes. Culture en serre chaude. Repos prononcé, de décembre à février. A. africana. Floraison en janvier-février. A. congoensis. Floraison à des époques variables, notamment en novembre et en avril. ARACHNANTHE. Voir Vanda. Comte DE MoRAN. (Sera continué). PETITES NOUVELLES ET PETITE CORRESPONDANCE R. C, France. — Nous avons mis en recouvrement le montant de l'abonnement au S""* volume du Journal des Orchidées, avant la publication de son l*"" numéro, parce que c'est l'usage constant, aussi bien en Belgique qu'en France, de payer d'avance l'abonnement aux journaux, politiques ou autres. Veuillez remarquer d'ailleurs que cette façon de procéder est la seule qui puisse nous permettre de connaître en temps utile le nombre des abonnés que nous avons à servir. La plu- part de nos correspondants, en effet, ne pensent pas à nous faire savoir, à l'avance, s'ils désirent continuer à recevoir le journal ; quand un abonnement n'est pas renouvelé, nous ne sommes donc prévenus que par le retour de la quittance, et ce renseignement nous est indispensable pour ne pas perdre autant d'exemplaires du l*"" numéro, qui ne sont presque jamais retournés. \ * * V. J., n" 47. — En ce qui concerne l'emballage, nous avons déjà indiqué les meilleurs procédés à employer dans notre deuxième année, page 296. Nous vous prions de vous y reporter. Quant aux soins particuliers que demande la mise en exploitation de chaque espèce, vous trouverez les ren- seignements nécessaires dans notre prochain numéro. * M. F., à Grenoble. — Les ventilateurs donnant sur les tablettes, et amenant par conséquent l'air du dehors dii-ectement sur les Orchidées, ne peuvent être ouverts que ([uand la température est assez élevée pour que les plantes ne risquent pas d'en souffrir. Il est facile de déterminer le moment favorable en se réglant sur le tableau que nous avons publié des températures nécessaires à ciiaque catégorie d'Orchidées. Par exem- ple, dans la serre des Odontoglossum, on peut et on doit même ouvrir dès que la température extérieure dépasse 10» centigrades ; dans la serre tempérée, au-delà de 14", et dans la serre chaude, à partir de 18" environ. Quant aux ventilateurs du haut, et surtout ceux du bas, on peut les ouvrir un i)eu plus tôt et un peu plus souvent que ceux dont vous parlez, parce qu'ils n'ou- vrent pas directement sur les plantes. ^* * * F. S., à Anvers. — Le Bendrobium X Venus est un hybride du D. nobile et du D. Falconeri; il produit des fleurs ayant tout à fait l'aspect de celles du I). Falconeri à part le coloris du labelle, qui n'a presque pas de jaune, seulement une faible trace à l'extrême base ; il a les bulbes longs et minces, presque pendants. Il passe pour être de croissance robuste, mais de floraison difficile. 2° Le Dendrobium Cooksoni est une variété du D. nobile, variété très remarquable et très belle, dans laquelle les pétales, en outre de la pointe rouge vif, ont une large macule rouge pourpre à la base. 3° Les Dendrobiian bigibbum ont fini leur floraison depuis trois semaines environ ; néanmoins quelques plantes retardataires portent encore des fleurs. *"* E. M. — Nous ne pouvons insérer votre lettre au sujet des Cattleya labîata introduits en Angleterre. Quoique ce que vous nous disiez soit parfaitement exact, nous ne désirons plus rouvrir la question. Nous l'avons dit, la polémique à leur sujet est définitivement enterrée chez nous. LE MONITEUR D'HORTICULTURE LE MEILLEUR MARCHÉ DES JOURNAUX HORTICOLES FRANÇAIS Parait le lO et le S 5 de ch.aq.vie mois PRIX D'ABONNEMENT : Édition simple, 6 francs par an. Édition avec chromolithographies, 12 francs par an S'adresser au bureau du Journal, 14, rue de Sèvres, PARIS. 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AERIDES AUGUSTIANUM, belle pi., 14 feuilles » 100 NO. 14. 10 15. 16. 15 17. 18. 12 19. 12 20. 10 21. 10 5 22. 10 23. 24. 15 25. 20 50 26. 10 27. 28. Aganisia lonoptera, bonne plante . . fr. 40 Dendrobium lamellatum, très forte pi. » 30 Eulophiapulchra, 8 bulbes, belle plante » 40 Phalaenopsis Lowi, bonne pi., 3 feuilles » 10 Burlingtonia décora » » 1 RodrigueziaLindeni, belle plante .... 25 Dendrobium superbum anosmum, bonne plante » 7 Odontoglossum arachnoïdes, 4-5 bulbes, bonne plante » 5 Coelogyne barbata, forte plante ...» 25 LAELIAELEGANSLINDENI, 5bulb. » — Dendrobium Leechianum, 6 bulbes . . » 60 Phalaenopsis Lilddemanni, 3 feuilles, bonne plante » 20 Gongora atro-purpurea, belle plante, 10-12 bulbes » 10 Cattleya nobilior, 9 bulbes > 50 Dendrobium atro-sanguineum, forte plante en boutons » 15 No, 29. LAELIA GRANDIS TENEBROSA, 11 bulbes, belle plante 30. Dendrobium Wardianum, bonne iDlante 31 . Odontoglossum coronarium, belle plante 32. Oncidium auriferum, bonne plante . . 33. Mesospinidium vuloanicum grandiflo- rum, l)onne plante 34. Dendrobium Kingianum, bonne plante. 35. Odontoglossum cirrhosum, 3-4 bulbes, belle plante 36. SOBRALIA VIOLACEA. bonne plante, 4 tiges 37. Odontoglossum trlpudlans, 4-5 bulbes, belle plante 38. Masdevallia Chesterton!, belle plante, 18 feuilles 39. Cattleya labiatamajestica, forte plante, 10-12 bulbes 40. Cattleya Eldorado splendens, belle plante, 7-9 bulbes 41. ONCIDIUM LEOPOLDI, 2 bulbes, 1 pousse 42. Paphinia grandis, bonneplante, 8-4bulb. 43. Dendrobium Mac Carthiae, 4-5 bulbes, bonne plante 44. Epidendrum Claesianum, 5-6 bulbes, bonne ijlante 45. Cattleya Gaskelliana, bonne plante. . 46. Epidendrum lacerum, bonne plante, 6 tiges 47. Dendrochilum glumaeeum validum, 12 bulbes 48. NANODES MANTINI, 5 feuilles, bonne plante 49. Chysis Limminghi, belle plante, 6 bulb. 50. Microstylis bella, belle plante, 3-4 bulb. 51. Dendrobium macrophyllum, 5 bulbes . 52. Houlletia odoratissima, 3-4 bulbes, bonne plante 53. ODONTOGLOSSUM COELESTE, 3-4 bulbes, bonne plante 54. Angraecum eburneum, forte plante, 6 feuilles 55. Odontoglossum Londesboroughianum, 4 bulbes 56. CATTLEYA GRANULOSA VAR. BUYSSONIANA, 6 bulli., belle plante 57. Spathoglottis plicata, bonne pi., 8 bulb. 58. Galeandra Devoniana, 5-6 bulbes, bonne plante 59. MASDEVALLIA VEITCHI, fortspécim. 60. Dendrobium fimbriatum, bonne plante . 61. Eria macrostachya, belle pi., 10 bulbes 62. Cypripedium regale, 2 tiges .... 63. » oenanthum superbum, 2 tiges 64. ODONTOGLOSSUM HYSTRIX CLAE- SIANUM, 4 bulbes tv. 100 « 5 .. 12 » 5 „ 20 » 15 >' 7 « 7 » 50 » 35 » 10 » 25 n 10 » 20 " 7 » 40 « 40 „ . » 10 ,, 20 " 10 " 20 " 50 » 20 ■> 15 „ 50 » 20 ,. 15 » 60 .. 10 » 25 » 50 » 40 „ N" 65. CYPRIPEDIUM THIBAUTIANUM , 3 tiges, belle plante fr. 100 66. Oncidium Lanceanum superbum, belle plante, 4 feuilles » 20 67. DENDROBIUM SUPERBIENS, 5 bulb. belle plante » 75 68. AeridesHoulleti, 12 feuill., bonne plante » 20 69. ODONTOGLOSSUM MIRANDUM, ft« plante, 16 bulbes » 75 70. Dendrobium suavissimum, belle plante « 5 71. Cypripedium tonsum, bonne plante, 1 tige » EO 72. COELOGYNE DAYANA GRANDIS, forte plante « 75 73. Angraecum sesquipedale, 8-10 feuilles . « 25 74. VandaAmesiana, forte plante, 8-10 feuil. ■> 20 75. DENDROBIUM LEUCOLOPHOTUM, belle plante, 5-6 bulbes >> 50 76. CYPRIPEDIUM LAFORCADEI, 2 tiges bonne plante > 50 77. Dendrobium Dearei, bonne pi., 4-5 bulb. » 10 78. Vanda tares, bonne plante » 10 79. WARSCEWICZELLAWAILESIANA bonne plante, 2 tiges » 50 30. DENDROBIUM SPECIOSUM, extra grand spécimen » — 81. Pilumna laxa, forte plante » 7 82. LYCASTE SKINNERI ALBA, 5 bulbes, bonne plante » — 83. Miltonia Warscewiczi , belle plante, 5 bulbes » 30 84. Maxillaria Hinksiana, belle plante . . » 15 85. Liparis elata, très forte plante . ...» 30 86. Odontoglossum Reichenbeimi , belle plante, 4-6 bulbes » 7 87. ZYGOPETALUM TRIUMPHANS, 4 bulbes, 1 forte pousse » 100 88. Maxillaria picta, 8 bulbes, belle plante . » 10 89. Epidendrum nemorale, bonne plante, 5-6 bulbes » 5 90. Catasetum maculatum, t r. forte, 1 1 bulb. » 30 91. Oncidium heteranthum, bonneplante . » 7 92. Colax jugosus, 4-6 bulbes, bonne plante » 10 93. CYPRIPEDIUM GRANDE, 3 tiges, belle plante > 75 94. Maxillaria Sanderiana, bonne plante, 4-5 bulbes » 20 95. Cattleya aurea, bonne plante, 5 bulbes . » 30 96. ZYGOPETALUM GRAMINEUM, forte plante, 10 tiges » 75 97. Cattleya Schroederae, 5-6 bulbes, bonne plante > 25 98. Restrepia antennifera, bonne plante . » 12 99. DENDROBIUM NOBILE NOBILIUS, BURFORD LODGE VAR. , 5 bulbes » — 100. Cypripedium Gardnerianum, 3 tiges, belle plante " 20 L'ORCHIDÉENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES BRrxi:iii,x;s. C3r :r Ji^ i « Le plus beau, le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées » Le prix de ces volumes a été fixé comme suit : 1" Yolume (presque épaisé) 125 fr.; 2'"'^ Volume, 100 fr.; 3'"^ Volume, 75 fr.; 4'"^ Volume, 70 fr.; b'''' Volume, 65 fr. ; 6"^^ Volume, 65 fr, 7"^ VOLUME (EN COURS DE PUBLICATION) : 60 FRANCS I^es sept -volumes pris ensemble : SOO francs. La Lindenia publie également DEPUIS LE ler FÉVRIER 1891 UNE ÉDITION ANGLAISE EN VOLUMES DE 6 LIVRAISONS (2 VOLUMES PAR AN) l»rîx de l'abonnement à chaque volume ; S S shillings pour l'édition anglaise. L'ORCHIDÉENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES Présidents d'Honneur : MM. le baron de BLEICHRODER, consul-général de S. M. Britanni(|ue, à Berlin, pour l'Allemagne ; J. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Comte DU BUYSSON, auteur de l'Orchidophile, pour la France; hE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas, SECRÉTARIAT : 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Coinité Directeur : Président : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique; Secrétaire : M. LUCIEN LINDEN, administrateur-directeur de L'Horticulture Internationale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TEKDONCK, propriétaire. : EXPOSITION IHTEIIIIATiONIILE LIGRE D'ORCHIDÉES restera ouverte jusqu'au 20 Mai 1892. Messieurs les Amaleiirs étrangers sont invités à venir visiter celle maguillque el instructive exposition. SOMMAIRE DU 53"' NUMÉRO : Pages Revue des Orchidées nouvelles ou peu connues 09 Causerie sur les Orchidées. — XXXIX 71 Culture du Gattleya aurea 7G A bâtons rompus 77 Les grandes époques de la végétation 82 DE LA SOCIETE iïHORTICDLTURE DE H GIRONDE I>u 11 an 19 Juin 189â SUR LA PLACE DES QUINCONCES, A BORDEAUX PROGRAMME DES CONCOURS D'ORCHIDEES 1^'^ Concours. — La plus belle collection d'Orchidées exotiques en fleurs. 2^^ Concours. — La plus belle collection de 50 Orchidées en fleurs. 3^6 Concours. — La plus belle collection de 25 Orchidées en fleurs. 4""® Concours. — La plus belle collection de 12 Orchidées en fleurs. S^ne Concours. — La plus belle collection de 25 Ci/pripedium exotiques en fleurs. 6™« Concours. — La plus belle collection de 12 Cypripedium en fleurs. 7""* Concours. — Le plus beau lot de 25 Odontoglossiim en fleurs. 8™« Concours. — Le plus beau lot de 25 Cattleya et Laelia en fleurs, gme Concours. — L'Orchidée exotique la plus remarquable par sa floraison et sa culture. lO""^ Concours. — Une ou plusieurs Orchidées nouvelles présentées pour la première fois en fleurs. De nombreuses récompenses offertes par des Amateurs ou par la Société seront mises à la disposition du Jury. VERRES POUR SERRES ET JARDINIERS CLOCHES A BOUTURES ET A MELONS S'ADRESSER A LA FABRIQUE DE MM. V. FRÈRE et L. TABURMl à Jumet (lez Charleroi). 15 MAI 1892 69 REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES CATTLEYA ALEXANDRAE L. Lind. et Rolfe. — Superbe espèce nou- velle, qui vient d'être introduite par L'Horticulture Internationale, de Bruxelles. Il est remarquable par la longueur de ses pédoncules floraux; une plante mentionnée par M. Rolfe en portait dix, ayant de trente-sept à quarante-cinq centimètres, et portant chacun six à dix fleurs. Les plantes sont très robustes et les pseudobulbes allongés, à peu près cylindriques, portent deux, ou le plus souvent trois feuilles charnues rigides à leur sommet. Les fleurs ressemblent assez à celles du C. Leopoldi comme structure; elles ont les pétales et les sépales très ondulés, d'un jaune brun plus ou moins sombre, rappelant le coloris des segments du Laelia elegans Turneri ou du L. grandis tenebrosa, mais bordé de rose violacé. Le labelle a le lobe antérieur bien étalé, d'un rouge cramoisi éclatant, et les lobes latéraux repliés entourant la colonne. C'est une addition d'une très grande valeur au genre, d'autant plus que l'espèce fleurit, au moins dans son pays d'origine, vers la fin de l'hiver. La plante est dédiée à S. A. R. la princesse de Galles, Gard. Chron., 23 avril, p. 522. * * * CYPRIPEDIUM EXUL O'Brien. — Cette intéressante et superbe espèce, d'introduction toute récente, vient d'être importée en même temps par plusieurs établissements horticoles, et elle pourra par conséquent prendre place rapide- ment dans toutes les collections. Décrite tout d'abord par M. H. Ridley, en juillet i8gi, sous le nom de C. insigne var. exul, elle ressemble évidemment au C. insigne, mais elle s'en distingue par des diff"érences assez importantes pour qu'il y ait lieu de lui attribuer un rang spécifique à part. Elle est d'ailleurs origi- naire de Siam, tandis que le C. insigne provient du Népaul, et cet éloignement, que M. Ridley avait jugé assez caractéristique pour le signaler dans le nom variétal qu'il adoptait, était de nature à éveiller déjà l'attention. En examinant d'ailleurs la plante nouvelle, on ne peut s'empêcher de trouver 70 LE JOURNAL DES ORCHIDEES qu'elle rappelle également le C. Druryi, tant au point de vue du port qu'au point de vue de l'allure et du coloris de la fleur; mais elle s'en éloigne par d'autres côtés suffisamment pour ne pouvoir pas être confondue un instant avec lui. Le C. exul a les tiges florales plus courtes et les fleurs un peu plus petites que le C. insigne; le pavillon est analogue à celui de cette espèce, mais il a une bordure blanche plus large, et qui se prolonge tout autour de cet organe jusqu'à la base; en outre le pointillé brun pourpré est groupé au milieu de l'aire cen- trale vert clair. Les pétales et le labelle sont plus jaunes que dans le C. insigne; le sépale inférieur, au lieu d'être cordé, et denté à son sommet, est presque ovale, et présente une dépression à la pointe. Le C. exnl, exposé par M. R. I. Measures au meeting du ig avril de la Royal Horticultural Society, y a obtenu un certificat de mérite. Gard. Chron., 23 avril, p. 522. * CYPRIPEDIUM EXUL VAR. IMSCHOOTIANUM Rolfe. — Variété de l'espèce décrite plus haut, ayant fait son apparition au mois de mars dernier à L'Horticulture Internationale, Bruxelles. Elle a la bordure blanche moins large que dans le type, et présente également quelques autres caractères distinctifs dans le coloris des divers segments. Cette variété, exposée le 13 mars au meeting de L'Orchidéenne, y a obtenu un diplôme d'honneur de i''^ classe à l'unanimité. Elle est dédiée à M. Alfred Van Imschoot, de Gand. Lindenia, pi. 326. * * * CALANTHE VESTITA VAR. FOURNIERI. — Nouvelle variété qui vient de faire son apparition chez M. Fournier, de Marseille, et qui provient de Bornéo, tandis que le type de l'espèce est originaire de la Birmanie. Elle a les fleurs un peu plus petites que le type, variant de coloris du blanc pur au rose vif, à peu près comme dans le C. X Veitchi. Il existait déjà une variété de la même espèce, provenant de Bornéo, le C. V. igneo-ocidata Rchb. f., qui fut collectée par Beccari à Sarawak. Le C. vestita est évidemment distribué sur une aire géographique très étendue, car en outre du type et des deux variétés de Bornéo, Reichenbach mentionne une forme provenant de Java. Gard. Chron., 16 avril, p. 488. Max Garnier. 15 MAI 1892 71 CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES XXXIX. — La grande culture pour la fleur coupée {Suite, voir p. 56) Cypripedmm insigne. Une erreur de copie nous a fait écrire, dans la précédente étude, que cette précieuse espèce fleurit en mars-avril. C'est tout l'hiver que nous voulions dire, et l'on concevra aisément l'importance de cette rectifica- tion. La floraison hivernale de ce Cypripedium augmente, en effet, consi- dérablement sa valeur. Le Cypripedium insigne reste très longtemps en fleur, comme à peu près F'g- 9- — Cypripedium insigne. tous ses congénères, et ses fleurs se succèdent pendant longtemps; on pourra remarquer aussi que les plantes fleurissent à une époque plus ou moins avancée selon la température de la serre dans laquelle elles sont cultivées ; en serre 72 LE JOURNAL DES ORCHIDEES froide, elles subissent un certain retard. En serre tempérée ou chaude, l'époque de la grande floraison est de décembre au commencement ou au milieu de mars. Nous donnons ci-contre (fig. g) une gravure représentant une touffe de Cypri- pedium insigne, et montrant la remarquable floribondité et le port gracieux de cette espèce. Calanthe X Veitchi. Culture en serre chaude. Espèce à feuillage caduc qui fleurit pendant l'hiver, de janvier à mars, et produit des tiges longues de 60 à go centimètres, chargées de nombreuses fleurs d'un beau rose vif. Après la floraison, les bulbes peuvent être arrachés des pots et conservés dans des boites dans un endroit sec. Les fleurs se conservent longtemps et voyagent bien. Cypripedium callosum. Cette espèce possède les mêmes précieuses qualités que celles dont nous nous sommes occupé dans le numéro précédent et se cultive en serre chaude comme le C. Lawrenceanum et la plupart de ses congénères. Elle se distingue par un coloris général pourpre vineux sombre, et par l'ampleur remarquable du sépale dorsal, blanc strié de veines longitudinales vertes et rouge pourpre sombre. Oncidiiim incurvuni. L'un des types les plus appréciés, les plus répandus, les moins coûteux et les plus faciles à cultiver de ce genre si riche en espèces florifères et élégamment décoratives. Ses longues grappes ramifiées flexibles pourraient paraître un peu maigres seules ; en revanche elles égayent consi- dérablement le groupe formé par les fleurs énumérées précédemment et dis- trayent l'œil des grandes masses. Les fleurs, très nombreuses, sont d'un charmant coloris mélangé de blanc et de rouge lilacé ; elles se conservent fort longtemps. Culture en serre froide. La floraison a lieu pendant le printemps. L'emballage des grappes de VOncidium incurvuin exige naturellement des caisses assez grandes, mais ces grappes se plient facilement ; l'intervalle peut être rempli ensuite par d'autres fleurs qui ne risqueront pas d'endommager les premières, très résistantes. Oncidium varicosum Rogersi. Magnifique espèce, de culture robuste et très florifère, qui n'a qu'un défaut, celui de ne pas exister jusqu'ici en très grand nombre dans les cultures. Elle fleurit au cours de l'hiver, et se conserve très bien. Ses fleurs sont de grande taille, et ont le labelle très largement étalé, réniforme, d'un superbe coloris jaune d'or ; elles se produisent en extrême abondance sur de longues tiges ramifiées. Culture en serre tempérée. 15 MAI 1892 73 Oncidium cucuUatum. Espèce appartenant à un groupe différent des précé- dents, et qui produit ses ileurs non plus en longue panicule, mais en racème plus ou moins haut. Ses fleurs apparaissent dans les premiers mois de l'année, et se conservent longtemps. Elles sont d'une forme et d'un coloris très beaux ; les segments sont d'un rose légèrement teinté de brun, et le labelle très allongé, dilaté et bilobé à sa partie antérieure, est d'un beau rose pourpré tacheté de pourpre sombre. Culture en serre froide. Oncidium flabellulatum. Espèce des plus décoratives, produisant de longues tiges gracieusement ondulées, très ramifiées, et chargées de fleurs de grande taille. Ces fleurs ont les segments d'un brun vif très élégant, ondulés et nuancés de jaune sur les bords. Le labelle large, circulaire-cordé, a le même coloris, avec la base jaune tachetée ou rayée de brun-rouge; les lobes latéraux très petits sont jaune vif. UO. jlahelhdatum fleurit à diverses époques de l'année, principalement vers le mois de mai, et reste en pleine fraîcheur pendant un mois environ. Culture en serre tempérée; il réussit bien sur tronc d'arbre. Cypripedium Harrisianum. Hybride possédant les mêmes qualités que les espèces dont nous avons déjà parlé; ses fleurs sont de grande taille et se conservent fort longtemps; elles apparaissent à diverses époques de l'année. Elles sont d'un coloris général pourpre vineux sombre, nuancé de vert à certaines parties. Culture en serre chaude ou tempérée-chaude. Cypripedium villosum. Superbe espèce qui est l'un des parents de rh3'bride précédent, et rentre dans la même catégorie. Les fleurs apparaissent surtout aux mois d'avril et mai; elles se conservent deux mois environ. Elles se distinguent par une sorte de vernis brillant qui les recouvre et leur donne beaucoup d'éclat. Le coloris général est un jaune vif relevé de rouge sur la moitié supérieure des pétales, avec le pavillon vert, lavé de brun-noir dans sa moitié inférieure. Culture en serre tempérée. Calanthe Regnieri. Belle espèce produisant de longues grappes de fleurs blanches avec le labelle rose vif. Ces fleurs se produisent à la fin de l'hiver, et sont assez résistantes. Culture en serre chaude. Epidendrum vitellinum. Plante remarquable par le brillant coloris de ses 74 LE JOURNAL DES ORCHIDEES fleurs, d'un vermillon orangé éclatant. Ces fleurs se produisent en racème serré d'un très bel effet ; elles font leur apparition en automne, et restent six semaines et plus en parfaite condition ; toutefois elles ne voyagent pas aussi bien que la plupart des autres espèces mentionnées plus haut dans notre liste. Mais elles sont faciles à emballer et tiennent peu de place. Culture en serre tempérée-froide. Ada aurantiaca. UAda aurantiaca peut rivaliser avec le précédent pour l'éclat de son coloris, qui est à peu près le même que celui de VEpidendrum vitellinuin. Ses fleurs à segments linéaires lancéolés, pressées les unes contre les autres en racèmes gracieusement retombants, sont d'un ravissant effet. Elles se produisent à la fin de l'hiver et au début du printemps, et restent plu- sieurs semaines en parfaite fraîcheur. Culture dans la serre des Odontoglossum des régions froides. Phalaenopsis aniabilis et P. grandiflora. Les Phalaenopsis sont peut-être, avec les Cattleya, les plus splendides Orchidées qui existent. L'élégance de leurs formes et de leurs couleurs est incomparable. Grandes et bien étoffées, les fleurs se distinguent surtout par l'extrême délicatesse du labelle, orné, à l'extrémité du lobe antérieur, de deux cirrhes ondulées et recourbées vers le centre. Le P. amabilis a les segments d'un blanc pur, et le labelle relevé au centre de fines stries et de points roses et jaunes d'un attrait exquis, tandis que le P. grandiflora, très analogue dans toutes ses parties au premier, est marqué uniquement de jaune et non de rose. Tous deux se cultivent dans la haute serre chaude et fleurissent pendant l'hiver. Les longues grappes flexibles des Phalaenopsis sont faciles à emballer; mais les fleurs ne voyagent pas assez bien pour pouvoir être recommandées au même titre que les précédentes. Zygopetalinn Mackayi (voir fig. lo). Très belle espèce, produisant de longues grappes de fleurs de grande taille, très résistantes, et qui apparaissent pendant l'hiver. Ces fleurs voyagent bien, et, comme nous l'avons dit, le Zygopetalmn Mackayi, ainsi que ses congénères, n'a guère que le défaut de tenir beaucoup de place dans la serre. Ses fleurs sont d'un coloris agréable, quoiqu'un peu sombre. Les sépales et les pétales sont d'un vert jaunâtre barré et maculé de brun pourpré sombre ; le labelle très étalé est blanc, avec une série de lignes parallèles bleu pourpré. Culture en serre tempérée. Zygopetalum crinituui. Espèce très analogue à la précédente, et dont on peut 15 MAI 1892 75 parler exactement dans les mêmes termes. Les Heurs se distinguent par quelques faibles différences, et surtout par la pubescence qui apparaît sur le labelle le long des lignes bleu-violacé rayonnant à partir de la crête. Masdevallia Veitchi. Les Masdevallia sont particulièrement recommandables Fig. 10. - Zygopetaluui Mackayi. pour la grande culture, en raison de leur culture facile, de la bizarrerie attrayante de leurs formes, et de l'éclat de leurs chauds coloris qui rehaussent puissamment les nuances délicates des autres genres. Au premier rang des Masdevallia, doit figurer le M. Veitchi, dont les fleurs sont très grandes et 76 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES d'une beauté remarquable. Les segments sont d'un beau rouge écarlate orangé, avec un superbe reflet pourpre bleuâtre sur la moitié extérieure de leur largeur; la gorge du tube est jaune vif. La variété grandiflora est particulièrement splendide. Culture en serre froide. Cette espèce fleurit en automne ou au printemps, et reste très longtemps en pleine fraîcheur. Masdevallia tovarensis. Cette autre espèce est très gracieuse et très intéressante à cause de son coloris blanc qui est unique dans le genre. Elle est d'ailleurs d'une très grande floribondité, et ses fleurs se produisent en hiver; enfin elles exhalent un parfum agréable. Ce sont des qualités fort appréciables; malheu- reusement il faut ajouter que ces fleurs sont d'une substance un peu délicate, et ne voyagent pas facilement. Même culture que le précédent. L. L. {Sera continué.) CULTURE DU CATTLEYA AUREA Le Cattleya aurea mérite une place dans les premiers rangs du genre magni- fique auquel il appartient , par la beauté de ses formes et la merveilleuse richesse de son coloris; il possède en outre un parfum délicieux. Bien peu de fleurs peuvent soutenir la comparaison avec les siennes; le labelle d'un rouge pourpre velouté, strié abondamment dans la gorge et jusqu'à la partie anté- rieure d'un jaune d'or éclatant, est superbement relevé par le jaune mat (jaune nankin) des sépales et des pétales. Ces fleurs, groupées au nombre de quatre à six sur chaque tige, offrent l'un des plus splendides coups-d'œil qu'on puisse rencontrer dans le monde végétal. La culture du C. aurea est facile et sa croissance robuste. Il appartient, comme la plupart des Cattleya, à la serre tempérée, et ne se différencie guère de ses congénères que par des particularités peu importantes. Les rempotages doivent être exécutés de préférence au moment où les jeunes pousses commencent à se développer; on obtient ainsi de meilleurs résultats qu'en opérant avant la rentrée en activité; les plantes émettent aussitôt de jeunes racines qui s'enfoncent avec avidité dans le compost frais, et prennent une vigueur remarquable. 15 MAI 1892 77 Les arrosages doivent être exécutés avec prudence, car le C. aurea est un peu plus délicat que les autres et plus sensible à un excès d'humidité. De temps à autre on les suspend complètement et on laisse le compost se sécher partiel- lement; ce traitement contribue beaucoup à produire une floraison abondante. Les arrosages continus développent trop les parties lymphatiques, feuilles et bulbes, au détriment de la floraison. Les plantes doivent être abritées avec soin, pendant l'été, contre les rayons du soleil aux heures les plus chaudes de la journée. En effet, quoiqu'ayânt les feuilles très épaisses et charnues, elles sont assez délicates à ce point de vue. Un « coup de soleil » fait noircir, en très peu de temps, d'abord le dessous, puis la feuille entière, ce qui dépare beaucoup la plante, et lui donne un aspect de mauvaise santé très déplaisant. Dès que les boutons apparaissent dans les spathes, on doit interrompre les arrosages presque totalement. Dès ce moment, en effet, la végétation peut être considérée comme terminée. Si la plante continuait à recevoir autant d'humi- dité, elle recommencerait à faire une seconde pousse, laquelle s'achèverait au cours de l'hiver naturellement; la plante serait donc privée de son repos normal, elle s'étiolerait et formerait un bulbe faible et incapable de fleurir. Il faudrait une saison entière pour réparer le mal et remettre les choses en l'état. Pendat l'hiver, le Catileya aurea doit être tenu sec ; il suffit d'arroser très légèrement de loin en loin, ou de seringuer avec prudence sur les bulbes et les feuilles le matin de très bonne heure. De cette façon les bulbes restent gonflés; si on les laissait se rider à l'excès, il en résulterait au printemps un retard dans la végétation, car avant de partir en croissance la plante devrait regagner ce qu'elle aurait perdu et réparer ses forces. L'état du compost indique d'ailleurs clairement le moment où l'humidité devient nécessaire; c'est lorsque la surface de sphagnum devient blanche et cassante. G. Van Coppenolle. A BATONS ROMPUS LA SOCIABILITÉ DES ORCHIDÉES. — Tous les amateurs d'Orchidées ont dû, je pense, remarquer cette singularité du tempérament des Orchidées, que j'avais moi-même observée depuis bien longtemps sans la formuler d'une 78 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES façon précise, et qui m'était encore récemment confirmée par les observations de deux grands amateurs belges, Messieurs K. et M.d. L., dans un entretien que j'avais avec eux en parcourant les serres de L'Horticulture Internationale : cultivez ensemble un certain nombre de plantes de la même espèce, ou du même genre, elles prospéreront parfaitement. Placez au contraire une de ces plantes seule au milieu de genres différents, elle n'aura plus qu'une croissance languissante, quoique soumise au même traitement et soignée par le même jardinier ; elle ne montrera plus la même activité, elle semblera perdre l'ardeur de croître qu'elle avait auparavant dans le voisinage de ses congénères. Elle s'étiolera, en proie à une sorte de torpeur qui fait penser à l'ennui ou au spleen. Je suis sûr que tous les cultivateurs, ou à peu près, ont eu l'occasion de constater des faits de ce genre, et tout spécialement les importeurs qui ne réussissaient à recevoir vivante qu'une seule plante d'une espèce nouvelle. Ils avaient beau la cultiver selon les règles les plus éprouvées, la soigner de la façon la plus attentive, les résultats n'étaient ordinairement pas à la hauteur de leurs efforts. Ça nous est arrivé si souvent à L'Horticulture Inter- nationale! Beaucoup d'amateurs éprouvent des déceptions par suite des mêmes circon- stances, et la plupart du temps ils ne peuvent s'expliquer la mauvaise grâce dont leurs plantes font preuve, alors qu'elles montrent dans les grandes collec- tions, où elles sont réunies en grand nombre, tant de vigueur et de magnificence. Ils se partagent alors entre deux déterminations, selon le degré de persévérance et de patience de chacun ; les uns renoncent à leur entreprise, abandonnent leur culture, ou la laissent aller à la dérive; les autres continuent sans se découragera enrichir leur collection et à l'accroître progressivement; ils arrivent à consacrer un emplacement réunissant les Cattleya ou Laelia, d'autres aux Odontoglossum, aux Cypripedium, etc., bref, à former des groupes assez éten- dus de chaque genre, et dès lors ils obtiennent à leur tour les excellents résul- tats enviés auparavant. Or, pour en revenir à mon sujet, quelle peut être la cause des singuliers phénomènes relatés plus haut, comment expliquer ces différences d'effet lorsque rien ne varie dans les causes, rien sauf l'entourage ? Les Orchidées auraient- elles l'instinct de la sociabilité? Je ne crois pas volontiers aux causes mystérieuses, et j'estime que s'il fallait approfondir, on pourrait attribuer à deux ordres de faits que je vais expliquer la plus grande part dans ses phénomènes. 15 MAI 1892 79 D'une part, des recherches récentes ont établi que la végétation de telle ou telle plante dans un milieu donné dépend non seulement de la qualité physique et chimique de ce milieu, de la température, de la lumière, des gaz qui com- posent son atmosphère, mais aussi en grande partie de la présence de certains microbes et organismes microscopiques spéciaux qui favorisent la croissance de tel végétal de préférence à tel autre dans ce milieu ; il est donc permis de supposer que l'accumulation d'un certain nombre de plantes du même genre ou de la même espèce permet le développement des circonstances les plus favorables à cette espèce, ce qui expliquerait le grand avantage que trouvent ces plantes à se rencontrer en compagnie. En second lieu, il n'est pas douteux que le jardinier peut donner à chaque genre ou espèce des soins plus appropriés quand il n'a que ce genre ou cette espèce à cultiver, ou du moins quand il en a un grand nombre de plantes; dans une serre renfermant des plantes en mélange, le temps manque pour s'occuper avec autant de détail de chaque espèce, ou bien ce qui convient à l'une ne réussit pas aussi complètement à l'autre. Sans doute les Odontoglossum pros- pèrent dans la même serre que les Masdevallia, les Cochlioda également, et les Sophronitis, et les Restrepia. Mais il n'en est pas moins vrai que le trai- tement de ces diverses plantes réclame dans le détail des nuances délicates ; l'une exige un peu plus d'air que l'autre, certaines se plaisent en plein soleil et d'autres craignent les rayons chauds; quelques-unes doivent être arrosées davantage, d'autres seront rempotées plus souvent. Bref, il y a des différences de traitement peu importantes sans doute, mais dont l'observation suffit cepen- dant à transformer une culture passable en une excellente culture. Or ces différences, le jardinier ne peut pas en tenir compte lorsqu'il a vingt genres distincts dans sa serre; le temps lui ferait défaut pour cela, sans compter que parfois les exigences des diverses plantes seraient contradic- toires et se nuiraient entre elles. Il ne saurait penser, dans une même journée, que dis-je? dans une même heure, à vingt cultures différentes, tandis que quand il n'en a qu'une ou deux à pratiquer, l'observation constante de l'état des plantes, quelques tâtonnements, et enfin le flair spécial qui produit ce qu'on nomme l'expérience, l'amènent rapidement à trouver les meilleurs procédés. C'est surtout dans cet ordre d'idées qu'on pourrait, je pense, trouver l'ex- plication des phénomènes qui constituent cette espèce de sociabilité qu'on observe chez les Orchidées. 8o LE JOURNAL DES ORCHIDÉES LA CULTURE DES ORCHIDÉES POUR LA FLEUR COUPÉE est entrée actuellement dans la voie de la réalisation pratique que le Journal des Orchidées avait prônée et recommandée à l'initiative de tous ceux qui connaissent et cultivent nos plantes favorites. Déjà un certain nombre d'ama- teurs ont commencé à installer des constructions spéciales destinées à cette cul- ture ; les résultats ne se feront pas longtemps attendre, et il n'est pas douteux que l'exemple n'entraîne beaucoup d'hésitants, qui se laisseront convaincre quand ils pourront apprécier le succès de ces entreprises et le profit qu'elles procurent. Il ne reste plus aujourd'hui qu'une lacune à combler, et l'on peut avoir la confiance qu'elle disparaîtra promptement : les intermédiaires manquent encore pour la vente dans les grands centres de consommation. Cette consta- tation est bien faite pour surprendre, étant donné le grand nombre des fleuristes qui emploient les fleurs d'Orchidées, à Paris, à Londres et ailleurs, et qui n'en ont jamais assez pour satisfaire à toutes les demandes. Il est vrai que les producteurs étaient peu nombreux jusqu'ici, et que c'étaient pour la plupart des horticulteurs, qui se mettaient directement en rapport avec les fleuristes. Néanmoins, il est évident qu'il ne tardera pas à se constituer des maisons de commission pour la fleur coupée, lorsque l'offre deviendra importante. Le commerce se transforme constamment selon les besoins sociaux, et suit les fluctuations de la production et de la consommation ; toute production nouvelle engendre rapidement, par une sorte de création spontanée, la série d'acces- soires, les tenants et aboutissants, qui lui sont nécessaires. Pour répondre à un certain nombre de demandes de renseignements qui me sont parvenues, je tiens à prévenir mes lecteurs que la liste de demandes de fleurs d'Orchidées que j'avais publiée, il y a quelque temps, dans les annonces du Journal, ne constitue en aucune façon une recommandation. J'avais offert à mes abonnés de faire connaître leurs demandes par ce moyen de publicité, et d'entrer en relation entre eux ; rien de plus. Je ne pouvais évidemment exercer aucun contrôle sur la valeur et l'honorabilité des maisons qui désiraient profiter de ces annonces. J'ai su depuis lors que plusieurs personnes qui s'étaient mises en rapport avec un des intermédiaires en question, établi à Paris, avaient eu à s'en plaindre. Je préviens donc les abonnés du Journal des Orchidées que je ne puis assumer aucune responsabilité au sujet des annonces insérées dans ce Journal. Un de mes correspondants m'avait fait connaître qu'il hésitait à faire bâtir des serres pour la grande culture des Orchidées, parce que l'espace lui manquait 15 MAI 1892 81 dans la ville qu'il habite. Il est bien préférable de faire installer ses serres à la campagne. L'air y est beaucoup plus pur et plus sain, et les Orchidées y prospèrent infiniment mieux. D'autres abonnés m'écrivent que la culture en grand pour la fleur coupée leur est déconseillée par des horticulteurs. Je ne voudrais pas avoir l'air de jeter des pierres dans le jardin de mes honorables confrères (de l'un d'eux spécialement), mais je ne puis m'empêcher de penser que le motif de cette opposition intéressée est quelque peu mesquin. Il est permis de remarquer que ces horticulteurs qui déconseillent aux amateurs le produit de la fleur coupée pratiquent eux-même ce commerce; et cette constatation diminue beaucoup la valeur de leurs objections. Vous êtes orfèvres, Messieurs JossE ! * LES PRINCIPALES MAISONS QUI INTRODUISENT DES ORCHI- DEES ne devraient-elles pas s'entendre pour explorer des régions distinctes, au lieu de se chamailler? C'est le vœu qu'exprime un journal français, U Orchidophile . Nous répondrions de grand cœur Amen, dans notre intérêt, dans celui de l'horticulture en général, et des amateurs aussi. Mais il en est de cette question comme du désarmement universel ; il ne dépend pas d'une ou de deux nations, ni même de la presque unanimité des nations, de réahser cet idéal; tant qu'une seule refuse de s'y prêter, le désarmement reste une utopie. Il y avait, tout récemment, à Londres, une vente publique organisée par L'Horticulture Internationale, et dans laquelle figurait un stock de plantes d'une magnifique introduction nouvelle, reconnue comme nouvelle et hautement appréciée par les premiers botanistes et connaisseurs d'Outre- Manche. Le chef d'une des maisons d'importation établies en Angleterre s'em- presse de se rendre à cette vente, aborde tous les assistants, cabale, intrigue, et raconte, des dépêches à la main, qu'il a plusieurs collecteurs sur la trace du collecteur belge qu'il suppose avoir découvert la plante, et qu'il promet de l'importer prochainement à son tour. Bref, il engage tout le monde à ne pas acheter la nouvelle espèce, et à attendre son importation à lui, qui, évidem- ment, sera bien meilleure, venant de lui, qui portera naturellement un nom nou- veau, et dont il se fera gloire comme d'une de ses plus grandes découvertes. Répétition complète de ce qui a été fait pour le Cattleya Rex ! Et où est-il le C. Rex qu'il devait introduire par grandes quantités? Je ne vois rien venir. 82 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Inutile, n'est ce pas ? de nommer l'importateur en question — c'est toujours le même, coutumier de ces procédés, celui dont le même journal aime à chanter les louanges et à célébrer l'habileté — habileté qui consiste surtout à suivre les pistes et à explorer les routes tracées par les collecteurs de L'Horti- culture Internationale, ses véritables éclaireurs, comme il l'a fait pour le Cattleya Warocqueana (alias lahiata) et cherche à le faire pour d'autres. « Nous demanderions que les principales maisons qui introduisent des Orchidées, « au lieu de se chamailler un peu sur le dos des amateurs en général et peut-être sur « le mien en particidier (vous êtes trop modeste, cher confrère. Je voudrais bien « savoir ce que votre dos vient faire dans l'affaire), s' entendissent pour explorer « des régions distinctes, et nul ne se plaindrait, » dit VOrchidophile. Loin de moi la pensée de chercher à détourner mon confrère de son excellente prédication ; mais il doit savoir, à moins d'une naïveté ou d'une partialité incurables, à qui doivent s'adresser ses conseils moraux. L'Horticulture Internationale ne fait suivre nulle part les collecteurs des maisons d'importation anglaises ou autres. Elle se contente, modestement, de ses propres inspirations. L. L. LES GRANDES EPOQUES DE LA VEGETATION {Suite, voir page 50) BARKERIA. Pseudobulbes, perdant leurs feuilles au début de l'hiver. Repos modéré, de décembre à fin janvier. Culture en serre tempérée ou tempérée-froide. B. cyclotella. Floraison en novembre. Pousse en mars. J5. elegans. Id. janvier-février. Pousse en mars-avril. B. Lindleyana. Id. octobre. Pousse en mars. B. Skinneri. Id. novembre à février. Pousse en avril. B. spectabilis. Id. juin-juillet. Pousse en mars. B. melanocaulon. Id. juin-juillet. Pousse en avril. BATEMANNIA. Pseudobulbes, perdant leurs feuilles au début de la saison de repos. Repos de novembre à fin février. Culture en serre tempérée. B. Burti. B. grandiflora. Floraison et pousse en mars-avril. B. Colleyi. Floraison en mars-avril. Pousse en avril-mai. B. Mekagris. Id. juin-juillet. Pousse en avril, B. Wallisi. Id. août. Pousse en avril. 15 MAI 1892 83 BIFRENARIA. Pseudobulbes perdant leurs feuilles, espèces semi-terrestres. Repos de no- vembre à mars. Culture en serre tempérée-froide. B. aurantiaca. Floraison en septembre-octobre. Pousse en avril. B. aureo-fulva. Pousse et floraison en avril-mai. B. bel la (voir Coelia bellà). B. Hadweni (voir Scuticaria). B. Harrisoniae. Floraison en avril-mai. Pousse en mai. B. odora. Id. et pousse en mai. BLETIA. Pseudobulbes perdant leurs feuilles. Repos de décembre à mars. Culture en serre tempérée-froide (serre Mexicaine). B. catenulata. Floraison en mars-avril. Pousse en avril. B. campamilata. Pousse en avril. Id. à diverses époques de l'année. B. hyacinthiiia. Floraison en novembre-décembre. Pousse en avril. B, patula. Id. mars-avril. Pousse en avril. B. Sheplierdi. Id. octobre-novembre. Pousse en avril. B. Sherratti. Id. septembre. Pousse en avril. BOLBOPHYLLUiM. Pseudobulbes. Culture en serre chaude. Repos de fin novembre à mars. B. auricomum. Floraison en janvier. Pousse en avril. B. barbigerum. Id. B. Beccarei. Id. B. grandiflorum. Id. B. Lobbi. Id. août. Pousse en mai. B. niaculatum. Id. B. reticulatum. Id. B. saltatorium. Pousse en avril. Floraison à diverses époques de l'année. B. Siamense. Id. BOLLEA. Pseudobulbes. Culture en serre chaude. Repos de fin novembre à mars. B. coelesUs. Floraison en juin-juillet. Pousse en avril-mai. B. Laliitdei. Id. B. Lawrenceana, Id. B. Patini. Id. juin-juillet. Pousse en avril. B. pulvinaris. là. BRASSAVOLA. Pseudobulbes à rhizome traçant. Culture en serre tempérée. Repos de décembre à mars. B. acaulis. Floraison en août-septembre. Pousse en avril. B. cucitllata. Id. novembre. Pousse en avril. B. Digbyana Lindl. (voir Laelia Digbyana), B. fragrans. Floraison en avril. Pousse en mai. B. Gibbsiana [B. tiiberculafa). Id. juillet. Pousse en mai. B. glauca. Id. mars-avril-mai. Pousse en mai. B. lineata. Id. juin. Pousse en avril. BRASSIA. Pseudobulbes. Culture en serre tempérée ou tempérée-froide. Repos modéré, de décembre à mars. B. anthet'otes. Floraison en mai-juin. Pousse en avril. 84 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES jB. caudata. là. avril-mai. Pousse en avril. B. hieroglyphica. Id. avril-mai. Pousse en avril. B. cinnabarina. Id. Id. B. cinnamomea. Id. avril. Pousse en mai. B. Gireoudiana. Id. Id. B. guttata. Id. en juin-juillet. Pousse en avril. B. Keiliana. Id. mai-juin. Pousse en avril. B. Lanceana. Id. à diverses époques de l'année. Pousse en avril. B. Lawrenceana. Id. avril-mai-juin. Pousse en avril. B, maculata. Id. mai-juin. Pousse en avril. B. picturata. Id. avril-mai. Pousse en mai. B. verrucosa. Id. mai-juin. Pousse en avril. BROUGHTONIA. Genre très voisin du genre Epidendrum. Pseudobulbes. Repos de décembre à mars. Culture en serre tempérée. B. sanguinea. Floraison en juillet-août. Pousse en avril-mai. BURLINGTONIA (voir Rodriguezia). CALANTHE. Pseudobulbes, à feuillage persistant dans la plupart des espèces, mais caduc dans ce qu'on appelle le groupe vestita : C. vestita, C. Veitchi, C. Turneri, C. Williamsi et C. Regnieri. Ces derniers ont un repos complet et peuvent être arrachés des pots après la floraison jusqu'en mai. Culture en serre chaude. C. X bella. Floraison en hiver. Pousse en mai. C. colorans. Id. juillet-septembre. Pousse en avril. C. cufciiligoidcs . Id. août-septembre. Pousse en avril. C. discolor. Id. C. fufcata. Id. juin-juillet-août. C. lentiginosa. Id. Id. C. Masuca. Id. juin-juillet-août. Pousse en avril. C. Mylesi. Id. hiver. Pousse au printemps. C. X porphyrea. Id. hiver. Pousse en mai. C. Regnieri. Id. mars. Pousse en mai. C. Sanderiana. Id. hiver. Pousse en mai. C. Sandhurstiana. Id. hiver. Pousse en mai. C. X Sedeni. Id. Id. C. Textori. Id. juin. Pousse en avril. C. Turneri. Id. avril. Id. C. X Veitchi. Id. février-mars. Pousse en juin. C. veratrifolia. Id. mai-juin. Pousse en avril. C. vistita. Id. février-mars. Pousse en juin. C. Williamsi. Id. janvier-février. Pousse en mai. CAMARIDIUM. C. ochroleucum. Floraison en novembre. Comte DE MoRAN. [A continuer.) PETITES NOTJVEEEES ET PETITE CORRESPONDANCE L'EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ D'HORTICUL- TURE FLORA DE MONT-SAINT-AMAND, ouverte les 8 et 9 mai dernier, avait réuni quelques magni- fiques lots d'Orchidées. Celui de notre collaborateur, M. Alfred Van Imschoot, l'amateur gantois liien connu et le sjTiipatliique président de la Société, était particulièrement remarqual)le. 11 lui a valu un premier prix, objet d'art, par acclamations et avec félicitations de jury. Son lot se composait de 80 Orchidées, bien fleuries, et les suivantes hors de pair : Odontoglossum polyxanthum, 0. cirrhosion, Epidendrwn pseudo-epi- dendrum, Cattleya Schroderae alba, Miltonia vexillaria purpurea, Oncidium lihymatochilum , Dendrobiiini Pie- rardi, Cymbidiuni Lotvi, Laelia piirpurata , Masdevallia Schlimi, Bletia Shepherdi, Lycaste plana Measuresiana, Ansellia africana, et un Cattleya intermedia portant plus de cent fleurs. Un beau groupe de Laelia purp^irata de MM. Ver- VAET et C'f, et un autre d'Odontoglossum (objet d'art) deM.VuYLSTEKE attiraient l'attention des orchidophiles également. Notons parmi ceux-ci : les Odontoglossum Rucherianwn, excellens, Hunnewellianum et diverses bonnes variétés de triumphans. M. Desmet-Duvivier, un vaillant, exposait avec succès quelques bonnes Orchidées : Odontoglossum hastilabium, Miltonia vexillaria, Oncidium fuscatmn, Maxillaria Sanderiana, Oncidium concolor, O. sarcudes et d'autres belles plantes. MM. Desbois et C'« exposaient quelques beaux Cypri- pedium. Les C . Elliottiaiium, Imschootianwn et Druryi étaient les plus admirées. M. Jules Decock avait un gentil petit lot également de Cypripédiées. La Société a prouvé qu'il ne fallait pas toujours un grand local pour organiser une belle exposition. Celle-ci était réussie à tous les points de vue. E. R., France. — Nous avons souvent conseillé de déposer les Orchidées importées sur une couche de sphagnum, et de les laisser ainsi reprendre doucement, et former leurs premières racines avant d'être rempo- tées. C'est un système excellent que nous employons presque toujours pour les Odontoglossum notamment, ainsi que pour des espèces à racines très nombreuses et grêles, ou des espèces délicates qui exigent beaucoup de précautions pour entrer progressivement en végétation. Il n'en est pas de même pour les Cattleya labiata (Warocqueana) importées actuellement, et nous vous conseillerons plutôt de les mettre en pots comme il est indiqué dans le passage du Journal des Orchidées v^.Tp- pelé dans votre lettre. En effet, les Cattleya labiata ne sont pas délicats et reprennent avec beaucoup de vigueur ; d'autre part, ils arrivent précisément en ce moment à l'époque de l'active végétation. Il leur faut donc beaucoup d'humidité et de nourriture, et ils for- meront leurs racines très promptement. Enfin, ces racines étant assez grosses et rigides, on risquerait de les blesser en procédant à l'empotage. T. A. — Oui certainement. L'Horticilture Inter- nationale a reçu ce printemps de magnifiques et nom- breuses importations d'Orchidées. Profitez de la Grande Exposition pour venir les visiter, ^'ous ne regretterez pas votre voyage. C'est un beau Leptotes bicolor. LE MONITEUR D'HORTICULTURE LE MEILLEUR MARCHÉ DES JOURNAUX HORTICOLES FRANÇAIS Parait le lO et le S 5 de chaque mois PRIX D'ABONNEMENT : Édition simple, 6 francs par an. Édition avec chromolithographies, 12 francs par an S'adresser au bureau du Journal, 14, rue de Sèvres. PARIS. LA Société Anonyme L' m jj., £ T j R m 1 uL j^ au Parc Léopokl ORGANISE A L'OCCASION DE rExposilioii (le « L'OrcImléeniie » DJLIsrS SES I1.0CA.Tj2£ - UNE EXPOSITION GENERALE DE SES ORCHIDEES qui sera ouverte du 14 au 20 Mai prochain. ATTENTION !! CATTLEYA ALEXANDRAE L'HOBTICDLTDRE .INTERNATIONALE vient de recevoir une nouvelle et magnifique importation du CATTLEYA ALEXANDRAE arrivée dans des ' conditions de fraîcheur et de beauté des exemplaires incomparables Cette importation permet de mettre immédiatement ce merveilleux Cattleya à la portée de toutes les bourses d'amateur Très belle plante. ... 25 francs Les trois 65 » Les six 120 » La douzaine 220 QUELQUES PLANTES EXTRA FORTES SONT DISPONIBLES PRIX SUR D E M A 3r I> K NOTA BENE. — Il sera natiirellemenl leiiu compte de la différence de prix aux commandes exéciilées on inscriles li-i^^ L^ Cattleya Alexandrae est bien supé- rieur au Cattleya Victoria regina que nous avons introduit également il y a quel- que temps déjà, avant qu'il ne le fut en Angleterre. L'ORCHIDEENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES bbuxi;l,i.b;s. LJ^ G- TtJi^ jsr JD :ni D'OECHIDÉES restera ouverte jusqu'au 20 MAI 1892 DANS LES LOCAUX DE L'HORTICULTORE INTERNATIONALE à BRUXELLES EISTTK/ÉE IjIBE/B. '•ml*' «^ r JUIN 1892 Numéro 54. LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE LUCIEN LINDEN Administrateur-Directeur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Max Garnier, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G. Joris, E. Roman, A. Van Imschoot, Fr. Desbois, D-- G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, A. Bleu, D"" Van Cauwelaert, E. Bungeroth, Ch. Vasseur, G. Miteau, James O'Brien, R. Martin-Cahuzac, D"" Capart, Comte de Bousies, G. Mantin, J. du Trieu de Terdonek, G. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Rivois, J. Hatos, P. Silver, A. Ducos, A. Dallière, J. Nôtzli, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellner, Carlos Starker, A. de la Devansaye, FI. Claes, de Meulenaere, G. Diretti, A. van den Heede, Siesmayer, A. Wincqz, G. Kittel, Baron de Meylhand, Ch. Béranek, et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. » Prix de TAbonnement : 10 francs par an Paraît le 1" et le IS de cliaqixe mois O^ S»ABO]VI¥E AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES Dépositaire pour la France : IM. O. IDOIN, É3d.iteu.r, 8, Place de l'Odéon, PARIS. Gand, impr. Eug. Vanderhaeghen. LINDENIA ICONOai^-A.PIIIE DES OI^CHIUÈIES PUBLICATION MENSUELLE IN-FOLIO Chaque livraison contient quatre belles planches richement coloriées Dli*eeteui* : «F. I^IIVDE:m Rédacteurs : LUCIEN LINDEN, EMILE RODIGAS, R. A. ROLFE Bureaux : 100, Rue Belliard, à Bruxelles « Le plus beau, le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées » Le prix de ces volumes a été fixé comme suit : 1" Yolame (presque épuisé) 125 fr.; 2'"^ Volume, 100 fr.; V''" Volume, 75 fr.; 4"'^ Volume, 70 fr,; 5™' Volume, 65 fr. ; 6""' Volume, 65 fr. 7- VOLUME (EN COURS DE PUBLICATION) : 60 FRANCS I^es sept volumes pris ensemble : »00 francs. La Lifidenia publie également DEPUIS LE 1er FÉVRIER 1891 UNE ÉDITION ANGLAISE EN VOLUMES DE 6 LIVRAISONS (2 VOLUMES PAR AN) I»rlx de rabonnement à chaque volume : «K shillings pour l'édition anglaise. L'ORCHIDÉENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES Présidents d'Honneur : MM. J. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Comte DU BUYSSON, auteur de VOrcfiidophile, pour la France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas. SECRETARIAT : 100, RUE BELLIARD. BRUXELLES Comité Directeur : Président : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique; Secrétaire : M. LUCIEN LINDEN, administrateur-directeur de L'Horticulture Internationale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire. LE PROCHAIN MEETING aura lieu LES 12 ET 13 JUIN 1892 Les Meetings seront suspendus pendant les mois de juillet et d'août. I » nrMUirn marié sans enfant, 28 ans, demande place dans maison bourgeoise, région rapprochée de J An U I N I L R Paris ou Maisons-Laffitte. S'adresser à M. Louis Girard à Guitrancourt (Seine-et-Oise). SOMMAIRE DU 54"^= NUMÉRO : Pages La grande Exposition Internationale libre de « L'Orchidéenne » 85 La grande Exposition de « L'HorticuUure Internationale > 90 Études de botanique élémentaire sur les Orchidées 99 DE LA SOCIETE D'HORTICOLTORE DE LA GIRONDE Du 11 au 19 Juin 1893 SUR LA PLACE DES QUINCONCES, A BORDEAUX PROGRAMME DES CONCOURS D'ORCHIDEES l^»" Concours. — La plus belle collection d'Orchidées exotiques en fleurs. 2'"« Concours. — La plus belle collection de 50 Orchidées en fleurs. 3™^ Concours, — La plus belle collection de 25 Orchidées en fleurs. 4™e Concours. — La plus belle collection de 12 Orchidées en fleurs. 5me Concours. — La plus belle collection de 25 Cypripedium exotiques en fleurs. 6"^® Concours. — La plus belle collection de 12 Cypripedium en fleurs. 7™® Concours. — Le plus beau lot de 25 Odontoglossum en fleurs. 8'"® Concours. — Le plus beau lot de 25 Cattleya et Laelia en fleurs. 9me Concours. — L'Orchidée exotique la plus remarquable par sa floraison et sa culture. 10'"'' Concours. — Une ou plusieurs Orchidées nouvelles présentées pour la première fois en fleurs. De nombreuses récompenses offertes par des Amateurs ou par la Société seront mises à la disposition du Jury. VERRES POUR SERRES ET JARDINIERS CLOCHES A BOUTURES ET A MELONS S'ADRESSER A LA FABRIQUE DE MM. V. FRÈRE et L. TABDRUnX, à Jimet (lez Charleroi]. l" JUIN 1892 85' LA GRANDE EXPOSITION INTERNATIONALE LIBRE DE ^ l'oRCHIDÉENNE ?? L'exposition organisée du 14 au 20 mai dernier par la Société L'Orchi- DÉENNE faisait suite aux Grands Concours de l'année dernière, et cette fête semble ainsi tendre à devenir annuelle. On ne peut que s'en féliciter, car elle offre à tous ceux qui cultivent les Orchidées, ou simplement les aiment, une merveilleuse occasion de venir admirer une série incomparable de variétés hors ligne, d'espèces rares, ou de spécimens de culture supérieure qu'il serait presque impossible de rencontrer ailleurs, et qu'on ne pourrait voir qu'en allant visiter tour à tour toutes les collections célèbres, au prix de longs déplace- ments. Ces collections sont là représentées par un choix de leurs richesses, et le spectacle qu'offre leur groupement est aussi instructif qu'attrayant. Les Grands Concours de l'année dernière avaient un programme déterminé, comprenant un certain nombre de catégories fixes au point de vue du nombre et des espèces exposées; la modification apportée cette année, et consistant à admettre tous les envois, sans programme arrêté d'avance, était très heureuse, en ce qu'elle permettait aux exposants de présenter, soit un grand nombre de plantes d'une même espèce en variétés de choix, soit au contraire un lot varié comprenant des espèces très rares ou des spécimens de belle culture isolés; nous verrons plus loin que ces deux manières de voir ont été appliquées, et toutes deux avec un vif succès. Le règlement adopté cette année permettait également au jury de récompenser tous les apports qui lui paraissaient dignes d'une distinc- tion, quels que fussent leur nombre, leur quantité ou leur composition. Il aurait été regrettable qu'il fût limité dans ses choix, car la beauté des lots soumis à son appréciation était telle, qu'il a eu à décerner beaucoup de récompenses. Il est difficile de comparer l'une à l'autre l'exposition de l'année dernière et celle de cette année. Toutes deux étaient extrêmement belles; mais la seconde a peut-être produit une plus grande impression, et nous ne saurions guère attribuer cette supériorité qu'à la diversité plus grande. Les plantes étaient exposées sur des tablettes aménagées dans toute la 86 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES longueur du jardin d'hiver, derrière les grands Palmiers et Fougères ; devant ces tablettes un large passage était réservé, et les visiteurs pouvaient aisément contempler dans le détail chacune de ces merveilles. Passons en revue les divers lots, en suivant l'ordre dans lequel ils étaient placés, c'est-à-dire l'ordre d'arrivée : Le lot de M. G. Warocqué, qui a excité l'admiration générale, se com- posait de deux splendides massifs comprenant 150 Odontoglossum, l'autre 60 Cattleya couverts de fleurs, d'une beauté incomparable. Rien ne peut donner une idée de l'éclat de ces énormes spécimens fleuris, et lorsqu'après avoir joui du merveilleux coup-d'œil d'ensemble, le connaisseur examinait de près et en détail les plantes exposées, il admirait dans chacune une forme d'élite ou une variété de premier ordre. Citons, parmi les Odontoglossum, une nombreuse série d'O. crispum de formes et de coloris admirables, entre autres le fameux 0. crispum Warocqueae, aux segments blanc pur avec le labelle seul largement maculé de jaune d'or ; une forme magnifique aux segments couverts de grandes macules brun clair ; une autre abondamment tachetée de rouge vif; puis un 0. Halli leucoglossum, ayant les pétales et les sépales d'un vert clair, striés et faiblement maculés de brun pourpré sombre; un 0. tripu- dians, beaucoup de belles variétés d'O. Pescatorei à segments très larges et bien développés, plusieurs maculées de rouge foncé d'une façon exquise ; des O. Andersoni et Riickeri, entre autres le remarquable 0. Riickeri sulpimreum, etc. Parmi les Cattleya : les splendides C. Mossiae M. Raoul Warocqué, entière- ment marbré de rose pâle sur fond rose vif; C. Mossiae var. Reineckeana, à segments blancs, avec une série de stries pourpre vif sur le lobe antérieur du labelle ; C. Mossiae var. candida, également blanc, avec une petite macule pourpre en avant du labelle ; C. Mendeli var. hella, C. Mendeli Madame Arthur Warocqué, et une nombreuse série de Cattleya Mendeli et C. Mossiae en fortes touifes bien fleuries, appartenant toutes à des variétés supérieures, et présen- tant toutes les nuances les plus attrayantes, depuis le blanc jusqu'au rose vif, quatre superbes Cattleya Skinneri en beaux spécimens, dont un portant sept tiges florales chargées de dix à douze fleurs chacune. Enfin un Selenipediuni caudatum var. roseum, en forte touffe portant de nom- breuses fleurs d'un excellent modèle. Le lot de M. Alfred Van Imschoot, de Gand, présentait une très grande variété, et renfermait un certain nombre d'espèces rares ou remarquables par leur excellent choix; citons notamment : le rare et curieux Lycaste plana var. Measuresiana, à segments d'un brun verdâtre sombre, tandis que le l" JUIN 1892 87 labelle est d'un blanc légèrement verdâtre, le Lycaste macrophylla, deux beaux Miltonia vexillaria, dont un à segments roses et à labelle blanc, un M. Warscewiczi, des Odontoglossictn crispum et 0. Pescatorei, en bonnes formes, Odontoglossum Phalaenopsis, avec quatre fleurs, 0. Schillerianwn, 0. cirrhosiim portant une superbe grappe, 0. sceptrum, 0. polyxanthimi, à fleurs très grandes et richement maculées, 0. Halli, 0. luteo-purpureum , 0. Cervantest rubrum, d'un coloris très vif, Selenipediiim caudatum, en forte touffe bien fleurie, Masdevallia ignea Eckaerti, M. ignea Boddaerti, d'un coloris exceptionnellement vif, M. Har- ryana nana, M. Chelsoni, M. SchUuii, couvert de fleurs, Anguloa Ruckeri, A. Clowesi, A. uniflora, Epidendrum floribundum, justifiant son nom par une abondance de tiges florales, Chysis bractescens, Angraecum Leonis, Dendrobium Pierardi, D. chrysotoxwn, quatre beaux modèles de D, thyrsiflorum, D. thyrsiflo- rum var. giganteum, curieusement nuancé de rose mauve sur les pétales et les sépales, D. aggregatuni, D. primuliniim, D. crepidatum, D. Parishi, Cymbidium Lowi, portant une abondance de longues tiges florales, enfin une superbe série de Cattleya en excellentes variétés, C. Mendeli, C. Lawrenceana, C. Mossiae, C. Schrôderae et C. Skinneri, et un Laelia grandis portant quatre fleurs ravissantes. Le lot exposé par M. Pauwels, d'Anvers, comprenait les belles Orchidées suivantes, parfaitement cultivées : Odontoglossum crispum, 0. Pescatorei et 0. vexillarium en excellentes variétés, Cypripedinm Druryi, C. gemmifenim, C. Dauihieri, C. Swaniamim, C. barbatum nigrum, C. lo, C. albo-purpureum. Cattleya Warneri, C. majestica, C. Lawren- ceana, C. Mossiae, C. Skinneri, Vanda tricolor insignis, bien fleuri, Arpophyllum spicatum, portant un grand nombre de tiges florales, Oncidium luridiim, 0. Har- risianum, 0. oxyacanthosmum, et Ornithocephalus grandiflorns. MM. Barbier et C'^, de Bruxelles, exposaient un magnifique lot d'Odonto- glossum, comprenant cent vingt-cinq plantes choisies, et appartenant toutes à d'excellentes variétés d'O. crispum et Pescatorei. Un certain nombre de formes richement maculées de brun ou de rouge vif, ou lavées de rose lilacé, ont excité l'admiration générale. Le lot de M. de Lansberge, qui venait ensuite, était composé des espèces suivantes : Oncidium cucullatum, 0. sarcodes (deux belles variétés), Odontoglossum Pescatorei, 0. Halli, 0. pulchellum, Laelia elegans, Cattleya Mendeli Lansbergeae, variété hors ligne à pétales d'une grande ampleur, et au labelle richement nuancé, C. Mossiae, C. Skinneri bien fleuri, Sophronitis grandiflora rosea, d'un coloris pâle très curieux, Warscewiczella discolor, en forte touffe toute 88 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES couverte de fleurs, Masdevallia Veitchi et ignea, Dendrohium chrysotoxum, Cypri- pediiim barbatum Grossi, Epidendrum Wallisi, Vanda suavis. M. Stepman, de Bruxelles, avait envoyé quatre Cattleya Mossiae présentant des variations excellentes et un C. Mendeli très beau. M. MoENS, de Lede, présentait un lot excellent et très varié, qui lui avait valu de nombreuses félicitations. J'ai eu le regret d'apprendre, le ig mai, la mort subite de cet ancien et fervent amateur, qui m'écrivait encore le même jour au sujet de ses chères Orchidées. Il est mort sur la brèche, on peut le dire, au moment où ses plantes favorites venaient de remporter un nouveau succès. M. MoENS avait exposé les Orchidées suivantes : Cypripedium Williamsi, C. barbatum Warneri, C. hirsutissimum, C. Hookerae, deux beaux C. Argus, plusieurs C. Boxalli atratuni, C. barbatum et C. caudatum d'un très bon modèle et bien fleuris, C. nitens, C. oenanthum, C. villosum, C. Ashburtoniae , C. Pétri, C. melanophthalnmm, Masdevallia Lindeni, trois Odontoglossuni crispum, bien choisis, O. nebulosum, 0. citrosmwn portant trois belles grappes, 0. Pescatorei, Dendrobium thyrsiflorum, Cattleya amethystoglossa, trois Cattleya Mossiae et quatre C. Mendeli superbes. M. le D"" Van Cauwelaert exposait deux excellents Selenipedium caudatum, Vanda stiavis et V. stcavis Reginae, Ondontoglossum Halli et O. hebraicum, Dendrobium thyrsiflorum bien fleuri, et une très belle variété de Cattleya Mendeli. M. A. WiNCQZ, de Mons, avait envoyé : trois beaux Vanda suavis, Maxil- laria Sanderiana, d'un beau coloris blanc crème maculé de rouge sombre à la base des segments, Anguloa Rûckeri, Oncidium Marshallianum et 0. pyramidale, Dendrobium X Cassiope, hybride récent d'un grand intérêt, D. densiflorum, Odontoglossum crispum, excellente variété, 0. citrosmum, O. polyxanthum, O. Halli atratum, d'un coloris foncé très élégant, Cattleya Mossiae, Masdevallia Houtteana couvert de fleurs, Cypripedium caudatum, représenté par trois fortes plantes bien fleuries, C. Harrisianum et C. selligerum majus. M. Vuylsteke, de Loochristy, exposait une série d'Odontoglossum en variétés de choix, 0. niveum, O. nobile, tacheté et strié de rouge sombre sur fond blanc crème, O. facetum, O. princeps, 0. Halli, deux beaux O. hystrix, deux 0. sceptrum, trois bonnes formes d'O. triumphans, Dendrobium thyrsiflorum, Cattleya Mendeli delicata, à segments pâles avec une macule d'un rouge cramoisi très vif au bord du labelle, Masdevallia Denisoniana. M. G. MiTEAU, de Jette-Saint-Pierre, exposait trois plantes de choix : Odontoglossum Halli xanthoglossum, Odontoglossum cuspidatum, d'un curieux i" JUIN 1892 8g coloris brun-rouge tirant sur la couleur prune, bien fleuri, et son Cypripediiim Miteauanum, une forme splendide du C. ciliolare. M. H. ScHMiTZ, de Gand, présentait quelques variétés de Laelia Russelliana, deux Odontoglossiim nebulosuni, dont un ayant les segments couverts, sur les bords et à la base d'un lin pointillé rose fort gracieux, et un Cattleya Skinneri. Cette exposition a eu un très vif succès, ainsi que je l'ai dit plus haut, et L. A. R. le Comte et la Comtesse de Flandre, qui sont venus le 16 la visiter avec les deux jeunes princesses et deux personnes de leur suite, ont exprimé aux exposants leurs vives félicitations. Le Jury s'est réuni le 15 dans la matinée; étaient présents : MM. de Lansberge, Président; De la Hogue-Moreau, de Paris, Secrétaire; D. E. H. BoxMAN, d'Utrecht, Huybrechts, Massange de Louvrex, G. MiTEAu, Ém. Rodigas, du Trieu de Terdonck, a. Van Imschoot et D'' VAN Cauw^elaert. Il a décerné les récompenses suivantes : OBJET D'ART, par acclamation, à M. G. WAROCQUÉ, pour lot d'Odon- toglossum. OBJET D'ART, par acclamation et à l'unanimité, à M. G. WAROCQUÉ, pour lot de Cattleya. OBJET D'ART, par acclamation, à MM. BARBIER et 0\ pour lot d'Odon- toglossum. OBJET D'ART à MM. DE LANSBERGE, pour lot d'Orchidées; OBJET D'ART à M. MOENS, id.; OBJET D'ART à M. A. VAN IMSCHOOT, id.; MÉDAILLE D'OR à M. CH. VUYLSTEKE, id.; MÉDAILLE DE VERMEIL à M. VAN CAUWELAERT, id.; MÉDAILLE DE VERMEIL à M. PAUWELS, id.; MÉDAILLE DE VERMEIL à M. A. WINCQZ, id.; MÉDAILLE D'ARGENT à MM. G. MITEAU, id.; MÉDAILLE D'ARGENT à M. H. SCHMITZ, id. DIPLOME DE MÉRITE à M. STEPMAN, pour Cattleya Mossiae et Mendeli. L^ L, Après avoir délibéré et rendu les décisions qu'on vient de lire, le Jury a parcouru les serres et galeries de L'Horticulture Internationale, et vive- go LE JOURNAL DES ORCHIDEES ment admiré les cultures, l'extrême propreté et l'arrangement des serres ainsi que la magnifique prospérité de l'établissement. Il a tenu à rendre témoignage à l'habileté et à la compétence avec laquelle il est dirigé, et en même temps à la superbe hospitalité offerte dans le jardin d'hiver de L'Horticulture Internationale à l'exposition de L'Orchidéenne, et il a décidé, à l'unanimité, de décerner un OBJET D'ART SPÉCIAL à M. LUCIEN LINDEN, administrateur-directeur de L'Horticulture Inter- nationale, pour la beauté des cultures d'Orchidées de l'établissement, et sa magnifique exposition de mai 1892. Le Président du Jury, DE LANSBERGE. LA GRANDE EXPOSITION DE '^ l'hORTICULTURE INTERNATIONALE jj Pendant une de mes visites à l'Exposition organisée, du 14 au 20 mai, dans l'établissement Bruxellois, j'ai entendu quelqu'un, parmi les nombreux visiteurs qui se pressaient dans le jardin d'hiver et les galeries, exprimer l'avis que le merveilleux spectacle qui s'y offrait aux regards constituait une véritable « Apothéose des Orchidées. » Je ne saurais trouver une meilleure expression pour traduire l'imposant et éblouissant effet produit par cette accumulation de richesses, par la beauté de la culture, par la diversité infinie des espèces, par le nombre et la superbe tenue des serres. Dès l'entrée, dans le vaste jardin d'hiver, le visiteur admirait les envois des amateurs membres de L'Orchidéenne, exposés en groupes sur de longues tablettes disposées sous les frondaisons géantes des Palmiers et des Fougères arborescentes. Ces envois seront décrits et appréciés par le directeur du Journal; je me bornerai à parler de l'exposition organisée par MM.Linden dans les galeries et les serres de L'Horticulture Internationale, et qui a émer- veillé tous les visiteurs. Je me rappelais, en la parcourant, l'opinion formulée par un des juges les plus compétents qui existent en cette matière. Sir Trevor Lawrence : « En visitant l'établissement, personne ne pourrait manquer d'être frappé par l'excellent arrangement, l'ordre et la propreté admirables qui le caracté- l" JUIN 1892 91 risent. » Cette propreté et cet ordre exquis ont fait l'admiration de tous ceux qui ne connaissaient pas encore L'Horticulture Internationale, des étran- gers particulièrement, qui ne laissaient pas que d'être un peu surpris de voir un établissement d'horticulture aussi bien tenu et aussi agréable à la vue. C'est, — nos lecteurs le savent du reste — un principe cher au directeur de ce journal, qui a bien souvent insisté dans ses colonnes sur la nécessité absolue de cette propreté; la prospérité extraordinaire des cultures qu'il dirige en prouve bien l'utilité, et l'élégant public qui se pressait pendant cette semaine dans les galeries et les serres, a paru en apprécier hautement l'agrément et l'attrait. Mais ce qu'on ne saurait trop répéter, c'est que ce luxe de propreté, tant admiré, n'est pas coûteux; il exige seulement beaucoup d'ordre et de discipline ; une fois établi, il est facile de l'entretenir. Et il n'augmente aucunement le prix de revient des plantes, que la grande maison d'introduction peut fournir à des conditions exceptionnellement avantageuses, parce qu'elle les reçoit de première main. Les mesures d'ordre, excellemment prises, ont permis aux visiteurs, malgré l'affluence considérable, d'admirer tout à l'aise et de circuler commodément dans l'établissement, qui, malgré son immense étendue, semblait devoir les contenir difficilement. Il ne m'est pas possible ici d'entreprendre une description complète de chaque serre, ce qui m'entraînerait à des développements excessifs; je ne puis que passer une revue rapide, en mentionnant les principales raretés et les plantes les plus remarquables de cette collection si complète et si prospère. * * * La première serre à droite, en entrant, est réservée aux Odontoglossum et Oncidium froids; elle est immense et renferme un grand nombre de plantes vigoureuses et parfaitement saines, dont la plus grande partie sont chargées de Heurs ou boutons; des Oncidium macranthnm, placés à droite et à gauche de l'entrée, enroulent leurs longues tiges florales autour d'un arceau, qui offrira dans un ou deux mois un spectacle superbe sous cette abondance de fleurs. En face, un massif de fleurs des plus belles formes dC Odontoglossum crispum, triumphans, Halli, etc. A droite et à gauche, d'énormes touffes de Coelogyne cristata et de Cypripedium insigne, des Oncidium zebrinum, cucullatum, insculptum, Odontoglossum Cervantesi, 0. nebulosum album, etc. L'une des curiosités de cette serre est un Odontoglossum Halli, qui porte une 92 LE JOURNAL DES ORCHIDEES tige florale de i"45 de longueur; cette tige a vingt-quatre ramifications; les fleurs sont actuellement sur le point de s'ouvrir. Les trois serres qui suivent renferment à droite et à gauche des groupes merveilleux à'Odontoglossuin Alexandrae et triumphans chargés de fleurs, et formant un spectacle d'une beauté extrême. Dans les serres suivantes se trouvent des Orchidées mexicaines et des espèces de culture tempérée froide, Ly caste Skinneri, L. lasioglossa, L. inacrophylla, L. costata, L. gigantea, L. lanipes, des variétés nombreuses de Miltonia vexil- laria, les M. Clowesi, M. cuneata, M. Blunti Liibbersiana, M. spectabilis, M. Warscewiczi, Anguloa eburnea, A. uniflova, A. Rûckeri, des Epidendrum, notamment E. Capartianum, E. Schomburgki, E. nemovale, E. cochleatum, E. prismatocarpum , E. ciliare, E. arachnoglossum, E. vitellinuin uiajus, divers Oncidium, notamment le bel 0. cristatum, nouvelle espèce introduite dernière- ment par l'établissement, quelques Cattleya et Laelia du groupe nain, Laelia cinnabarina, L. harpophylla, L. anceps, L. autumnalis, L. Gouldiana, L. pumila, C. Walkeriana, C. nobilior, etc., des Camaridium ochroleucum, enfin beaucoup de Zygopetalum crinitum, Gautieri, Meleagris, Lindeniae, rostratmn, Mackayi, gramineum, etc. Ensuite se trouve une serre remplie de Dendrobium thyrsiflorum, densiflorum, nobile, Wardianum, Brymerianum, etc., la plupart en pleine floraison; une longue rangée de Cattleya citrina suspendus au vitrage, et qui commencent à fleurir, complète admirablement le coup d'œil exquis qu'offre cette serre. Nous arrivons au pavillon central, qui a été aménagé pour l'exposition d'une façon splendide,et qui arrête l'admiration de tous les visiteurs. Autour du fameux Livistona Sieboldi, dont la haute taille et le feuillage géant orne si magnifique- ment l'emplacement du grand dôme, se trouvent groupés une cinquantaine d'énormes touffes à'Anthiirium Schertzerianum couvertes de fleurs de très grande dimension, alternées avec des Laelia purpurata en diverses variétés, dont chaque plante compte environ 75 bulbes et une centaine de fleurs; le cercle est complété par des Odontoglossum et des plantes à feuillage décoratif de plus petite taille et par des fougères. L'ensemble est d'un goût ravissant. Les deux immenses serres qui donnent sur le pavillon central, offrent aux yeux deux superbes massifs de Laelia purpurata chargés de fleurs. Jamais peut- être cette magnifique Orchidée n'avait été mieux appréciée, ni présentée d'une façon aussi bien faite pour en montrer la superbe allure et l'éclatant coloris. L'une de ces grandes serres est entièrement remplie de Laelia purpurata. l" JUIN 1892 93 environ quatre mille plantes énormes d'une vigueur et d'une beauté extraordi- naires. L'autre, ornée à l'entrée comme je viens de le dire, renferme dans toute son étendue des Cattleya importés ces temps derniers. On y remarque notam- ment de nombreux Cattleya Alexandrae, Victoria regina et quelques autres espèces, dont une ou deux seront presque à coup sûr nouvelles. * Les importations opérées depuis quelques mois par L'Horticulture Lmternationale sont si considérables, que la direction se trouve presque embarrassée pour les loger, malgré la construction d'un nouveau compar- timent, de cinquante mètres de longueur, spécialement destiné à les recevoir. Il est vrai que l'activité incroyable des affaires ne tarde pas à faire de nou- veaux vides. J'ai visité en détail ce compartiment, grâce à l'obligeance de M. Linden. Il est formé de quatre étages de tablettes à claire-voie, à peu près dans le même genre que celles qui se trouvent dans les serres, mais un peu plus espacés, de sorte, que l'air y circule abondamment. On l'appelle à l'établisse- ment le poulailler, à cause de sa construction qui ressemble en effet à un poulailler gigantesque, mais cette désignation ne peut évidemment renfermer aucune intention dédaigneuse, car on veille au contraire avec un soin constant sur les trésors qu'il renferme. Là se trouvent étalés, en foule des Cattleya Victoria regina, Alexandrae, aclandiae, gigas, aurea, amethystoglossa, superba, chrysotoxa, etc., des Miltonia vexillaria, arrivés ces jours-ci dans un état de fraîcheur et de santé merveilleux, et parmi lesquels se trouvent, paraît-il, des variétés nombreuses de toute beauté, des Miltonia divers, des Oncidium, des Vanda, des Dendrobium, des Phalaenopsis, des Saccolabium, des Angraecum, des Selenipedium, des Odontoglossum en condition merveilleuse, etc. . Ce spectacle produit sur le visiteur une très grande impression; on ne peut s'empêcher d'être frappé des quantités considérables d'Orchidées qui sont arrachées chaque année aux forêts natales, sans que ces trésors paraissent s'épuiser, et surtout du développement énorme pris depuis quelques années par le goût de ces plantes d'élite; à peine arrivées en Belgique, elles se dispersent dans une foule de collections, et les demandes constantes exigent des impor- tations nouvelles presque continuelles. Et que de nouveautés apparaissant à chaque instant, et dont la mine paraît inépuisable! Depuis deux ans L'Horti- culture Internationale seule en a introduit une cinquantaine au moins; et 94 LE JOURNAL DES ORCHIDEES je ne parle que des espèces horticoles les plus belles, qui sont appelées à prendre place che2 tous les amateurs et qui deviennent célèbres dès qu'elles ont fleuri ; combien d'autres moins brillantes vont cependant enrichir la botanique, et peuvent produire par l'hybridation des générations nouvelles parfois plus pré- cieuses qu'elles-mêmes! * * * En continuant notre visite par la droite, nous trouvons une série de petites serres contenant des Epidendrum importés récemment, entre autres les E. Capartianum, E. Claesianum, E. atropicrpureuin, E. Randi, etc., des Catileya Warocqueana, Cmajestica, C. intermedia, C. Holfordi, des Zygopetalum, etc. Dans les serres suivantes, réservées aux Palmiers de semis, aux Cycadées, Fougères et Broméliacées d'importation et aux plantes à feuillage ornemental de toutes sortes, nous remarquons seulement, suspendus au vitrage, des Oncidiiim Papilio et Krameri et des Stanhopea divers, 5. ebmnea, S. insignis, S. Wardi, etc. Nous arrivons à la serre des Nepenthes, qui a été décrite bien des fois, et dont je ne parlerai pas ici ; l'attention est d'ailleurs absorbée tout entière par la grotte aménagée dans toute la largeur du fond de la galerie, et qui constitue l'une des plus ravissantes attractions de cette exposition si réussie dans toutes ses parties. Cette grotte, formée par des rochers artistement groupés, et rafraîchie par une cascade qui tombe du haut dans un bassin, est décorée de la façon la plus pittoresque au moyen d'Orchidées en fleurs et de plantes à feuillage orne- mental ; mes lecteurs me reprocheraient de ne pas leur faire une description sommaire de cette décoration, qui peut-être citée comme un des modèles les plus gracieux du genre. Au centre, dominant le faite des rochers, un bel Anihiirium Veitchi s'enveloppe de ses longues feuilles de forme ornementale; à droite et à gauche, dans les anfractuosilés, ou se reflétant dans les deux grandes glaces qui encadrent la grotte, je note : un Angraecum sesquipedale dont les fleurs en comète, avec leur long éperon pendant, et le feuillage majestueux, font un effet des plus attrayants, des Oncidium Papilio, dont la tige florale se suspend dans l'air, un Dendrobium thyrsiflorum, puis un Croton M™^ Lucien Linden, au feuillage ample et panaché de vert et de jaune vif, des Odontoglossum crispum, des Phalaenopsis grandiflora, un Oncidium ftabellulatmn, des Cattleya Mossiae, Mendeli, intermedia, des Laelia purpiirata, un Dendrobium I" JUIN 1892 95 superbum. Le sol, tout autour du bassin où s'élève un jet d'eau multiple, est tapissé de Sélaginelles; là se dressent encore un beau Dichorisandra musaïca gigantea, des Fougères, des Azalées, des Soneriles, des Aroïdées, des Bromé- liacées, puis un Odontoglossuin Harryamun, un 0. Pescatorei formant une touffe de fleurs, un Tillandsia argentea, un Sarracenia Wilsoni, un Epidendrum mexi- canum, des Cypripedium divers, et quelques ravissants Masdevallia Lindeni, Harryana et Veitchi piquant une note vive au milieu des verts feuillages. Je ne doute pas que beaucoup des visiteurs de l'exposition, après avoir admiré cette grotte, n'aient conçu aussitôt le désir de réaliser dans leur jardin d'hiver ou leur serre une installation analogue. C'est une démonstration aussi attrayante que possible du parti que l'on pourrait et que l'on devrait tirer des aériennes Orchidées. * * * La grande serre chaude qui fait face à celle des Nepenthes renferme une magnifique série d'Angraecum sesquipedale, de Phalaenopsis, de Vanda géants, de Dendrobium Phalaenopsis, bigibbwn, superbiens, Jamesianinn, discolor, fim- briatum, infundibulimi, albo-sanguineum, un superbe Galliceanum, des Oncidium Lanceaniim, Uiridum, Papilio, des Catasetum, Aerides, Saccolabium, etc. J'y note un Vanda crisiata, un bel Aerides virens var. Dayanum, un Calanthe Masiica en très belle touffe, le ravissant Comparettia falcata, un Catasetum Rodigasiamini portant trois énormes tiges florales, un Saccolabium curvifolium, avec une charmante inflorescence rouge écarlate, un autre Saccolabium à fleurs rouge carmin vif, un Angraecum Leonis bien fleuri; puis dans les serres suivantes, un superbe Cyrtopodium Saint Legerianum portant une longue grappe de fleurs, des Phalaenopsis grandiflora, amabilis, Liiddemanniana et Liidde- manniana var. pulchra, une collection des plus complètes de Cypripedium en merveilleuse prospérité, une série de charmants Cirrhopetalum, le Trichopilia coccinea olivacea, à fleurs géantes, des Paphinia des Catasetum, notamment le C. trifiduin et une forme voisine du C. atratum, des Coryanthes, entre autres les C. Bungerothi, C. leucocorys, et une espèce nouvelle très distincte qui vient de fleurir et qui a reçu le nom de C. macrocorys, enfin une admirable nouveauté que j'ai pu admirer à l'un des derniers meetings de L'Orchidéenne, l'Eulo- phiella Elisabethae, genre nouveau (fig. 11), qui est encore en boutons. Dans la serre voisine, je remarque une série de Dendrobium superbum chargés de fleurs d'un coloris sobre et doux très attrayant, des Grammato- 96 LE JOURNAL DES ORCHIDEES phyllum divers en fortes plantes d'une vigueur et d'une élégance de port superbes, des Oncidium, notamment le nouvel 0. cristatum et VO. luriduui, à grappes d'une exquise beauté de coloris, des Bifrenaria, des Houlletia, entre Fig. II. — Eidophiclla EUsahethae (genre nouveau). autres les beaux H. odoratissima et H. Brocklehurstiana, des Galeandra, les Dendrobium Pierardi, D. Mac Carthiae, D. speciosum, en magnifique spécimen qui vient de fleurir, des Cymbidium, VEpidendrum lacerum, le Miltonia Phalae- nopsis, une importation magnifique de Vanda coendea, des Maxillaria Sanderiana, i" JUIN 1892 97 des Chysis bractescens et C. aurea et une Orchidée nouvelle superbe, le Peristeria Lindeni (fig. 1 2) que je décrirai dans ma prochaine Revue des Orchidées rares oit nouvelles en même temps que VEulophiella Elisabethae. Fig. 12. — Peristeria Liiuieiti (espèce nouvelle . Les serres suivantes sont à peu près remplies de Cattleya en pleine végé- tation. Je remarque en Heurs des variétés hors ligne de Cattleya Mossiae, Mendeli, de Laelia elegans et grandis; puis dans une autre serre une importation récente de Dendrobium nobile, en énormes touffes, dont quelques-uns ont donné LE JOURNAL DES ORCHIDEES des fleurs de modèles extrêmement remarquables ; enfin un énorme spécimen de Laelia Schrôderi et des Laelia Russellicina, admirablement fleuris. Après la grande serre du milieu, dont j'ai parlé déjà, viennent neuf serres froides contenant des merveilles qu'il serait impossible d'énumérer en détail; l'une est réservée aux Masdevallia, et renferme des milliers de fleurs ou de boutons ; les autres sont remplies littéralement de fleurs, dont presque chacune mériterait une mention. Toutes les plus belles espèces et variétés d'Odontogiossum, beaucoup d'Oncidium, le Cochlioda Notzliana et les autres Cochlioda, des Sophronitis grandijiora, offrent aux yeux un amas de richesses auxquelles on a peine à s'arracher. J'y note une curiosité rare; c'est un Odonto- glossum polyxanthum qui a produit quatre tiges florales sur un seul bulbe, une à gauche, et trois à droite, dont deux à l'aisselle d'une même feuille. La plante porte en outre trois autres tiges sur deux autres bulbes. Ce sera, au moment de l'épanouissement, un spectacle superbe. La dernière grande serre — ou plutôt l' avant-dernière, car une annexe de serres a été construite au commencement de cette année, et n'est pas ouverte au public — renferme une merveilleuse collection de Cattleya. L'entrée de cette serre est éblouissante; c'est un groupe de variétés admirables de C. Mossiae et Mendeli, formant en quelque sorte un seul massif. A droite et à gauche j'admire encore des C. Skinneri, Lawrenceana, Schrôderae, des Laelia grandis, etc., puis des Phaius grandifolius, des Arpophyllum giganteum, des Dendrobium albo- sanguinenm, un énorme spécimen d' Epidendrum bicornutum en fleurs, d'une élégance remarquable. Cette serre contient huit mille Cattleya établis ! * * * Il me resterait encore beaucoup à dire, si je pouvais énumérer les merveilles que j'ai eu la bonne fortune d'admirer dans les serres de multiplication; mais ces trésors ne paraîtront au jour qu'un peu plus tard, successivement, et je ne puis pas déflorer aujourd'hui les heureuses surprises qui attendent les amateurs de ces merveilleuses Orchidées, les triomphatrices du jour. Elles le sont plus que jamais, en effet, de l'avis unanime des nombreux visiteurs qui ont passé comme moi, ces jours-ci, de longues heures à les contempler. L'exposition de la seconde quinzaine de mai a démontré les progrès accomplis par la culture et l'introduction des Orchidées, et elle a fait admirer une fois de plus, dans leur vrai cadre, la beauté infiniment variée et les qualités décoratives de ces plantes. Elle fera véritablement époque, et laissera à tous ceux qui l'ont vu un l" JUIN 1892 99 durable et charmant souvenir. C'est ce que j'ai entendu déclarer par un grand nombre d'amateurs, notamment par beaucoup d'amateurs d'Outre-Manche, qui déclaraient hautement qu'ils n'avaient jamais eu l'occasion de voir un aussi vaste établissement spécial d'Orchidées aussi admirablement fourni, aussi bien tenu et aussi pratiquement dirigé que L'Horticulture Internationale. C'est aussi l'opinion que formulait, à haute voix, en quittant l'établissement, S. A. R, le Comte de Flandre, qui, en compagnie de la Comtesse et de ses jeunes filles, a visité toutes les serres et a paru prendre le plus vif intérêt à cet examen. Max Garnier. ETUDES DE BOTANIQUE ELEMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES Historique. — Le genre Dendrobium a été établi par le botaniste suédois Swartz, qui le décrivit dans un travail célèbre où il jeta les premières bases de la classification scientifique des Orchidées, travail qui fait partie du volume de 1799 des Mémoires de l'Académie des sciences de Stockholm. Swartz composa le nom Dendrobium à l'aide des deux mots grecs dendron et bios, qui signifient arbre et vie, parce que les espèces de ce genre sont épiphytes, c'est-à-dire vivent sur d'autres plantes et spécialement sur les arbres; ce nom a le même sens que Epidendrwn, genre qui tient le premier rang parmi les épiphytes de l'Amérique, et correspond ainsi aux Dendrobium de l'ancien monde. Plusieurs années avant la création de Swartz, la Père portugais Loureiro, dans sa Flore de la Cochinchine (1790), décrivit les genres Ceraia et Callista; mais ses descriptions sont fort imparfaites et pendant longtemps on ne sut à quelles plantes se rapportèrent ces noms. En 1830. Lindley {Gênera and sp. of Orch., p. 74) fit connaître que Ceraia doit être un synonyme de Dendrobium; et seulement en 1867 {Xenia, II, p. 120), Reichenbach reconnut que l'espèce sur laquelle est établi le genre Callista rentre aussi dans le genre de Swartz. Tout récemment (1891) et en se basant sur cette dernière remarque, M. Otto KuNTZE {Revisio Generum Plantarmn, p. 652) a voulu rétablir le genre Callista, parce qu'il aurait la priorité sur celui de Swartz, et il a donné la liste de lOO LE JOURNAL DES ORCHIDEES toutes les espèces, rapportées au genre de Loureiro. Nous doutons que son opinion soit admise sur ce point, d'autant plus que le nom Callista n'existe réellement, nous semble-t-il, que depuis qu'il est sorti de l'état d'énigme, c'est-à-dire depuis 1867, et qu'ainsi il ne serait pas juste de le préférer à Den- drohiuni, sur lequel il n'y a jamais eu le moindre doute. En faisant cette modi- fication, M. KuNTZE aurait donc tout simplement créé quelques centaines de synonymes inutiles. On cite encore le genre Keranthus de Loureiro comme se rapportant aux Dendrobium ; mais nous ne savons si cette synonymie est fondée. Nous nous bornerons à énumérer, par ordre chronologique, les autres syno- nymes de Dendrobium : 1° Scandederis {Scaredederis, tab. 90) de Du Petit-Thouars, Histoire par- ticulière des Orchidées récoltées sur les trois] îles australes d'Afrique (1822). 2° Aporuni, Desmotrichum , Gastridium (Grastridium), Macrostomum, Ony- chiuni, Oxystophyllum, Pedilonmni, Sarcostoma décrits par Blume, dans ses Contributions à la Flore des Indes néerlandaises (1825). 3° Cadetia décrit par Gaudichaud, dans la Botanique du Voyage de Freycinet (1826). 4° Schismoceras de Presl, Reliquiae Haenkeanae (1827). 5° Thelychiton d'ExDLiCHER, Prodromus FI. Norfolk. (1833). 6° Dichopus de Blume, Musée bot. de Leyde (1851), 7° Aclimia de Griffith, Notes sur les plantes d'Asie (1852). 8° Sarcopodiîim (partie) de Lindley, Folia Orchidacea (1853). Divisions du genre. — Malgré le grand nombre d'espèces de Dendrobium et l'extrême diversité de leur aspect, il est très difficile de diviser ce genre en sections, et les auteurs sont peu d'accord sur celles-ci. Lindley en distinguait dix, qui ont été réduites par Bentham à sept, mais avec de nombreuses sub- divisions. M. Pfitzer en admet onze, parmi lesquelles la section Eudendrobium n'a pas moins de dix sous-sections. Pour l'Inde anglaise seule. Sir Joseph Hooker a décrit 158 espèces réparties en douze sous-sections. Parmi les sept sections de Bentham, cinq sont très petites et ne comprennent presque aucune espèce cultivée; les Stachyobrium et les Eudendrobium seuls ont de l'importance pour les horticulteurs. A. C0GNIAUX. [A continuer.) PETITES NOTTVELEES . ET PETITE CORRESPONDANCE T. F., Paris. — Les Cypripedium, Rothschildiammi et le C. Elliottianian sont souvent confondus clans les cultures, et l'on voit fréquemment les deux noms employés l'un pour l'autre. La distinction citée d'ordi- naire est celle-ci : le C. Rothschildianum aurait un coloris de fond blanc, et le C. Elliottianum jaune clair. Or, le premier est figuré dans le Botanical Magazine comme ayant le fond jaune, et la description originale de la plante, par Reichenbach, publiée dans le Gar- deners' Chronicle du 14 avril 1888, mentionne que le pavillon est « blanc-jaunâtre, » et les pétales fond vert- jaunâtre ; d'autre part le même auteur mentionne le C. Elliottianum, la même année, comme étant fond blanc, et M. O'Brien le décrit également dans les mêmes termes dans la Lindenia, vol. IV, p. 82; la diagnose contient notamment les expressions suivantes, qui ne laissent place à aucun doute : « sepalo dorsali ... ehnrneo ; petalis ... eburneis. » 11 ne paraît donc pas douteux que l'usage adopté par beaucoup de cultivateurs, et quo nous citons plus haut, tend à intervertir les noms exacts des deux espèces. C. J. — Palumbina candida, gracieuse petite espèce très florifère, qui se cultive en serre tempérée ou tem- pérée-froide. Le nom générique vient de palombe, et fait allusion à la forme des segments et du labelle, rap- pelant assez bien celle des Colombes dans certains dessins allégoriques. F. C, Paris. — Nous n'avons pas envoyé d'Orchidées à la grande exposition Temple Show de Londres ; mais nous y avons exposé douze plantes à feuillage orne- mental, d'introduction directe et non encore mises au commerce, dont six ont obtenus dfs Certificats de P^ classe et une autre un Certificat botanique. Ce sont : les Labisia smaragdina, Tradescantia reginae, Stenan- driinnlÂndeni, Bichorisandra musaïca gigantea, Trades- cantia superba, Smilacr argyrea, Cjui ont reçu lea Certificats de l'* classe, et le Cyrtospermmn ferox, le Certificat botanique. E. R., France. — Nous rempotons les Lycaste Skin- neri six semaines environ après la floraison : à ce moment les plantes poussent de nouvelles racines, qui ne sont pas encore assez développées pour que l'opéra- tion puisse les blesser, et ces racines profitent beau- coup du changement qui leur fournit des matériaux frais. Il en est de même pour les Cuttleya Mossiae. Nous ne saurions conseiller le rempotage avant la floraison, ce qui dérange les plantes et nuit presque toujours à la formation des fleurs. Le moindre accident, retard ou arrêt de végétation, même parfois un chan- gement insignifiant en apparence, fait venir des fleurs malformées, ou à moitié avortées. Cest ce cju'on observe précisément sur les plantes d'introduction, qui donnent presque toujours des fleure monstrueuses ou très petites, quand elles fleurissent dans un court délai après leur arrivée. Tout récemment encore, nous avons vu des Dendrobium importés se couvrir, un mois après leur arrivée, de fleurs qui, pour la plupart, n'avaient qu'un pétale et un sépale, ou trois segments, ou plu- sieurs segTiients soudés entre eux. L. L. LE MONITEUR D'HORTICULTURE LE MEILLEUR MARCHÉ DES JOURNAUX HORTICOLES FRANÇAIS Publié sous la direction cie M. LUCIEN CHAURÉ Officier d'Académie — Cltevalier du Mérite agricole Parait le lO et le S 6 de chaque niois PRIX D'ABONNEMENT : Édition simple, 6 francs par au. Édition avec chromolitliograpliies, 12 fraiie^ï par an E 3sr V o I r> ' xj isr 3«e o i s ca- r, a. t i s s xj e, X3 e ivr a. isr i3 e S'adresser au bureau du Journal, 14, rue de Sèvres, PARIS. m Il 11 1 m u. E liTERMTIûM 1 au Parc Léopold Ji^ B I^ TJ 2^ E L L E S ORGANISE DANS SES LOCAUX UNE VASTE EXPOSITION-YENTE SPÉCIALE D'ORCHIDÉES IMPORTÉES en exemplaires de tontes forces qui sera ouverte du 1" au 31 Juillet prochain. SS^ Les listes d'importation sont communiquées à toutes les personnes qui en font la demande. Nota Bene. ~ Étant ses Propres importateurs — c'est-à-dire vendant toutes ses importations de pre- mière main -^ L'HORTICULTURR INTERNATIONALE peut céder ses plantes en sujets beaucoup plus forts et à bien meilleur compte qu'on ne les trouve généralement clans le commerce. C'est ce qui explique qu'elle peut mettre en vente d'aussi beaux exemplaires à un prix aussi réduit. Une Orchidée nouvelle à sensation!!! CATTLEYA ALEXANDRAE (dédiée k S. A. R. la priiiceitise de €ralle!«) SPLENDIDE ESPÈCE NOUVELLE, ENTIÈREMENT DISTINCTE INTRODUITE PAR LIORTICDLTURE INTERNATIONALE (XjiisriDE3sr) Cette magnifique introduction nouvelle, qui a causé une grande sensation dans le monde horticole, vient de doter le genre Cattleja, déjà si riche en espèces admirables, d'une addition des plus précieuses. Le Cattleya Alexaiidrae, dédié à S. A. R. la Princesse de Galles, se distingue immédiatement des autres espèces connues par le port de ses bulbes, à peu près cylindriques et presque noueux, et surtout par la longueur de ses pédoncules floraux, qui lui donne un caractère tout à fait particulier. Le Cattleya Alexamlrae est très robuste, car les plantes importées ont parfaitement supporté le voyage et sont arrivées en merveilleuse condition; il est, on outre, d'une floribon- dité exceptionnelle, et produit un grand nombre de tiges florales, portant chacune un magni- fique bouquet d'une douzaine de fleurs délicieusement parfumées. Ce sera évidemment une des espèces les plus précieuses et les plus faciles à utiliser pour la fleur coupée. Les fleurs du C'attleya Alexainlrae sont d'ailleurs d'une excellente substance; leur coloris est des plus merveilleux. Les pétales et les sépales sont d'un superbe jaune pourpré, tirant sur le havane et rappelant tantôt le Laelia grandis tcnebrosa, tantôt le L. elegans Twiieri, toujours avec une large bordure rose violacé vif; le labelle a le lobe antérieur bien étalé d'un rouge cramoisi éclatant! " Il n'est pas douteux' «, écrit M. Max Garnier, - que VhorlicuUure Hent d'être dotée d'une acquisition destinée à tin très grand avenir. Cette introduction fait le plus grand honyieur à Messieurs Linden de V Horticidture Internationale. •' Il n'est pas encore possible de donner des indications précises sur l'époque de floraison de cette belle nouveauté dans les cultures; mais notre collecteur l'a rencontrée en pleine floraison, dans son pays d'origine, à la fin de l'hiver et au début du printemi)s. Le premier envoi que nous avions reçu de cette plante était relativement peu nombreux. Une nouvelle importation, que nous venons de recevoir en splendide état de fraîcheur, nous permet de faire du Cattleya Alexaiidrae une Orchidée populaire par excellence et de l'off'rir à tous les amateurs, surtout ceux qui s'occupent de la fleur coupée, à des prix très modérés qui la mettent à la portée de la grande culture. Toutes les plantes sont en parfaite santé, prêtes à entrer en végétation, et la plupart en superbes touffes. I^ R I X : BeUe et forte plante . . 25 francs Les trois 65 Les six 120 » La douzaine ..... 220 » Quelques très forts exemplaires sont disponibles à 50 francs, lOO francs et 200 francs. L'HORTICULTURE INTERNATIONALE Parc Léopold, Bruxelles. Adresse télégraphique : LINDENIA, Bruxelles RÉOUVERTURE DE LA SERRE D'ORCHIDEES D'OCCASION Vendues à plus de 50 j^oicr cent de Rabais A \a demande d'un grand nombre de nos clients, nous leur annonçons que nous avons ouvert, le l^r Juin, notre SERRE D'ORCHIDÉES D'OCCASION. Nous nommons ainsi une serre dans laquelle les amateurs trouveront pendant tout l'Été des Orchidées qui, par ^uitc de légers accidents (feuilles déchirées, brûlées, jaunies etc.) auraient besoin de quelque temps de culture pour se refaire et pouvoir être vendues aux PRIX ORDINAIRES, ainsi que les importations, qui arrivées cependant en bon état, ne seraient pourtant pas dans dos condilions assez belles pour pouvoir être vendues au même prix que les exemplaires que nous four- nissons communément. IHoh belles et nombreuses iniportations nous permettent d'être très sévères sur ce j)oinl, et de mettre en réforme une quantité de très bonnes plantes. Nos clients et les amateurs sont donc vivement engagés à visiter souvent notre SERRE D'OCCA- SIONS; nous ne douions pas qu'ils n'y trouvent fréquemment des PLANTES RARES, de reprise rapide, qu'ils pourront acquérir à PLUS DE 50 POUR CENT de rabais. Le piix des plantes est indiqué sur chaque exemplaire. MM. les amateurs voudront bien se rappeler qu'il n'est pas nécessaire de faire des achats pour visiter l'Élablissemenl. Comme nous ne fournissons à nos prix ordinaires que des plantes de tout premier choix, nous sommes très larges dans ce que nous appelons les PLANTES RÉFORMÉES. MM. les amateurs peuvent faire de VÉRITABLES TROUVAILLES parmi elles, car beaucoup de ces plantes sont supérieures, COMME SANTÉ ET COMME FORCE, à la généralité des plantes vendues ordinai- rement par les maisons concurrentes ou aux enchères publiques. La plupart des planter réformées, vendues comme occasion, n'ont pas fleuri; il pourra se trouver parmi elles des variétés supérieures de grande valeur. Nous publions fréquemment une liste avec prix des ORCHIDÉES D'OCCASION, pour les ama- teurs qui ne peuvent venir les visiter à l'Établissement. i^S^ La liste numérotée des ORCHIDÉES D'OCCASION est à la disposition des amateurs. f ■^ 3»« année. l5 JUIN 1892 Numéro 55. LE JOURNAL DES OHCIllDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE j PAR à LUCIEN LliMDEIM Administrateur-Directeur de L'Hobticulture Internationale y' / Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Max Garnier, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, Gr. Joris, E. Roman, A. Van Imschoot, Fr. Desbois, D-- G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, , A. Bleu, D"" VanCauwelaert, E. Bungeroth, Ch. Vasseur, G. Miteau, \( James O'Brien, R. Martin-Cahuzac, D"- Capart, Comte de Bousies, \ G. Mantin, J. du Trieu de Terdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, i G. Rivois, J. Hatos, P. Silver, A. Ducos, A. Dallière, J. Nôtzli, j F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellner, Carlos Starker, \ A. de la Devansaye, FI. Claes, de Meulenaere, G. Diretti, A. van den Heede, f Siesmayer, A. WincqLz, G. Kittel, Baron de Meylhand, Ch. Béranek, àp^j et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. » Prix de rAboiinement : 10 francs par an ï*ai*aît le l" et. le IS de chaque mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES X>éposilaire pour Ut I^rance : JNI- O. I30IN, lOd'iteur, 8, Place de l'Odéoii, 3PAK.IS. Giiiid, iiiipr. Eu^. Vauderhaegben . LINDENIA lOONOGhl^^I^IIIB DES OÏ^OHIU :ÉES ; PUBLICATION MENSUELLE IN-FOLIO Chaque livraison contient quatre belles planches richement coloriées Dii-eeteui* : •!• I^IMDE:IV Rédacleurs : LUCIEN LINDEN, EMILE RODIGAS, R. A. ROLFE Bureaux : 100, Rue Belliard, à Bruxelles Le plus beau, le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées » Le prix de ces volumes a été fixé comme suit : i^-- Volume (presque épuisé) 125 fr.; 2™^ Volume, 100 fr.; 3™^ Volume, 75 fr.; 4'"^ Volume, 70 fr.; 5""^ Volume, 65 fr. ; 6'"^ Volume, 65 fr. 7"^ VOLUME (EN COURS DE PUBLICATION) : 60 FRANCS lLriiice»«»e de (lîalleM) SPLENDIDE ESPÈCE NOUVELLE, ENTIÈREMENT DISTINCTE INTRODUITE TAR l'HORTICDLTUBE fflTEBNATIONALE (LiisriDEisr) Cette magnifique introduction nouvelle, qui a causé une grande sensation dans le monde horticole, vient de doter le genre Gattlej'a, déjà si riche en espèces admirables, d'une addition des plus précieuses. Le Cattleya Alexaiidrae, dédié à S. A. R. la Princesse de Galles, se distingue immédiatement des autres espèces connues par le port de ses bulbes, à peu près cylindriques et presque noueux, et surtout par la longueur de ses pédoncules floraux, qui lui donne un caractère tout à fait particulier. Le Cattleya Alexaiidrae est très robuste, car les plantes importées ont parfaitement supporté le voyage et sont arrivées en merveilleuse condition; il est, on outre, d'une floribon- dité exceptionnelle, et produit un grand nombre de tiges florales, portant chacune un magni- flque bouquet d'une douzaine de fleurs délicieusement parfumées. Ce sera évidemment une des espèces les plus précieuses et les plus faciles à utiliser pour la fleur coupée. Les fleurs du Cattleya Alexaiidrae sont d'ailleurs d'une excellente substance; leur coloris est des plus merveilleux. Les pétales et les sépales sont d'un superbe jaune pourpré, tirant sur le havane et rappelant tantôt le Laelia gro-ndis tenebt'osa, tantôt le L. elegans Turneri, toujours avec une large bordure rose violacé vif; le labelle a le lobe antérieur bien étalé d'un rouge cramoisi éclatant ! '• Il n'est pas douteux «, écrit M. Max Garnier, •-• que lliorticulture vient dètre dotée d' une acquisition destinée à un très grand avenir. Cette introduction fait le plus grand honneur à Messieurs Linden de V Horticulture Internationale. « Il n'est pas encore possible de donner des indications précises sur l'époque de floraison de cette belle nouveauté dans les cultures; mais notre collecteur l'a rencontrée en pleine floraison, dans son pays d'origine, à la fin de l'hiver et au début du printemps. Le premier envoi que nous avions reçu de cette plante était relativement peu nombreux. Une nouvelle importation, que nous venons de recevoir en splendide état de fraîcheur, nous permet de faire du Cattleya Alexaiidrae une Orchidée populaire par excellence et de l'off'rir à tous les amateurs, surtout ceux qui s'occupent de la fleur coupée, à des prix très modérés qui la mettent à la portée de la grande culture. Toutes les plantes sont en parfaite santé, prêtes à entrer en végétation, et la plupart en superbes touffes. P R I X S BeUe et forte plante . . 25 francs Les trois 65 » Les six 120 » La douzaine 220 » Quelques très forts exemplaires sont disponibles à 50 francs, 100 francs et 300 francs. L'HORTICULTURE INTERNATIONALE Parc Léopold, Bruxelles. Adresse télégraphique : LINDENIA, Bruxelles RÉOUVERTURE DE LA SERRE D'ORCHIDEES D'OCCASION Vendices à plus de 50 pour cent de Rabais A la demande d'un grand nombre de nos clients, nous leur annonçons que nous avons ouvert, depuis le ie> Juin, notre SERRE D'ORCHIDÉES D'OCCASION. Nous nommons ainsi une serre dans laquelle les amateurs trouveront pendant tout l'Été des Orchidées qui, par suite de légers accidents (feuilles déchirées, brûlées, jaunies etc.) auraient besoin de quelque temps de culture pour se refaire et pouvoir être vendues aux PRIX ORDINAIRES, ainsi que les importations, qui arrivées cependant en bon état, ne seraient pourtant pas dans des conditions assez belles pour pouvoir être vendues au même prix que les exemplaires que nous four- nissons communément. Xos belles et nombreuses importations nous permettent d'être très sévères sur ce point, et de mettre en réforme une ({uanlilé de très bonnes plantes. Nos clients et les amateurs sont donc vivement engagés à visiter souvent notre SERRE D'OCCA- SIONS; nous ne doutons pas qu'ils n'y trouvent fréquemment des PLANTES RARES, de reprise rapide, qu'ils pourront acquérir à PLUS DE 50 POUR CENT de rabais. Le prix des plantes est indiqué sur chaque exemplaire. MM. les amateurs voudront bien se rappeler qu'il n'est pas nécessaire de faire des achats pour visiter l'Établissement. Comme nous ne fournissons ,à nos prix or«lînaîres que des plantes de tout premier choix, nous sommes très larges dans ce que nous appelons les PLANTES RÉFORMÉES. MM. les amateurs peuvent faire de VÉRITABLES TROUVAILLES parmi elles, car beaucoup de ces plantes sont supérieures, COMME SANTÉ ET COMME FORCE, à la généralité des plantes vendues ordinai- rement par les maisons concurrentes ou aux enchères publiques. La plupart des plantes réformées, vendues comme occasion, n'ont pas fleuri; il pourra se trouver parmi elles des variétés supérieures de grande valeur. Nous publions fréquemment une liste avec prix des ORCHIDÉES D'OCCASION, pour les ama- teurs qui ne peuvent venir les visiter à l'Établissement. KS" La liste numérotée des ORCHIDÉES D'OCCASION est à la disposition des amateurs. c) 3"« année. T' JUILLET 1892 Numéro 56. LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE PAR LUCIEN LINDEN Administrateur-Directeur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Max Garnier, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G. Joris, E. Roman, A. Van Imschoot, Fr. Desboia, D-" G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, A. Bleu, D'' Van Cauwelaert, E. Bungeroth, Ch. Vasseur, G. Miteau, James O'Brien, R. Martin-Cahuzac, D"- Capart, Comte de Bousies, G. Mantin, J. du Trieu de Terdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Rivois, J. Hatos, P. Silver, A. Ducos, A. Dallière, J. Nôtzli, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellner, Carlos Starker, A. de la Devansaye, FI. Claes, de Meulenaere, G. Diretti, A. van den Heede, Siesmayer, A. Wincqz, G. Kittel, Baron de Meylhand, Ch. Béranek, et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. » Prix de rAbonnement : 10 francs par an Paraît le 1" et le IS de cliaque mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES Dépositaii-e pour la France : JVE. O. 330IN, ^Éditeur, 8, Place de l'Odéoia, P^RIS. Gand, impf. Eug. Vanderhaeghen. LINDENIA ICONOGm^JPHIE DES O IlOBLIL) :ÉES PUBLICATION MENSUELLE IN-FOLIO Chaque livraison contient quatre belles planches richement coloriées Directeur : JT. I^IMOEIV Rédacteurs : LUCIEN LINDEN, EMILE RODIGAS, R. A. ROLFE Bureaux : 100, Rue Belliard, à, Bruxelles « Le plus beau, le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées » Le prix de ces volmnes a été fixé comme suit : l^-" Volume (presque épuisé) 125 fr.; 2'^^ Volume, 100 fr.; 3'"^ Volume, 75 fr.; 4"^ Volume, 70 fr.; 5'"^ Volume, 65 fr. ; 6'"^ Volume, 65 fr. 7"^ VOLUME (EN COURS DE PUBLICATION) : 60 FRANCS I^ee sept volumes pris ensemble : ^OO francs. La Lïndenïa publie également DEPUIS LE 1er FÉVRIER 1891 UNE ÉDITION ANGLAISE EN VOLUMES DE 6 LIVRAISONS (2 VOLUMES PAR AN) I»rîx de l'abonnement à chaque volume : »^ shillings pour l'édition anglaise. L'ORCHIDÉENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES Présidents d'Honneur : MM. .1. LINDEN, consul-général lionoraire, pour la Belgique; Comte DU BUYSSON, auteur de l Orchidophile , pour la France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas SECRÉTARIAT ; 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : Président : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représenlanis de Belgique; Secrétaivi' :M. LUCIEN LINDEN, administralenr-dircclcnr de L'Horticulture Internationale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TEIJDONCK, propriétaire. LES MEETINGS SONT SUSPENDUS PENDANT LES MOIS DE JUILLET ET AOUT. I A D n I Kl i C D "^^''^^ ^^"s enfant, 28 ans, demande place dans maison bourgeoise, région rapiDrochée de uMm U I I>I I Lri Paris ou Maisons-Laffitte. S'adresser à M. Louis Girard à Guitrancourt (Seine-et-Oise). SOMMAIRE DU Se™^ NUMERO : Papes Chronique Orclaidéenne mensuelle 117 Causerie sur les Orchidées. — XXXVIII 121 Traitement des Orchidées à l'eau nutritive 125 Études de botanique élémentaire sur les Orchidées 129 L ILLUSTRATION HORTICOLE REVUE MENSUELLE DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES DES INTRODUCTIONS NOUVELLES ET DES FAITS LES PLUS INTÉRESSANTS DE L'HORTICULTURE Oîrecteiii' : •!. L I rv O E 1% ADMINISTRATEUE LUCIEN LIIVDEIV REDACTEUR COLLABORATION DE BOTANISTES ET HORTICULTEURS ÉMINENTS Prix de t abonnement , 'payable par anticipation : Par volume de 12 livrait;on.s (de janvier à décembre) envoyées chacune franco par la poste Pour toute l'union postale, 30 francs On s'abonne à radminislralion de L'ILLUSTRATION HORTICOLE TO, rue Wîertz, à Bruxelles ainsi cpie chez les principaux libraires de Belgique et de Vétranger Envoi franco d'une livraison-spécimen sur demande affranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. ON DEMANDE A ACHETER Le 1" Volume de la LINDENIA COMPLET ET INTACT S'adresser au bureau du Journal. l" JUILLET 1892 I 17 CHRONIQUE ORCHIDÉENNE MENSUELLE LE 37e MEETING DE L'ORCHIDÉENNE renfermait, entre autres nou- veautés, deux Cattleya remarquables introduits récemment par L'Horticul- ture Internationale et exposés par cet établissement, le C. Victoria Regina et le C. Claesiana. Le premier de ces nouveaux Cattleya a été décrit dans le dernier numéro, et nous n'y reviendrons pas ici; quant au Cattleya Claesiana, c'est une espèce d'une beauté bien supérieure et vraiment de premier ordre. Les fleurs sont produites en bouquets, à peu près comme dans le groupe des guttata, et peuvent être comparées à celles du C. ainethystoglossa; mais elles sont plus grandes et ont surtout les segments beaucoup plus larges; le coloris général est un blanc rosé très clair; les pétales et les sépales portent des macules, ou plutôt de gros points ronds, d'un rouge cramoisi, surtout vers le sommet; le labelle, également blanc rosé, est jaune vif à l'intérieur. Le lobe antérieur ainsi que les coins relevés des lobes latéraux sont d'un rouge cramoisi foncé. Le Cattleya Claesiana, qui paraît être très vigoureux et très florifère, formera assurément l'une des merveilles du groupe des C. guttata. * * * L'ODONTOGLOSSUM X DELLENSE, qui a été décrit l'année dernière (p. 70) dans notre Revue des Orchidées nouvelles, a pu être admiré ces jours-ci à Bruxelles, où M. le baron Schroder a bien voulu nous en faire remettre une superbe inflorescence. C'est assurément une magnifique acquisition, et l'une des plus remarquables formes qui constituent ce qu'on est convenu d'appeler les hybrides naturels, satellites des trois ou quatre plus célèbres espèces du genre. On considère généralement \'0. X Dellense comme un h3'bride de O. triumphans et de VO. Pescatorei, nous dit M. Rolfe. Du premier, il tient évidemment beaucoup, et il le rappelle — en plus clair — d'une façon frap- pante; d'autre part, la teinte blanche du milieu des segments, et d'autres particularités, font penser aussitôt à VO. Pescatorei, ou ne serait-ce pas plutôt Il8 LE JOURNAL DES ORCHIDEES à VO. crispum? La taille de la fleur et son allure sont plutôt de nature à ressembler à ce dernier; peut-être y a-t-il dans le labelle un léger élargisse- ment à la moitié inférieure qui tient un peu de VO. Pescatorei; mais pourquoi ce caractère ne se rattacherait-il pas plutôt à l'autre parent? Quoi qu'il en soit de cette question, VO. X Delknse est une fleur du plus haut mérite et qui figurera en bonne place auprès des joyaux de la célèbre collection de M. le baron SCHRODER. LES MONSTRUOSITÉS ont toujours été particulièrement fréquentes dans le genre Cypripedium, et notamment dans le groupe des Selenipedium Sedeni et hybrides voisins. L'une des plus curieuses que nous ayons encore vues s'est produite le mois dernier dans les serres de L'Horticulture Interna- tionale. Trois fleurs étaient supportées par une seule tige assez forte formée par la soudure des pédicelles ; deux de ces fleurs étaient complètement soudées ensemble, et les divers segments se trouvaient mélangés de façon assez irrégulière. La troisième ne s'était pas développée jusqu'au bout, et notamment la coloration était restée à peu près rudimentaire; mais on distin- guait nettement tous les organes floraux, quoique la fleur entière eût à peine le tiers des dimensions normales. Une autre monstruosité singulière s'était produite en même temps sur un Catasetum Hookeri, dont une fleur était composée de trois fleurs fondues ensemble. Les trois colonnes étaient absolument juxtaposées et normales; les labelles étaient superposés ; les sépales et pétales se trouvaient serrés les uns contre les autres et disposés en éventail à demi ouvert. * * * SECTIONNEMENT DES BULBES DE DENDROBIUM. — Le Gardeners' Chronicle du 28 mai renfermait la note suivante, dans le compte rendu de la grande exposition organisée par la Société Royale d'Horticulture aux Temple Gardens, à Londres : « M™* la vicomtesse Portman, de Buxted Park (jardinier M. Prinsep), « exposait trois des plus belles plantes de Dendrohinm nobile qui aient pro- « bablement jamais paru à une exposition; ce sont des spécimens ayant jusqu'à « 2 mètres ou 2^30 de diamètre, dans le plus parfait état de santé, dont « les bulbes sont chargés de fleurs sur toute leur longueur, laquelle, dans « beaucoup de cas, n'est pas inférieure à i™3o, et qui forment des massifs l" JUILLET 1892 I 19 « de fleurs. Ces plantes splendides ont reçu une Silver Banhian Medal, distinc- « tion à peine suffisante pour récompenser le mérite de ce groupe. « Cet apport présente un intérêt tout particulier en raison de la discussion « ouverte sur les avantages et les inconvénients de la taille, car les plantes « exposées sont cultivées d'après le système de la taille, soutenu par M. Pkin- « SEP, et qui entre ses mains donne certainement d'excellents résultats. » Dans son numéro suivant, le Gardeners' Chronicle publiait une gravure repré- sentant une des plantes dont il s'agit, et qui offre en effet un coup d'œil merveilleux. C'est une véritable touffe de fleurs, sous lesquels disparaissent les jeunes bulbes, — les vieux sont complètement supprimés. Il y a là une expérience d'un grand intérêt, en même temps qu'un modèle de culture des plus remarquables. * * * DICTIONNAIRE PRATIQUE D'HORTICULTURE ET DE JARDINAGE, par G. NiCHOLSON, conservateur des Jardins Royaux de Kevv (Angleterre), traduit, adopté à notre climat, à nos usages, etc., par M. S. Mottet, avec la collaboration de MM. Vilmorin-Andrieux et C'^, G. Alluard, E. André, G. Bellair, g. Legros, etc. Nous avons sous les yeux les deux premières livraisons de cet ouvrage ; nous sommes persuadé qu'il rendra de très grands services à tous les amateurs et cultivateurs d'Orchidées et d'autres plantes. C'est un répertoire des plus complets et des plus lucides de tous les renseignements concernant la culture et la description de toutes les plantes de jardin ou de serre cultivées en Europe, le tracé des jardins, l'entomologie, la cryptogamie et la chimie horticole, l'anatomie et la physiologie végétales, la glossologie botanique et horticole, etc. Le nom de l'auteur et ceux des collaborateurs qui ont participé à l'adaptation française de cet ouvrage sont d'ailleurs des garanties de haute valeur scienti- fique et pratique. Le Dictionnaire est publié par livraisons de 48 pages, contenant chacune une planche coloriée et de nombreuses gravures noires dans le texte. Il sera com- plet en 80 livraisons, à fr. 1,50. Octave Doin, éditeur. Place de l'Odéon, 8, à Paris. * * * REFERENDUM SUR LE PARFUM DES ORCHIDÉES. — Nous avions proposé à nos lecteurs, pour concilier certaines opinions divergentes qui nous I20 LE JOURNAL DES ORCHIDEES avaient été exprimées par des correspondants sur le parfum de plusieurs espèces, d'ouvrir sur la question des parfums un nouveau référendum. Le résultat devait en être publié le 15 mai. Le 15 mai a passé, et nous avons attendu un mois encore, pour laisser à nos correspondants le loisir de répéter leurs expériences; mais aucune réponse n'est parvenue à nos bureaux, et il ne nous reste qu'à clore aujourd'hui notre refe- rendiDii des parfwns par un procès-verbal de carence. La conclusion qu'on peut tirer de ce silence, c'est que, très probablement, les quelques personnes qui nous avaient exprimé des doutes sur l'exactitude de telle ou telle appréciation, ont éprouvé devant la définition à faire le même embarras que nous avions franchement signalé. La critique est. aisée.... * * * COMMENT ON ÉCRIT L'HISTOIRE, — M. Lewis Castle avait écrit, à la fin de l'année dernière, dans le Journal of Horticulture, au cours de la polémique relative à l'identité du Cattleya Warocqueana avec le C. labiata un article dont notre adversaire de S*-Albans avait fait faire un tirage à part, largement distribué, et dans lequel la vérité était altérée d'une façon tellement évidente que le directeur de L'Horticulture Internationale n'avait pu l'expliquer, dans une lettre qu'il adressait à son auteur à cette époque, que par le dilemme suivant : « ou votre plume est vendue, ou bien vous êtes un ignare en fait d'Orchidées. » Le dilemme est résolu aujourd'hui ; la note ci-après, que publie le Journal of Horticulture dans son numéro du 16 juin, montre quelle était la valeur morale de son ex-rédacteur : « Avertissement. — Il est venu à notre connaissance que Lewis Castle, qui « faisait autrefois partie de notre rédaction, et qui a cessé depuis le 31 mars « dernier d'appartenir à ce Journal, a depuis lors reçu de l'argent en notre « nom, prétendument pour un abonnement, et l'a gardé en sa possession sans « en donner reçu. Nous prévenons donc nos abonnés de ne remettre aucune « somme d'argent au dit Lewis Castle, car ils pourraient croire qu'il fait « partie de nos bureaux. » L. L. I" JUILLET 1892 121 CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES XXXVIII. — La serre des Cattleya et Laelia [Suite, voir p. 39) C. Harrisoniana. Belle espèce à fleurs moyennes, mais d'un coloris charmant. Les segments sont d'un rose tendre, avec une légère teinte jaune pâle sur le labelle. Il n'est pas d'une culture aussi facile que la plupart des autres Cattleya, mais mérite bien par sa beauté de prendre place dans toutes les collections. Fleurit d'août à octobre. C. intermedia. Charmante espèce de taille moyenne, très florifère et très robuste. Les fleurs, produites en grappe sont d'un beau rose pâle ; le labelle étroit a le lobe antérieur rose pourpre vif. Fleurit de mai à juin et se conserve longtemps. C. labiata ou C. Warocqueana (voir fig. 7, page 57). L'une des plus anciennes, et la plus célèbre espèce du genre, bien connue d'ailleurs de tous les amateurs d'Orchidées, à qui nous n'avons plus aujourd'hui à la présenter. C'est non seulement un des plus beaux Cattleya connus, et un Cattleya fleurissant en hiver, mais une des Orchidées les plus robustes, les plus faciles à cultiver et à faire fleurir, que renferme la serre tempérée. C. Loddigesi. Belle espèce à tiges cylindriques, d'une grande floribondité. Les fleurs ont les pétales et les sépales rose pâle plus ou moins lilacé, et le labelle rose clair marqué de jaune. Fleurit en août et septembre. Le C. Harrisoiiiae est souvent considéré aujourd'hui comme une variété du précédent. C. luteola. Synonyme du C. Holfordi. C. maxima. Magnifique espèce fleurissant aux mois de novembre et dé- cembre, mais qui n'est malheureusement pas aussi florifère ni aussi vigoureuse que le C. labiata. Il produit une grappe de cinq à dix fleurs de grande taille, d'une forme allongée, un peu grêle, très caractéristique. Les sépales et les pétales sont d'un rose vif, le labelle est de la même nuance, mais richement panaché, avec des veines plus foncées au centre. l" JUILLET 1892 123 De nombreuses variétés ont fait leur apparition, clans ces dernières années, parmi lesquelles celle nommée Maloiiana, et figurée dans la Lindenia, est une des plus remarquables. C. Mendeli. Espèce d'une très grande beauté, fleurissant aux mois de mai- juin. Il produit des grappes de trois à cinq fleurs d'une extrême élégance, qui S2 distinguent surtout par la largeur remarquable des pétales, et par le superbe contraste entre le coloris pâle des segments, souvent presque blancs, et le rouge pourpré vif du lobe antérieur du labelle; ce dernier organe a le disque d'un beau jaune d'or, les lobes latéraux rose pâle comme les pétales et les sépales, et le lobe antérieur très ample, étalé, et abondamment ondulé et fimbrié sur les bords. Introduite en 1870, cette espèce est devenue l'une des plus populaires du genre. Elle comprend beaucoup de belles variétés. C. Mossiae. C'est le digne rival du précédent; un peu moins ample d'ordi- naire, mais d'un coloris plus vif, il a une beauté à peu près égale. Le C. Mossiae fleurit à la même époque que le C. Mendeli ; il produit en abondance des fleurs groupées par trois, quatre ou cinq sur une tige. Ces fleurs sont d'un coloris rose lilacé plus ou moins foncé, avec le labelle très large, bifide à la partie antérieure et marqué d'une large macule jaune vif au disque se prolongeant plus ou moins jusqu'à la base, tandis que le lobe antérieur est d'un beau rouge pourpre velouté, marbré et strié de lilas, et bordé d'une large bande lilas. Nombreuses variétés, notamment les suivantes : Reineckeana, à segments blancs, avec le disque du labelle jaune, et le lobe antérieur strié de pourpre foncé ; Wageneri, entièrement blanche, sauf le disque jaune qui est d'ailleurs peu étendu; M. Raoul Warocqué, à segments entièrement marbrés de rose pâle sur fond rouge vif, etc. Le C. Mossiae, introduit dès 1836, est l'une des plus anciennes espèces connues du genre. * Interrompons un moment cette description pour présenter à nos lecteurs un modèle de serre à Cattleya, modèle qui peut certainement être considéré comme très bon, parce qu'il a été construit d'après les perfectionnements les plus récents et parce que les plantes qui y sont cultivées arrivent à un état de prospérité des plus satisfaisants; c'est une des grandes serres à Cattleya I" JUILLET 1892 125 de L'Horticulture Internationale, dont les deux gravures ci-contre (fig. 15 et 16) représentent la façade d'entrée et l'un des côtés. Cette serre, qui renferme plusieurs milliers de Cattleya Mossiae, Mendeli, Trianae, gigas, anrea, Warneri, intermedia, Skinneri, Lawrenceana, Schrô- deri, etc., des Laelia grandis, ainsi que les plus belles variétés de cette espèce, notamment le L. grandis ienebrosa, des Laelia elegans, L. e. Ttirneri, L. e. Stelzneriana, L. e. Leeana, etc., offrait aux mois de mai et juin un spectacle merveilleux. Des milliers de fleurs garnissaient les côtés et le massif d'entrée, et cachaient presque la verdure. Ce n'était pas un des moindres attraits de la grande exposition organisée au mois de mai à L'Horticulture Interna- tionale. L. L. {Sera continué.) TRAITEMENT DES ORCHIDÉES A l'eAU NUTRITIVE Notre collaborateur, M. le comte de Moran, veut bien nous communiquer la lettre suivante qu'il vient de recevoir de M. E. Roman, et que les lecteurs du Journal des Orchidées liront sans aucun doute avec le plus vif intérêt. Monsieur le Comte, J'ai eu l'honneur de vous entretenir, à plusieurs reprises, de mes études sur le traitement des Orchidées par l'eau nutritive. Au début de mes expériences, j'avais annoncé l'intention d'en publier les résultats au bout de la troisième année. Ce délai est aujourd'hui expiré; les effets du traitement sont de plus en plus satisfaisants, et je serais prêt à tenir ma promesse, si des motifs que j'exposerai plus bas et que vous apprécierez, j'en suis certain, ne me portaient à continuer mes essais encore un an ou deux avant d'en rendre définitivement compte. D'ici-là, cependant, je me réserve de faire connaître successivement quelques-uns des résultats obtenus, en attendant le travail d'ensemble. Plus les expériences auront duré, plus elles sont probantes. A moins, on pourra soutenir que les engrais minéraux ne communiquent aux plantes qu'une vigueur factice, et finissent par les fatiguer et les faire périr. Pour moi, je suis 126 LE JOURNAL DES ORCHIDEES fixé à cet égard depuis longtemps. Chaque année, les bulbes de mes Orchidées deviennent plus volumineux, les racines plus grosses et plus nombreuses; elles vagabondent peu et tendent à se fixer et à se ramifier dans le compost, et même à y rentrer quand elles ont fait une excursion au dehors — ce qui prouve bien qu'elles n'en sortent que pour chercher la nourriture dont elles ont besoin. Mais il ne suffit pas que je suis persuadé, il faut aussi que je fasse passer ma conviction dans l'esprit de mes lecteurs; il faut compter avec les idées reçues, et tranchons le mot, avec les préjugés. Je ne suis pas fâché, d'ailleurs, de savoir jusqu'où ira l'accroissement continu et régulier de certains bulbes. Un délai de cinq ans n'est certainCxTient pas trop long pour de semblables recherches, d'ailleurs, c'est seulement depuis deux ans que j'emploie mon dosage actuel, qui sera probablement définitif. Quoi qu'il en soit, j'espère. Monsieur le Comte, que l'exposé sommaire des expériences que j'ai poursuivies — et dont je serais heureux de voir constater par vous même les résultats, vous amènera à reconnaître : 1° Que l'eau nutritive ne constitue pas « un remède dangereux entre les « mains de toute personne qui ne possède pas une expérience consommée. » . Pour répondre à l'objection que vous avez formulée en ces termes dans le Journal des Orchidées, il me suffira d'indiquer comment je procède, ou plutôt comment procède mon jardinier. Je lui ai remis deux flacons contenant des liquides différents, que tout le monde peut préparer ou faire préparer par un pharmacien ou un simple dro- guiste. Je lui ai également remis une petite mesure. Chaque fois qu'il remplit le réservoir destiné aux arrosages il y verse une pleine mesure du liquide contenu dans chaque flacon, et il agite. Voilà certaine- ment une opération purement mécanique et que le premier manoeuvre venu peut exécuter. Je ne la contrôle jamais, et je m'absente sans aucune inquiétude. Avec l'eau du réservoir ainsi préparée, et qui constitue l'eau nutritive, on arrose comme avec de l'eau ordinaire, et sans autre précaution, non seulement les Orchidées, mais encore les Anthurium, Pelargonium grandijlorum. Fuchsia, Azalées, Kalmias, etc. Toutes ces plantes, sans exception, s'en trouvent par- faitement. Aucun excès n'est donc à redouter, à moins que ce ne soit un excès d'arro- sage, donnant heu à une surabondance d'humidité aux racines, mais cet incon- vénient n'est pas plus à craindre qu'avec l'eau pure; il l'est moins, au contraire, parce que mes plantes sont plus vigoureuses et plus aérées. l" JUILLET 1892 127 2" Que l'eau nutritive n'est pas un excitant, mais un aliment parfaitement approprié au tempérament des Orchidées et des plantes de serre. En effet, il est inadmissible qu'au moyen d'un simple excitant un bulbe de Dendrobium de 0,20 de hauteur puisse donner lieu, en quelques années, au développement de quinze à vingt bulbes, représentant ensemble au moins cent fois le poids du premier, fleurissant bien, et munis de bonnes racines, sans que le bulbe originaire manifeste le moindre signe d'épuisement. 3° Que les expériences peuvent être répétées par le premier venu sans danger. En effet, si — comme vous l'avez fait observer avec raison — les engrais connus jusqu'à ce jour, et mal appropriés à la nature des Orchidées, leur donnent pour un an ou deux une vigueur factice et les conduisent fatalement à la décrépitude, la vue seule de mes plantes après trois ans de culture inten- sive, suffit pour démontrer que cet écueil peut aujourd'hui être absolument évité. Et la démonstration sera encore plus complète dans un an ou deux. Tous les amateurs et les horticulteurs de profession peuvent donc aujourd'hui répéter, sans danger et avec la certitude d'un bon résultat, les expériences que je suis heureux d'avoir entrepris le premier sur une grande échelle. Je les engage à suivre à la lettre mes instructions, et à n'employer que de l'eau de pluie; et je leur demande de faire connaître les suites de leurs essais, dans les journaux français ou belges. Parmi les faits intéressants qu'il m'a été permis de constater, il en est un que je puis, dès à présent, considérer comme acquis, et que ma lettre a pour principal but de signaler. C'est une curieuse modification dans la végétation de certaines Orchidées, et en particulier des Dendrobium nobile. On professe habituellement que les Orchidées ont besoin de repos; rien n'est plus vrai en général. Cependant, par suite d'une culture perfectionnée, il peut y avoir des exceptions; et je puis, par exemple, montrer plusieurs Dendrobium Wardianuni, et surtout trois Dendrobium nobile, qui, soumis au régime de l'eau nutritive, n'ont pas eu un moment de repos depuis trois ans passés et ne s'en portent que mieux. L'un d'eux était, comme je l'ai dit plus haut, une pousse adventive de 0,20 de hauteur. Soumis à la nouvelle culture, il a donné naissance à quinze ou vingt bulbes, dont plusieurs, les derniers, ont 0,65 à 0,70 de hauteur. Cette année, j'ai eu une première floraison en janvier sur les bulbes de i8go, et une seconde, qui se termine actuellement, sur les bulbes de 189 1, 128 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES encore tous couverts de feuilles; la deuxième floraison est aussi belle que la première. On peut voir dans le même panier : i" Des bulbes de divers âges, ayant perdu leurs feuilles; 2° Des bulbes encore feuilles et ayant achevé leur croissance; 3° Des bulbes de toute dimension, naissants ou poussant activement. Et cet état de chose se maintient sans interruption, hiver comme été, depuis trois ans. Mes Dendrobium ne produisent d'ailleurs aucune de ces pousses adventives qui viennent trop souvent contrarier ou remplacer la floraison. Et cela s'explique parfaitement. Chaque bulbe parcourt, comme dans la culture ordinaire, toutes les phases de son développement. Il pousse, perd ses feuilles, fleurit, puis devient inerte et se dessèche lentement. C'est le rhizome seul qui se développe sans interruption, sous l'influence de l'eau nutritive. Et voilà précisément pourquoi je n'ai jamais de pousses adven- tives. Dans la culture actuelle, on est obligé, par la faiblesse relative des plantes et peut-être le manque de lumière dans certains pays, d'arrêter la végétation l'hiver par l'abaissement de la température et la suppression des arrosements. L'œil terminal du rhizome perd alors son actualité, et lorsque la végétation recommence, cet œil ne peut, pas toujours, au début, dépenser toute la sève qui se produit à la fois. Elle se porte alors sur les bourgeons floreaux, les fait développer à bois, et la floraison est manquée. Dans la culture intensive, au contraire, le bourgeon terminal du rhizome est toujours accompagné de deux ou trois bulbes à divers degrés de croissance, qui dépensent toute la sève produite par les racines, quelque vigoureuses qu'elles soient. Elle ne peut donc pas se porter sur les boutons à fleurs, pour les transformer. Tel est le fait curieux que je voudrais vous signaler et que je n'ai jusqu'à présent, constaté que sur quelques Dendrobium. Mes autres Orchidées, Odon- toglossum, Oncidium, Lycaste, Cattleya, Aerides, Vanda, etc., se reposent à peu près comme dans la culture ordinaire, peut être moins longtemps. L'état des Dendrubinin nobile, dont j'ai parlé précédemment, est des plus florissants; leur développement rapide me satisfait et m'inquiète en même temps, car ils prennent une place énorme au détriment d'autres plantes tout aussi intéressantes. Avant mes expériences, ils étaient malingres et manquaient évidemment de nourriture. l" JUILLET 1892 129 Du reste, dans l'étude que je ferai paraître d'ici à deux ans, je compte démontrer que, dans leur pays natal, les Orchidées, même les épyphites, vivent de tout autre chose que de la maigre ration d'azote, d'oxygène et d'acide carbonique contenue dans l'air et l'eau de nos chmats, et je m'appuierai pour le faire sur les récits même des collecteurs et sur les écrits des auteurs les plus accrédités. Si je juge inopportun de publier en ce moment, les résultats détaillés de mes expériences, je n'en suis pas moins prêt à les faire connaître à ceux qui voudraient en profiter. Je ferai avec grand plaisir les honneurs de ma serre à tous les amateurs et horticulteurs sérieux qui voudront bien la visiter, et je leur donnerai sur place les explications nécessaires. Voici la composition de l'eau nutritive telle que je la prépare actuellement : Flacon A. Phosphate neutre d'ammoniaque . 100 gr. Azotate d'ammoniaque .... 50 » Carbonate d'ammoniaque ... 10 » Étendez d'eau de pluie de manière à obtenir 2 litres de dissolution. Flacon B. Dissolution de silicate de potasse marquant 30° 40 gr. Étendez d'eau de pluie de manière à avoir 2 litres de dissolution. Prenez 16 centimètres cubes de chaque dissolution par 10 litres d'eau de pluie. Agitez fortement. Agréez, etc. E. Roman. ETUDES DE BOTANIQUE ELEMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES {Suite, voir p. 99) Voici les caractères distinctifs de ces deux sections : Stachyobrium. — Fleurs en grappes terminant la tige, qui est garnie de feuilles ordinairement nombreuses, membraneuses et étroites. EuDENDROBiUM. — Tigcs indivises, allongées, plus ou moins renflées ou noueuses, feuillées seulement au sommet ou dans toute leur longueur; feuilles distiques, membraneuses ou coriaces ; grappes naissant latéralement de l'ais- selle des feuilles ou des nœuds des tiges. Parmi les espèces de la première section, nous pouvons citer les D. bigibbum, 130 LE JOURNAL DES ORCHIDEES D. Draconis, D. Fytcheamim, D. Hillii, D. mutahile ; la seconde comprend la plupart des autres espèces cultivées. Cette dernière, étant très étendue, a été subdivisée par Bentham en sous sections, dont les quatre suivantes contiennent de nombreuses espèces orne- mentales. a. Pycnostachyae. — Fleurs nombreuses, petites ou étroites, serrées le long du rhachis pour former des grappes denses ; menton souvent allongé en forme d'éperon; tiges défeuillées au moment de la floraison. — Exemples : D. cuniu- latum, D. secundum. h. F0RMOSAE. — Fleurs grandes en fascicules lâches rapprochés vers le sommet de la tige; feuilles persistant au moment de la floraison. — Exemples : D. carnifernm, D. draconis, D. formosum, D. infundibtdum, D. longicornu, D. Lowi, etc. c. Calostachyae. — Fleurs grandes, en grappes lâches, latérales, plus ou moins allongées ; tiges souvent épaisses, ordinairement défeuillées au moment de la floraison. — Exemples : D. aggregatum, D. barbaUdum, D. Brymeriamun, D. chrysanthum, D. chrysotoxum, D. dixanthum, D. Farmeri, D. fiuibriatnin, D. Findlayannm, D. macro phyllnm, D. densiflonun {thyrsijiorum) etc. d. Fasciculatae. — Fleurs grandes, en fascicules lâches et pauciflores parfois même réduits à une ou deux fleurs; tiges ordinairement défeuillées à la floraison. — Exemples : D. amoenuni, D. Bensoniae, D. crepidatum, D. crystal- linum, D. Devonianum, D. Falconeri, D. infundibulum, D. lituiflorum, D. Ittteo- lum, D. Macarthiae, D. nobile, D. pendulnm {crassinode), D. Pierardi, D. priinu- linum, D. pulchellum, D. senile, etc. Distribution géographique. — Le genre Dendrobiwn se compose de plus de trois cents espèces, répandues sur une aire immense, comprenant principa- lement le sud-est de l'Asie, la Malaisie, l'Australie et les îles occidentales du Pacifique ; quelques espèces sortent de ces limites et se rencontrent dans le reste de l'Océanie, le sud de l'Inde et jusqu'au Japon; elles abondent surtout dans le sud du Burmah et la province de Moulmein. 9° Les Cymbidium Parmi les Cymbidium que l'on cultive habituellement, examinons d'abord les grandes fleurs, d'un beau blanc légèrement rosé, puis passant un peu au jaunâtre, du C. eburneuin. Nous savons reconnaître sans difficulté toutes les pièces du périanthe, et I" JUILLET 1892 131 nous ne donnerons plus de longs détails pour les faire distinguer plus facile- ment; remarquons seulement qu'elles sont étalées, et que les sépales sont un peu plus charnus que les pétales. Le labelle, divisé en trois lobes arrondis dont les latéraux se relèvent et embrassent un peu le gynostème, est soudé inférieu- rement, mais par ses bords seulement, avec la base de celui-ci, sur une lon- gueur de sept à huit millimètres; dans sa partie médiane et jusqu'à une hauteur de trois centimètres et demi à partir de la base, on remarque une bande plus épaisse que le reste du hmbe, d'un jaune pâle, large de six à sept millimètres, et dont les bords forment deux saillies qui vont se rejoindre brusquement au sommet, où elles sont beaucoup plus prononcées. Le gynostème, d'un blanc jaunâtre, dressé au centre de la fleur, mais un peu arqué en avant, est remarquablement développé, sa longueur atteignant près de cinq centimètres; il est très épais et charnu, de forme semi-cylindrique, un peu canaliculé et biailé antérieurement, où l'on voit en haut le large stigmate; tout au sommet et logé dans un cHnandre un peu oblique en avant, se trouve l'opercule de l'anthère, fortement bombé et d'un jaune très pâle. En soulevant celui-ci, on constate qu'il est divisé intérieurement en deux loges imparfaites et qu'il abrite deux pollinies d'un jaune orangé, presque globuleuses et de dimensions peu communes, car elles n'ont pas moins de quatre miUimètres de longueur, sur trois d'épaisseur; elles ont chacune un fort sillon sur leur face inférieure et elles se rattachent directement à un large rétinacle blanc, très mince et translucide, muni de chaque côté, à la base, d'une corne filiforme étalée en dehors. Parmi les autres espèces qui peuvent encore être analysées, mentionnons les C. Parishii et C. Dayanum (variétés du C. ehurneum pour Sir Joseph Hooker), C. aloifolium (C. pendulum), C. tigrinwn, C. Devonianum, C. grandifloriun (C. Hookerianuin), C. giganteuin, C. Lowianuin (considéré comme variété du précédent). Leurs caractères communs sont : « Sépales à peu près égaux, libres, étalés. Pétales semblables aux sépales ou « un peu plus petits. Labelle dressé, sessile à la base du gynostème, à base « concave, à lobes latéraux larges, redressés et embrassant lâchement le « gynostème, à lobe terminal recourbé, à disque ordinairement muni de deux e ]vc a. ist rs e S'adresser au bureau du Journal, 14, rue de Sèvres, PARIS. L m m u. E liTElATIiA 1 ■ Uil au Parc Léopold _A_ IB ]E\j KJ ]2^ JzLî -Lj Ij h ! 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LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE PAR LUCIEN LIIMDEN Administrateur-Directeur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Max Garnier, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G. Joris, E. Roman, A. Van Imschoot, Fr. Desbois, D-- G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand. A. Bleu, D'' Van Cauwelaert, E. Bungeroth, Ch. Vasseur, G. Miteau, James O'Brien, R. Martin-Cahuzac, D-- Capart, Comte de Bousies, G. Mantin, J. du Trieu de Terdonek, O. de Kirohsberg, Vicomte de Novion, G. Rivois, J. Hatos, P. Silver, A. Ducos, A. Dallière, J. Nôtzli, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellner, Carlos Starker, A. de la Devansaye, FI. Claes, de Meulenaere, G. Diretti, A. van den Heede, Siesmayer, A. Wincqz, G. Kittel, Baron de Meylhand, Ch. 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SECRETARIAT : 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : Président : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique; Secrétaire : M. LUCIEN LINDEN, administrateur-directeur de L'Horticulture Intermiionale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire. LES MEETINGS SONT SUSPENDUS PENDANT LES MOIS DE JUILLET ET AOUT. SOMMAIRE DU bV NUMERO : Revue des Orchidées nouvelles ou peu connues 133 Causerie sur les Orchidées. — XXXVlll 135 Les Gatasetum 1>^^* Liiddçmannia Pescatorei Linden et Rchh. f 142 Les grandes introductions nouvelles 143 Conseils utiles ■ I4.j Les Orchidées populaires 14'J L ILLUSTRATION HORTICOLE REVUE MENSUELLE DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES DES INTPiODLGTlONS NOUVELLES ET DES FAITS LES PLUS INTÉRESSANTS DE L'HORTICULTURE Dîreeteiii- s •!. LIIVOEIV ADMINISTRA TEUr. REDACTEUR é^iiee: ROi>iOii.s COLLABORATION DE BOTANISTES ET HORTICULTEURS ÉMINENTS Prix de V abonnemenf , 'payable par anticipation : Par volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envoyées chacune franco par la poste Pour toute runion postale, 30 francs On s'abonne à radminislration de L'ILLUSTRATION HORTICOLE TO, rue Wîertz, à Bruxelles oi7isi que chez les principau.r libraires de BeJ(jiqiie et de Vétranger Envoi franco d'une livraison-spécimen sur demande affranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. ON DEMANDE A ACHETER Le 1" Volume de la LINDENIA COMPLET ET INTACT KS" S'adresser au bureau du Journal. 15 JUILLET 1892 133 REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES STANHOPEA MOLIANA Rolfe. — Espèce très remarquable et très belle introduite récemment par L'Horticulture Internationale, de Bruxelles, et qui a fleuri pour la première fois au mois d'avril dernier. Elle tient à peu près le milieu entre le 5. Wardi et le 5. Rùckeri. Les pétales et les sépales sont d'un blanc crème, tachetés de rouge pourpre clair; ces taches ont presque toutes une forme annulaire ; elles sont plus grandes et plus foncées sur les pétales. Le labelle est blanc, et a le dessous, ainsi que la cavité de l'hypochile et la partie antérieure de l'épichile, tachetés d'un abondant pointillé rouge pourpre. La colonne est pointillée de même. Lindenia, pi. 331. * * * DENDROBIUM X ROLFEAE. — Nouvel hybride provenant du D. primu- linuDi et 'du D. nobile, ce dernier étant le porte-pollen. Il a les pétales blancs, lavés de rose vif au sommet, les sépales d'un rose violacé pâle, blancs à la base, et rouge violacé à la pointe. Le labelle est blanc légèrement nuancé de jaune soufre, rose vif à la pointe, avec une série de stries marron à la gorge, sans macule. Gard. Chron., 23 avril, p. 522. * * PHALAENOPSIS X AMPHITRITE. — Hybride obtenu au moyen de la fécondation du P. Stuartiana par le P. Sanderiana. Ses fleurs sont intermé- diaires entre celles des deux parents. Les pétales' sont analogues à ceux du dernier, avec une teinte rose pourpre à la base; les sépales sont mauve pâle ou jaune nankin foncé {sic), bordés de blanc et lavés également de pourpre à la base ; les sépales latéraux sont tachetés de fines macules pourpres à la base. Le labelle rappelle beaucoup, comme forme et comme coloris, celui du P. San- deriana. Gard. Chron., 14 mai 1892. *■ 134 LE JOURNAL DES ORCHIDEES DENDROBIUM X NESTOR O'Brien. — Hybride provenant de la fécon- dation du D. Parishi par le D. superbiun anosmiuii, et qui a fait son apparition dans l'importante collection de Charles Winn Esq., Selly Hill, Birmingham. Il est à peu près intermédiaire entre les parents, et possède la forte odeur de rhubarbe qui caractérise ce groupe, malgré l'épithète ajoutée au nom de la seconde espèce, et qui n'est probablement pas très justifiée. Les segments sont blancs lavés de pourpre, et le labelle, notablement pubescent, est blanc strié et maculé de pourpre. Gard. Chron., 4 juin 1892. MASDEV ALLIA X CASSIOPE Hort. — Hybride très intéressant obtenu dans la collection de M. le capitaine Hincks, de Thirsk, qui fait une étude spé- ciale de la fécondation artificielle des Masdevallia et en est déjà à son troisième succès. Cet hybride provient du M. tnangularis fécondé par le M. Harryana ; il a la forme du premier, agrandie et embellie, avec le sépale dorsal réfléchi du second. Comme coloris, il est très attrayant ; la surface est entièrement recou- verte d'un fin pointillé rouge pourpre très dense sur fond pâle, presque jaunâtre, produisant un effet d'ensemble très curieux, tenant le milieu entre le rouge vif et le jaune. C'est en somme une acquisition d'un grand intérêt. Gard. Chron., II juin, p. 749. LAELIO-CATTLEYA X PHOEBE O'Brien. — Hybride provenant du Cattleya Mossiae fécondé par le Laelia purpurata, et obtenu dans la collection de M. Norman C. Cookson, d'où sont déjà sorties tant de belles nouveautés dues à la fécondation artificielle. Comme port, la fleur rappelle à peu près le Laelia purpurata, sauf le labelle, qui a le lobe antérieur très allongé et moins large que dans les deux parents, et les lobes latéraux relevés aux coins. Comme coloris, il est tout à fait distinct; les pétales et les sépales sont d'un riche jaune indien, et le lobe antérieur du labelle est rouge cramoisi pourpré. Une particularité digne de remarque, c'est que cet hybride est le résultat d'un croisement dont l'inverse avait déjà été effectué et avait donné un produit bien diiïérent, le Laelio-Cattleya X Hippolyta. Le L.-C. X Phoebe a été exposé le 3 mai dernier au meeting de la Royal Horticultural Society, à Londres, et y a reçu un certificat de i""^ classe. Gard. Chron., 18 juin, p. 791. Max Garni er. 15 JUILLET 1892 135 CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES XXXVIII. — La serre aux Cattleya et Laelia {Suite, voir p. 121) C. nobilior. Considéré généralement comme une variété du C. Walkeriana. C. Percivaliana. Espèce assez analogue au C. Mossiae, mais plus petite dans toutes ses parties, et fleurissant à la même époque que le C. Trianae, vers la fin de l'hiver. Ses fleurs ont un coloris d'une richesse exceptionnelle, et si elles avaient l'ampleur merveilleuse des précédentes, elles se placeraient dans les premiers rangs du genre. Les pétales et les sépales sont roses, lavés de pourpre, et les premiers généralement plus foncés que les seconds. Les lobes latéraux du labelle ont le même coloris, mais mélangé de jaune; le lobe antérieur est d'un riche cramoisi pourpré nuancé de marron et de jaune d'or, avec les bords pâles ondulés ; le disque est d'un jaune fauve tournant à l'orangé, et strié de pourpre. C. porphyroglossa. Sépales et pétales rouges nuancés de jaune, labelle ayant les lobes latéraux de la même couleur, enveloppant la colonne, et le lobe antérieur recouvert de lamelles et de granulations. Espèce assez rare aujourd'hui. C. qiiadricolor . Yo'w Cattleya Trianae. C. Sanderiana. Une forme du C. gigas. C. Schilleriana. Espèce très analogue au C. Aclandiae, mais ayant le feuillage plus sombre ; on la considère parfois comme un hybride naturel entre cette espèce et le C. gnttata, et il est en effet sensiblement intermédiaire entre eux. Il est originaire du Brésil, probablement de la province de Bahia. Le C. Schilleriana a les fleurs d'un rose bronzé foncé, parfois tacheté; le coloris est d'ailleurs des plus variables dans cette espèce. Le labelle est rouge pourpre rayé de blanc et bordé de rouge vif. La floraison se produit en avril-mai et dure trois ou quatre semaines. Synon5'me : Cattleya Rcgnelli. C. Schofieldiana. Espèce du groupe granulosa, d'une grande beauté de forme 136 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES et de coloris. Les pétales et les sépales sont d'un jaune fauve, nuancé de vert pâle et de pourpre, et abondamment tacheté de rouge pourpre foncé. Le labelle est magenta pourpré, couvert de granulations, avec les lobes latéraux blancs teintés de rose. Fleurit en août. Pays d'origine : Brésil. C. Skinneri. D'une grande tîoribondité et d'un coloris très attrayant, le C. Skinneri est une espèce charmante qui a sa place marquée dans toutes les collections. Il est de taille moyenne comme végétation et comme fleur, et forme de fortes touffes qui présentent à l'époque de la floraison, c'est-à-dire aux mois d'avril et mai, l'aspect de buissons de fleurs. Ses fleurs ont les pétales et les sépales d'un rose pourpré vif, le labelle de la même nuance ou un peu plus foncé, avec le disque blanc formant un ravis- sant contraste. C'est une des plus anciennes espèces connues; il fut découvert dès 1836 par M. Ure-Skl\ner au Guatemala. Sa variété alba, d'un blanc pur sauf une petite macule jaune pâle au labelle, est très belle et fort recherchée. C. speciosissima. Magnifique espèce, de forme et de coloris exquis, et qui n'a qu'un défaut, celui de ne pas fleurir aussi réguhèrement ni aussi abondamment que la plupart des autres Cattleya. Les sépales et les pétales sont d'un rose pâle très doux, à peu près couleur de chair; le labelle, assez arrondi, a le lobe antérieur cramoisi vif avec des marques blanches et jaunes irrégulières vers le centre, et quelques stries améthyste vif. Fleurit aux mois de septembre et octobre, et se conserve en plein éclat pendant environ trois semaines. C. superba. Espèce de taille moyenne, originaire du Brésil, qui produit une assez grande abondance de fleurs. Ces fleurs sont entièrement nuancées de rose vif; le labelle est plus foncé. La floraison a lieu aux mois de mai et juin, et dure de trois semaines à un mois ; les grappes portent de trois à cinq ou six fleurs. Le C. superba est originaire du Brésil, où il fut découvert dès les premières années du siècle par le célèbre voyageur A. de Humboldt, puis par Martius, dans la région de l'Orénoque. M. Rand, qui a fréquemment collecté ce Catt- leya, lui a consacré dans le Journal des Orchidées d'intéressantes notes aux- quelles nous renvoyons le lecteur. La variété splendens est la plus belle forme de cette espèce, très appréciable dans les collections et qui n'a que le défaut d'être un peu moins facile à cultiver 15 JUILLET 1892 137 que le reste du genre. En la cultivant en serre chaude, on obtient néanmoins de bons résultats. C. Trianae. L'une des plus célèbres et des plus belles espèces du genre, d'autant plus précieuse qu'elle fleurit en hiver, un peu après la fin de la floraison du C. Warocqueana. C'est aussi l'une des plus riches en variétés de coloris divers, et dont l'énumération prendrait une place considérable. Le port de la plante et de la fleur fait reconnaître immédiatement le C. Trianae; quant au coloris, on peut dire d'une façon générale que les pétales et les sépales sont d'un rose plus ou moins vif, le labelle moins étalé que dans les C. Mossiae, Mendeli, etc., ayant à la partie antérieure une macule nettement délimitée, d'un rouge cramoisi pourpré éclatant, tandis que le disque est jaune plus ou moins orangé, parfois strié de pourpre. Le C. Trianae fut découvert vers 1860 par les collecteurs de M. Linden dans la Nouvelle-Grenade. Il est au nombre des Cattleya les plus faciles à cultiver et les plus réguliers comme floraison. C. Walkeriana. Espèce de petite taille, mais qui produit des fleurs assez grandes et de forme curieuse et très attrayante. Les pétales et les sépales larges et amples, les premiers surtout remarquablement dressés, sont d'un coloris rose lilacé plus ou moins vif; le labelle a les lobes latéraux érigés, recouvrant seulement en partie la colonne très large, et le lobe antérieur étalé, semi-circulaire, largement bordé de pourpre en avant, tandis que le disque est blanc ou jaune pâle avec quelques fines stries pourpres rayonnant sur la bordure foncée. Le C. Walkeriana est originaire du Brésil, d'où il fut introduit en 1839. Il fleurit vers le mois de février. La variété dolosa et la variété nohilior sont les plus connues; la première se distingue par cette particularité que les tiges florales sont issues du sommet des bulbes, entre les feuilles, tandis que dans le type elles apparaissent à la base, et prennent naissance du rhizome. La seconde a les fleurs plus grandes que le type, et les lobes latéraux du labelle recouvrant la colonne sur toute leur longueur. C. Warneri. Magnifique espèce très analogue au C. labiata vera, et qui ne s'en distingue guère que par l'époque de sa floraison et par des caractères purement horticoles. Elle fleurit aux mois de juin et juillet. Le C. Warneri a été introduit du Brésil vers 1860. Les pétales et les sépales sont d'un rose clair teinté de rouge lilacé pourpré. 138 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES , le labelle a le lobe antérieur d'un beau rouge pourpré, souvent bordé de rose, et le disque jaune d'or ou orangé strié de blanc ou de rose. C. Warscewiczi. Nom donné par certains auteurs au C. gigcis. * * Laelia L. albida. Espèces à fleurs petites, mais très attrayantes, produites par grappes de cinq à huit, et d'un charmant coloris. Les pétales et les sépales sont blancs, le labelle, très allongé, est rose vif plus ou moins foncé, avec la crête jaune. Le L. albida, introduit depuis 1832, est originaire du Mexique. Il fleurit en décembre et janvier; il est malheureusement assez difficile à bien cultiver. Nombreuses variétés, notamment : rosea, à fleurs rose pâle ; salmonea, dont le nom indique le coloris ; Marianae, sulphurea, bella. L. amanda. Ce Laelia est généralement considéré comme un hybride naturel, dont les parents pourraient être le L. crispa ou le lobata, et le Cattleya inter- media. Il est d'un coloris fort gracieux; au point de vue de la forme, ainsi que par les veines réticulées du labelle, il rappelle un peu le C. maxima. Les pétales et les sépales sont rose chair, le labelle un peu plus foncé et veiné de pourpre. Il fleurit au mois d'octobre. Pays d'origine : Brésil. L. anceps. Superbe espèce, l'une des plus précieuses pour la fleur coupée. Il fleurit abondamment, à une époque de l'année qui augmente beaucoup son prix, et ses fleurs, d'une forme très élégante, ont aussi beaucoup d'éclat. Les pétales et les sépales sont rose lilacé vif, le labelle allongé a en avant une macule d'un beau rouge pourpre, et est orné à l'intérieur et à la gorge de stries rouge foncé sur fond jaune d'or. Les fleurs apparaissent en décembre- janvier, et se forment sur une assez longue tige semi-érigée, par grappes de trois à cinq. Pays d'origine : Mexique. Culture en serre tempérée-froide (serre mexicaine). Il existe un très grand nombre de variétés du L. anceps, et notamment, comme le Journal des Orchidées le mentionnait dans son premier numéro, un grand nombre de formes presque blanches. Le L. anceps sl été introduit en Europe dès 1835. L. L. (Sera, continué.) 15 JUILLET 1892 13g LES CATASETUM Le genre Catasetum est connu depuis fort longtemps, et comprend actuelle- ment un nombre considérable d'espèces, provenant pour la plupart de l'Amé- rique Tropicale, quelques-unes du ^lexique ; aussi doivent-elles être cultivées en serre chaude, ou tout au moins, pour un petit nombre, en serre tempérée- chaude. Les Catasetum se rencontrent généralement, à l'état naturel, dans les clai- rières des forêts, sur les hautes branches d'arbres dénudés, exposés aux rayons du soleil. Dans ces régions les pluies durent six mois presque constamment, et la saison sèche se prolonge pendant les six autres mois de l'année; les plantes sont alors dans un état de repos complet, les bulbes perdent leurs feuilles et deviennent secs et durs. Ces conditions sont évidemment très intéressantes à signaler, car il en ressort des indications précieuses pour la culture des Catasetum dans nos climats. Notre collaborateur M. Ed. S. Raxd, dont on connaît la haute compétence dans ces matières, et qui a recueilli lui-même de longues observations sur place, a fait au sujet des Catasetum, la remarque suivante : « Ces plantes, en « général, ne supportent pas d'être cultivées sur des matériaux morts; sur « bloc surtout, elles dépérissent rapidement et meurent. Le seul moyen de les « conserver en bon état est de les cultiver sur des arbres, c'est-à-dire sur du « bois vivant. Faute de connaître cette particularité, j'en ai d'abord perdu « beaucoup, que je n'ai plus redécouverts jusqu'ici, et dont je n'ai malheu- « reusement pas conservé d'échantillons. » Cette observation est assez curieuse, et surprendra beaucoup de cultivateurs d'Orchidées. On comprend encore aisément que tel ou tel genre ne réussisse pas bien sur bloc, dans nos serres surtout, à cause des différences de traitement qui en résultent; il est certain que dans cette culture les racines reçoivent toujours notablement moins d'humidité et moins de nourriture, et sans doute aussi moins d'air; mais dans le pays natal, où les plantes ont la chaleur, l'humidité, toutes les circonstances naturelles propices à leur bien-être, la 140 LE JOURNAL DES ORCHIDEES différence n'est pas la même ; et surtout, on a peine à s'expliquer la distinction entre un arbre vivant et un arbre mort au point de vue de la croissance de l'épiphyte, qui, il ne faut pas l'oublier, n'est pas un parasite. En rapprochant cette particularité de la prédilection manifestée, comme l'expliquaient' dans ce journal M. Bungeroth et M. Rand lui-même, par les Orchidées pour cer- taines essences, et par certaines espèces pour certains arbres spéciaux, n'est-il pas permis de conclure que les rapports entre l'épiphyte et le tronc qui le supporte sont plus intimes qu'on ne l'avait généralement supposé jusqu'ici, et ne se bornent pas à un. simple contact ? Les Catasetum offrent un intérêt particulier au point de vue scientifique, parce qu'ils produisent des fleurs de deux sexes; cette anomalie, qui avait d'abord causé dans la nomenclature du genre des erreurs considérables, est curieuse à étudier au point de vue de la fécondation, et donne lieu à deux remarques intéressantes. D'une part, il semble que la nature ait voulu, dans ce genre comme dans les autres à peu près sans exception, favoriser les croi- sements et empêcher la fécondation légitime d'une espèce par elle-même, ainsi que Darwin l'avait d'ailleurs parfaitement pressenti; en effet M. Rand écrit que, d'après les observations qu'il avait faites pendant de longues années, les fleurs mâles et les fleurs femelles, lorsqu'elles ne sont pas sur la même grappe (ce qui arrive assez souvent), ne s'épanouissent jamais en même temps. D'autre part, cette fécondation, qui ne peut presque pas être autre chose qu'un métissage, est tout particulièrement facilitée par là construction des organes .spéciaux. Dans le genre Catasetum, en effet, les loges des anthères sont reliées à une antenne, qui s'allonge, couchée contre la face inférieure de la colonne, jusque vers l'intérieur du sac du labelle, et se redresse en courbe à son extrémité. Cette antenne joue le rôle d'un ressort, d'une grande délica- tesse ; une autre antenne lui fait pendant, parallèle à elle, sur l'autre bord de la colonne; mais celle-ci est inactive, et, chose remarquable, elle n'a pas son extrémité recourbée en avant comme la première. L'ensemble constitue un appareil balistique à détente extrêmement facile; qu'une mouche, un insecte quelconque, vienne se poser sur la fleur et se promener soit sur le labelle, soit sur la colonne, il ne tardera pas, inévitablement, à rencontrer la pointe de l'antenne-ressort, et à ce contact, les loges de l'anthère seront projetées en avant sur l'insecte. Or les pollinies, généralement plates et de forme assez massive, sont enfer- mées dans une sorte d'étui d'où dépasse seulement le filet qui les réunit, et 15 JUILLET 1892 141 qui est muni à sa base d'une masse d'ordinaire blanchâtre, visqueuse et collante comme de la glu. Cette petite masse reste collée au dos de l'insecte, et avec elle les pollinies ; si cet insecte, dans son vol vagabond, va se poser ensuite sur une fleur femelle, en passant contre le stigmate il mettra sans s'en douter les pollinies en contact avec lui, et elles y resteront collées, opérant la fécondation. Au point de vue de la vie en serres dans nos climats, on pourra remarquer que les Catasetum y produisent rarement des fleurs femelles, et il semble que dans les pays d'origine cette différence existe également, car M. Rand écrit que « dans les Catasetum de tous les groupes, la proportion des fleurs mâles aux fleurs femelles est de plus de mille à un. » Les Cycnoches au contraire, qui se signalent par la même anomalie qu'eux, donnent beaucoup plus souvent des fleurs femelles que des mâles. Mais qui expliquera ces bizarreries de la nature? Les fleurs femelles sont généralement très différentes de forme des mâles, peu nombreuses sur chaque grappe, de taille petite en comparaison des autres, mais d'un coloris plus clair et plus agréable. M. Rand mentionne notamment une espèce qui a les fleurs mâles noires, jaunes et vertes, avec le labelle très frangé, et présentant un aspect vraiment fantastique, tandis que les fleurs femelles sont colorées de vert et d'un beau jaune, très belles, et pourraient être prises au premier abord pour un Cypripedium. Il est difficile d'imaginer l'espèce dont il s'agit ; c'est peut-être le C. Christya- iiHin ou quelque autre voisine, car le groupe des espèces à fleurs sombres et à forme fantastique est fort nombreux (C. gnomus, C. saccaiiiiii, C. barbatum, etc.). Quant aux fleurs femelles, nous avouons être fort peu famiharisé avec elles, et peu de personnes en Europe ont eu l'occasion d'en étudier dans plusieurs espèces. * * La culture des Catasetum en général n'est pas difficile ; ce sont des plantes robustes, végétant bien et donnant des tiges florales de forte dimension ; parmi les Orchidées de serre chaude, ils peuvent être considérés comme des plantes « de fond, » en quelque sorte, moins brillantes, mais moins exigeantes aussi que beaucoup d'autres. Ils affectent souvent des coloris sombres, ce qui écarte d'eux la vogue (quoiqu'il existe d'ailleurs des exceptions très remarquables), mais ils ne méritent pas d'être dédaignés, et la bizarrerie de leurs formes constitue bien souvent un contraste très opportun avec des fleurs plus claires et plus harmonieuses. L. L. (Sera continué.) 142 LE JOURNAL DES ORCHIDEES LÛDDEMANNIA PESCATOREI linden et rchb. f. J'ai eu le plaisir de recevoir ces jours-ci, grâce à une aimable attention de M. KiENAST-ZoLLY, l'amateur très distingué de Zurich, une inflorescence de cette espèce si curieuse. Ce n'est certes pas une nouveauté, car son introduction remonte à quarante-quatre ans; mais c'est une très grande rareté, et encore aujourd'hui l'une des plantes les plus mystérieuses de la famille. Voici dans quels termes M. Rolfe, de Kew, la mentionnait il y a trois ou quatre ans dans le Gardeners' Chronide : « Une belle inflorescence envoyée à Kew par M. F. W. MooRE,de Glasnevin, « pour être déterminée, est reconnue comme appartenant à cette rare et « superbe espèce, et rappelle la plante d'une espèce très proche alliée, le « L. Lehmanni, exposée par Sir Trevor Lawrence à South Kensington, et « qui excita tant d'intérêt. Le racème que j'ai actuellement sous les yeux a un « peu moins de 90 centimètres de longueur, et est couvert sur sa plus grande « partie de fleurs orangé et brun analogues à celles d'un Aerides, qu'elles « rappellent bien comme port. « L'espèce fut introduite en 184.8 par M. Linden, et fleurit dans la collection « de M. Pescatore, à Paris. Ce fut d'après quelques fleurs détachées de cette « plante que Lindley la décrivit sous le nom de Cycnoches Pescatorci, en men- « tionnant que la grappe avait quatre-vingt-dix centimètres de longueur et « portait quatre-vingt seize fleurs. La planche publiée par M. Linden dans la « Pescatorea, I, t. 22, représente la grappe trop lâche, car les fleurs sont un peu « moins nombreuses sur l'inflorescence de M. Moore, et cependant le racème « est beaucoup plus dense que dans la planche en question. « L'espèce est originaire d'Ocana, et fut découverte par Schlim à une altitude « de 3000 mètres au-dessus du niveau de la mer. « Mais cette remarquable plante, qu'est-elle exactement? Est-ce un véritable « genre, ou une forme sexuelle de Cycnoches, d'Acineta, de Peristeria ou « d'autre chose ? Bentham la rapporte au genre Cycnoches, mais comme on « connaît les deux sexes de ce genre, je ne crois pas qu'elle puisse y rentrer; « encore ne parlé-je pas de la différence de port. Les conclusions auxquelles 15 JUILLET 1892 143 « s'est arrêté Reichenbach sont plutôt favorables au genre Acineta, car il dit « qu'une certaine année MM. Veitch lui avaient envoyé ce qui paraissait être « un Lùddemannia et que l'année suivante la plante montra l'abominable « inflorescence de V Acineta erythroxantha, dont il obtint d'ailleurs de bonnes « semences. Les personnes qui voudraient lire cette intéressante note dans « l'original pourront consulter le Journal of the Royal HorticuUural Society, « p. 20. Néanmoins Reichenbach conclut en disant que les Lùddemannia sont « peut-être des formes sexuelles d'Acineta, ou peut-être de Peristeria. Il est « certain que des plantes que l'on croyait être des Lùddemannia se sont révélées « par la floraison comme des Acineta, mais il paraît étrange que personne n'ait « vu un Acineta produire des variations de ce genre; et puis le pollen de ce « genre semble être parfait. Il est donc à espérer que la plante de M. Moore « continuera à prospérer et à fleurir tous les ans, et que nous aurons l'occasion « de recueillir ainsi de nouvelles informations. » Je puis ajouter que l'examen d'une partie de l'inflorescence provenant de la collection Kienast-Zolly n'a fait que confirmer M. Rolfe dans l'opinion que les Lùddemannia constituent bien un genre, et le L. Pescatorei une espèce distincte. L. L. LES GRANDES INTRODUCTIONS NOUVELLES Warscewiczella Lindeni La gravure ci-dessous (fig. 17) donnera une idée très exacte de cette nouvelle espèce, introduite récemment par L'Horticulture Internationale, et dont l'apparition a causé une grande impression. Le Warscewiczella Lindeni a les fleurs de très grande taille ; la gravure est à peu près de grandeur naturelle. Il se distingue au premier abord d'une façon saississante par son coloris blanc et par la forme du labelle très ample et largement étalé. Les sépales et les pétales, étalés horizontalement d'une façon curieuse, sont blanc pur; le labelle, également blanc, porte à la gorge quelques lignes bleu violet un peu irrégulières qui s'étendent en avant jusqu'à la moitié de la longueur du lobe antérieur. La nouvelle espèce sera probablement consi- dérée comme une des plus belles, sinon la plus belle du genre. Elle a produit sur les connaisseurs l'impression la plus favorable à Bruxelles, où elle a .144 LE JOURNAL DES ORCHIDEES obtenu de L'Orchidéenne un Diplôme d'honneur de i'''= classe à l'unanimité, comme à Londres, où elle a reçu un Certificat de i''^ classe à un meeting de la Société Royale d'Horticulture. Les botanistes de Kew nommeront probablement cette belle Orchidée Zygo- peialum Lindeni, le genre Warscewiczella étant aujourd'hui rangé à l'état de yf-> T. Fig. 17. — Warscciviczella Lindeni (d'après le Journal of Horticulture). simple section ; mais au point de vue horticole, j'avoue que je préférerais le nom sous lequel elle est déjà connue, car les Warscewic^ella forment un groupe bien caractéristique, facile à reconnaître, et il est fâcheux de changer aujour- d'hui une habitude si bien prise. Ce n'est pas un avantage si commun, que celui d'un genre facile à reconnaître pour les amateurs qui ne sont pas savants. Les Warscewic2ella se reconnaissent aussi un peu au coloris, et c'est une 15 JUILLET 1892 145 chose assez curieuse que la fréquence dans certains genres d'une couleur par- ticulière, apparaissant dans la plupart des espèces. Dans le genre Warscewic- zella, la nuance la plus habituelle est le pourpre, tirant plus ou moins sur le violet. C'est ainsi que le W. discolor est jaunâtre clair, nuancé de violet indigo, avec le labelle teinté de cette couleur; le W. candida a les fleurs rose pourpré et le labelle marqué de pourpre; le W. picta a le labelle marqué de pourpre; le TF. Wailesiana a le labelle veiné de violet; le W . Wendlandi a le labelle veiné de pourpre avec des dents violettes ; le W. aromatica a le labelle pourpre foncé. Ainsi le rouge domine dans le Cattleya, le jaune dans les Dendrobium et les Oncidium, le bleu dans les Aganisia, le brun foncé dans les Catasetum, etc. Max Garnier. CONSEILS UTILES Les Chysis aurea sont encore en fleurs actuellement, et leur floraison est fort attrayante, de belle grandeur, de forme charmante et de coloris très gracieux. Les Chysis n'ont qu'un défaut, c'est que leurs fleurs passent généralement vite, surtout le C. aurea. Il serait cependant facile de les conserver beaucoup plus longtemps, moj'ennant une précaution fort simple. Ce qui fait passer ces fleurs si promptement, c'est qu'elles sont fécondées, et, chose rare dans la famille des Orchidées, fécondées par leur propre pollen. La fécondation directe se fait très facilement dans ce genre, et même il arrive assez souvent qu'elle s'opère avant l'épanouissement de la fleur; par suite, la colonne ne tarde pas à gonfler et les segments s'affaissent ; la fleur n'est plus alors bonne qu'à couper. Le nom générique rappelle même cette particularité; il vient d'un mot grec qui signifie fusion. Il fut donné par Lindley qui fonda le genre sur l'espèce C. aurea, et qui avait été frappé du boursouflement de la colonne et de l'appa- rence malformée de l'anthère, circonstances dont il n'avait peut-être pas discerné la véritable cause. Il est presque toujours facile d'éviter la fécondation, en enlevant les polli- nies dès que les fleurs viennent de s'ouvrir; de cette façon on conservera ces fleurs beaucoup plus longtemps. 146 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Lorsque les feuilles d'Orchidées souffrent d'un accident local, provenant du fait des insectes, ou de certains champignons, par exemple, la chloroph5dle n'est détruite que dans les parties lésées ; il se produit alors des taches brunes, qui peuvent dans certains cas s'étendre et gagner toute la surface, mais qui ne se propagent que lentement. Il faut alors examiner avec soin l'organe malade, et enlever les insectes ou les champignons par un lavage minutieux, opéré jusque dans les moindres replis, avec de l'eau de nicotine. Si le mal est trop étendu, le mieux sera de couper la feuille atteinte. Il arrive souvent que des fumigations trop denses ou trop prolongées font noircir les feuilles; c'est le grand inconvénient des fumigations de vicier l'air des serres si elles ont une longue durée, et il faut reconnaître qu'elles seraient inefficaces dans le cas contraire. Les Masdevallia et les Odontoglossum sont particulièrement sensibles à cette cause de maladie. Ignotus. LES ORCHIDEES POPULAIRES V. — Phalaenopsis Schilleriana Cette splendide espèce, d'un port, d'une forme et d'un coloris si gracieux, est assurément une des merveilles de la serre chaude. Égale en grandeur au P. gi'andiflora, elle contraste avec lui par le coloris rose tendre de ses fleurs, relevé ça et là par un fin pointillé rouge vif, et par le jaune clair du callus du disque. Ses feuilles elles-mêmes, d'un vert sombre marbré d'une façon irrégulière de blanc grisâtre, sont d'une grande élégance. Le P. Schilleriana produit des tiges florales d'une longueur remarquable, très ramifiées et portant un nombre considérable de fleurs. Ces fleurs se conservent fort longtemps. Il fut introduit de Manille en 1S58 par le consul Schiller, de Hambourg, che2 qui il fleurit pour la première fois au printemps de 1860, et à qui il fut dédié à juste titre par le célèbre professeur de Hambourg, Reichenbach. Il avait cependant été découvert quelque temps auparavant et expédié en Europe, mais un accident avait empêché qu'il fût connu dès cette époque. Voici, en effet, ce que Seeman écrivait dans la Bonplandia, le i" juin 1856, en parlant de la collection de M. Linden, à Bruxelles : « Il est arrivé un lot de Phalaenopsis ainabilis... ; au bout de 15 JUILLET 1892 147 « quinze jours tous les exemplaires étaient remis du voyage ; un nouveau « Phalaenopsis, à feuilles tachées d'argent, n'a malheureusement pas pu être « sauvé. » Il ne tarda pas à être introduit en Europe en quantités a.ssez considérables, et devint rapidement une des Orchidées de serre chaude les plus recherchées des amateurs. Dès 1862, on signalait sa floraison en Angleterre, et l'année suivante, une plante appartenant à la collection de M. R. Warner produisait une panicule d'une longueur d'un mètre, portant 76 fleurs épa- Fig. 18. — Phalaenopsis Schillcriana, nouies; il était facile dès lors de prévoir quelle place importante cette magni- fique espèce était appelée à prendre dans les collections d'Orchidées. Le P. Schilleriana atteint quelquefois des dimensions considérables ; parmi les spécimens les plus remarquables, M. Rolfe {Lindenia, 1889, p. 74) cite celui que M. Warner envoya en 1869 à l'exposition de S' Pétersbourg, et qui, avec ses 120 fleurs épanouies, produisit une grande impression ; puis celui qui fleurit dans les serres de Lady Ashburton , et qui fut figuré dans le 148 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Gardeners' Chronicle en 1875. Cet exemplaire portait trois panicules, ayant respectivement 96, 108 et 174 fleurs, soit ensemble 378 fleurs. Cette plante fut vendue à la salle Stevens, le 28 juillet 1875; l'acquéreur, Sir Trevor Lawrence, la paya 32 guinées (840 francs). Le P. Schilleriana croît, de même que plusieurs de ses congénères, aux îles Philippines, dans des endroits hunlides et ombreux, sur les versants des mon- tagnes, à une altitude de 370 à 500 mètres, c'est-à-dire un peu plus haut que le P. Aphrodite (ou P. amahilis des serres). Il est rare qu'on puisse en obtenir des divisions, et toutes les plantes, ou à peu près, qui en existent dans les cul- tures ont dû être importées des pays d'origine. Le P. Schilleriana produit d'assez nombreuses variations, dont quelques- unes ont reçu des noms distincts, notamment la variété delicata dans laquelle les segments sont lavés de rose très pâle; la variété splendens, grande et d'un riche coloris ; la variété vestalis, blanche avec très peu de taches jaunes ; enfin la variété imniaculata, entièrement blanche, avec le disque jaune et les lobes latéraux du labelle bordés de violet, sans aucune macule. Notre gravure (fig. 18) montrera en même temps au lecteur la forme et le mode d'emploi des soucoupes en terre dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises. Ces soucoupes sont fort commodes pour élever les pots et rapprocher les plantes de la lumière, ou en mettre quelqu'une particuhèrement en évidence; elles ont surtout le grand avantage de permettre d'entretenir autour des plantes une humidité constante très favorable à la végétation des Orchidées. Il n'est pas nécessaire en général d'en mettre une au-dessous de chaque plante, ce qui ferait peut-être un excès d'humidité, une de loin en loin suffit. On en emploie naturellement un. plus grand nombre dans les serres froides, pour les Odon- toglossum, Masdevallia, Disa, etc. G. Rivois. ERRATUM. — Quelques erreurs d'impression se sont glissées dans le texte de la lettre de M. Roman, pubhée dans notre dernier numéro; le lecteur aura déjà fait de lui-même les rectifications suivantes : Page 125, avant-dernière ligne : au moins on ne pourra soutenir, etc. Page 126, ligne 6 : il ne suffit pas que je sois persuadé. ■ Page 128, ligne 19 : activité au lieu d'actualité. PETITES NOUVELLES ET PETITE CORRESPONDANCE L. C, à Vienne. — La vanille utilisée comme condi- ment et assaisonnement est la V. aromatica. Cette espèce produit aisément ses graines dans les serres de nos climats (par la fécondation artificielle bien entendu), et contrairement à ce qu'on aurait pu croire, plusieurs auteurs mentionnent que ces graines sont aussi parfu- mées qu'à l'état naturel. Nous ne saurions vous indiquer exactement la prépa- ration culinaire que les gousses de Vanille doivent subir avant de pouvoir être employées dans les desserts; il est probable qu'elles sont sécliées au soleil ou dans le four. Quant aux autres geni-es, et notamment aux Cattleya, nous n'avons jamais observé ni entendu dire que leurs graines fussent parfumées d'une façon analogue. Ou pourrait en faille des essais, mais il serait bon d'y apporter une certaine prudence, car, ainsi que vous le dites fort bien, il se peut que certaines graines soient vénéneuses. R. V. B. — Les Odontoglossum ont toujours, ou presque toujours, les feuilles plus longues d'un côté du bulbe que de l'autre (nous parlons des feuilles qui par- tent de la base). C'est du côté oii la feuille est la plus longue qu'apparaît la tige florale, à moins (ju'il s'en forme des deux côtés, ce qui se voit aussi. 1^. P. — Le Catasetum Christyanum (l'y en second lieu, le nom étant dérivé du nom propre Christy) a les pétales érigés, comme dans la plupart des espèces du genre, d'ailleurs, et collés contre le sépale dorsal ; les pétales et les sépales sont d'un brun foncé, presque noir; le labelle est un peu plus pâle, et a une forme semi-globuleuse, à cause du sac très prononcé et arrondi. Le lobe antérieur est vert lavé de brun, très denticulé et frangé sur les bords ; les lobes latéraux sont vert clair, garnis sur les bords de franges qui afïéctent la forme de longs cils noirâtres. La colonne est verte. — L'abondance des matières nous a obligé de re- mettre au prochain article la question culture. Nous ne l'oublierons pas, soyez-en certain. lADHIKIlCD régisseur ou garde, même place depuis 19 ans, ayant obtenu ONZE MÉDAILLES, or, UnnUINlLn vermeil et argent dans divers concours, connaissant la culture des Orchidées, demande emploi en France ou en Belgique ; la femme pourrait au besoin faire la cuisine. S'adresser au bureau du journal, aux initiales P. M. I A D n I Kl I C D ^'^''ié sans enfant, 28 ans, demande place dans maison bourgeoise, région rapprochée de JAri U 1 1\ I Lri Paris ou Maisons-Laffitte. S'adresser à M. Louis Girard à Guitrancourt (Seine-et-Oise). LE MONITEUR D'HORTICULTURE LE MEILLEUR MARCHÉ DES JOURNAUX HORTICOLES FRANÇAIS Publié sous la direction de M. LUCIEN CHAURÉ Officier d^ Académie — Chevalier du Mérite agricole Parait le lO et le S 5 de cliaq.vie m-ois PRIX D'ABONNEMENT : Édition simple, 6 fraiieis par an. Édition avec cliromolitliographies, 12 francs par an E isT V o I r> ' xj 3sr ivn o i s or,a.tis s xj r, id e ivI a. kt r> e S'adresser au bureau du Journal, 14, rue de Sèvres, PARIS. L m m jj RE llTERMTl 1 uL au Parc Léopold .A- B I?, TJ 2^ E L Xj E S ORGANISE DANS SES LOCAUX UNE VASTE EXPOSITION-VENTE SPÉCIALE D'ORCHIDÉES IIYIPORTÉES en exemplaires de toutes forces Oiivrei*te du 1'' ou 31 «luillet eoui:*£fcnt S:^^ Les listes d'importations sont communiquées à toutes les personnes qui en font la demande. > Nota Benp:. — Etant ses Propres importateurs — c est-ù-dire vendant toutes ses importations de pre- mière main ~ L'HORTICULTURE INTERNATIONALE peut céder ses plantes en sujets beaucoup plus forts et à BIEN meilleur COMPTE qu'on ne les trouve généralement dans le commerce. C'est ce qui explique qu'elle peut mettre en vente d'aussi beaux exemplaires à un prix aussi réduit. Jl 1 (SOCIÉTÉ ANONYME) ATELIERS DE CONSTRUCTION A MARLOIE Bureaux : 19, rue d'Idalie, Ixelles- Bruxelles ATELIERS DE CONSTRUCTION FONDÉS EN 1891 CE QUI A PERMIS DE LES MONTER AVEC LES DERNIERS PERFECTIONNEMENTS Appareils pour Chauffage à Eau chaude Économie de 50 7" sur le combastile en comparaison de tous les systèmes connus La Société a été fondée par un groupe cV Amateurs et d'horticulteurs pour perfectionner les appareils de chauffage, dont tous les systèmes connus auparavant laissaient à désirer sous tous les rapports. Chauffayes pour serres à Orchidées JARDINS D'HIVER, SERRES, FORCERIES ÉCOLES, THEATRES, HOPITAUX MUSÉES, HOTELS, PRISONS, ATELIERS, ÉDIFICES PUBLICS, USINES, ETC. ÉCONOMIE. SOLIDITÉ. ÉTIDES. DEVIS Nos appareils perfectionnés ont remplacé, à l'entière satisfaction des propriétaires, en 1891-1892, ceux qui existaient auparavant chez: S. M. le Roi des Belges, à Ciergnon ; M. G. Warocqué, au château de Marieniont (dix chaudières); D"' Capart, à Bruxelles; Jamar, à Boitsfort ; L'Horticulture Internationale (Liuden), à Bruxelles (toutes les grandes installations nouvelles); Martin-Cahuzac, à Bordeaux; j\IM. le comte de Moran, Morel-Jamar, Dallemagne, Grosjean, baron de Meylhand, comte de Liedekerke, de Ramaix, etc., etc. On peut les voir fonctionner journellement à L'Horticulture Internationale. L'HORTICULTDRE INTERNATIONALE Parc Léopold, Bruxelles. Adresse télégraphique : LINDENIA, Bruxelles RÉOUVERTURE DE LA SERRE D'ORCHroEES D'OCCASION Vendues à plus de 50 j^our cent de Rabais A la demande d'un grand nombre de nos clients, nous leur annonçons que nous avons ouvert, depuis le le>^ Juin, notre SERRE D'ORCHIDÉES D'OCCASION. Nous nommons ainsi une serre dans laquelle les amateurs trouveront peiiclaiit tout l'Été des Orchidées qui, par suite de légers accidents (feuilles déchirées, brûlées, jaunies etc.) auraient besoin de quelque temps de culture pour se refaire et pouvoir être vendues aux PRIX ORDINAIRES, ainsi que les importations, qui arrivées cependant en bon état, ne seraient pourtant pas dans des conditions assez belles pour pouvoir être vendues au même prix que les exemplaires que nous four- nissons communément. ETos belles et nombreuses îiiiportatîoiis nous permettent d'être très sévères sur ce point, et de mettre en réforme une quantité de très bonnes plantes. Nos clients et les amateurs sont donc vivement engagés à visiter souvent notre SERRE D'OCCA- SIONS; nous ne douions pas qu'ils n'y trouvent fréquemment des PLANTES RARES, de reprise rapide, qu'ils pourront acquérir à PLUS DE 50 POUR CENT de rabais. Le prix des plantes est indiqué sur chaque exemplaire. MM. les amateurs voudront bien se rappeler qu'il n'est pas nécessaire de faire des achats pour visiter l'Établissement. Comme nous ne fournissons à nos prix ordinaires que des plantes de tout premier choix, nous sommes très larges dans ce que nous appelons les PLANTES RÉFORMÉES. MM. les amateurs peuvent faire de VÉRITABLES TROUVAILLES parmi elles, car beaucoup de ces plantes sont supérieures, COMME SANTÉ ET COMME FORCE, à la généralité des plantes vendues ordinai- rement par les maisons concurrentes ou aux enchères publiques. La plupart des plantes réformées, vendues comme occasion, n'ont pas fleuri; il pourra se trouver parmi elles des variétés supérieures de grande valeur. Nous publions fréquemment une liste avec prix des ORCHIDÉES D'OCCASION, pour les ama- teurs qui ne peuvent venir les visiter à l'Établissement. Si:S" La liste numérotée des ORCHIDÉES D'OCCASION est à la disposition des amateurs. LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE PAR LUCIEN LINDEN Administrateur-Directeur de L'Hokticulture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Max G-arnier, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G. Joris, E. Roman, A. Van Imschoot, Fr. Desbois, D-- G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, A. Bleu, D-" Van Cauwelaert, E. Bungeroth, Ch. Vasseur, G. Miteau, James O'Brien, R. Martin-Cahuzac, D-- Capart, Comte de Bousies, G. Mantin, J. du Trieu de Terdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Rivois, J. Hatos, P. Silver, A. Ducos, A. Dallière, J. Nôtzli, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellner, Carlos Starker, A. de la Devansaye, FI. Claes, de Meulenaere, G. Diretti, A. van den Heede, Siesmayer, A. Wincqz, G. Kittel, Baron de Meylhand, Ch. Béranek, S^j et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. » Prix de rAbonnement : 10 francs par an I»a,raît le 1" et le ir> «le cliaqvie mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES Dépositaire pour la France : IVI. O. DOIN, Éditeur, 8, Flace de l'Odéon, PA-RIS. Giind, impr. Eiig. Vanderhaeghen. LINDENIA iooisroaii^r»HiE; des ouchliuéibs PUBLICATION MENSUELLE IN-FOLIO Ohaque livraison contient quatre belles planches richement coloriées Rédacteurs : LUCIEN LINDEN, EMILE RODIGAS, R. A. ROLFE Bureaux : 100, Rue Belliard, à Bruxelles îg^^=* « Le plus beau, le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées » Le prix de ces volumes a été flœé comme suit : 1" Volume (presque épuisé) 125 fr.; 2"" Volume, 100 fr.; 3'"'' Volume, 75 fr.; 4'"^ Volume, 70 fr.; 5"^" Volume, 65 fr. ; 6'"'^ Volume, 65 fr. 7"" VOLUME (EN COURS DE PUBLICATION) : 60 FRANCS I^es sept volumes pris ensemble : l$00 Trancs. La Lindenia publie également DEPUIS LE 1er FÉVRIER 1891 UNE ÉDITION ANGLAISE EN VOLUMES DE 6 LIVRAISONS (2 VOLUMES PAR AN) Pi*i:x. de l'abonnement à etiaque volume : S^ shillings pour Fédition anglaise. L'ORCHIDÉENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES Présidents d'Honneur : MM. .1. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Comte DU BUYSSON, auteur de l'Orchidophile, pour la France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises,pour les Pays-Bas. SECRÉTARIAT : 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : PrésideiU : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique; Secrétaire : M. LUCIEN LINDEN, administrateur-directeur de L'Horticulture internationale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire. LES MEETINGS SONT SUSPENDUS PENDANT LES MOIS DE JUILLET ET AOUT. lAPniKIIPP régisseur ou garde, même place depuis 19 ans, ayant obtenu ONZE MÉDAILLES, or, UnnUIIM I Lri vermeil et argent dans divers concours, connaissant la culture des Orchidées demande emploi en France ou en Belgique ; la femme pourrait au besoin faire la cuisine. S'adresser au bureau du journal, aux initiales P. M. SOMMAIRE DU 58"' NUMÉRO Pages Chronique Orchidéennc mensuelle 149 Causerie sur les Orchidées. — XXXVIIII 152 Étude sur le traitement des Orchidées par les engrais minéraux 157 Études de botanique élémentaire sur les Orchidées 161 I ILvdl 1= O I^ T.A-T I O ItT S D'ORCHIDÉES DU BRÉSIL L'HORTICULTURE INTERNATIONALE informe MM. les amateurs d'Orchidées qu'elle a reçu dans ces der- niers mois, un nombre considérable d'Orchidées du Brésil, notamment des Cattleya splendides, des 07%cidium, des Laelia purjotfrata, L. elegans, des Epidendrum^ etc., et beaucoup d'espèces nouvelles. DES LISTES DE CES IMPORTATIONS SONT COMMUNIQUÉES SUR DEMANDE Indicalion de prix suivant les forces et les quantités demandées NOTA. — Les plantes importées sont dans un état parfait de fraîcheur et de santé, et à des prix beaucoup plus réduits que partout ailleurs. LE MONITEUR D'HORTICULTURE LE MEILLEUR MARCHÉ DES JOURNAUX HORTICOLES FRANÇAIS Publié sous la direction de M. LUCIEN CHAURÉ Officier cV Académie — Chevalier du Mérite agricole Parait le lO et le S 5 de cliaq.ue mois PRIX D'ABONNEMENT : Édition simple, 6 francs par an. Édition avec chromolithographies, 13 fraucs par an Eig-VOI 13'TJlSr 3S/I O I s GE,A.TIS S XJ R, 13 E I«I A. KT 13 E S'adresser au bureau du Journal, 14, rue de Sèvres, PARIS. l" AOUT 1892 149 CHRONIQUE ORCHIDÉENNE MENSUELLE DEUX PARFUMS à ajouter à l'énumération donnée récemment dans ces pages, et qui méritent d'être cités à cause de leur énergie et de leur originalité ; le Catasetum atratnin possède une forte et agréable odeur de géranium ; VAcineta Humboldti exhale une odeur très caractérisée de bois de santal. On pourrait également ajouter, comme parfum réellement désagréable, celui du Catasetum Hookeri. ^ * * * •L'ORTHOGRAPHE DES NOMS BOTANIQUES réserve toujours quelque surprise nouvelle; c'est ainsi que nous remarquions tout récemment la singulière différence d'orthographe qui existe dans l'usage et dans tous les catalogues entre les mots : Laelia harpophylla et Arpophyllum (genre). Y aurait -il là une différence d'étymologie correspondante? C'est fort peu probable, et nous ne nous expliquerions pas, dans ce cas, l'étymologie à' Arpophyllum. Où l'usage l'aurait-il trouvée? A signaler à V Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux. * M. LE COMTE DE BOUSIES nous a adressé au commencement de juillet, de sa belle collection d'Harvengt, plusieurs fleurs de Cattleya appartenant à diverses espèces, mais toutes d'un choix des plus remarquables ; nous citerons notamment : un superbe Cattleya Mossiae, un C. Mendeli, un C. Buyssoniana, d'une taille géante, et surtout un C. gigas, vraiment merveilleux. Les deux fleurs que nous avons reçues de ce dernier avaient les dimensions suivantes : largeur du labelle, 7 centimètres et demi ; largeur des pétales, 8'='"25. Le coloris n'était pas moins beau que la forme, et le labelle, d'un splendide rouge pourpre foncé, surpassait en éclat tout ce qu'on peut imaginer dans ce genre si riche en merveilles. I5Q LE JOURNAL DES ORCHIDÉES M. W. WATSON, dont le nom est bien connu des lecteurs de ce journal, ainsi que de Ulllustration Horticole et des publications de l'étranger auxquelles il a fréquemment collaboré, vient de recevoir une des médailles attribuées par la Société Royale d'Horticulture de Londres, sur le Veitch Mémorial Fund, aux jardiniers et professionnels qui ont le mieux mérité de l'horticulture. Tous ceux qui connaissent M, W. Watson applaudiront à cette distinction si bien méritée ; à ceux qui ne le connaissent pas (de ce côté de la Manche), nous citerons seulement cet extrait d'un article dans lequel le Gardeners' Chronicle retrace sa carrière : « W. Watson quitta l'école, il y a vingt-trois ans, pour faire son appren- «' tissage de multiplicateur dans l'établissement de MM. S. P. Keer et fils, à « Liverpool; de là il passa à la Rock Ferry Nursery de M. G. Smith, puis « chez MM. T. Davies et fils. Il travailla également dans le fameux établis- « sèment de culture de vignes de M. J. Meredith à Garston, puis chez « MM. R. Pennell et fils, de Lincoln, comme multiplicateur. Il vint ensuite « à Londres, où il fut employé pendant deux ans chez MM. Hugh Low et C'^ « En 1879, il obtint le poste de premier jardinier et multiplicateur aux « Jardins Royaux de Kew. Lorsque feu M. J. Smith quitta les fonctions de « Cttrateur (directeur des cultures), il y a six ans, le poste de sous-curateur « fut créé pour M. Watson, qui partage aujourd'hui avec M. Nicholson, « curateur, la responsabilité de la surveillance des collections de plantes « vivantes, avec la charge spéciale des plantes de serre. Il a écrit un ouvrage « populaire sur les Cactées et un autre sur les Orchidées. » * * * LE CATTLEYA ALEXANDRAE a été récemment figuré dans un excellent journal anglais, le Gardeners' Magazine, qui a consacré à cette remarquable nouveauté une superbe planche hors texte. Le Gardeners' Magazine, bien connu, d'ailleurs de beaucoup de nos lecteurs, est un des journaux horticoles les plus populaires d'Angleterre, et l'un de ceux qui s'attachent le plus scrupuleuse- ment à tenir leurs abonnés au courant des nouveautés intéressantes, avec une complète impartialité. * * * UNE NOUVELLE MONSTRUOSITÉ, fort curieuse, nous a été adressée dans les premiers jours de juillet par M. F. della Porta, de Como. C'était une fleur malformée produite par un Cattleya labiata d'importation récente, et l" AOUT 1892 151 qui n'avait que quatre segments floraux, labelle, un pétale et deux sépales. Le sépale unique avait pris la place du sépale dorsal, et les deux sépales rempla- çaient les pétales à droite et à gauche de la fleur. * * * LES VARIATIONS ATMOSPHÉRIQUES se font ressentir jusque dans les serres, et sans parler des effets habituels de la chaleur et de la sécheresse, qui ont obligé depuis deux ou trois mois les cultivateurs d'Orchidées à augmenter les arrosages, et leur ont permis de diminuer ou de supprimer les feux, le vent violent qui a soufflé sur nos régions au milieu de juillet a contrarié beaucoup les jardiniers. Il était presque impossible d'ouvrir les ventilateurs, et la chaleur dans les serres était étouffante. Quelques cultivateurs ouvrent malgré le vent, et disposent à l'entrée des ventilateurs des châssis de grosse toile pour l'arrêter ; mais ce système présente encore des dangers, le vent entraînant beaucoup de poussières. * * * LE CYPRIPEDIUM CURTISI serait-il un hybride naturel? Telle est la question que pose notre confrère VOrchidophile dans le compte rendu d'une récente exposition. A cette exposition figurait, parait-il, un hybride artificiel absolument identique comme floraison au C. Cnrfisi. Quant à l'origine de l'hybride en question, notre confrère dit que c'était le croisement C. barbato-Veitchi X C- ciliolare. Mais dans le cours du même article, il fait mention d'un autre hybride artificiel également semblable de tout point au C. Curtisi, et celui-ci provient du croisement C. javanico-super- biens X C. Lawrenceaniim ! ! L'article ne renferme-t-il pas quelque confusion ? Il nous semble bien un peu extraordinaire que ce dernier croisement ait pu produire une fleur semblable au C. Curtisi; mais s'il en est bien ainsi, ce fait même n'enlève-t-il pas beau- coup de vraisemblance ou de nécessité à l'hypothèse d'après laquelle le C. Curtisi serait un hybride naturel? Concluons plutôt simplement que dans l'abondance des fécondations artificielles, et de la production d'hybrides secon- daires ou tertiaires qui se succèdent depuis quelques années, on arrivera à avoir toutes les formes et toutes les couleurs, y compris des formes et des couleurs semblables à celles des espèces types. L. L. 152 LE JOURNAL DES ORCHIDEES CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES XXXVIIII. — Les conseils intéressés de « L'Orchidophile » Le journal français, L'Orchidophile, semble s'être donné depuis quelque temps la facile mission de combattre tout ce que nous préconisons. En matière de culture, nous avons eu déjà l'occasion de l'engager à beaucoup de pru- dence, en lui faisant remarquer que la pratique devait être conforme à la théorie, et qu'avant de donner des conseils, il fallait être certain de pouvoir montrer ce qu'ils produisent... Aujourd'hui c'est une autre antienne. II a suffi que nous recommandions la culture en grand des Orchidées pour la fleur coupée, pour que notre confrère la déconseille; voici un échantillon des termes gracieux dans lesquels il le fait dans son numéro d'avril, paru en juillet : « Tous ceux « qui poussent à outrance les amateurs à se lancer dans cette voie n'ont, croyez-le « bien, en vue que la vente de leurs plantes. » Notre très commerçant confrère pense-t-il donc que tout le monde ne se laisse guider que par l'intérêt mercantile ? S'il est si persuadé que l'intérêt est le seul mobile, ne déconseillerait-il pas la grande culture pour la fleur coupée par la raison qu'il n'a pas de stock suffisant à vendre, et qu'il n'est pas importateur en grand ? Celui qui juge si aimablement ses confrères ne peut manquer de trouver juste qu'on lui retourne les mêmes arguments, alors surtout qu'il montre le bout de l'oreille d'une façon aussi évidente ; dès le numéro suivant, il gratifie ses lecteurs de conseils fort intéressés dans lesquels il déclare qu'il n'y a que la culture des Orchidées très rares qui puisse produire ; et il cite comme exemples toutes celles qu'il possède dans ses serres. Cet article a dû faire sourire bien des amateurs, qui savent que c'est la spécialité du directeur de L'Orchido- phile de dénicher, dans les collections, de belles variétés qui ont une certaine valeur... ou de les prendre en commission che2 lui. Tous ceux qui me connaissent et qui connaissent le produit de la fleur coupée savent que je ne me suis laissé guider par aucune espèce d'intérêt en recom- mandant aux personnes qui voulaient se livrer à la spéculation, de cultiver en l" AOUT 1S92 153 grand les Orchidées. Si cette spéculation n'était pas aussi profitable que je l'ai indiqué, elle ne m'aurait pas valu, à la suite de mon premier article, une lettre bilieuse d'un des principaux cultivateurs des environs de Paris ('), et ma campagne ne m'aurait pas fait en lui un ennemi acharné, qui dénigre depuis cette époque l'établissement que je dirige et le Journal des Orchidées. L'Orchidophile s'évertue à prouver que la culture pour la fleur coupée n'est pas rémunératrice. Je suis à même d'être mieux renseigné, et je sais au contraire que plusieurs amateurs en retirent des profits très considérables, et que deux horticulteurs belges entre autres, MM. Vincke et Peeters, ont établi leurs cultures d'Orchidées dans ce but, et refusent le plus souvent de vendre des plantes pour n'écouler que les fleurs ; je sais aussi que les demandes de fleurs coupées sont tellement nombreuses chez eux que souvent ils ne peuvent pas y répondre, et sont eux mêmes acheteurs de fleurs pour satisfaire aux ordres qu'ils reçoivent. Enfin les demandes qui sont faites journellement à L'Horticulture Internationale (quoique j'aie déclaré maintes fois que cet établissement ne vend pas de fleurs) prouvent surabondamment qu'il y a constamment manque de fleurs coupées d'Orchidées sur le marché. Mais sur quels arguments L'Orchidophile fonde-t-il son affirmation ? — Sur deux faits que je vais citer, car ils en valent la peine. En premier lieu, notre confrère se donne lui-même comme exemple et dit : « J'ai essayé de vendre sur « la place de Paris des fleurs de Vincke de Bruges; j'ai fait offrir par un courtier « mes fleurs aux fleuristes des différents quartiers; j'ai remporté nue veste des plus sélect. ^> — Mais ce qu'il n'ajoute pas, c'est qu'il est mis à l'index par les fleu- ristes de Paris. Nous avons lu dans son journal, il y a quelque temps, ses plaintes amères au sujet de ses démêlés avec eux, et puisqu'il a mis le public dans la confidence de ses déboires, il nous permettra de les lui rappeler. Ce premier argument fait déjà preuve d'une certaine dose de naïveté ; le second est peut-être mieux encore. Je cite toujours textuellement : « Pour que « l'acheteur se dérange, il faut que l'amateur soit à sa portée. Les marchands de « fleurs n'hésitent pas à aller à Bruges chercher des fleurs parce qu'ils ont la certi- « tude d'en trouver; ils n' iront pas à Maisons-Laffitte, de crainte de faire un voyage « inutile ('). » /// (i) Qui cultive surtout pour la fleur coupée; mais UOrchidophile assure qu'il n'}' trouve pas de bénéfice. C'est probablement pour l'amour de l'art. (2) UOrchidophile n'est pas très aimable ici pour les producteurs Versaillais ! 154 L^ JOURNAL DES ORCHIDEES Ainsi Bruges est à la portée de l'acheteur parisien, alors que Maisons- LafBtte n'y est pas ! Et si un établissement bien monté, où on « aurait la certitude » de trouver des fleurs d'Orchidées, existait à Maisons-Laffitte, l'acheteur de Paris irait-il encore chercher de préférence ses fleurs au loin? N'est-ce pas avouer bien naïvement qu'une place est à prendre à Maisons-Laffite, ou à Paris et dans ses environs ? J'ajoute que L'Orchidophile se place toujours au point de vue parisien. Nous avons déjà dit et répété qu'il y avait des places importantes à prendre à Paris et ailleurs, dans l'Europe entière. Et puisque les acheteurs de Paris se dé- rangent jusqu'à Bruges, la démonstration est faite. Quant à l'article de L'Orchidophile, il est impossible d'y trouver un raison- nement suivi. Il n'a visiblement pour but que d'être désagréable au Journal des Orchidées.,, et favoriser les intérêts de son éditeur. * * Le même parti-pris se traduit dans un autre article de L'Orchidophile, où il est mentionné que le Gardeners' Chronicle proteste contre une maison belge qui a annoncé l'arrivée de 25,000 Cattleya lahiata. La maison belge, vous le pensez bien, c'est L'Horticulture Internationale. Et notre aimable confrère parisien n'a garde de parler de notre réponse au Gardeners' Chronicle. Pourquoi avons-nous introduit autant de Cattleya lahiata (et même davan- . tage)? C'est parce que nous en avions la demande. — Orchidophile, retournez- vous donc, de grâce, vers les amateurs, et démontrez leur qu'ils ont tort de vouloir remplir leurs serres de belles plantes au risque d'en priver leurs arrières-neveux, ou de laisser sans ornements les pauvres forêts vierges. Est-ce nous qui avons commencé à jeter les Orchidées par aussi grandes quantités sur le marché ? En introduisant les premiers le Cattleya Warocqueana, nous n'en avons importé que quelques milliers, et nous avons maintenu le prix d'émission; mais une autre maison, qui a découvert le nid en faisant suivre nos collecteurs, en a fait venir de grandes masses ; aussitôt on s'est adressé à nous de tous côtés pour en demander des quantités importantes à prix réduits. Il est très amusant de constater que ce sont justement les maisons qui n'ont trouvé d'autre moyen de combattre L'Horticulture Internationale que de prétendre faussement qu'elle vendait plus cher qu'ailleurs, qui se plaignent maintenant que nous vendons trop bon marché. I*'" AOUT 1892 155 Il est naturel qu'une Orchidée provenant des provinces du Brésil où nos collecteurs sont suivis pas à pas par ceux d'une autre maison arrive à être vendue bon marché. Mais il n'en résulte pas que les prix de toutes les Orchidées tomberont pour cela. Cette province du Brésil est le seul point du globe où nos collecteurs étaient en contact. Je dis étaient, car nous avons donné des instructions aux nôtres qui les éloignent considérablement de ceux de la maison de St-Albans. Nous connaissons des endroits plus intéressants à faire explorer, et nous avons trouvé inutile de se couper l'herbe sous le pied plus longtemps l'un à l'autre, alors que nous avons les moyens de faire autrement. « On lassera les amateurs, » dit encore UOrchiclophile. Je ne vois pas bien pour quelle raison les amateurs se lasseraient de ce que nous nous évertuons à leur trouver du nouveau et du beau, le plus souvent au prix des plus grands sacri- fices. Il me semble qu'on doit se lasser davantage des journaux qui ne savent que critiquer ce qui se fait ailleurs, et qui semblent prendre à tâche en effet.de « dégoûter » les amateurs. * * * Dans son numéro de juin, que je reçois au moment de mettre sous presse, le 28 juillet, UOrchidophile fait contre nous une nouvelle charge à fond. Mais sous ses allures de redresseur de torts et d'arbitre de l'horticulture, on retrouve toujours le même jeu, et l'article peut se résumer par la vieille formule : prenez )non ours — agrémentée seulement cette fois de mots regrettables, auxquels nous ne répondrons assurément pas sur le même ton ; le Journal des Orchidées est de trop bonne compagnie pour le faire. Je veux seulement relever les faits inexacts, et montrer à quels pauvres moyens on recourt pour m'attaquer. Ainsi L'Orchidophile me reproche d'avoir désigné une firme étrangère par les mots : « Une maison allemande établie en Angleterre, » et semble vouloir me convaincre d'insulte à l'Allemagne! J'ai, en effet, employé quelquefois cette expression, mais je n'ai jamais eu l'intention de donner à cette tournure de phrase un sens blessant pour une grande nation avec laquelle nous sommes en excellents termes; c'était simplement pour ne pas confondre une maison d'Angleterre avec plusieurs autres. Je suis d'ailleurs très cosmopolite, et je tiens à déclarer que j'ai pour la nation allemande le même respect que pour la nation française. Dans son article spécial intitulé : « Achetons nos plantes à nos compatriotes, » L'Orchidophile étale au grand jour son esprit de commerçant, et laisse percer le véritable mobile de ses attaques. Il y engage notamment ses compatriotes à I^Ô LE JOURNAL DES ORCHIDEES n'acheter de plantes à l'étranger que par son intermédiaire. Comme il touche généralement sur ces achats une commission variant entre 20 et 33 %, on voit immédiatement combien ses bons conseils sont désintéressés ! On voit où L'Orchidophile veut en venir en tombant à bras raccourcis sur les grandes maisons d'introduction...., seulement il manque d'esprit de suite. Il disait il y a peu de mois que les rivalités qui existaient entre les grandes maisons d'introduction ne pouvaient être que profitables aux amateurs ; aujourd'hui qu'une de ces maisons (ou même les deux), se passent de son intermédiaire pour vendre leurs plantes, son opinion est complètement mo- difiée. L'Orchidophile voudrait-il dire quelle est la plante dont nous avons surfait la valeur à grand renfort de publicité? Est-ce le Cattleya jR^a;? Deux plantes exposées à Londres viennent d'y obtenir chacune un certificat de première classe. Est-ce le Cochlioda Notzliana? Il nous a dit lui-même tout le cas qu'il en faisait. Est-ce le Cattleya Warocqueana ? Nous en avons en ce moment même plus de 500 plantes en spathes, qui fleuriront en octobre et novembre pour la troisième fois depuis leur introduction, et prouveront de nouveau l'aveugle- ment de leurs détracteurs. Je dois bien aussi protester contre ce que raconte L'Orchidophile^ au sujet de plantes qui seraient prétendument « poussées t, à L'Horticulture Inter- nationale, à force de chaleur artificielle, et qui ne seraient jamais aérées — C'est, non seulement tout à fait faux, mais tout à fait invraisemblable; un établissement qui cultiverait aussi mal ne vivrait pas longtemps, et n'obtien- drait que de mauvais résultats. Les visiteurs qui viennent chaque jour peuvent du reste vérifier l'inexactitude de ces racontars, et comparer lequel, de l'établissement du Parc Léopold ou de celui de Montmartre, cultive les Orchidées de la façon la plus rationnelle. Je m'en tiens, pour moi, au jugement de Sir Trevor Lawrence, de M. James O'Brien, de M. Watson, de Kew, et de centaines d'amateurs très compétents de tous les pays qui m'ont haute- ment déclaré leur opinion. J'ai tenu à montrer encore aux personnes de bonne foi qui pourraient se laisser abuser, la valeur des conseils et des attaques de L'Orchidophile; je sais bien que son directeur ne se fait pas' d'illusion sur leur portée, sur leur retentissement, ni sur l'influence qu'elles ont sur la marche du commerce orchidéen. Mais il est toujours dangereux de laisser n'entendre qu'une cloche. Néanmoins, que mon gracieux confrère ne se figure pas que j'aurai toujours l" AOUT 1892 157 le loisir de le suivre sur son terrain favori. J'ai réfuté ses assertions fausses; je compte bien ne plus y revenir. Nota. — Un dernier mot à mes lecteurs, que je prie de vouloir bien excuser cette digression un peu longue, mais qui m'a semblé nécessaire. Afin de compenser l'empiétement de la partie actualité sur la partie culture, le prochain numéro du Journal des Orchidées aura quatre pages de plus, consacrées à des questions purement techniques. L. L. ETUDE SUR LE TRAITEMENT DES ORCHIDEES PAR LES ENGRAIS MINÉRAUX Pour répondre aux questions qui lui ont été posées par quelques abonnés sur le mode d'emploi de l'eau nutritive, M. Roman nous envoie l'article suivant, qui n'est que la reproduction, augmentée et modifiée, d'une note dans laquelle il avait exposé, il y a environ deux ans, les raisons qui l'avaient porté à entre- prendre ses expériences, en en faisant connaître les premiers résultats. Eau nutritive I. Depuis longtemps les agriculteurs et les jardiniers se sont préoccupés de donner aux végétaux qu'ils cultivent les engrais les mieux appropriés à leur développement. Sans avoir complètement résolu ce difficile problème, ils sont arrivés à de précieux résultats, et, depuis les dernières études sur les engrais chimiques, on sait, à bien peu de chose près, ce qu'il faut donner à une plante pour la nourrir, pour la faire pousser vigoureusement, et même pour en déve- lopper d'une manière spéciale les parties utilisables. Seules les Orchidées ont été tenues en dehors du progrès, et, en vertu d'un préjugé vraiment inconcevable, on s'obstine aies priver absolument de nourri- ture. On croit que l'air de nos serres et l'eau de nos pluies sont pour elles des aliments suffisants, sous prétexte que, dans leur pays natal, elles n'ont pas d'autres ressources, ce qui n'est pas tout à fait exact. On oublie que l'air de 158 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES ces pays, où la vie est intense, ne ressemble en rien à celui de nos climats; que l'eau des pluies elle-même n'a probablement pas la même composition. Néanmoins, cette erreur tend à se dissiper, et je suis intimement convaincu que, d'ici à dix ans, toutes les Orchidées recevront des engrais et que, pour chacune d'elles, on connaîtra la meilleure composition à employer dans le but d'obtenir de belles et vigoureuses pousses, avec une abondante et riche floraison. Afin de contribuer, dans la mesure de mes faibles moyens, à cet heureux résultat, et dans l'espoir de convertir à mes idées ceux qui répugneraient encore à ce perfectionnement dans la culture de nos plantes favorites, je vais exposer les études que j'ai entreprises depuis trois ans environ, et dont l'application a conduit mes Orchidées à un brillant degré de développement. Mais je dois d'abord faire connaître les raisons qui m'ont amené à la méthode que j'emploie, et examiner ici de quelle manière les Orchidées exotiques, prin- cipalement les épiphytes, se développent dans leur pays natal, à quelle source elles puisent les éléments indispensables à leur constitution, et comment elles se les assimilent. * Il y aurait certainement un grand intérêt à vérifier par des expériences directes, entreprises dans les lieux mêmes où croissent les Orchidées, les considérations que je serai amené à développer. Malheureusement, ces expé- riences sont à peu près impossibles, du moins pour le moment. Certaines des idées que j'émettrai plus loin auront donc nécessairement un caractère un peu conjectural; néanmoins, j'estime qu'elles peuvent avoir un grand intérêt au point de vue des soins à donner à ces plantes dans le milieu factice où nous les faisons végéter, et des moyens de suppléer aux éléments que leur fournit asse2 parcimonieusement la nature dans les pays où elles croissent spontanément. * * * Les végétaux en général et les Orchidées en particulier renferment dans tous leurs organes un certain nombre de corps simples. Les uns sont absolu- ment nécessaires à leur existence et à la constitution de leur charpente; les autres, tout aussi utiles, contribuent à leur prospérité en favorisant spéciale- ment le développement de certaines fonctions indispensables; d'autres enfin paraissent s'y trouver accidentellement, car, malgré la perfection avec laquelle les racines des végétaux sont organisées, elles n'éliminent pas toutes les I*"" AOUT 1892 15g substances qui sont en dissolution dans l'eau des arrosages, et peuvent même absorber de véritables poisons. Les premiers corps sont : l'oxygène, l'hydrogène, l'azote et le carbone; ils entrent pour la majeure partie dans la composition de tous les tissus végétaux et il est inutile d'en faire ressortir ici l'absolue nécessité. Les seconds sont : la chaux, le phosphore, la potasse et l'acide silicique. Les autres comprennent toute la série des substances que contiennent les cendres des végétaux, c'est-à-dire plus de dix corps simples qui ne paraissent jouer aucun rôle important dans Ja végétation. On sait combien les eaux calcaires sont nuisibles aux Orchidées en général; nous nous abstiendrons donc de leur fournir de la chaux en dissolution, et pour celles, très rares, qui en exigent, comme certains Cypripedium, nous leur en donnerons au moyen de pierres calcaires que nous introduirons dans leur compost. Le rôle du phosphore et de la potasse était encore peu connu il y a vingt ans. Aujourd'hui , on s'en rend mieux compte et on s'applique à les fournir aux végétaux en proportion suffisante. Le phosphore favorise la floraison et la production des graines, jouant ainsi, dans le règne végétal, un rôle analogue à celui qu'il remplit dans le règne animal, La potasse est utile au même point de vue. L'acide silicique (ou silice) contribue, pour les végétaux en général, à la fermeté de la charpente ligneuse et se rencontre en incrustations dans les intervalles du tissu cellulaire. La rigidité des tiges florales de diverses Orchidées me porte à croire qu'elles en renferment une certaine proportion. On le rencontre en quantité notable dans la paille du froment, si remarquable par son élasticité. II Comment, dans leurs gisements naturels, les Orchidées épiphytes peuvent- elles s'approprier et s'assimiler ces divers éléments? C'est ce que nous allons examiner avec quelques détails. L'oxygène est répandu dans toute l'atmosphère, et des expériences directes ont démontré que les parties aériennes des plantes l'absorbaient à certaines heures. Il est, en outre, contenu dans l'eau ainsi que l'hydrogène; nous n'aurons donc pas à nous occuper d'en fournir à nos plantes favorites. Il en est de même du carbone. Les plantes le tirent de l'acide carbonique l6o LE JOURNAL DES ORCHIDÉES qui existe dans l'atmosphère en quantité suffisante, et que produit, en outre, à l'état naissant, la décomposition des matières végétales et animales qui pullulent là où l'homme n'a pas introduit la civilisation avec ses cultures épuisantes. On a constaté depuis longtemps que, pendant le jour, les feuilles décom- posent l'acide carbonique, fixent le carbone dans leurs tissus et rejettent l'oxygène; un phénomène inverse a lieu pendant la nuit. Nous n'avons aucune raison de penser que les Orchidées fassent exception à cette règle générale, et par conséquent nous ne nous inquiétons pas de leur procurer du carbone. Seulement, comme l'acide carbonique existe en très faible quantité dans l'atmosphère, nous renouvelons souvent l'air de nos serres afin d'en fournir à nos végétaux une proportion suffisante. La nécessité d'une ventilation éner- gique apparaît ici clairement. A quelle source les Orchidées empruntent-elles l'azote qui leur est néces- saire? Ici la question devient beaucoup plus complexe, car si l'atmosphère terrestre contient près de 80 % d'azote libre, on sait qu'à cet état il n'est pas directement assimilable et que les plantes ne peuvent l'absorber qu'à l'état d'ammoniaque ou d'acide azotique. Or, après un orage, les eaux de pluie renferment, sous nos climats, une quantité très appréciable d'azotate d'ammoniaque. De là vient leur action bienfaisante sur la végétation. Dans les pays où croissent nos Orchidées, il est probable que, sous l'influence de la décomposition spontanée des manières animales et végétales, les eaux d'orage contiennent une proportion d'azote encore plus considérable, et contri- buent pour une large part à approvisionner les Orchidées de ce corps si néces- saire à leur existence. Elles n'ont pas cette ressource dans nos serres, où on les tient à l'abri de la pluie, qui pourrait déterminer la pourriture de leurs tissus, un peu étiolés par la culture artificielle qui leur est imposée. Mais les nouvelles découvertes de MM. Berthelot, Schlœsing et récemment de M. WiNOGRADSKY, permettent de penser que l'eau de pluie n'est pas l'unique source où les plantes épiphytes vont s'approvisionner de produits azotés. On sait maintenant que, grâce à l'intervention de certains microbes (dits nitro monades) qui vivent sur les racines de diverses plantes, celles-ci arrivent à fixer dans leurs tissus l'azote de l'air, que l'action des microbes a préalable- ment transformé en produits nitreux. l" AOUT 1892 161 A défaut d'expériences probantes, il est permis de conjecturer que c'est par un moyen analogue que les Orchidées, dans leur état naturel, reçoivent leur provision d'azote. Mais ces microbes, s'ils existent et s'ils se multiplient dans le voisinage des racines des Orchidées, peuvent-ils les suivre en Europe et se reproduire dans nos serres, où ils ne rencontrent pas les conditions d'humidité, de température, de composition chimique qui sont nécessaires à leur développement ? Cela devient plus que douteux, si on songe à la manière dont les Orchidées sont transportées en Europe. Grâce à leur robuste tempérament, elles peuvent revivre après un long engourdissement, une sécheresse prolongée; mais il paraît impossible d'admettre que le microbe nitrificateur, en l'absence de ses aliments ordinaires (eau, azote et carbonates terreux) puisse subsister des mois entiers et nous parvenir encore vivant sur les racines desséchées. Nous arrivons donc forcément à cette conclusion que, dans les nouvelles conditions où nous sommes forcés de les placer dès leur arrivée en Europe, les Orchidées ont bien peu de chance de pouvoir emprunter au milieu ambiant l'azote nécessaire à leur existence, et comme les matériaux qui, dans nos serres, leur servent de substratum ne sauraient leur en fournir que des doses insignifiantes, il devient nécessaire de le leur administrer, sous forme d'engrais, dans des conditions que nous nous attacherons plus loin à déterminer. E. Roman. [Sera continué.) ETUDES DE BOTANIQUE ELEMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES {Suite, voir p. 129) Historique. — Le genre C5'mbidium fut établi en iSoo par Swartz, célèbre botaniste suédois dont nous avons déjà parlé au sujet des Dendrobium; mais le genre tel que le comprenait Swartz avait des limites beaucoup plus étendues que celles qu'on lui attribue aujourd'hui, et la plupart des quarante-trois espèces qu'il y rapportait ont passé dans d'autres genres. Dans son Gênera (1833), Lindley y admettait encore beaucoup d'espèces hétérogènes; il y faisait rentrer entre autres son propre genre Camaridium, l62 LE JOURNAL DES ORCHIDEES cependant bien distinct; des cinq sections qu'il y distinguait, la première seule, Eucymhidiwn, est restée dans le genre ; encore faut-il exclure des Cymbidium plusieurs des vingt-quatre espèces qu'il y rapporte et qui sont en réalité des Cattleya, des Zygopetalum et des Brassavola. Sa seconde section, pseudo-Vanda, est formée de deux espèces considérées actuellement comme des Luisia. La troisième section, Camaridium, comprend cinq espèces qui ne rentrent pas toutes dans le genre qu'il avait établi dès 1824 sous le même nom et qui est aujour- d'hui généralement admis; la première, entre autres, C. vestitiim, est un Ornithidium. Sa quatrième section, nommée Bolbidium, et formée aussi de cinq espèces, est un ramassis d'Epidendrum, de Cyrtopodium, de Maxillaria et de vrais Cymbidium. Sa cinquième section, Angidium, ne comprend qu'une seule espèce qui est un Govenia. Enfin Lindley termine par trois espèces douteuses, dont une (n° 39) qu'il avait déjà placée précédemment parmi les Eucymbidium (n° 22), et la dernière, C. montanum, a servi en 1881 à Bentham pour établir son genre Octadesmià. Jusque-là, les Cymbidium étaient donc un assemblage confus d'espèces hétéroclites; Reichenbach et surtout Bentham ont plus nettement délimité le genre de Swartz et lui ont donné la forme sous laquelle on l'admet géné- ralement. En 1858, le savant botaniste hollandais, Blume, sépara des Cymbidium son genre Iridorchis; mais cette création ne fut pas admise. Il avait été mieux inspiré en 1849 en établissant le genre Cyperorchis, fondé sur le Cymbidium ■elegans, car nous avons vu que ce genre est considéré comme bien distinct; en 1881, Bentham y a même ajouté les Cymbidium Mastersii et C. cochleare, de sorte qu'il comprend maintenant trois espèces. Distribution géographique. — Beaucoup de Cymbidium sont des plantes des montagnes, qui recherchent le grand air et un peu d'ombre. On en connaît plus de trente espèces, dont deux en Afrique, trois en Australie, une dans la Nouvelle-Calédonie et une au Japon; les autres habitent l'Asie austro-orientale et les îles de la Malaisie. Quant aux trois espèces de Cyperorchis, aucune ne sort de l'Inde. 10° Les Stanhopea La fleur des Stanhopea est certainement l'une des plus bizarres de toutes celles des Orchidées, où l'on rencontre cependant tant de choses étranges. Pour l" AOUT 1892 163 en étudier l'organisation, examinons d'abord le 5. ocnlata (fig. ig), dont les giappes, composées de trois à six très grandes fleurs fort odorantes, pendent d'un long pédoncule naissant directement du rhizome. btiiiihopea oculaia LiNDL. Le périanthe, qui ne mesure pas moins de dix à douze centimètres de diamètre, est étalé presque réfléchi, d'un blanc jaunâtre ou un peu rosé, moucheté de nombreuses petites macules pourprées. Remarquons que les sépales latéraux sont soudés ensemble par leur bas2 sur une longueur de 164 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES I à I 1/2 centimètre, et que les pétales présentent tout en bas une petite dent triangulaire du côté supérieur. Le labelle de cette fleur est un organe très compliqué : sa partie inférieure, longue de deux à deux centimètres et demi, est étalée presque droite, et semble être la continuation de la base du gynostème; elle est fortement creusée par le haut, de manière à présenter l'aspect d'une profonde nacelle; sa couleur est un jaune pâle, avec quelques petites macules pourprées du côté inférieur, et sur les bords de la nacelle, on voit deux grosses macules rondes, d'un pourpre noirâtre, ayant l'aspect de deux yeux, ce qui a suggéré le nom de l'espèce : cette première portion du labelle a reçu le nom à'hypochile (de hypo, qui signifie sous). Le labelle se relève ensuite presque à angle droit avec l'hypochile, en une grosse masse très charnue, présentant en avant un profond sillon longitudinal et se terminant en haut par une forte gibbosité médiane ; toute cette portion est d'un blanc lavé de rose, avec des macules brun pourpré; de chaque côté, on voit antérieurement une côte aiguë, et postérieurement une grosse aile charnue assez élargie; près du sommet de cette partie, la face inférieure donne naissance à deux longues cornes charnues, assez comprimées, qui s'élèvent en se contour- nant en spirale et se terminent en pointe très' aiguë. Toute cette portion moyenne du labeUe constitue le mésochile (de uiesos, milieu); la gibbosité médiane est parfois nommée le mésidium, et les deux cornes sont aussi désignées sous le nom de pleuridium. Enfin le labelle est terminé par une sorte de foliole repliée vers le bas, très épaisse et charnue, largement ovale, presque orbiculaire, aiguë au sommet, fort étroite à la base et comme articulée avec le mésochile : c'est Vépichile (de epi, sur), qui est d'un blanc de cire, avec de très fines macules d'un rose pourpré à la face supérieure. Nous avons dû entrer dans tous ces détails minutieux, parce qu'on ne pourrait comprendre les descriptions des espèces de Stanhopea, si l'on ne connaissait pas la signification précise au moins des trois termes principaux : hypochile, mésochile et épichile. L'étude du gynostème (très arqué inférieurement, à deux ailes assez larges dans sa partie supérieure, et long de six centimètres), de l'opercule de l'anthère, et des pollinies au nombre de deux, ne présente aucune difficulté, d'après ce que nous connaissons déjà. A. COGNIAUX. (Sera coutume.) PETITES NOUVELLES ET PETITE CORRESPONDANCE Nous avons le plaisir d'apprendre queMM.Is. Leroy, d'Armainvilliers, et A. van den Heede, de S*-Maurice- Lille, viennent d'être nommé chevaliers du Mérite Agricole. Le Journal des Orchidées adresse à MM. Leroy et VAN DEN Heede ses bien sincères félicitations. Le Meeting de juin à Garni a été particulièrement brillant ; quinze certificats de mérite, quatre certificats de culture et trois mentions honorables ont été décernés parle Jury pour les Orchidées seules. Parmi les plantes primées , nous remarquons les suivantes : Odontoglossum Cavcdlinianum, fond l)lanc, avec une bordure jaune serin et des taches noires ; Cattleya Gaskelliana alba Van Itnschootiana, Odonto- glossum nobile, tous trois à M. Jules Hye-Leysen; Miltonia vexillaria leucoglossa superba, à M. Lemoi- NiER, portant dix tiges florales, chacune avec cinq à huit fleurs ; Vunda insignis très beau, à M. A. Van Imschoot ; Disa X Veitchi, exposé deux fois, par la Société Louis Van Houtte et par M. Van Geert ; Laelia elegans alba, à MM. Vervaet et C'*; Coelogyne Dayana, à M. le marquis de Wavrin ; Laelia elegans alba, à M. JuLES Hye-Leysen, etc. CD., nie et Vilaine. — Le Laelia elegans Schille- riayia a les pétales et les sépales blancs ou tout au plus légèrement teintés de rose pâle. Le labelle a les lobes latéraux d'un rose très pâle, et le lobe antérieur l'ouge pourpré vif, avec une macule jaune très pâle à la gorge. Le L. elegans est très facile à distinguer du Cattleya intennedia ; il a les segments notablement plus longs et plus larges, le labelle plus allongé en avant, et plus ample, et les lobes latéraux redressés aux pointes. M. P., Isère. — UOncidium Papilio se cultive en serre chaude, sur bloc de préférence, ou en panier, sus- pendu auprès du vitrage. Il demande lieaucoup d'humi- dité dans l'atmosphère et beaucoup d'humidité directe. Pour l'arroser, on seringue de l'eau sur le bloc tous les matins, surtout pendant la saison de végétation active; pendant le repos, l'humidité de la serre sufiit à ses besoins. UOncidium papilio fleurit pendant une grande partie de l'année, pour ainsi dire sans interruption. La fleur se produit à l'extrémité d'une longue tige noueuse flexible ; lorsqu'une fleur est passée, un autre bouton ne tarde pas à se former au nœud suivant, au-dessous de l'ovaire de la première ; après la seconde, une troisième fleur apparaît de la même façon, etc. 2» Les gousses de graines doivent être enlevées quand elles s'entr'ouvrent d'ejles-mêmes. On peut alors les laisser sécher encore un peu dans un endroit conve- nable, puis on les secoue sur le compost d'une plante, de préférence du même genre. A. G., Paris. — Nous avons bien reçu votre fleur, mais elle était un peu trop avancée pour qu'il fût pos- sible de la déterminer exactement. Elle appartient à peu près certainement au genre Batemannia; si vous voulez nous en envoyer une autre fleur, en envelop- pant le pédicelle dans du sphagnum humide afin de la conserver bien fraîche, nous pourrons sans doute vous indiquer d'une façon précise le nom de l'espèce. D. T. — Pour pouvoir répondre à votre question, nous désirerions savoir quel est le genre ou quelle est l'espèce qui vous occupe. D'une façon générale, pour avoir une bonne floraison, il faut donner un repos convenable; le repos doit être plus ou moins long et plus ou moins absolu, selon le genre. Il est bon aussi de tenir la plante un peu sèche vers l'époque de la floraison normale, pour éviter la formation d'une nouvelle pousse aux dépens des boutons. Si les plantes restaient toujours en végé- tation, elles donneraient des fleurs petites et médiocres, ou même elles ne fleuriraient pas. G. R. — 1" Promenaea stapelioides ; 2" Brassia verrticosa ; 3° Quelques auteurs ont considéré le Cattleya t^elutina comme un hybride naturel; mais cette opinion ne paraît pas autrement fondée. Il est délicat de déclarer une plante hybride par ce motif qu'elle ressemble plus ou moins à deux ou plusieurs autres ; il n'y avait cepen- dant pas d'autre argument à invoquer en faveur de cette hypothèse, et quand une plante n'apparaît qu'en un nombre restreint d'exemplaires, on est assez porté à raisonner ainsi. Le C. velutina ayant d'ailleurs été découvert en assez grandes quantités il y a quelques années, il est devenu tout à fait inutile de lui attribuer une origine hybride. W. B. L., Londres. — Nous ne pouvons insérer votre lettre. Vous avez cependant parfaitement raison : les Sohralia imperatri.r et Cyrtopodium inacranthum sont de nouveaux noms donnés à deux anciennes plantes, les Sobralia liliastrum de Lindley et Cyrtopodium Blanchetti de Reichenbach fils, que nous avons réin- troduits, il y a déjà plusieurs mois, sous leurs véritables noms. lADniKilCD ™*"^ ^^°s enfant, 28 ans, demande place dans maison bourgeoise, région rapprochée de uAn U I IN I Lil Paris ou Maisons-Laffitte. S'adresser à M. Louis Girard à Guitrancourt (Seine-et-Oise). L m LTORE IITEEMTIÛM 1 ■ au Parc Léopold J^ B I^ TJ 2^ E L L E S A OUVERT DANS SES LOCAUX UNE VASTE EXPOSITIOK-YENTE SPÉCIALE D'ORCHIDÉES IMPORTÉES en exemplaires de toutes forces Orchidées du Brésil, du Pérou, de la Nouvelle Grenade, du Venezuela, du Mexique, des Indes Orientales, de Madagascar, des lies Philippines, des Indes Néerlandaises, de la Nouvelle Guinée, etc. S:;^=- Les listes d'importations sont communiquées à toutes les personnes qui en font la demande. 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Warocqué, au château de Mariemont (dix chaudières); D'' Capart, à Bruxelles; Jamar, à Boitsfort ; L'Hoeticultuee Inteenationale (Linden) , à Bruxelles (toutes les grandes installations nouvelles); Martin-Cahuzac, à Bordeaux; MM. le comte de Moran, Morel- Jamar, Dallemagne, Grosjean, baron de Meylhand, comte de Liedekerke, de Ramaix, etc., etc. On peut les voir fonctionner journellement à L'Horticulture Lnternationale. L'HORTICDLTDRE INTERNATIONALE Parc Léopold, Bruxelles. Adresse télégraphique : LINDENIA, Bruxelles RÉOUVERTURE DE LA SERRE D'ORCHIDEES D'OCCASION Ve7idues à plus de 50 pour cent de Rabais A la demande d'un grand nombre de nos clients, nous leur annonçons que nous avons ouvert, depuis le le-- Juin, notre SERRE D'ORCHIDÉES D'OCCASION. Nous nommons ainsi une serre dans laquelle les amateurs trouveront pendant font l'Été des Orchidées qui, par suite de légers accidents (feuilles déchirées, brûlées, jaunies, etc.) auraient besoin de quelque temps de culture pour se refaire et pouvoir être vendues aux PRIX ORDINAIRES, ainsi que les importations, qui arrivées cependant en bon état, ne seraient pourtant pas dans des conditions assez belles pour pouvoir être vendues au même prix que les exemplaires que nous four- nissons communément. ]¥os belles et nombrenses importations nous permettent d'être très sévères sur ce point, et de mettre en réforme une quantité de très bonnes plantes. Nos clients et les amateurs sont donc vivement engagés à visiter souvent notre SERRE D'OCCA- SIONS; nous ne doutons pas qu'ils n'y trouvent fréquemment des PLANTES RARES, de reprise rapide, qu'ils pourront acquérir à PLUS DE 50 POUR CENT de rabais. Le prix des plantes est indiqué sur chaque exemplaire. MM. les amateurs voudront bien se rappeler qu'il n'est pas nécessaire de faire des achats pour visiter l'Élablissement. Comme nous ne fournissons à nos prix ordinaires que des plantes de tout premier choix, nous sommes très larges dans ce que nous appelons les PLANTES RÉFORMÉES. MM. les amateurs peuvent faire de VÉRITARLES TROUVAILLES parmi elles, car beaucoup de ces plantes sont supérieures, COMME SANTÉ ET COMME FORCE, à la généralité des plantes vendues ordinai- rement par les maisons concuri'entes ou aux enchères publiques . La plupart des plantes réformées, vendues comme occasion, n'ont pas fleuri; il pourra se trouver parmi elles des variétés supérieures de grande valeur. Nous publions fréquemment une lisle avec prix des ORCHIDÉES D'OCCASION, pour les ama- teurs qui ne peuvent venir les visiter à l'Établissement. m:^^ La liste numérotée des ORCHIDÉES D'OCCASION est à la disposition des amateurs. 1.5 AOUT 1892 Numéro 59. LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE LUCIEN LINDEN Administrateur-Directeui" de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. Linden, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, Comte de Moran, Max Garnier, Ém. Rodigas, Funck, A. Cogniaux, G. Joris, E. Roman, A. Van Imachoot, Fr. Desbois, D-- G. von Heerdt, E. Bergman, E. S. Rand, A. Bleu, D' Van Cauwelaert, E. Bungeroth, Ch. Vasseur, G. Miteau, James O'Brien, R. Martin-Cahuzac, D'" Capart, Comte de Bousies, G. Mantin, J. du Trieu de Terdonck, O. de Kirchsberg, Vicomte de Novion, G. Rivois, J. Hatos, P. Silver, A. Ducos, A. Dallière, J. Nôtzll, F. Kegeljan, O. Ballif, R. Johnson, C. Ellner, Carlos Starker, A. de la Devansaye, FI. Claes, de Meulenaere, G. Diretti, A. van den Heede, Siesmayer, A. Wincqz, G. Kittel, Baron de Meylhand, Ch. Béranek, gK£)J et les Chefs de Culture de « L'Horticulture Internationale. » Prix de rAbonnement : 10 francs par an Paraît le 1" et. le 1^ de cliaqiie mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES dépositaire pour Iti France : ]\I- O. JDOIN , Kditeur, S, .Place de ;l'Qfléon, )rA,RIS. Giind, imiir. Eug. A'andorliaogheti. LINDENIA ICONOGM^A^l^HIE DES O HOELIL) :ÉES PUBLICATION MENSUELLE IN-FOLIO Chaque livraison contient quatre belles planches riclienient coloriées Dii-ecteui* : «F. l^IlVOE:i!%r Rédacteurs : LUCIEN LINDEN, EMILE RODIGAS, R. A. ROLFE Bureaux : 100, Rue Belliard, à Bruxelles « Le plus beau, le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées » Le prix de ces volumes a été fixé C07nme suit : 1^^ Yolume (presque épuisé) 125 fr.; 2'"*' Volume, 100 fr.; 3"^ Volume, 75 fr.; 4'"'^ Volume, 70 fr.; 5"^ Volume, 65 fr. ; 6"^ Volume, 65 fr. 7"^ VOLUME (EN COURS DE PUBLICATION) : 60 FRANCS ILies (sept volumes pi^is ensemble : ^OO Tranes. La Linde7iia publie également DEPUIS LE 1er FÉVRIER 1891 UNE ÉDITION ANGLAISE EN VOLUMES DE 6 LIVRAISONS (2 VOLUMES PAR AN) Prix, de l'abonnement à ehaque volume : 9^ shillings pour l'édition anglaise. L'ORCHIDÉENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES Présidents d'Honneur : MM. .1. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Comte DU BUYSSON, auteur de rOrchidophile, pour la France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas. SECRETARIAT : 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : Président : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique; Secrétaire : M. LUCIEN LINDEN, adminislraleur-directeur de L'Horticulture Internationale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire. v^ LES MEETINGS SONT SUSPENDUS PENDANT LES MOIS DE JUILLET ET AOUT. lADHIKIlCD régisseur ou garde, même i^lace depuis 19 ans, ayant obtenu ONZE MÉDAILLES, or, UnllUlMlLri vermeil et argent dans divers concours, connaissant la culture des Orchidées, demande emploi en France ou en Belgique ; la femme pourrait au besoin faire la cuisine. S'adresser au bureau du journal, aux initiales P. M. SOMMAIRE DU 59"' NUMÉRO : l'agps Revue des Orchidées nouvelles on peu connues 1G5 Causerie sur les Orchidées. — XXXVIII 1G7 Élude sur le traitement des Orchidées par les engrais minéraux 172 Conseils utiles 170 Culture des Orchidées à l'air libre dans les pays chauds 17S Culture des Orchidées réputées d'un traitement difficile 181 Les grandes époques de la végétation 183 D'ORCHIDÉES DU BRÉSIL L'HORTICULTURE INTERNATIONALE informe MM. les amateurs d'Orchidées qu'elle a reçu dans ces der- niers mois, un nombre considérable d'Orchidées du Brésil, notamment des Cattleya splendides, des Oncidium^ des Laelia purpurata, L. elegans, des Epidendrum, etc., et beaucoup d'espèces nouvelles. DES LISTES DE CES IMPORTATIONS SONT COMMUNIQUÉES SUR DEMANDE Indicalion de prix suivant les forces et les quantités demandées NOTA. — Les plantes importées sont dans un état parfait de fraîcheur et de santé, et à des pi'-ix beaucoup plus réduits que partout ailleurs. LE MONITEUR D'HORTICULTURE LE MEILLEUR MARCHÉ DES JOURNAUX HORTICOLES FRANÇAIS Publié sous la direction de M. LUCIEN CHAURÉ Officier cV Académie — Chevalier du Mérite agricole Parait le lO et le S 5 de claaque mois PRIX D'ABONNEMENT : Édition simple, 6 fraiiCvS par an. Édition avec chromolithographies, 12 francs par an E KT V O I I> ' XJ 3Sr 3VC O I s G H A. T I S S TJ E, ID E 1.0: A. KT ID E S'adresser au bureau du Journal, 14, rue de Sèvres, PARIS. 15 AOUT 1892 • 165 REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES BULBOPHYLLUM ANCEPS Rolfè. — Nouvelle espèce à fleurs de taille modeste, n ais d'un coloris très attrayant. Les sépales ont à peu près le double de la taille des pétales ; le sépale dorsal est ovale, très élargi au milieu de sa longueur et recourbé en avant à son sommet; il est, ainsi que les pétales, couvert de points rouge foncé sur fond jaune transparent. Les deux sépales latéraux sont dirigés vers le bas et arqués, de telle façon qu'en convergeant ensemble ils forment à peu près un cercle ; ils ont le bord intérieur replié et présentent ainsi un aspect linéaire; ils sont rayés de rouge foncé sur fond jaune rosé, et couverts sur leur moitié extrême d'un pointillé très fin rouge foncé. Le labelle très petit a une forme triangulaire, et est articulé très délicatement. Il est d'un blanc violet foncé, avec la pointe presque blanche pointillée de violet. * * * BULBOPHYLLUM DEAREI Rchb. f. — Cette remarquable espèce fit son apparition pour la première fois en 1885 en Angleterre, où elle fut exposée par Sir Trevor Lawrence; elle ne paraît pas avoir été introduite ailleurs que chez le célèbre amateur jusqu'à l'année dernière, où elle fut de nouveau expédiée en Europe par les collecteurs de L'Horticulture Internationale, de Bruxelles. Ses fleurs, de grande taille, sont fort belles et d'un coloris très brillant. Le sépale dorsal lancéolé très large, est d'un jaune gomme-gutte vif, réticulé de jaune foncé brunâtre ; les sépales latéraux, dilatés à la base et formant un repli en forme de sac, sont jaune vif marqué de pourpre; les pétales plus étroits sont jaunes, veinés d'une nuance plus foncée et tachetés de pourpre-rouge. Le labelle triangulaire, délicatement articulé avec le pied de la colonne par une charnière très flexible, est blanc en dessous, et a la pointe antérieure recourbée en dedans, le callus en forme d'U est blanc recouvert entièrement d'un pointillé rouge vif. La colonne très courte est jaune, et bordée de rouge vif des deux côtés. C'est une fleur de forme très curieuse, et en même temps très belle. * l65 LE JOURNAL DES ORCHIDEES CATASETUM TENEBROSUM Rolfe. — Nouvelle espèce introduite par L'Horticulture Internationale, Bruxelles. Les fleurs sont de grande taille et d'un coloris très élégant. Les pétales et sépales sont abondamment maculés de brun foncé sur fond vert ; le labelle plat, à peine déprimé au centre à la place de l'éperon et frangé sur les bords, est d'un jaune vif. * * * ACANTHEPHIPPIUM LEONTOGLOSSUM L. Lind.— Espèce qui a fleuri pour la première fois, il y a près de deux ans, parmi des importations de l'établissement L'Horticulture Internationale, à Bruxelles. Elle produit des fleurs très agréables, mais qui ont le seul défaut d'être presque sessiles, et portées sur une hampe très courte sortant de la base de la pousse en formation. Ces fleurs sont d'un blanc crème, avec la gorge du labelle jaune citron. * * * CATTLEYA REX O'Brien. — Cette magnifique Orchidée a été exposée le 26 juillet dernier au meeting de la Société royale d'horticulture de Londres, à la fois par M. Welbore S. Ellis, de Hazelbourne, Dorking, et par M. H. M. Pollett, de Bickley. Les deux plantes ont été de nouveau vive- ment admirées et ont obtenu toutes deux des certificats de i""^ classe. Voici l'opinion émise à ce propos par quelques journaux spéciaux d'Outre-Manche : « Les deux plantes témoignaient de l'exactitude de la reproduction qui en a été faite, et de caractère distinct de l'espèce, mais ni l'une ni l'autre n'ont été cependant trouvées aussi belles que l'originale et la première qui avait fleuri chez M. Statter. » {Gardeners' Chronicle.) « — Espèce distincte et extrêmement belle Les fleurs sont grandes et remarquables par leur substance; les sépales et pétales blanc crème, le labelle ample et frisé d'une façon élégante, avec la moitié basale d'un jaune d'or veiné de cramoisi rosé, et le lobe antérieur d'un riche améthyste bordé de blanc. » {Gardeners' Magazine.) « .... Les fleurs ressemblent comme forme à celles du C. Mendeli ; les sépales et pétales sont d'une couleur jaune chamois pâle, le labelle rappelle beaucoup une forme de C. Mossiae d'un coloris intense, mais veinée un peu comme le C. Dowiana. » - (Garden.) Max Garnier. 15 AOUT 1892 167 CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES XXXVIII. — La serre des Cattleya et Laelia {Suite, voir p. 135) Nous nous trouvons aujourd'hui à même de donner à nos lecteurs une idée exacte du Cattleya Alexandrae, dont nous avons déjà annoncé l'introduction et publié la description, La gravure ci-contre (voir fig, 20), exécutée d'après une aquarelle faite par le collecteur d'après nature, montre le port de la plante, sa remarquable floribondité, et la disposition curieuse et attrayante des inflo- rescences, produites au sommet de longs pédoncules par grappes touffues. Il est facile de se rendre compte par cet examen de la grande valeur ornementale de cette nouvelle espèce. * * L. aittuinnalis. Espèce qui peut rivaliser avec le L. anceps et dont on pourrait parler à beaucoup de points de vue dans les mêmes termes. Le L. atitumnalis fleurit à la même époque, se cultive de la même façon, provient du même pays, et les fleurs des deux ne sont pas très dissemblables. Les pétales et les sépales sont un peu plus allongés et plus étalés dans celui-ci ; la forme du labelle surtout est distincte; dans le L. autumnalis, cet organe est plus étalé et moins long; les lobes latéraux ne recouvrent pas la colonne, et sont blancs; le lobe antérieur est rose pourpré, avec la gorge blanche. L. cinnaharina. Espèce à petites fleurs très attrayantes, d'un coloris fort rare, et qui se produisent successivement pendant une durée de six semaines et plus. Les pétales et les sépales sont étroits lancéolés aigus, le labelle plus court aigu également; tous les segments sont d'un rouge orangé vermillon éclatant; le labelle est strié de rouge intérieurement. La floraison se produit en mars et avril. Une variété remarquable a fleuri autrefois chez Mrs. Lawrence, mère du célèbre amateur et Président de la Société royale d'horticulture de Londres; elle diffère surtout par le coloris, qui est améthyste pourpré, avec le disque du labelle blanc ; elle a reçu le nom de L. cinnabarina cHspilabia. L, crispa. Très belle espèce à grandes fleurs d'allure très élégante et de coloris i68 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES fort attrayant. Il a les pétales larges, légèrement repliés autour de la nervure médiane, et les sépales plus étroits; ces segments sont blancs ou parfois nuancés de rose pâle, et rappellent beaucoup ceux du L. purpurata. Le labelle, très étalé Fig. 20. — Cattleya Alexandrae. en avant et acuminé, a le disque jaune strié de pourpre, et le lobe antérieur améthyste pourpré, réticulé et veiné de nuance plus sombre. Le L. crispa fleurit en juillet et août. Il a été introduit dès 1826, et c'est par conséquent l'une des plus anciennes espèces connues. 15 AOUT 1892 . i6g L. Digbyana. L'une des espèces rangées autrefois dans le genre Brassavola. Elle a les sépales et les pétales jaune verdâtre-pâle, parfois un peu bordés de rose, le labelle cordé, blanc crème. Ses fleurs sont très parfumées. L. Dormaniana. Sépales et pétales vert-brun olivâtre veiné de pourpre, labelle rose pâle veiné de pourpre, avec le lobe antérieur peu prononcé, coloré de rouge pourpre violacé vif. Reichenbach a émis l'hypothèse que cette plante pourrait être un hybride naturel entre le Cattleya bicolor et le L. pwnila, hypothèse fondée principalement sur la constitution anormale des pollinies. L. elegans. Superbe espèce, l'une des plus populaires et des plus répandues ; elle est de coloris assez variable, et a produit un grand nombre de variétés, dont plusieurs très remarquables. Le L. elegans type a les pétales et les sépales semblables, oblongs lancéolés, rose pourpre lavé de blanc, et plus ou moins foncé; le labelle a les lobes laté- raux recouvrant la colonne, de la même nuance, ou parfois plus pâles, avec une macule pourpre aux pointes repliées, et le lobe antérieur étalé, cramoisi pourpré, un peu plus pâle au bord. Var. alba. Pétales et sépales blancs, labelle blanc avec ou sans la macule pourpre. Var. Schilleriana. Sépales et pétales blancs, labelle rouge pourpre vif avec une macule jaune pâle. Var. Stelzneriana. Se distingue de la précédente par la largeur supérieure des pétales, des sépales et du labelle. Var. Turneri, Sépales et pétales améthyste pourpré nuancé de rose ; lobe antérieur cramoisi pourpré teinté de marron. Var. Wolstenholmiae. Sépales et pétales améthyste pourpré, veiné et pointillé de pourpre foncé sur les bords; lobes latéraux du labelle de même; lobe anté- rieur améthyste pourpré avec le disque marron. Beaucoup d'autres variétés sont connues dans les cultures. Le L. elegans fleurit de juin à septembre. L. flava. Espèce produisant des grappes de huit à dix fleurs jaune clair, avec le labelle veiné de rouge sur les lobes latéraux, et partant en avant quatre veines prononcées. Rappelle assez bien le L. cinnabarina, sauf la différence de coloris. L. furfuracea. Espèce introduite dès 1838. Les plantes sont de petite taille ; les fleurs ont de dix à douze ou treize centimètres de diamètre ; elles ont les 170 LE JOURNAL DES ORCHIDEES pétales et les sépales d'un rose pourpré pâle; le labelle est d'un coloris un peu plus clair encore, et porte une macule pourpre vif sur le lobe antérieur. L. glauca. Plus connu peut-être sous le nom de Brassavola glauca. Les fleurs, Fig. 21. — Laelia purpiirata. d'un vert olive pâle, sont très parfumées et d'assez grande taille ; elles ont le labelle blanc, parfois maculé de pourpre au disque. Fleurit de février à avril. L. purpurata (voir fig. 21). Magnifique espèce, la plus belle du genre et l'une 15 AOUT 1892 171 des plus populaires de toute la famille. Ses fleurs ont un diamètre de douze à vingt centimètres ; les pétales larges, bien étalés latéralement, et les sépales plus étroits, sont blancs ou d'un rose pâle, parfois aussi veinés de rose pâle; le labelle a les lobes latéraux de la même couleur, striés intérieurement de lignes rouge pourpre, qui transparaissent légèrement au dehors ; le lobe antérieur, largement étalé et prolongé en avant, est d'un splendide rouge pourpre, sou- vent avec une aire plus pâle ou presque blanche au bord antérieur ; le disque porte fréquemment une macule jaune pâle, traversée par les stries rouge foncé dont nous avons parlé. Fleurit en mai-juin. Variétés : Schroderi. Segments blancs, tube du labelle jaune pâle strié de pourpre foncé, lobe antérieur mauve pourpré bordé de blanc. — Brysiana. Sépales et pétales lavés de rose pâle, lobe antérieur du labelle pourpre foncé. — Nelisi. A peu près semblable à la précédente, avec les pétales et les sépales veinés et réticulés de rouge sur fond rose pâle. — Russeliana. Sépales et pétales blancs teintés de lilas, avec des veines plus foncées, labelle rose lilacé pâle avec des veines plus foncées. Variété d'un coloris tendre exquis, qui est souvent désignée comme espèce distincte. Beaucoup d'autres variétés plus ou moins distinctes ont reçu des noms particuliers. L. grandis. Belle espèce que sa variété tenebrosa, d'introduction récente, a surtout contribué à mettre en grande lumière. Le type a les sépales et les pétales jaune nankin, et le labelle blanc à l'extérieur, avec le lobe antérieur arrondi, blanc veiné de rose pourpré. La variété tenebrosa, qui a fait beaucoup de bruit depuis un an ou deux, semble être obtenue en ajoutant au type une couche générale de brun. C'est une fleur magnifique. L. harpophylla. Introduit dès 1867, est resté rare jusque dans ces dernières années. Sa fleur, de taille moyenne, a les segments étroits et allongés; les pétales et les sépales sont d'un rouge vermillon vif; le labelle, recourbé en forme de demi-cercle, a les lobes latéraux repliés autour de la colonne, égale- ment rouge-vermillon, et le lobe antérieur recourbé, d'un coloris plus clair, très frisé sur les bords et terminé en pointe. L. L. [Sera continué.) 172 LE JOURNAL DES ORCHIDEES ÉTUDE SUR LE TRAITEMENT DES ORCHIDÉES PAR LES ENGRAIS MINÉRAUX {Suite, voir p. 157) Phosphore Dans les forêts des pays tropicaux, la décomposition permanente et rapide des matières animales et végétales donne lieu à des exhalaisons aussi meur- trières pour l'homme que favorables à la végétation. Ce phénomène s'observe également, quoique à un moindre degré, dans tous les pays sauvages ou incultes ; il ne se produit pas dans nos climats, parce que la vie y est moins intense, et que les produits de nos cultures ne sont jamais abandonnés à la décomposition spontanée, comme cela a lieu dans la nature. Or, la chimie démontre que le phosphore contenu dans les tissus végétaux et en bien plus forte proportion dans le cerveau, les os, les cornes, etc., des animaux, s'en dégage par la putréfaction sous forme de gaz hydrogène phos- phore qui, au contact de l'air, se transforme rapidement en acide hypophos- phoreux et ensuite en hypophosphite d'ammoniaque. Ce sont là des composés très instables et par conséquent faciles à assimiler. Il ne faut donc pas chercher bien loin l'origine du phosphore qui peut être contenu dans les Orchidées végétant dans leur pays natal. Pour les raisons énumérées plus haut, l'atmosphère, dans nos climats, contient peu ou point de phosphore; nous devons donc suppléer à cette lacune dans nos cultures, car ce corps est, chez les plantes comme chez les animaux, un agent indispensable pour la floraison et la. production des graines; or, nous cultivons les Orchidées non pour leur feuillage, mais avant tout pour leurs fleurs. Nous n'avons d'ailleurs que le choix des moyens de leur procurer le phos- phore ; les phosphates solubles sont facilement assimilés par toutes les plantes cultivées. * * * Comment les Orchidées se procurent-elles la potasse dans leur pays d'ori- gine? C'est ce qu'il est difficile de savoir. Cette substance ne se trouve guère 15 AOUT 1892 173 que dans le sol et on n'en rencontre pas de traces dans l'atmosphère lorsqu'elle est exempte de poussières organiques. Le peu de potasse que les Orchidées peuvent s'assimiler doit provenir des détritus végétaux ou animaux qui s'accu- mulent souvent dans le creux des rochers ou dans les enfourchures des arbres où ces plantes élisent volontiers domicile. Si ces détritus ne sont pas rigou- reusement indispensables à l'existence des épiphytes, les auteurs compétents ont remarqué que leur présence donnait à ces plantes une bien plus grande vigueur. Mais il est clair que les Orchidées doivent presque toujours être dans une grande pénurie de potasse et peuvent presque entièrement s'en passer. On n'a donc à leur en fournir que des quantités restreintes. Il en est de même du fer qui, cependant, peut être très utile comme tonique dans des cas particuliers. Toutes les substances que je viens d'énumérer se trouvent réunies non seule- ment dans les tissus des végétaux et dans le corps des animaux, mais encore dans les poussières atmosphériques. Il est possible que, dans leur pays natal, ce soit là, comme nous l'avons dit plus haut, que les Orchidées trouvent une partie de leurs ressources alimentaires. Toutefois, la quantité de potasse, de phosphore^ etc. , qui provient des poussières est certainement minime et presque négligeable. Il serait intéressant de vérifier directement quelles sont les matières miné- rales contenues dans les différentes parties des Orchidées d'importation et en quelle proportion elles y figurent. Pour le savoir, il suffirait de faire analyser des cendres de ces plantes. Les horticulteurs qui en reçoivent par grandes quantités pourraient, sans frais, faire exécuter cette opération qui fournirait des renseignements forts importants. Nous recommandons cette idée au direc- teur du journal des Orchidées qui, mieux que personne, peut en tirer parti. L'opération pourrait s'exécuter sur des végétaux desséchés ou avariés, puisque la potasse, les phosphates, la chaux, le fer, etc., ne sont pas volatils. in. Il résulte de ce qui précède que les Orchidées, comme toutes les autres plantes, ont besoin, pour vivre : 1° D'oxygène, d'hydrogène, de carbone, de silice. 2° D'azote, de phosphore, de potasse. 174 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Et que, dans nos cultures, ces dernières substances ne peuvent leur être fournies ni par le compost, ni par l'atmosphère, ni par les eaux d'arrosage, généralement privées de matières organiques. On peut donc expliquer facilement ce fait, depuis longtemps constaté, que la plupart des Orchidées d'importation poussent avec activité pendant les premières années, puis végètent misérablement et finissent par périr. C'est que les pseudobulbes des années qui ont précédé l'importation renferment, dans des proportions normales, les substances nécessaires à la végétation, et que suivant une observation souvent faite par les Orchidophiles, ils se vident partiellement au profit des nouvelles pousses, dont ils favorisent ainsi le déve- loppement. Ce phénomène se produit aussi dans d'autres familles végétales. Mais les provisions accumulées dans ces pseudobulbes sont bientôt insuffi- santes pour entretenir la végétation, car, d'abord, ils ne cèdent à leurs successeurs qu'une fraction de leur substance; puis la floraison, les feuilles mortes en emportent chaque année une nouvelle partie. Bref, le végétal s'appauvrit, et il est facile de comprendre que sa fin est proche si on ne réussit pas à lui donner une alimentation suffisante. Ce n'est pas seulement par les racines que les Orchidées peuvent se nourrir; M. le comte du Buysson a reconnu que leurs feuilles possèdent une notable puissance d'absorption, et, de mon côté, je suis convaincu qu'en l'absence de toute racine le rhizome même peut absorber des sels solubles, qui sont ensuite élaborés dans les pseudobulbes et concourent à la nutrition des plantes. Je pourrais en citer des exemples curieux si je ne craignais d'abuser de la patience des lecteurs de cet article. La question des engrais est donc à l'ordre du jour chez tous les horticulteurs sérieux, et si elle n'est pas encore résolue, c'est peut-être parce qu'on met une certaine lenteur à se communiquer les expériences entreprises et les résultats obtenus. Cependant M. du Buysson, dans son excellent traité, indiquait déjà l'emploi du guano qui fournissait en même temps l'azote et le phosphore, et du carbo- nate d'ammoniaque en solution. Je me suis inspiré de ces idées, et, depuis plusieurs années, j'ai com- mencé, avec beaucoup de prudence, des essais qui m'ont donné de très bons résultats. Je me suis proposé de fournir directement aux Orchidées et à mes autres plantes de serre de l'azote, du phosphore, de la potasse et de la silice, en évitant 15 AOUT 1892 175 avec soin l'emploi des matières animales dont la décomposition peut engendrer la pourriture qui détruit si souvent les pseudobulhes et les rhizomes. D'ailleurs, si l'air et l'eau des pays où les Orchidées se reproduisent natu- rellement contiennent ces divers éléments, ce doit être à l'état de décom- position ultime. C'est donc imiter l'action de la nature que d'employer comme engrais des sels solubles dans l'eau. J'essaie, depuis trois ans, des arrosages avec un liquide que j'appellerai eau nutritive et qui contient en faible proportion : Du phosphate neutre d'ammoniaque. Du carbonate d'ammoniaque. De l'azotate d'ammoniaque. Du silicate de potasse. On remarquera que l'azote est donné en grande proportion et sous plusieurs formes, pour en favoriser l'absorption par les différentes plantes, car, pour des raisons que je ferai connaître plus loin, je donne le même engrais à toutes les Orchidées, et même aux autres plantes de serre qui vivent avec elles et qui s'en trouvent aussi bien. La potasse, au contraire, n'y entre que pour une faible dose, d'abord parce qu'à l'état de nature les Orchidées en reçoivent fort peu, ensuite parce que son emploi en quantité exagérée présente de graves inconvients , qui sont quelquefois sensibles quand on emploie l'engrais Jeannel ou un floral quel- conque. E. Roman. {Sera continué,) 176 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES CONSEILS UTILES Certains amateurs recouvrent les tablettes de leurs serres de sable, de cendres, ou de diverses matières sur lesquelles reposent les pots. Il faut abso- lument déconseiller cette pratique; son utilité, d'abord, n'est pas très visible; et j'avoue, quant à moi, que je n'ai jamais pu me rendre compte du motif qui avait pu amener le premier cultivateur à employer cette méthode. Mais en admettant même qu'elle ait un avantage que j'ignore, elle présente des incon- vénients importants qui doivent la faire écarter. La cendre est un corps particulièrement mauvais; mouillée, elle forme une sorte de boue d'un aspect fort désagréable, et qui obstrue complètement l'ori- fice inférieur ainsi que tous les pores de la base des pots. Beaucoup d'Or- chidées émettent des racines à l'extérieur du compost, et ces racines courent sur les tablettes; elles ont besoin d'air avant tout, et ne peuvent en aucun cas se trouver bien d'être plongées dans cette masse compacte humide et non aérée. Et je ne parle même pas des dangers qui peuvent résulter de la com- position chimique des cendres employées; il peut s'y trouver des substances nuisibles à la santé des Orchidées. L'Orchidée — au moins, en général, l'Orchidée aérienne, c'est-à-dire la grande majorité — ne se nourrit guère que d'air et d'humidité; il est fort pro- bable, ainsi que le disait très bien M. Roman dans le dernier numéro de ce journal, que l'air de nos climats ne lui fournit pas tous les éléments qu'elle retire de l'atmosphère dans son pays natal, et l'on peut songer à la nourrir plus substantiellement au moyen d'engrais convenablement choisis; mais en tous cas cela ne se fera pas au moyen d'un compost plus matériel et plus dense; il est reconnu qu'il faut aux racines beaucoup d'air et beaucoup d'eau; c'est une question de vie ou de mort pour elles; elles ont donc besoin d'un compost qui retienne l'humidité, mais qui soit en même temps assez léger pour laisser circuler l'air en abondance. C'est sur ces principes qu'est fondée la culture actuelle, qui, l'on doit le reconnaître, est arrivée à des résultats très satisfaisants : emploi de mousse et de libres élastiques comme compost, de pots très poreux comme récipients, 15 AOUT 1892 177 OU même de paniers laissant passer l'air de tous côtés, enfin de tablettes à claire-voie. Or, à quoi serviraient les pots minces et poreux si leurs parois étaient en partie obstruées, fermées à l'air extérieur? A quoi servirait le compost par- faitement perméable, si les racines qui s'en échappent allaient s'étouffer dans une masse où l'air ne peut pénétrer? Le sable fin présente à peu près les mêmes inconvénients, sauf celui résul- tant de la composition chimique. Quant au gravier, il est sans doute plus aérable et il obstrue un peu moins la respiration du compost; mais, j'en reviens à ce point, à quoi sert-il? Il produit un effet très peu attra3'ant, et risque de blesser les racines, ne fût-ce que quand on les déplace en remuant les pots. Enfin, il est bien certain que l'on ne peut disposer du sable ou de la cendre sur les tablettes qu'en faisant celles-ci pleines; or c'est là un mauvais procédé. Les tablettes doivent être à claire-voie pour que l'air circule abondamment entre les pots et baigne au moins une partie de leur base, et aussi pour que l'air chaud qui s'élève des tuyaux placés près du sol, se répande directement entre les plantes et entre toutes également, tandis que si les tablettes sont pleines, cet air chaud les contourne pour s'élever au sommet de la serre, de sorte qu'une grande partie de la chaleur dépensée est perdue pour la culture. * * Je crains que plusieurs de mes lecteurs ne m'accusent d'être porté au para- doxe, si je leur dis qu'il peut être commode d'avoir, dans le même compost que leurs Orchidées, une autre petite plante, jouant là en quelque sorte le rôle de parasite. C'est cependant la vérité. Entendons-nous, toutefois; il ne s'agit pas d'une plante quelconque, et d'autre part je ne veux pas avancer qu'elle rende de grands services à la croissance. Ce n'est pas non plus une question de sentiment, une affection de l'Orchidée pour sa camarade de pot; la socia- bilité dont parlait dernièrement notre directeur de façon humoristique, n'est pas poussée à ce point. Bref, voici de quoi il s'agit. Il arrive fréquemment que dans le sphagnum, au moins dans celui collecté en Belgique, se trouvent de petites plantes carnivores, appartenant à l'espèce Drosera rotundifoUa. Ce sont, en quelque sorte, des miniatures de l'espèce célèbre Dionaea muscipida; elles ont également les feuilles arrondies, munies (non pas seulement sur leur circonférence, mais sur toute leur surface) de petits 178 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES poils terminés par une glande sécrétant un liquide visqueux; enfin elles se contractent également au moindre contact, et se renferment en se pliant suivant un axe diamétral. Il est arrivé à tous les cultivateurs de voir, quelque temps après un rem- potage, de petites plantes de ce Drosera se développer à la surface du compost d'une ou plusieurs Orchidées. Ces plantes minuscules (elles atteignent ordi- nairement le diamètre d'une pièce de deux francs) n'ont presque pas de racines; elles ne peuvent donc pas déranger celles de l'Orchidée avec laquelle elles cohabitent, ni absorber beaucoup de l'humidité destinée à celle-ci. En re- vanche, elles forment de véritables pièges à moucherons, où chaque jour se prennent beaucoup d'insectes, et quand un Drosera se trouve dans le compost d'une Orchidée, celle-ci est radicalement délivrée, ainsi que ses voisines, d'hôtes incommodes qui salissent tout, gâtent souvent les fleurs, et forment dans le sphagnum des colonies certainement plus nuisibles qu'utiles. Je ne me propose pas, en écrivant ces lignes, de conseiller aux amateurs d'Orchidées de placer dans chaque pot un Drosera rotundifolia, et de mener de front les deux cultures; mais j'ai voulu dire simplement que si ce petit intrus apparaît par hasard dans un ou deux pots, il n'est pas indispensable de l'im- moler aussitôt; c'est un hôte qui ne demande presque pas de place, qui se contente de presque rien, qui est assez gentil et assez curieux pour distraire parfois un visiteur, qui ne fait pas de mal et peut-être même peut rendre un petit service. Ignotus. CULTURE DES ORCHIDEES A L AIR LIBRE DANS LES PAYS CHAUDS La culture des Orchidées est loin d'avoir dit son dernier mot, surtout dans certaines régions ; il n'est pas rare encore aujourd'hui, alors qu'elles sont connues et populaires depuis un nombre d'années déjà considérable, que l'on découvre quelque amélioration aux procédés de culture en usage, ou le moyen d'acclimater certaine espèce au climat trop chaud et trop sec du midi de la France, de l'Espagne, de l'Italie. Il est très utile, à ce point de vue, que chacun s'attache à étudier les besoins 15 AOUT 1892 179 spéciaux du pays où il cultive, et recherche les petites modifications qu'il lui convient d'apporter, par ses besoins, aux principes généraux observés partout. Les voyages que j'avais faits en Italie dans ces dernières années, alors que j'appartenais au personnel de L'Horticulture Internationale, m'avaient suggéré l'idée de certaines expériences à faire pour approprier la culture des Orchidées au climat de ces régions, presque aussi chaudes que leur pays natal; j'ai voulu faire un essai de ce genre sur le littoral méditerranéen; ce sont les résultats de cet essai que je vais exposer ici. Depuis plusieurs années déjà, j'avais vu beaucoup de cultivateurs d'Orchidées en Italie se plaindre des difficultés que présentait la culture de certaines espèces dans leur pays; j'ai signalé ces faits dans le Journal des Orchidées l'année der- nière, en exprimant l'opinion qu'il serait possible de remédier par des soins spéciaux aux inconvénients du climat. Depuis lors, différentes lettres de quel- ques grands amateurs résidant en Italie m'avaient appris que le traitement que nous avions institué donnait d'excellents résultats ; enfin je me suis trouvé à même d'en faire par moi même l'expérience, et au bout de quelques mois d'essai, je puis juger d'une façon suffisamment nette de la valeur de ce traitement. Le climat de la principauté de Monaco est encore assez différent de celui de l'Italie; la principauté n'est pas située sous une latitude aussi basse, ni aussi complètement entourée par la mer, ni surtout aussi protégée contre les vents du nord que l'est l'Italie par la chaîne des Alpes. Néanmoins, on peut considérer que la culture des Orchidées présente à peu près les mêmes exigences dans les deux pays, et peut y être rendue facile par les mêmes procédés. Ce qui me l'a d'ailleurs prouvé suffisamment dès le début, c'est ce que m'ont dit plusieurs personnes de la région, qui m'assuraient que je ne réussirais pas à cultiver des Orchidées froides à Monaco. Je ne désespérai pas néanmoins; j'avais une charmante collection d'espèces de serre froide, et c'eût été vraiment désolant de les voir dépérir comme je l'avais vu parfois sous l'influence de l'étouffante chaleur italienne. Je m'efforçai de leur arranger une installation à la fois pratique et originale, et voici ce que je trouvai. J'étais hbre d'adopter dans le vaste jardin l'emplacement qui me conviendrait. Je choisis l'endroit où se trouvent les massifs d'orangers, en spécimens énormes et d'une culture extraordinaire. Ces arbres touffus m'assuraient l'ombre et la fraîcheur nécessaire. Le côté du nord est abrité par d'immenses Ficus macro- LE JOURNAL DES ORCHIDEES phylla; rien ne convenait mieux pour préserver du vent. J'ai choisi au milieu de cette grande plantation un magnifique exemplaire d'oranger, ayant plusieurs branches très fortes, et j'y ai suspendu mes plantes en employant, pour les relier d'une branche à l'autre, du fil de cuivre très mince pour plus de légèreté. Les limaces et les autres insectes ne peuvent pas, dans ces conditions, atteindre les plantes; si le vent souffle un peu fort, il est d'abord arrêté partiel- lement par les orangers et les ficus, et le poids des pots suffit à les empêcher de se balancer et de s'entre-choquer. Quant à l'aspect d'ensemble, il est extrê- mement gracieux ; la disposition n'a rien de régulier ni de symétrique, et cette irrégularité donne un cachet pittoresque fort agréable. Pour les arrosages, nous sommes à vrai dire très favorisés; des ruisseaux circulent de tous côtés dans le massif; cette eau qui se renouvelle constamment est particulièrement saine, et elle entretient dans l'air une fraîcheur éminem- ment favorable à la végétation des Orchidées. Les Orchidées soignées de cette façon poussent avec une vigueur des plus remarquables et donnent une floraison abondante. Je citerai entre autres les suivantes : Ly caste Skinneri, Odontoglossum Alexandrae, 0. Nôtzlianum, 0. triumphans, 0. Pescatorei, O. nebulosum, O. tripiidians, 0. Cervantesi, O. Rossi inajus, Oncidiiim incurvum, 0. crispum, flahellulatmn, etc., Masdevallia Lindeni, M. Harryana, M. Veitchi, M. ignea, etc., Cattleya c Urina, Cypripediimi insigne, C. barbatum, C. venusium, Dendrobinm nobile, divers Stanhopea, etc. Cette liste, on le voit, comprend non seulement des espèces de serre froide, mais aussi des espèces de serre tempérée et même certaines que l'on cultive le plus souvent en serre chaude. Ces espèces, cultivées en serre depuis plusieurs années, y étaient toujours devenues malades et avaient dépéri. Le .procédé que je viens d'exposer donnerait, je crois, d'excellents résultats dans toutes les régions situées à partir de notre latitude jusqu'au midi de l'Italie ou de l'Espagne, et je crois pouvoir le recommander en confiance. J. TONEL, Ancien chef de culture